Les feuilles d’automne, 1831
XXXVII. La prière pour tous
Ora pro nobis !
I
Ma fille, va prier !‖ — Vois, la nuit est venue.Une planète d'or‖ là-bas perce la nue ;La brume des coteaux‖ fait trembler le contour ;À peine un char lointain‖ glisse dans l'ombre… Écoute !Tout rentre et se repose ;‖ et l'arbre de la routeSecoue au vent du soir‖ la poussière du jour !
Le crépuscule, ouvrant‖ la nuit qui les recèle,Fait jaillir chaque étoile‖ en ardente étincelle ;L'occident amincit‖ sa frange de carmin ;La nuit de l'eau dans l'ombre‖ argente la surface ;Sillons, sentiers, buissons,‖ tout se mêle et s'efface ;Le passant inquiet‖ doute de son chemin.
Le jour est pour le mal,‖ la fatigue et la haine.Prions, voici la nuit !‖ la nuit grave et sereine !Le vieux pâtre, le vent‖ aux brèches de la tour,Les étangs, les troupeaux‖ avec leur voix cassée,Tout souffre et tout se plaint.‖ La nature lasséeA besoin de sommeil,‖ de prière et d'amour !
C'est l'heure où les enfants‖ parlent avec les anges.Tandis que nous courons‖ à nos plaisirs étranges,Tous les petits enfants,‖ les yeux levés au ciel,Mains jointes et pieds nus,‖ à genoux sur la pierre,Disant à la même heure‖ une même prière,Demandent pour nous grâce‖ au père universel !
Et puis ils dormiront.‖ — Alors, épars dans l'ombre,Les rêves d'or, essaim‖ tumultueux, sans nombre,Qui naît aux derniers bruits‖ du jour à son déclin,Voyant de loin leur souffle‖ et leurs boucles vermeilles,Comme volent aux fleurs‖ de joyeuses abeilles,Viendront s'abattre en foule‖ à leurs rideaux de lin !
Ô sommeil du berceau !‖ prière de l'enfance !Voix qui toujours caresse‖ et qui jamais n'offense !Douce religion,‖ qui s'égaye et qui rit !Prélude du concert‖ de la nuit solennelle !Ainsi que l'oiseau met‖ sa tête sous son aile,L'enfant dans la prière‖ endort son jeune esprit !
II
Ma fille, va prier !‖ — D'abord, surtout, pour celleQui berça tant de nuits‖ ta couche qui chancelle,Pour celle qui te prit‖ jeune âme dans le ciel,Et qui te mit au monde,‖ et depuis, tendre mère,Faisant pour toi deux parts‖ dans cette vie amère,Toujours a bu l'absinthe‖ et t'a laissé le miel !
Puis ensuite pour moi !‖ j'en ai plus besoin qu'elle !Elle est, ainsi que toi,‖ bonne, simple et fidèle !Elle a le cœur limpide‖ et le front satisfait.Beaucoup ont sa pitié,‖ nul ne lui fait envie ;Sage et douce, elle prend‖ patiemment la vie ;Elle souffre le mal‖ sans savoir qui le fait.
Tout en cueillant des fleurs,‖ jamais sa main noviceN'a touché seulement‖ à l'écorce du vice ;Nul piège ne l'attire‖ à son riant tableau ;Elle est pleine d'oubli‖ pour les choses passées ;Elle ne connaît pas‖ les mauvaises penséesQui passent dans l'esprit‖ comme une ombre sur l'eau.
Elle ignore — à jamais‖ ignore-les comme elle ! —Ces misères du monde‖ où notre âme se mêle,Faux plaisirs, vanités,‖ remords, soucis rongeurs,Passions sur le cœur‖ flottant comme une écume,Intimes souvenirs‖ de honte et d'amertumeQui font monter au front‖ de subites rougeurs !
Moi, je sais mieux la vie ;‖ et je pourrai te dire,Quand tu seras plus grande‖ et qu'il faudra t'instruire,Que poursuivre l'empire‖ et la fortune et l'art,C'est folie et néant ;‖ que l'urne aléatoireNous jette bien souvent‖ la honte pour la gloire,Et que l'on perd son âme‖ à ce jeu de hasard !
L'âme en vivant s'altère ;‖ et, quoique en toute choseLa fin soit transparente‖ et laisse voir la cause,On vieillit sous le vice‖ et l'erreur abattu ;À force de marcher‖ l'homme erre, l'esprit doute.Tous laissent quelque chose‖ aux buissons de la route,Les troupeaux leur toison,‖ et l'homme sa vertu !
Va donc prier pour moi !‖ — Dis pour toute prière :— Seigneur, Seigneur mon Dieu,‖ vous êtes notre père,Grâce, vous êtes bon !‖ grâce, vous êtes grand ! —Laisse aller ta parole‖ où ton âme l'envoie ;Ne t'inquiète pas,‖ toute chose a sa voie,Ne t'inquiète pas‖ du chemin qu'elle prend !
Il n'est rien ici-bas‖ qui ne trouve sa pente.Le fleuve jusqu'aux mers‖ dans les plaines serpente ;L'abeille sait la fleur‖ qui recèle le miel.Toute aile vers son but‖ incessamment retombe,L'aigle vole au soleil,‖ le vautour à la tombe,L'hirondelle au printemps,‖ et la prière au ciel !
Lorsque pour moi vers Dieu‖ ta voix s'est envolée,Je suis comme l'esclave,‖ assis dans la vallée,Qui dépose sa charge‖ aux bornes du chemin ;Je me sens plus léger ;‖ car ce fardeau de peine,De fautes et d'erreurs‖ qu'en gémissant je traîne,Ta prière en chantant‖ l'emporte dans sa main !
Va prier pour ton père !‖ — Afin que je sois digneDe voir passer en rêve‖ un ange au vol de cygne,Pour que mon âme brûle‖ avec les encensoirs !Efface mes péchés‖ sous ton souffle candide,Afin que mon cœur soit‖ innocent et splendideComme un pavé d'autel‖ qu'on lave tous les soirs !
III
Prie encor pour tous ceux qui passentSur cette terre des vivants !Pour ceux dont les sentiers s'effacentÀ tous les flots, à tous les vents !Pour l'insensé qui met sa joieDans l'éclat d'un manteau de soie,Dans la vitesse d'un cheval !Pour quiconque souffre et travaille,Qu'il s'en revienne ou qu'il s'en aille,Qu'il fasse le bien ou le mal !
Pour celui que le plaisir souilleD'embrassements jusqu'au matin,Qui prend l'heure où l'on s'agenouillePour sa danse et pour son festin,Qui fait hurler l'orgie infâmeAu même instant du soir où l'âmeRépète son hymne assidu,Et, quand la prière est éteinte,Poursuit, comme s'il avait crainteQue Dieu ne l'ait pas entendu !
Enfant ! pour les vierges voilées !Pour le prisonnier dans sa tour !Pour les femmes écheveléesQui vendent le doux nom d'amour !Pour l'esprit qui rêve et médite !Pour l'impie à la voix mauditeQui blasphème la sainte loi ! —Car la prière est infinie !Car tu crois pour celui qui nie !Car l'enfance tient lieu de foi !
Prie aussi pour ceux que recouvreLa pierre du tombeau dormant,Noir précipice qui s'entrouvreSous notre foule à tout moment !Toutes ces âmes en disgrâceOnt besoin qu'on les débarrasseDe la vieille rouille du corps.Souffrent-elles moins pour se taire ?Enfant ! regardons sous la terre !Il faut avoir pitié des morts !
IV
À genoux, à genoux,‖ à genoux sur la terreOù ton père a son père,‖ où ta mère a sa mère,Où tout ce qui vécut‖ dort d'un sommeil profond !Abîme où la poussière‖ est mêlée aux poussières,Où sous son père encore‖ on retrouve des pères,Comme l'onde sous l'onde‖ en une mer sans fond !
Enfant ! quand tu t'endors,‖ tu ris ! L'essaim des songesTourbillonne, joyeux,‖ dans l'ombre où tu te plonges,S'effarouche à ton souffle,‖ et puis revient encor ;Et tu rouvres enfin‖ tes yeux divins que j'aime,En même temps que l'aube,‖ œil céleste elle-même,Entrouvre à l'horizon‖ sa paupière aux cils d'or !
Mais eux, si tu savais‖ de quel sommeil ils dorment !Leurs lits sont froids et lourds‖ à leurs os qu'ils déforment.Les anges autour d'eux‖ ne chantent pas en chœur.De tout ce qu'ils ont fait‖ le rêve les accable.Pas d'aube pour leur nuit ;‖ le remords implacableS'est fait ver du sépulcre‖ et leur ronge le cœur.
Tu peux avec un mot,‖ tu peux d'une paroleFaire que le remords‖ prenne une aile et s'envole !Qu'une douce chaleur‖ réjouisse les os !Qu'un rayon touche encor‖ leur paupière ravie,Et qu'il leur vienne un bruit‖ de lumière et de vie,Quelque chose des vents,‖ des forêts et des eaux !
Oh ! dis-moi, quand tu vas,‖ jeune et déjà pensive,Errer au bord d'un flot‖ qui se plaint sur sa rive,Sous des arbres dont l'ombre‖ emplit l'âme d'effroi,Parfois, dans les soupirs‖ de l'onde et de la brise,N'entends-tu pas de souffle‖ et de voix qui te dise :— Enfant ! quand vous prierez,‖ prierez-vous pas pour moi ? —
C'est la plainte des morts !‖ — Les morts pour qui l'on prieOnt sur leur lit de terre‖ une herbe plus fleurie.Nul démon ne leur jette‖ un sourire moqueur.Ceux qu'on oublie, hélas !‖ — leur nuit est froide et sombre,Toujours quelque arbre affreux,‖ qui les tient sous son ombre,Leur plonge sans pitié‖ des racines au cœur !
Prie ! afin que le père,‖ et l'oncle, et les aïeules,Qui ne demandent plus‖ que nos prières seules,Tressaillent dans leur tombe‖ en s'entendant nommer,Sachent que sur la terre‖ on se souvient encore,Et, comme le sillon‖ qui sent la fleur éclore,Sentent dans leur œil vide‖ une larme germer !
V
Ce n'est pas à moi, ma colombe,De prier pour tous les mortels,Pour les vivants dont la foi tombe,Pour tous ceux qu'enferme la tombe,Cette racine des autels !
Ce n'est pas moi, dont l'âme est vaine,Pleine d'erreurs, vide de foi,Qui prierais pour la race humaine,Puisque ma voix suffit à peine,Seigneur, à vous prier pour moi !
Non, si pour la terre méchanteQuelqu'un peut prier aujourd'hui,C'est toi, dont la parole chante,C'est toi ! ta prière innocente,Enfant, peut se charger d'autrui !
Ah ! demande à ce père augusteQui sourit à ton oraisonPourquoi l'arbre étouffe l'arbuste,Et qui fait du juste à l'injusteChanceler l'humaine raison ?
Demande-lui si la sagesseN'appartient qu'à l'éternité ?Pourquoi son souffle nous abaisse ?Pourquoi dans la tombe sans cesseIl effeuille l'humanité ?
Pour ceux que les vices consument,Les enfants veillent au saint lieu,Ce sont des fleurs qui le parfument,Ce sont des encensoirs qui fument,Ce sont des voix qui vont à Dieu !
Laissons faire ces voix sublimes,Laissons les enfants à genoux.Pécheurs ! nous avons tous nos crimes,Nous penchons tous sur les abîmes,L'enfance doit prier pour tous !
VI
Comme une aumône, enfant,‖ donne donc ta prièreÀ ton père, à ta mère,‖ aux pères de ton père ;Donne au riche à qui Dieu‖ refuse le bonheur,Donne au pauvre, à la veuve,‖ au crime, au vice immonde.Fais en priant le tour‖ des misères du monde ;Donne à tous ! donne aux morts !‖ — Enfin donne au Seigneur !
« Quoi ! murmure ta voix‖ qui veut parler et n'ose.Au Seigneur, au Très-Haut‖ manque-t-il quelque chose ?Il est le saint des saints,‖ il est le roi des rois !Il se fait des soleils‖ un cortège suprême !Il fait baisser la voix‖ à l'océan lui-même !Il est seul ! Il est tout !‖ à jamais ! à la fois ! »
Enfant, quand tout le jour‖ vous avez en famille,Tes deux frères et toi,‖ joué sous la charmille,Le soir vous êtes las,‖ vos membres sont pliés,Il vous faut un lait pur‖ et quelques noix frugales,Et, baisant tour à tour‖ vos têtes inégales,Votre mère à genoux‖ lave vos faibles pieds.
Eh bien ! il est quelqu'un‖ dans ce monde où nous sommesQui tout le jour aussi‖ marche parmi les hommes,Servant et consolant,‖ à toute heure, en tout lieu,Un bon pasteur qui suit‖ sa brebis égarée,Un pèlerin qui va‖ de contrée en contrée.Ce passant, ce pasteur,‖ ce pèlerin, c'est Dieu !
Le soir il est bien las !‖ il faut, pour qu'il sourie,Une âme qui le serve,‖ un enfant qui le prie,Un peu d'amour ! Ô toi,‖ qui ne sais pas tromper,Porte-lui ton cœur plein‖ d'innocence et d'extase,Tremblante et l'œil baissé,‖ comme un précieux vaseDont on craint de laisser‖ une goutte échapper !
Porte-lui ta prière !‖ et quand, à quelque flammeQui d'une chaleur douce‖ emplira ta jeune âme,Tu verras qu'il est proche,‖ alors, ô mon bonheur,Ô mon enfant ! sans craindre‖ affront ni raillerie,Verse, comme autrefois‖ Marthe, sœur de Marie,Verse tout ton parfum‖ sur les pieds du Seigneur !
VII
Ô myrrhe ! ô cinname !Nard cher aux époux !Baume ! éther ! dictame !De l'eau, de la flamme,Parfums les plus doux !
Prés que l'onde arrose !Vapeurs de l'autel !Lèvres de la roseOù l'abeille poseSa bouche de miel !
Jasmin ! asphodèle !Encensoirs flottants !Branche verte et frêleOù fait l'hirondelleSon nid au printemps !
Lis que fait écloreLe frais arrosoir !Ambre que Dieu dore !Souffle de l'aurore,Haleine du soir !
Parfum de la sèveDans les bois mouvants !Odeur de la grèveQui la nuit s'élèveSur l'aile des vents !
Fleurs dont la chapelleSe fait un trésor !Flamme solennelle,Fumée éternelleDes sept lampes d'or !
Tiges qu'a briséesLe tranchant du fer !Urnes embrasées !Esprits des roséesQui flottez dans l'air !
Fêtes réjouiesD'encens et de bruits !Senteurs inouïes !Fleurs épanouiesAu souffle des nuits !
Odeurs immortellesQue les Ariel,Archanges fidèles,Prennent sur leurs ailesEn venant du ciel !
Ô couche premièreDu premier époux !De la terre entière,Des champs de lumièreParfums les plus doux !
Dans l'auguste sphère,Parfums, qu'êtes-vous,Près de la prièreQui dans la poussièreS'épanche à genoux !
Près du cri d'une âmeQui fond en sanglots,Implore et réclame,Et s'exhale en flamme,Et se verse à flots !
Près de l'humble offrandeD'un enfant de linDont l'extase est grandeEt qui recommandeSon père orphelin !
Bouche qui soupire,Mais sans murmurer !Ineffable lyre !Voix qui fait sourireEt qui fait pleurer !
VIII
Quand elle prie, un ange‖ est debout auprès d'elle,Caressant ses cheveux‖ des plumes de son aile,Essuyant d'un baiser‖ son œil de pleurs terni,Venu pour l'écouter‖ sans que l'enfant l'appelle,Esprit qui tient le livre‖ où l'innocente épèle,Et qui pour remonter‖ attend qu'elle ait fini.
Son beau front incliné‖ semble un vase qu'il penchePour recevoir les flots‖ de ce cœur qui s'épanche ;Il prend tout, pleurs d'amour‖ et soupirs de douleur ;Sans changer de nature‖ il s'emplit de cette âme,Comme le pur cristal‖ que notre soif réclameS'emplit d'eau jusqu'aux bords‖ sans changer de couleur.
Ah ! c'est pour le Seigneur‖ sans doute qu'il recueilleCes larmes goutte à goutte‖ et ce lis feuille à feuille !Et puis il reviendra‖ se ranger au saint lieu,Tenant prêts ces soupirs,‖ ces parfums, cette haleine,Pour étancher le soir,‖ comme une coupe pleine,Ce grand besoin d'amour,‖ la seule soif de Dieu !
Enfant ! dans ce concert‖ qui d'en bas le salue,La voix par Dieu lui-même‖ entre toutes élue,C'est la tienne, ô ma fille !‖ elle a tant de douceur,Sur des ailes de flamme‖ elle monte si pure,Elle expire si bien‖ en amoureux murmure,Que les vierges du ciel‖ disent : c'est une sœur !
IX
Oh ! bien loin de la voieOù marche le pécheur,Chemine où Dieu t'envoie !Enfant, garde ta joie !Lis, garde ta blancheur !
Sois humble ! que t'importeLe riche et le puissant !Un souffle les emporte.La force la plus forteC'est un cœur innocent !
Bien souvent Dieu repousseDu pied les hautes tours ;Mais dans le nid de mousseOù chante une voix douceIl regarde toujours !
Reste à la solitude !Reste à la pauvreté !Vis sans inquiétude,Et ne te fais étudeQue de l'éternité !
Il est, loin de nos villesEt loin de nos douleurs,Des lacs purs et tranquilles,Et dont toutes les îlesSont des bouquets de fleurs !
Flots d'azur où l'on aimeÀ laver ses remords !D'un charme si suprêmeQue l'incrédule mêmeS'agenouille à leurs bords !
L'ombre qui les inondeCalme et nous rend meilleurs ;Leur paix est si profondeQue jamais à leur ondeOn n'a mêlé de pleurs !
Et le jour, que leur plaineReflète éblouissant,Trouve l'eau si sereineQu'il y hasarde à peineUn nuage en passant !
Ces lacs que rien n'altère,Entre des monts géantsDieu les met sur la terre,Loin du souffle adultèreDes sombres océans,
Pour que nul vent aride,Nul flot mêlé de fielN'empoisonne et ne rideCes gouttes d'eau limpideOù se mire le ciel !
Ô ma fille, âme heureuse !Ô lac de pureté !Dans la vallée ombreuse,Reste où ton Dieu te creuseUn lit plus abrité !
Lac que le ciel parfume !Le monde est une mer ;Son souffle est plein de brume,Un peu de son écumeRendrait ton flot amer !
X
Et toi, céleste ami‖ qui gardes son enfance,Qui le jour et la nuit‖ lui fais une défenseDe tes ailes d'azur !Invisible trépied‖ où s'allume sa flamme !Esprit de sa prière,‖ ange de sa jeune âme,Cygne de ce lac pur !
Dieu te l'a confiée‖ et je te la confie !Soutiens, relève, exhorte,‖ inspire et fortifieSa frêle humanité !Qu'elle garde à jamais,‖ réjouie ou souffrante,Cet œil plein de rayons,‖ cette âme transparente,Cette sérénité
Qui fait que tout le jour,‖ et sans qu'elle te voie,Écartant de son cœur‖ faux désirs, fausse joie,Mensonge et passion,Prosternant à ses pieds‖ ta couronne immortelle,Comme elle devant Dieu,‖ tu te tiens devant elleEn adoration !
Juin 1830.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 35(aabccb) 4(ababccdeed) 33(abaab) 1(aabaab)
- Mètre
- Vers de 12, 8, 5 et 6 syllabes (210 de 12, 75 de 8, 70 de 5, 66 de 6)· profil 5, 6, 8, 6+6
- Strophes
- 36 sizains, 33 quintils, 4 dizains
- Mots à la rime
- a venue / nue féminine, classiqueb contour / jour masculine, classiquec Écoute / route féminine, classiquea recèle / étincelle féminine, classiqueb carmin / chemin masculine, classiquec surface / s'efface féminine, classiquea haine / sereine féminine, classiqueb tour / d'amour masculine, classiquec cassée / lassée féminine, classiquea anges / étranges féminine, classiqueb ciel / universel masculine, classiquec pierre / prière féminine, classiquea l'ombre / nombre féminine, classiqueb déclin / lin masculine, classiquec vermeilles / abeilles féminine, classiquea l'enfance / n'offense féminine, classiqueb rit / esprit masculine, classiquec solennelle / aile féminine, classiquea celle / chancelle féminine, classiqueb ciel / miel masculine, classiquec mère / amère féminine, classiquea qu'elle / fidèle féminine, classiqueb satisfait / fait masculine, classiquec envie / vie féminine, classiquea novice / vice féminine, classiqueb tableau / l'eau masculine, classiquec passées / pensées féminine, classiquea elle / mêle féminine, classiqueb rongeurs / rougeurs masculine, classiquec écume / d'amertume féminine, classiquea dire / t'instruire féminine, classiqueb l'art / hasard masculine, classiquec aléatoire / gloire féminine, classiquea chose / cause féminine, classiqueb abattu / vertu masculine, classiquec doute / route féminine, classiquea prière / père féminine, classiqueb grand / prend masculine, classiquec l'envoie / voie féminine, classiquea pente / serpente féminine, classiqueb miel / ciel masculine, classiquec retombe / tombe féminine, classiquea envolée / vallée féminine, classiqueb chemin / main masculine, classiquec peine / traîne féminine, classiquea digne / cygne féminine, classiqueb encensoirs / soirs masculine, classiquec candide / splendide féminine, classiquea passent / s'effacent féminine, classiqueb vivants / vents masculine, classiquec joie / soie féminine, classiqued cheval / mal masculine, classiquee travaille / aille féminine, classiquea souille / s'agenouille féminine, classiqueb matin / festin masculine, classiquec infâme / l'âme féminine, classiqued assidu / entendu masculine, classiquee éteinte / crainte féminine, classiquea voilées / échevelées féminine, classiquec médite / maudite féminine, classiqued loi / foi masculine, classiquee infinie / nie féminine, classiquea recouvre / s'entrouvre féminine, classiqueb dormant / moment masculine, classiquec disgrâce / débarrasse féminine, classiqued corps / morts masculine, classiquee taire / terre féminine, classiquea terre / mère féminine, classiqueb profond / fond masculine, classiquec poussières / pères féminine, classiquea songes / plonges féminine, classiqueb encor / d'or masculine, classiquec j'aime / elle-même féminine, classiquea dorment / déforment féminine, classiqueb chœur / cœur masculine, classiquec accable / implacable féminine, classiquea parole / s'envole féminine, classiqueb os / eaux masculine, classiquec ravie / vie féminine, classiquea pensive / rive féminine, classiqueb d'effroi / moi masculine, classiquec brise / dise féminine, classiquea prie / fleurie féminine, classiqueb moqueur / cœur masculine, classiquec sombre / ombre féminine, classiquea aïeules / seules féminine, classiqueb nommer / germer masculine, classiquec encore / éclore féminine, classiquea colombe / tombe féminine, classiqueb mortels / autels masculine, classiquea vaine / humaine / peine féminine, classiqueb foi / moi masculine, classiquea méchante / chante / innocente féminine, classiqueb aujourd'hui / d'autrui masculine, classiquea auguste / l'arbuste / l'injuste féminine, classiqueb oraison / raison masculine, classiquea sagesse / abaisse / cesse féminine, classiqueb l'éternité / l'humanité masculine, classiquea consument / parfument / fument féminine, classiqueb lieu / Dieu masculine, classiquea sublimes / crimes / abîmes féminine, classiqueb genoux / tous masculine, classiqueb bonheur / Seigneur masculine, classiquec immonde / monde féminine, classiquea n'ose / chose féminine, classiqueb rois / fois masculine, classiquec suprême / lui-même féminine, classiquea famille / charmille féminine, classiqueb pliés / pieds masculine, classiquec frugales / inégales féminine, classiquea sommes / hommes féminine, classiquec égarée / contrée féminine, classiquea sourie / prie féminine, classiqueb tromper / échapper masculine, classiquec d'extase / vase féminine, classiquea flamme / âme féminine, classiquec raillerie / Marie féminine, classiquea cinname / dictame / flamme féminine, classiqueb époux / doux masculine, classiquea arrose / rose / pose féminine, classiqueb l'autel / miel masculine, classiquea asphodèle / frêle / l'hirondelle féminine, classiqueb flottants / printemps masculine, classiquea éclore / dore / l'aurore féminine, classiqueb arrosoir / soir masculine, classiquea sève / grève / s'élève féminine, classiqueb mouvants / vents masculine, classiquea chapelle / solennelle / éternelle féminine, classiqueb trésor / d'or masculine, classiquea brisées / embrasées / rosées féminine, classiqueb fer / l'air masculine, classiquea réjouies / inouïes / épanouies féminine, classiqueb bruits / nuits masculine, classiquea immortelles / fidèles / ailes féminine, classiqueb Ariel / ciel masculine, classiquea première / entière féminine, classiquec lumière / sphère féminine, classiqueb qu'êtes-vous / genoux masculine, classiquec prière / poussière féminine, classiquea âme / réclame / flamme féminine, classiqueb sanglots / flots masculine, classiquea offrande / grande / recommande féminine, classiqueb lin / orphelin masculine, classiquea soupire / lyre / sourire féminine, classiqueb murmurer / pleurer masculine, classiquea d'elle / aile féminine, classiqueb terni / fini masculine, classiquec l'appelle / épèle féminine, classiquea penche / s'épanche féminine, classiqueb douleur / couleur masculine, classiquec âme / réclame féminine, classiquea recueille / feuille féminine, classiquec haleine / pleine féminine, classiquea salue / élue féminine, classiqueb douceur / sœur masculine, classiquec pure / murmure féminine, classiquea voie / t'envoie / joie féminine, classiqueb pécheur / blancheur masculine, classiquea t'importe / emporte / forte féminine, classiqueb puissant / innocent masculine, classiquea repousse / mousse / douce féminine, classiqueb tours / toujours masculine, classiquea solitude / inquiétude / étude féminine, classiqueb pauvreté / l'éternité masculine, classiquea villes / tranquilles / îles féminine, classiqueb douleurs / fleurs masculine, classiquea aime / suprême / même féminine, classiqueb remords / bords masculine, classiquea inonde / profonde / onde féminine, classiqueb meilleurs / pleurs masculine, classiquea plaine / sereine / peine féminine, classiqueb éblouissant / passant masculine, classiquea n'altère / terre / adultère féminine, classiqueb géants / océans masculine, classiquea aride / ride / limpide féminine, classiqueb fiel / ciel masculine, classiquea heureuse / ombreuse / creuse féminine, classiqueb pureté / abrité masculine, classiquea parfume / brume / écume féminine, classiqueb mer / amer masculine, classiquea enfance / défense féminine, classiqueb d'azur / pur masculine, classiquea confie / fortifie féminine, classiqueb humanité / sérénité masculine, classiquec souffrante / transparente féminine, classiquea voie / joie féminine, classiqueb passion / adoration masculine, classiquec immortelle / elle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
421 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre complète, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1985· numérisation abu.cnam.fr· Sources