Fables, 1678‑1694· Fables choisies mises en vers Éditions Thierry et Barbin (1678-1679) et Barbin (1694)· Livre Viii
V. L’homme et la puce
Par des vœux importuns‖ nous fatiguons les dieux,Souvent pour des sujets‖ même indignes des hommes :Il semble que le Ciel‖ sur tous tant que nous sommesSoit obligé d'avoir‖ incessamment les yeux,Et que le plus petit‖ de la race mortelle,À chaque pas qu'il fait,‖ à chaque bagatelle,Doive intriguer l'Olympe‖ et tous ses citoyens,Comme s'il s'agissoit‖ des Grecs et des Troyens.Un sot par une puce‖ eut l'épaule mordue.Dans les plis de ses draps‖ elle alla se loger.Hercule, ce dit-il,‖ tu devois bien purgerLa terre de cette hydre‖ au printemps revenue !Que fais-tu, Jupiter,‖ que du haut de la nueTu n'en perdes la race,‖ afin de me venger !Pour tuer une puce,‖ il vouloit obligerCes dieux à lui prêter‖ leur foudre et leur massue.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 3[abba] 2[aa]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a dieux / yeux masculine, classiqueb hommes / sommes féminine, classiquec mortelle / bagatelle féminine, classiqued citoyens / Troyens masculine, classiquee mordue / revenue féminine, classiquef loger / purger masculine, classiqueg nue / massue féminine, classiqueh venger / obliger masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1868· numérisation Project Gutenberg· Sources