Les contemplations, 1843· Livre troisième Les luttes et les rêves
I. Écrit sur un exemplaire de la Divina Commedia
Un soir, dans le chemin‖ je vis passer un hommeVêtu d'un grand manteau‖ comme un consul de Rome,Et qui me semblait noir‖ sur la clarté des cieux.Ce passant s'arrêta,‖ fixant sur moi ses yeuxBrillants, et si profonds,‖ qu'ils en étaient sauvages,Et me dit : « J'ai d'abord‖ été, dans les vieux âges,« Une haute montagne‖ emplissant l'horizon ;« Puis, âme encore aveugle‖ et brisant ma prison,« Je montai d'un degré‖ dans l'échelle des êtres,« Je fus un chêne, et j'eus‖ des autels et des prêtres,« Et je jetai des bruits‖ étranges dans les airs ;« Puis je fus un lion‖ rêvant dans les déserts,« Parlant à la nuit sombre‖ avec sa voix grondante ;« Maintenant, je suis homme,‖ et je m'appelle Dante. »
Juillet 1843.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 7((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a homme / Rome féminine, classiqueb cieux / yeux masculine, classiquec sauvages / âges féminine, classiqued l'horizon / prison masculine, classiquee êtres / prêtres féminine, classiquef airs / déserts masculine, classiqueg grondante / Dante féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Contemplations, Éditions Classique Garnier, 1950· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources