Fables, 1678‑1694· Fables choisies mises en vers Éditions Thierry et Barbin (1678-1679) et Barbin (1694)· Livre IV
XIX. L’oracle et l’impie
Vouloir tromper le Ciel,‖ c'est folie à la terre.Le dédale des cœurs‖ en ses détours n'enserreRien qui ne soit d'abord‖ éclairé par les dieux :Tout ce que l'homme fait,‖ il le fait à leurs yeux,Même les actions‖ que dans l'ombre il croit faire.Un païen qui sentoit‖ quelque peu le fagot,Et qui croyoit en Dieu,‖ pour user de ce mot,Par bénéfice d'inventaire,Alla consulter Apollon.Dès qu'il fut en son sanctuaire :Ce que je tiens, dit-il,‖ est-il en vie ou non ?Il tenoit un moineau, dit-on,Prêt d'étouffer la pauvre bête,Ou de la lâcher aussitôt,Pour mettre Apollon en défaut.Apollon reconnut‖ ce qu'il avoit en tête :Mort ou vif, lui dit-il,‖ montre-nous ton moineau,Et ne me tends plus de panneau :Tu te trouverois mal‖ d'un pareil stratagème.Je vois de loin ; j'atteins de même.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[aabba] 3[aa] 1[ababb] 1[abba]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (11 de 12, 9 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a terre / n'enserre féminine, classiqueb dieux / yeux masculine, classiquec faire / d'inventaire / sanctuaire féminine, classiqued fagot / mot masculine, classiquee Apollon / non / dit-on masculine, classiquef bête / tête féminine, classiqueg aussitôt / défaut masculine, classiqueh moineau / panneau masculine, classiquei stratagème / même féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1868· numérisation Project Gutenberg· Sources