Fables, 1678‑1694· Fables choisies mises en vers Éditions Thierry et Barbin (1678-1679) et Barbin (1694)· Livre Ii
IV. Les deux taureaux et une grenouille
Deux taureaux combattoient‖ à qui posséderoitUne génisse avec l'empire.Une grenouille en soupiroit.Qu'avez-vous ? se mit à lui direQuelqu'un du peuple coassant. ‒Eh ! ne voyez-vous pas, dit-elle,Que la fin de cette querelleSera l'exil de l'un ;‖ que l'autre, le chassant,Le fera renoncer‖ aux campagnes fleuries ?Il ne régnera plus‖ sur l'herbe des prairies,Viendra dans nos marais‖ régner sur les roseaux ;Et, nous foulant aux pieds‖ jusques au fond des eaux,Tantôt l'une, et puis l'autre,‖ il faudra qu'on pâtisseDu combat qu'a causé‖ madame la génisse.
Cette crainte étoit de bon sens.L'un des taureaux en leur demeureS'alla cacher à leurs dépens :Il en écrasoit vingt par heure.Hélas ! on voit que de tout tempsLes petits ont pâti‖ des sottises des grands.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[abab] 1[abba] 4[aa]
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (11 de 8, 9 de 12)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a posséderoit / soupiroit masculine, classiqueb l'empire / dire féminine, classiquec coassant / chassant masculine, classiqued dit-elle / querelle féminine, classiquee fleuries / prairies féminine, classiquef roseaux / eaux masculine, classiqueg pâtisse / génisse féminine, classiquea sens / dépens masculine, classiqueb demeure / heure féminine, classiquec temps / grands masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1868· numérisation Project Gutenberg· Sources