Vers, 1894· Troisième partie
« Tape le linge dans l'eau claire »
Tape le linge dans l'eau claire.Tes bras qui ont des fossettesSont beaux. — Tes jambes tu les serres.
Tu es la laveuse. Tu jettesDans l'eau le linge dur et saleDes paysans aux douces têtes.
Et puis ensuite tu l'étalesÀ des ficelles dans les coursQui sont près de l'obscure étable.
Les dimanches et les grands jours,Il y a des chemises blanchesPour tes frères qui font l'amour.
Tu danses sous les grandes branches,Sur la place publique, au village,Et on a envie de tes hanches.
Pendant ce temps les garçons sagesAu tir font péter des capsulesEt à la loterie ils gagnent.
… Tu as l'air ainsi d'être heureuse.Mais demain tape dans l'eau claireLe linge qui fait — plac — laveuse
— En écoutant l'eau sur les pierres.
1889
Versification
- Mètre
- Octosyllabes surtout (20 de 8, 1 de 7, 1 de 9)· profil 8, 9i
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources