Vers, 1894· Troisième partie
« La jeune fille est blanche »
La jeune fille est blanche,Elle a des veines vertesAux poignets, dans ses manchesOuvertes.
On ne sait pas pourquoiElle rit. Par momentElle crie et celaEst perçant.
Est-ce qu'elle se douteQu'elle vous prend le cœurEn cueillant sur la routeDes fleurs ?
On dirait quelquefoisQu'elle comprend des choses.Pas toujours. Elle causeTout bas.
« Oh ! ma chère ! oh ! là là…… Figure-toi… mardiJe l'ai vu… j'ai rri. » — Elle ditComme ça.
Quand un jeune homme souffre,D'abord elle se tait :Et ne rit plus, toutÉtonnée.
Dans les petits cheminsElle remplit ses mainsDe piquants de bruyères,De fougères.
Elle est grande, elle est blanche,Elle a des bras très doux.Elle est très droite et pencheLe cou.
1889
Versification
- Mètre
- Vers de 6, 2 et 3 syllabes (22 de 6, 4 de 2, 4 de 3, 1 de 5, 1 de 8)· profil 2, 3, 6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources