Les quatre vents de l’esprit, 1881· III Le livre lyrique — La destinée —
XVI. À ma fille adèle
Tout enfant, tu dormais‖ près de moi, rose et fraîche,Comme un petit Jésus‖ assoupi dans sa crèche ;Ton pur sommeil était‖ si calme et si charmantQue tu n’entendais pas‖ l’oiseau chanter dans l’ombre ;Moi, pensif, j’aspirais‖ toute la douceur sombreDu mystérieux firmament.
Et j’écoutais voler‖ sur ta tête les anges ;Et je te regardais‖ dormir ; et sur tes langesJ’effeuillais des jasmins‖ et des œillets sans bruit ;Et je priais, veillant‖ sur tes paupières closes ;Et mes yeux se mouillaient‖ de pleurs, songeant aux chosesQui nous attendent dans la nuit.
Un jour mon tour viendra‖ de dormir ; et ma couche,Faite d’ombre, sera‖ si morne et si faroucheQue je n’entendrai pas‖ non plus chanter l’oiseau ;Et la nuit sera noire ;‖ alors, ô ma colombe,Larmes, prière et fleurs,‖ tu rendras à ma tombeCe que j’ai fait pour ton berceau.
4 octobre 1857.
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (15 de 12, 3 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a fraîche / crèche féminine, classiqueb charmant / firmament masculine, classiquec l’ombre / sombre féminine, classiquea anges / langes féminine, classiqueb bruit / nuit masculine, classiquec closes / choses féminine, classiquea couche / farouche féminine, classiqueb l’oiseau / berceau masculine, classiquec colombe / tombe féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les quatre vents de l’esprit, Paris, La Librairie Ollendorff, 1908· numérisation wikisource.org· Sources