Les chants du crépuscule, 1835
XIV. « Oh ! n'insultez jamais une femme qui tombe »
Oh ! n'insultez jamais‖ une femme qui tombe !Qui sait sous quel fardeau‖ la pauvre âme succombe !Qui sait combien de jours‖ sa faim a combattu !Quand le vent du malheur‖ ébranlait leur vertu,Qui de nous n'a pas vu‖ de ces femmes briséesS'y cramponner long-temps‖ de leurs mains épuisées !Comme au bout d'une branche‖ on voit étincelerUne goutte de pluie‖ où le ciel vient briller,Qu'on secoue avec l'arbre‖ et qui tremble et qui lutte,Perle avant de tomber‖ et fange après sa chute !
La faute en est à nous ;‖ à toi, riche ! à ton or !Cette fange d'ailleurs‖ contient l'eau pure encor.Pour que la goutte d'eau‖ sorte de la poussière,Et redevienne perle‖ en sa splendeur première,Il suffit, c'est ainsi‖ que tout remonte au jour,D'un rayon du soleil‖ ou d'un rayon d'amour !
6 septembre 1835.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 5((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques, 1 sizain
- Mots à la rime
- a tombe / succombe féminine, classiqueb combattu / vertu masculine, classiquec brisées / épuisées féminine, classiqued étinceler / briller masculine, classiquee lutte / chute féminine, classiquea or / encor masculine, classiqueb poussière / première féminine, classiquec jour / d'amour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les feuilles d’automne ‒ Les chants du crépuscule, Paris, Classique Garnier, 1950· numérisation poesies.net· Sources