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un seul est le mot juste.

Fables, 1678‑1694· Fables choisies mises en vers Éditions Thierry et Barbin (1678-1679) et Barbin (1694)· Livre Xii

XXVIII. Les filles de minée

Sujet tiré des Métamorphoses d’Ovide

Jean de La Fontaine· strophes variées, alexandrins surtout, 562 vers

Je chante dans ces Vers‖ les Filles de Minée,Troupe aux arts de Pallas‖ dès l’enfance adonnée,Et de qui le travail‖ fit entrer en courrouxBacchus, à juste droit‖ de ses honneurs jaloux.Tout Dieu veut aux humains‖ se faire reconnaître.On ne voit point les champs‖ répondre aux soins du Maître,Si dans les jours sacrés‖ autour de ses guérets,Il ne marche en triomphe‖ à l’honneur de Cérés.La Grèce était en jeux‖ pour le fils de Séméle ;Seules on vit trois sœurs‖ condamner ce saint zèle.Alcithoé l’aînée‖ ayant pris ses fuseaux,Dit aux autres : Quoi donc‖ toujours des Dieux nouveaux ?L’Olympe ne peut plus‖ contenir tant de têtes,Ni l’an fournir de jours‖ assez pour tant de Fêtes.Je ne dis rien des vœux‖ dus aux travaux diversDe ce Dieu qui purgea‖ de monstres l’Univers ;Mais à quoi sert Bacchus,‖ qu’à causer des querelles ?Affaiblir les plus sains ?‖ enlaidir les plus belles ?Souvent mener au Styx‖ par de tristes chemins ?Et nous irons chômer‖ la peste des humains ?Pour moi, j’ai résolu‖ de poursuivre ma tâche.Se donne qui voudra‖ ce jour-ci du relâche :Ces mains n’en prendront point.‖ Je suis encor d’avisQue nous rendions le temps‖ moins long par des récits.Toutes trois tour à tour‖ racontons quelque histoire ;Je pourrais retrouver‖ sans peine en ma mémoireDu Monarque des Dieux‖ les divers changements ;Mais comme chacun sait‖ tous ces événements,Disons ce que l’amour‖ inspire à nos pareilles :Non toutefois qu’il faille‖ en contant ses merveilles,Accoutumer nos cœurs‖ à goûter son poison ;Car, ainsi que Bacchus,‖ il trouble la raison.Récitons-nous les maux‖ que ses biens nous attirent.Alcithoé se tut,‖ et ses sœurs applaudirent.Après quelques moments,‖ haussant un peu la voix,Dans Thèbes, reprit-elle,‖ on conte qu’autrefoisDeux jeunes cœurs s’aimaient‖ d’une égale tendresse :Pyrame, c’est l’amant,‖ eut Thisbé pour maîtresse :Jamais couple ne fut‖ si bien assorti qu’eux ;L’un bien fait, l’autre belle,‖ agréables tous deux,Tous deux dignes de plaire,‖ ils s’aimèrent sans peine ;D’autant plutôt épris,‖ qu’une invincible haineDivisant leurs parents,‖ ces deux Amants unit,Et concourut aux traits‖ dont l’Amour se servit.Le hasard, non le choix,‖ avait rendu voisinesLeurs maisons où régnaient‖ ces guerres intestines ;Ce fut un avantage‖ à leurs désirs naissants.Le cours en commença‖ par des jeux innocents :La première étincelle‖ eut embrasé leur âmeQu’ils ignoraient encor‖ ce que c’était que flamme.Chacun favorisait‖ leurs transports mutuels,Mais c’était à l’insu‖ de leurs parents cruels.La défense est un charme ;‖ on dit qu’elle assaisonneLes plaisirs, et sur tout‖ ceux que l’amour nous donne.D’un des logis à l’autre,‖ elle instruisit du moinsNos Amants à se dire‖ avec signe leurs soins.Ce léger réconfort‖ ne les put satisfaire ;Il fallut recourir‖ à quelque autre mystère.Un vieux mur entr’ouvert‖ séparait leurs maisons,Le temps avait miné‖ ses antiques cloisons.Là souvent de leurs maux‖ ils déploraient la cause ;Les paroles passaient,‖ mais c’était peu de chose.Se plaignant d’un tel sort,‖ Pyrame dit un jour,Chère Thisbé, le Ciel‖ veut qu’on s’aide en amour ;Nous avons à nous voir‖ une peine infinie ;Fuyons de nos parents‖ l’injuste tyrannie :J’en ai d’autres en Grèce ;‖ ils se tiendront heureuxQue vous daignez chercher‖ un asile chez eux ;Leur amitié, leurs biens,‖ leur pouvoir, tout m’inviteÀ prendre le parti‖ dont je vous sollicite.C’est votre seul repos‖ qui me le fait choisir,Car je n’ose parler,‖ hélas ! de mon désir ;Faut-il à votre gloire‖ en faire un sacrifice ?De crainte des vains bruits‖ faut-il que je languisse ?Ordonnez, j’y consens,‖ tout me semblera doux ;Je vous aime Thisbé,‖ moins pour moi que pour vous.J’en pourrais dire autant,‖ lui repartit l’Amante ;Votre amour étant pure,‖ encor que véhémente,Je vous suivrai partout ;‖ notre commun reposMe doit mettre au-dessus‖ de tous les vains propos ;Tant que de ma vertu‖ je serai satisfaite,Je rirai des discours‖ d’une langue indiscrète,Et m’abandonnerai‖ sans crainte à votre ardeur,Contente que je suis‖ des soins de ma pudeur.Jugez ce que sentit‖ Pyrame à ces paroles ;Je n’en fais point ici‖ de peintures frivoles.Suppléez au peu d’art‖ que le Ciel mit en moi :Vous-mêmes peignez-vous‖ cet Amant hors de soi.Demain, dit-il, il faut‖ sortir avant l’Aurore ;N’attendez point les traits‖ que son char fait éclore ;Trouvez-vous aux degrés‖ du terme de Cérès ;Là nous nous attendrons ;‖ le rivage est tout près :Une barque est au bord ;‖ Les Rameurs, le vent même,Tout pour notre départ‖ montre une hâte extrême ;L’augure en est heureux,‖ notre sort va changer ;Et les Dieux sont pour nous,‖ si je sais bien juger.Thisbé consent à tout ;‖ elle en donne pour gageDeux baisers par le mur‖ arrêtés au passage,Heureux mur ! tu devais‖ servir mieux leur désir ;Ils n’obtinrent de toi‖ qu’une ombre de plaisir.Le lendemain Thisbé‖ sort et prévient Pyrame ;L’impatience, hélas !‖ maîtresse de son âme,La fait arriver seule‖ et sans guide aux degrés ;L’ombre et le jour luttaient‖ dans les champs azurés.Une lionne vient,‖ monstre imprimant la crainte ;D’un carnage récent‖ sa gueule est toute teinte.Thisbé fuit, et son voile‖ emporté par les airs,Source d’un sort cruel,‖ tombe dans ces déserts.La lionne le voit,‖ le souille, le déchire,Et l’ayant teint de sang,‖ aux forêts se retire.Thisbé s’était cachée‖ en un buisson épais.Pyrame arrive, et voit‖ ces vestiges tout frais.Ô Dieux ! que devient-il ?‖ un froid court dans ses veines ;Il aperçoit le voile‖ étendu dans ces plaines :Il le lève ; et le sang‖ joint aux traces des pas,L’empêche de douter‖ d’un funeste trépas.Thisbé, s’écria-t-il,‖ Thisbé, je t’ai perdue,Te voilà par ma faute‖ aux Enfers descendue !Je l’ai voulu ; c’est moi‖ qui suis le monstre affreuxPar qui tu t’en vas voir‖ le séjour ténébreux :Attends-moi, je te vais‖ rejoindre aux rives sombres ;Mais m’oserai-je à toi‖ présenter chez les Ombres ?Jouis au moins du sang‖ que je te vais offrir,Malheureux de n’avoir‖ qu’une mort à souffrir.Il dit, et d’un poignard‖ coupe aussitôt sa trame.Thisbé vient ; Thisbé voit‖ tomber son cher Pyrame.Que devint-elle aussi ?‖ tout lui manque à la fois,Le sens, et les esprits‖ aussi bien que la voix.Elle revient enfin ;‖ Cloton pour l’amour d’elleLaisse à Pyrame ouvrir‖ sa mourante prunelle.Il ne regarde point‖ la lumière des Cieux ;Sur Thisbé seulement‖ il tourne encor les yeux.Il voudrait lui parler,‖ sa langue est retenue ;Il témoigne mourir‖ content de l’avoir vue.Thisbé prend le poignard ;‖ et découvrant son sein,Je n’accuserai point,‖ dit-elle, ton dessein ;Bien moins encor l’erreur‖ de ton âme alarmée ;Ce serait t’accuser‖ de m’avoir trop aimée.Je ne t’aime pas moins :‖ tu vas voir que mon cœurN’a non plus que le tien‖ mérité son malheur.Cher Amant, reçois donc‖ ce triste sacrifice.Sa main et le poignard‖ font alors leur office :Elle tombe, et tombant‖ range ses vétemens,Dernier trait de pudeur,‖ même aux derniers moments.Les Nymphes d’alentour‖ lui donnèrent des larmes ;Et du sang des Amants‖ teignirent par des charmesLe fruit d’un Mûrier proche,‖ et blanc jusqu’à ce jour,Éternel monument‖ d’un si parfait amour.Cette histoire attendrit‖ les filles de Minée :L’une accusait l’Amant,‖ l’autre la destinée,Et toutes d’une voix‖ conclurent que nos cœursDe cette passion‖ devraient être vainqueurs.Elle meurt quelquefois‖ avant qu’être contente ;L’est-elle ? elle devient‖ aussitôt languissante :Sans l’hymen on n’en doit‖ recueillir aucun fruit,Et cependant l’hymen‖ est ce qui la détruit.Il y joint, dit Climène,‖ une âpre jalousie.Poison le plus cruel‖ dont l’âme soit saisie.Je n’en veux pour témoin‖ que l’erreur de Procris.Alcithoé ma sœur,‖ attachant vos esprits,Des tragiques amours‖ vous a conté l’élite ;Celles que je vais dire‖ ont aussi leur mérite.J’acourcirai le temps‖ ainsi qu’elle, à mon tour.Peu s’en faut que Phœbus‖ ne partage le jour.À ses rayons perçants‖ opposons quelques voiles.Voyons combien nos mains‖ ont avancé nos toiles.Je veux que sur la mienne,‖ avant que d’être au soir,Un progrès tout nouveau‖ se fasse apercevoir :Cependant donnez-moi‖ quelque heure de silence,Ne vous rebutez point‖ de mon peu d’éloquence ;Souffrez-en les défauts ;‖ et songez seulementAu fruit qu’on peut tirer‖ de cet événement.

Céphale aimait Procris,‖ il était aimé d’elle ;Chacun se proposait‖ leur Hymen pour modèle.Ce qu’Amour fait sentir‖ de piquant et de douxComblait abondamment‖ les vœux de ces Époux.Ils ne s’aimaient que trop ;‖ leurs soins et leur tendresseApprochaient des transports‖ d’Amant et de Maîtresse ;Le Ciel même envia‖ cette félicité :Céphale eut à combattre‖ une Divinité.Il était jeune et beau,‖ l’Aurore en fut charmée ;N’étant pas à ces biens,‖ chez elle, accoutumée.Nos belles cacheraient‖ un pareil sentiment :Chez les Divinités‖ on en use autrement.Celle-ci déclara‖ son amour à Céphale.Il eut beau lui parler‖ de la foi conjugale ;Les jeunes Déités‖ qui n’ont qu’un vieil Époux,Ne se soumettent point‖ à ces lois comme nous.La Déesse enleva‖ ce Héros si fidèle :De modérer ses feux‖ il pria l’Immortelle.Elle le fit ; l’amour‖ devint simple amitié :Retournez, dit l’Aurore,‖ avec votre moitié.Je ne troublerai plus‖ votre ardeur ni la sienne ;Recevez seulement‖ ces marques de la mienne.(C’était un javelot‖ toujours sûr de ses coups.)Un jour cette Procris‖ qui ne vit que pour vous,Fera le désespoir‖ de votre âme charmée,Et vous aurez regret‖ de l’avoir tant aimée.Tout Oracle est douteux,‖ et porte un double sens ;Celui-ci mit d’abord‖ nôtre Époux en suspens :J’aurai regret aux vœux‖ que j’ai formés pour elle ;Et comment ? N’est-ce point‖ qu’elle m’est infidèle ?Ah finissent mes jours‖ plutôt que de le voir !Éprouvons toutefois‖ ce que peut son devoir.Des Mages aussitôt‖ consultant la science,D’un feint adolescent‖ il prend la ressemblance ;S’en va trouver Procris,‖ élève jusqu’aux CieuxSes beautés qu’il soutient‖ être dignes des Dieux ;Joint les pleurs aux soupirs‖ comme un Amant sait faire,Et ne peut s’éclaircir‖ par cet art ordinaire.Il fallut recourir‖ à ce qui porte coup,Aux présents ; il offrit,‖ donna promit beaucoup,Promit tant que Procris‖ lui parut incertaine.Toute chose a son prix :‖ voilà Céphale en peine ;Il renonce aux cités,‖ s’en va dans les forêts,Conte aux vents, conte aux bois‖ ses déplaisirs secrets :S’imagine en chassant‖ dissiper son martyre.C’était pendant ces mois‖ où le chaud qu’on respireOblige d’implorer‖ l’haleine des Zéphyrs.Doux Vents, s’écriait-il,‖ prêtez-moi des soupirs,Venez, légers Démons‖ par qui nos champs fleurissent :Aure, fais-les venir ;‖ je sais qu’ils t’obéissent ;Ton emploi dans ces lieux‖ est de tout ranimer.On l’entendit, on crut‖ qu’il venait de nommerQuelque objet de ses vœux‖ autre que son Épouse.Elle en est avertie,‖ et la voilà jalouse.Maint voisin charitable‖ entretient ses ennuis :Je ne le puis plus voir,‖ dit-elle, que les nuits.Il aime donc cette Aure,‖ et me quitte pour elle ?Nous vous plaignons ; il l’aime,‖ et sans cesse il l’appelle ;Les échos de ces lieux‖ n’ont plus d’autres emploisQue celui d’enseigner‖ le nom d’Aure à nos bois.Dans tous les environs‖ le nom d’Aure résonne.Profitez d’un avis‖ qu’en passant on vous donne.L’intérêt qu’on y prend‖ est de vous obliger.Elle en profite, hélas !‖ et ne fait qu’y songer.Les Amants sont toujours‖ de légère croyance.S’ils pouvaient conserver‖ un rayon de prudence,(Je demande un grand point,‖ la prudence en amours)Ils seraient aux rapports‖ insensibles et sourds.Nôtre Épouse ne fut‖ l’une ni l’autre chose :Elle se lève un jour ;‖ et lorsque tout repose,Que de l’aube au teint frais‖ la charmante douceurForce tout au sommeil,‖ hormis quelque Chasseur,Elle cherche Céphale ;‖ un bois l’offre à sa vue.Il invoquait déjà‖ cette Aure prétendue.Viens me voir, disait-il,‖ chère Déesse accours :Je n’en puis plus, je meurs,‖ fais que par ton secoursLa peine que je sens‖ se trouve soulagée.L’Épouse se prétend‖ par ces mots outragée ;Elle croit y trouver,‖ non le sens qu’ils cachaient,Mais celui seulement‖ que ses soupçons cherchaient.Ô triste jalousie !‖ ô passion amère !Fille d’un fol amour,‖ que l’erreur a pour mère !Ce qu’on voit par tes yeux‖ cause assez d’embarras,Sans voir encor par eux‖ ce que l’on ne voit pas.Procris s’était cachée‖ en la même retraiteQu’un Faon de Biche avait‖ pour demeure secrète :Il en sort ; et le bruit‖ trompe aussitôt l’Époux.Céphale prend le dard‖ toujours sûr de ses coups,Le lance en cet endroit,‖ et perce sa jalouse ;Malheureux assassin‖ d’une si chère Épouse.Un cri lui fait d’abord‖ soupçonner quelque erreur ;Il accourt, voit sa faute,‖ et tout plein de fureur,Du même javelot‖ il veut s’ôter la vie.L’Aurore et les Destins‖ arrêtent cette envie.Cet office lui fut‖ plus cruel qu’indulgent.L’infortuné Mari‖ sans cesse s’affligeant,Eût accru par ses pleurs‖ le nombre des fontaines,Si la Déesse enfin,‖ pour terminer ses peines,N’eût obtenu du Sort‖ que l’on tranchât ses jours ;Triste fin d’un Hymen‖ bien divers en son cours.Fuyons ce nœud, mes Sœurs,‖ je ne puis trop le dire.Jugez par le meilleur‖ quel peut être le pire.S’il ne nous est permis‖ d’aimer que sous ses lois,N’aimons point. Ce dessein‖ fut pris par toutes trois.Toutes trois pour chasser‖ de si tristes pensées,À revoir leur travail‖ se montrent empressées.Climène en un tissu‖ riche, pénible, et grand,Avait presque achevé‖ le fameux différendD’entre le Dieu des eaux‖ et Pallas la savante.On voyait en lointain‖ une ville naissante.L’honneur de la nommer‖ entre eux deux contesté,Dépendait du présent‖ de chaque Déité.Neptune fit le sien‖ d’un symbole de guerre.Un coup de son trident‖ fit sortir de la terreUn animal fougueux,‖ un Coursier plein d’ardeur.Chacun de ce présent‖ admirait la grandeur.Minerve l’effaça,‖ donnant à la contréeL’Olivier, qui de paix‖ est la marque assurée ;Elle emporta le prix,‖ et nomma la Cité.Athène offrit ses vœux‖ à cette Déité.Pour les lui présenter‖ on choisit cent pucelles,Toutes sachant broder,‖ aussi sages que belles.Les premières portaient‖ force présents divers.Tout le reste entourait‖ la Déesse aux yeux pers.Avec un doux sourire‖ elle acceptait l’hommage.Climène ayant enfin‖ replié son ouvrage,La jeune Iris commence‖ en ces mots son récit.

Rarement pour les pleurs‖ mon talent réussit,Je suivrai toutefois‖ la matière imposée.Télamon pour Cloris‖ avait l’âme embrasée :Cloris pour Télamon‖ brûlait de son côté.La naissance, l’esprit,‖ les grâces, la beauté ;Tout se trouvait en eux,‖ hormis ce que les hommesFont marcher avant tout‖ dans ce siècle où nous sommes.Ce sont les biens, c’est l’or,‖ mérite universel.Ces Amants, Quoiqu’épris‖ d’un désir mutuel,N’osaient au blond Hymen‖ sacrifier encore ;Faute de ce métail‖ que tout le monde adore.Amour s’en passerait,‖ l’autre état ne le peut :Soit raison, soit abus,‖ le Sort ainsi le veut.Cette loi qui corrompt‖ les douceurs de la vie,Fut par le jeune Amant‖ d’une autre erreur suivie.Le Démon des Combats‖ vint troubler l’Univers.Un Pays contesté‖ par des Peuples diversEngagea Télamon‖ dans un dur exercice.Il quitta pour un temps‖ l’amoureuse milice.Cloris y consentit,‖ mais non pas sans douleur.Il voulut mériter‖ son estime et son cœur.Pendant que ses exploits‖ terminent la querelle,Un parent de Cloris‖ meurt, et laisse à la belleD’amples possessions‖ et d’immenses trésors :Il habitait les lieux‖ où Mars régnait alors.La Belle s’y transporte ;‖ et partout révérée,Partout, des deux partis‖ Cloris considérée,Voit de ses propres yeux‖ les champs où TélamonVenait de consacrer‖ un trophée à son nom.Lui de sa part accourt,‖ et, tout couvert de gloireIl offre à ses amours‖ les fruits de sa victoire.Leur rencontre se fit‖ non loin de l’élémentQui doit être évité‖ de tout heureux Amant.Dès ce jour l’âge d’or‖ les eût joints sans mystère ;L’âge de fer en tout‖ a coutume d’en faire.Cloris ne voulut donc‖ couronner tous ces biensQu’au sein de sa Patrie,‖ et de l’aveu des siens.Tout chemin, hors la mer,‖ allongeant leur souffrance,Ils commettent aux flots‖ cette douce espérance.Zéphyre les suivait‖ quand presque en arrivant,Un Pirate survient,‖ prend le dessus du vent,Les attaque, les bat.‖ En vain par sa vaillanceTélamon jusqu’au bout‖ porte la résistance.Après un long combat‖ son parti fut défait ;Lui pris ; et ses efforts‖ n’eurent pour tout effetQu’un esclavage indigne.‖ Ô Dieux, qui l’eût pu croire !Le sort sans respecter‖ ni son sang ni sa gloire,Ni son bonheur prochain,‖ ni les vœux de Cloris,Le fit être forçat‖ aussitôt qu’il fut pris.

Le destin ne fut pas‖ à Cloris si contraire ;Un célèbre Marchand‖ l’achète du Corsaire :Il l’emmène ; et bientôt‖ la Belle, malgré soi,Au milieu de ses fers,‖ range tout sous sa loi.L’Épouse du Marchand‖ la voit avec tendresse.Ils en font leur Compagne,‖ et leur fils sa Maîtresse.Chacun veut cet Hymen :‖ Cloris à leurs désirsRépondait seulement‖ par de profonds soupirs.Damon, c’était ce fils,‖ lui tient ce doux langage :Vous soupirez toujours,‖ toujours votre visageBaigné de pleurs nous marque‖ un déplaisir secret.Qu’avez-vous ? vos beaux yeux‖ verraient-ils à regretCe que peuvent leurs traits,‖ et l’excès de ma flamme ?Rien ne vous force ici,‖ découvrez-nous votre âme ;Cloris, c’est moi qui suis‖ l’esclave, et non pas vous ;Ces lieux, à votre gré,‖ n’ont-ils rien d’assez doux ?Parlez ; nous sommes prêts‖ à changer de demeure ;Mes parents m’ont promis‖ de partir tout-à-l’heure.Regrettez-vous les biens‖ que vous avez perdus ?Tout le nôtre est à vous,‖ ne le dédaignez plus.J’en sais qui l’agréeraient ;‖ j’ai su plaire à plus d’une ;Pour vous, vous méritez‖ toute une autre fortune.Quelle que soit la nôtre,‖ usez-en ; vous voyezCe que nous possédons,‖ et nous-même à vos pieds.Ainsi parle Damon,‖ et Cloris toute en larmes,Lui répond en ces mots‖ accompagnés de charmes.Vos moindres qualités,‖ et cet heureux séjourMême aux Filles des Dieux‖ donneraient de l’amour ;Jugez donc si Cloris‖ esclave et malheureuse,Voit l’offre de ces biens‖ d’une âme dédaigneuse.Je sais quel est leur prix ;‖ mais de les accepter,Je ne puis ; et voudrais‖ vous pouvoir écouter.Ce qui me le défend,‖ ce n’est point l’esclavage ;Si toujours la naissance‖ éleva mon courage,Je me vois, grâce aux Dieux,‖ en des mains où je puisGarder ces sentiments‖ malgré tous mes ennuis.Je puis même avouer‖ (hélas ! faut-il le dire ? )Qu’un autre a sur mon cœur‖ conservé son empire.Je chéris un Amant,‖ ou mort ou dans les fers ;Je prétends le chérir‖ encor dans les enfers.Pourriez-vous estimer‖ le cœur d’une inconstante ?Je ne suis déjà plus‖ aimable ni charmante,Cloris n’a plus ces traits‖ que l’on trouvait si doux,Et doublement esclave‖ est indigne de vous.Touché de ce discours,‖ Damon prend congé d’elle :Fuyons, dit-il en soi,‖ j’oublîrai cette Belle,Tout passe, et même un jour‖ ses larmes passeront :Voyons ce que l’absence‖ et le temps produiront.À ces mots il s’embarque ;‖ et, quittant le rivage,Il court de mer en mer,‖ aborde en lieu sauvage ;Trouve des malheureux‖ de leurs fers échappés,Et sur le bord d’un bois‖ à chasser occupés.Télamon, de ce nombre,‖ avait brisé sa chaîne ;Aux regards de Damon‖ il se présente à peine,Que son air, sa fierté,‖ son esprit, tout enfinFait qu’à l’abord Damon‖ admire son destin,Puis le plaint, puis l’emmène,‖ et puis lui dit sa flamme.D’une Esclave, dit-il,‖ je n’ai pu toucher l’âme :Elle chérit un mort !‖ Un mort ! ce qui n’est plusL’emporte dans son cœur !‖ mes vœux sont superflus.Là-dessus de Cloris‖ il lui fait la peinture.Télamon dans son âme‖ admire l’aventure,Dissimule, et se laisse‖ emmener au séjourOù Cloris lui conserve‖ un si parfait amour.Comme il voulait cacher‖ avec soin sa fortune,Nulle peine pour lui‖ n’était vile et commune.On apprend leur retour‖ et leur débarquement ;Cloris se présentant‖ à l’un et l’autre Amant,Reconnaît Télamon‖ sous un faix qui l’accable ;Ses chagrins le rendaient‖ pourtant méconnaissable ;Un œil indifférent‖ à le voir eût erré,Tant la peine et l’amour‖ l’avaient défiguré.Le fardeau qu’il portait‖ ne fut qu’un vain obstacle ;Cloris le reconnaît,‖ et tombe à ce spectacle ;Elle perd tous ses sens‖ et de honte et d’amour.Télamon d’autre part‖ tombe presque à son tour ;On demande à Cloris‖ la cause de sa peine ?Elle la dit, ce fut‖ sans s’attirer de haine ;Son récit ingénu‖ redoubla la pitiéDans des cœurs prévenus‖ d’une juste amitié.Damon dit que son zèle‖ avait changé de face.On le crut. Cependant,‖ Quoiqu’on dise et qu’on fasse,D’un triomphe si doux‖ l’honneur et le plaisirNe se perd qu’en laissant‖ des restes de désir.On crut pourtant Damon.‖ Il restreignit son zèleÀ sceller de l’Hymen‖ une union si belle ;Et par un sentiment‖ à qui rien n’est égal,Il pria ses parents‖ de doter son Rival.Il l’obtint, renonçant‖ dès-lors à l’Hyménée.Le soir étant venu‖ de l’heureuse journée,Les noces se faisaient‖ à l’ombre d’un ormeau :L’enfant d’un voisin vit‖ s’y percher un corbeau :Il fait partir de l’arc‖ une flèche maudite,Perce les deux Époux‖ d’une atteinte subite.Cloris mourut du coup,‖ non sans que son AmantAttirât ses regards‖ en ce dernier moment.Il s’écrie en voyant‖ finir ses destinées ;Quoi ! la parque a tranché‖ le cours de ses années ?Dieux, qui l’avez voulu,‖ ne suffisait-il pasQue la haine du Sort‖ avançât mon trépas ?En achevant ces mots‖ il acheva de vivre ;Son amour, non le coup,‖ l’obligea de la suivre ;Blessé légèrement‖ il passa chez les morts ;Le Styx vit nos Époux‖ accourir sur ses bords ;Même accident finit‖ leurs précieuses trames ;Même tombe eut leurs corps,‖ même séjour leurs âmes.Quelques-uns ont écrit‖ (mais ce fait est peu sûr)Que chacun d’eux devint‖ statue et marbre dur.Le couple infortuné‖ face à face repose,Je ne garantis point‖ cette métamorphose ;On en doute. On le croit‖ plus que vous ne pensez,Dit Climène ; et cherchant‖ dans les siècles passezQuelque exemple d’amour‖ et de vertu parfaite,Tout ceci me fut dit‖ par le sage Interprète.J’admirai, je plaignis‖ ces Amants malheureux ;On les allait unir ;‖ tout concourait pour eux ;Ils touchaient au moment ;‖ l’attente en était sûre ;Hélas ! il n’en est point‖ de telle en la nature ;Sur le point de jouir‖ tout s’enfuit de nos mains ;Les Dieux se font un jeu‖ de l’espoir des humains.Laissons, reprit Iris,‖ cette triste pensée.La Fête est vers sa fin,‖ grâce au Ciel avancée ;Et nous avons passé‖ tout ce temps en récits,Capables d’affliger‖ les moins sombres esprits !Effaçons, s’il se peut,‖ leur image funeste :Je prétends de ce jour‖ mieux employer le reste ;Et dire un changement,‖ non de corps, mais de cœur :Le miracle en est grand ;‖ Amour en fut l’auteur :Il en fait tous les jours‖ de diverse manière.Je changerai de style‖ en changeant de matière.

Zoon plaisait aux yeux,‖ mais ce n’est pas assez :Son peu d’esprit, son humeur sombre,Rendaient ces talents mal placés :Il fuyait les cités,‖ il ne cherchait que l’ombre,Vivait parmi les bois‖ concitoyen des ours,Et passait sans aimer‖ les plus beaux de ses jours.Nous avons condamné‖ l’amour, m’allez-vous dire ;J’en blâme en nous l’excès ;‖ mais je n’approuve pasQu’insensible aux plus doux appasJamais un homme ne soupire.Hé quoi, ce long repos‖ est-il d’un si grand prix ?Les morts sont donc heureux ;‖ ce n’est pas mon avis.Je veux des passions ;‖ et si l’état le pireEst le néant, je ne sais pointDe néant plus complet‖ qu’un cœur froid à ce point.Zoon n’aimant donc rien,‖ ne s’aimant pas lui-même,Vit Iole endormie,‖ et le voilà frappé ;Voilà son cœur développé.Amour par son savoir suprême,Ne l’eut pas fait amant‖ qu’il en fit un hérosZoon rend grâce au Dieu‖ qui troublait son repos :Il regarde en tremblant‖ cette jeune merveille.À la fin Iole s’éveille :Surprise et dans l’étonnement,Elle veut fuir, mais son AmantL’arrête, et lui tient ce langage :Rare et charmant objet,‖ pourquoi me fuyez-vous ?Je ne suis plus celui‖ qu’on trouvait si sauvage :C’est l’effet de vos traits,‖ aussi puissants que doux :Ils m’ont l’âme et l’esprit,‖ et la raison donnée.Souffrez que vivant sous vos loisJ’emploie à vous servir‖ des biens que je vous dois.Iole à ce discours‖ encor plus étonnée,Rougit, et sans répondre‖ elle court au hameau,Et raconte à chacun‖ ce miracle nouveau.Ses Compagnes d’abord‖ s’assemblent autour d’elle :Zoon suit en triomphe,‖ et chacun applaudit.Je ne vous dirai point,‖ mes sœurs, tout ce qu’il fit,Ni ses soins pour plaire à la Belle.Leur hymen se conclut :‖ un Satrape voisin,Le propre jour de cette fête,Enlève à Zoon sa conquête.On ne soupçonnait point‖ qu’il eût un tel dessein.Zoon accourt au bruit,‖ recouvre ce cher gage,Poursuit le ravisseur,‖ et le joint ,et l’engageEn un combat de main à main.Iole en est le prix,‖ aussi bien que le juge.Le Satrape vaincu‖ trouve encor du refugeEn la bonté de son rival.Hélas ! cette bonté‖ lui devint inutile ;Il mourut du regret‖ de cet hymen fatal.Aux plus infortunez‖ la tombe sert d’asile.Il prit pour héritière,‖ en finissant ses jours,Iole, qui mouilla‖ de pleurs son Mausolée.Que sert-il d’être plaint‖ quand l’âme est envolée ?Ce Satrape eût mieux fait‖ d’oublier ses amours.La jeune Iris à peine‖ achevait cette histoire ;Et ses sœurs avouoient‖ qu’un chemin à la gloireC’est l’amour : on fait tout‖ pour se voir estimé ;Est-il quelque chemin‖ plus court pour être aimé ?Quel charme de s’ouïr‖ louer par une boucheQui même sans s’ouvrir‖ nous enchante et nous touche.Ainsi disaient ces Sœurs.‖ Un orage soudainJette un secret remords‖ dans leur profane sein.Bacchus entre, et sa cour,‖ confus et long cortège :Où sont, dit-il, ces Sœurs‖ à la main sacrilège ?Que Pallas les défende,‖ et vienne en leur faveurOpposer son Ægide‖ à ma juste fureur :Rien ne m’empêchera‖ de punir leur offense :Voyez : et qu’on se rie‖ après de ma puissance.Il n’eut pas dit, qu’on vit‖ trois monstres au plancher,Ailés, noirs et velus,‖ en un coin s’attacher.On cherche les trois Sœurs ;‖ on n’en voit nulle trace :Leurs métiers sont brisez,‖ on élève en leur placeUne Chapelle au Dieu,‖ père du vrai Nectar.Pallas a beau se plaindre,‖ elle a beau prendre partAu destin de ces Sœurs‖ par elle protégées.Quand quelque Dieu voyant‖ ses bontés négligées,Nous fait sentir son ire ;‖ un autre n’y peut rien :L’Olympe s’entretient‖ en paix par ce moyen.Profitons, s’il se peut,‖ d’un si fameux exemple.Chômons : c’est faire assez‖ qu’aller de Temple en TempleRendre à chaque Immortel‖ les vœux qui lui sont dus :Les jours donnez aux Dieux‖ ne sont jamais perdus.

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
260[aa] 3[abab] 2[abbacca] 4[abba]
Mètre
Alexandrins surtout (545 de 12, 17 de 8)· profil 8, 6+6
Mots à la rime
a Minée / adonnée féminine, classiqueb courroux / jaloux masculine, classiquec reconnaître / Maître féminine, classiqued guérets / Cérés masculine, classiquee Séméle / zèle féminine, classiquef fuseaux / nouveaux masculine, équivalenteg têtes / Fêtes féminine, équivalenteh divers / l’Univers masculine, classiquei querelles / belles féminine, classiquej chemins / humains masculine, classiquek tâche / relâche féminine, classiquel d’avis / récits masculine, classiquem histoire / mémoire féminine, classiquen changements / événements masculine, classiqueo pareilles / merveilles féminine, classiquep poison / raison masculine, classiqueq attirent / applaudirent féminine, classiquer voix / qu’autrefois masculine, classiques tendresse / maîtresse féminine, classiquet qu’eux / deux masculine, classiqueu peine / haine féminine, classiquev unit / servit masculine, classiquew voisines / intestines féminine, classiquex naissants / innocents masculine, classiquey âme / flamme féminine, classiquez mutuels / cruels masculine, classiquea assaisonne / donne féminine, classiqueb moins / soins masculine, classiquec satisfaire / mystère féminine, classiqued maisons / cloisons masculine, classiquee cause / chose féminine, classiquef jour / amour masculine, classiqueg infinie / tyrannie féminine, classiqueh heureux / eux masculine, classiquei m’invite / sollicite féminine, classiquej choisir / désir masculine, classiquek sacrifice / languisse féminine, classiquel doux / vous masculine, classiquem l’Amante / véhémente féminine, classiquen repos / propos masculine, classiqueo satisfaite / indiscrète féminine, classiquep ardeur / pudeur masculine, classiqueq paroles / frivoles féminine, classiquer moi / soi masculine, classiques l’Aurore / éclore féminine, classiquet Cérès / près masculine, classiqueu même / extrême féminine, classiquev changer / juger masculine, classiquew gage / passage féminine, classiquex désir / plaisir masculine, classiquey Pyrame / âme féminine, classiquez degrés / azurés masculine, classiquea crainte / teinte féminine, classiqueb airs / déserts masculine, classiquec déchire / retire féminine, classiqued épais / frais masculine, classiquee veines / plaines féminine, classiquef pas / trépas masculine, classiqueg perdue / descendue féminine, classiqueh affreux / ténébreux masculine, classiquei sombres / Ombres féminine, classiquej offrir / souffrir masculine, classiquek trame / Pyrame féminine, classiquel fois / voix masculine, classiquem d’elle / prunelle féminine, classiquen Cieux / yeux masculine, classiqueo retenue / vue féminine, classiquep sein / dessein masculine, classiqueq alarmée / aimée féminine, classiquer cœur / malheur masculine, classiques sacrifice / office féminine, classiquet vétemens / moments masculine, classiqueu larmes / charmes féminine, classiquew Minée / destinée féminine, classiquex cœurs / vainqueurs masculine, classiquey contente / languissante féminine, classiquez fruit / détruit masculine, classiquea jalousie / saisie féminine, classiqueb Procris / esprits masculine, classiquec l’élite / mérite féminine, classiqued tour / jour masculine, classiquee voiles / toiles féminine, classiquef soir / apercevoir masculine, classiqueg silence / d’éloquence féminine, classiqueh seulement / événement masculine, classiquea d’elle / modèle féminine, classiqueb doux / Époux masculine, classiquec tendresse / Maîtresse féminine, classiqued félicité / Divinité masculine, classiquee charmée / accoutumée féminine, classiquef sentiment / autrement masculine, classiqueg Céphale / conjugale féminine, classiqueh Époux / nous masculine, classiquei fidèle / l’Immortelle féminine, classiquej amitié / moitié masculine, classiquek sienne / mienne féminine, classiquel coups / vous masculine, classiquem charmée / aimée féminine, classiquen sens / suspens masculine, classiqueo elle / infidèle féminine, classiquep voir / devoir masculine, classiqueq science / ressemblance féminine, classiquer Cieux / Dieux masculine, classiques faire / ordinaire féminine, classiquet coup / beaucoup masculine, classiqueu incertaine / peine féminine, classiquev forêts / secrets masculine, classiquew martyre / respire féminine, classiquex Zéphyrs / soupirs masculine, classiquey fleurissent / t’obéissent féminine, classiquez ranimer / nommer masculine, classiquea Épouse / jalouse féminine, classiqueb ennuis / nuits masculine, classiquec elle / l’appelle féminine, classiqued emplois / bois masculine, classiquee résonne / donne féminine, classiquef obliger / songer masculine, classiqueg croyance / prudence féminine, classiqueh amours / sourds masculine, classiquei chose / repose féminine, classiquej douceur / Chasseur masculine, classiquek vue / prétendue féminine, classiquel accours / secours masculine, classiquem soulagée / outragée féminine, classiquen cachaient / cherchaient masculine, classiqueo amère / mère féminine, classiquep d’embarras / pas masculine, classiqueq retraite / secrète féminine, classiquer l’Époux / coups masculine, classiques jalouse / Épouse féminine, classiquet erreur / fureur masculine, classiqueu vie / envie féminine, classiquev qu’indulgent / s’affligeant masculine, classiquew fontaines / peines féminine, classiquex jours / cours masculine, classiquey dire / pire féminine, classiquez lois / trois masculine, classiquea pensées / empressées féminine, classiqueb grand / différend masculine, classiquec savante / naissante féminine, classiqued contesté / Déité masculine, classiquee guerre / terre féminine, classiquef d’ardeur / grandeur masculine, classiqueg contrée / assurée féminine, classiqueh Cité / Déité masculine, classiquei pucelles / belles féminine, classiquej divers / pers masculine, classiquek l’hommage / ouvrage féminine, classiquel récit / réussit masculine, classiqueb imposée / embrasée féminine, classiquec côté / beauté masculine, classiqued hommes / sommes féminine, classiquee universel / mutuel masculine, classiquef encore / adore féminine, classiqueg peut / veut masculine, classiqueh vie / suivie féminine, classiquei l’Univers / divers masculine, classiquej exercice / milice féminine, classiquek douleur / cœur masculine, classiquel querelle / belle féminine, classiquem trésors / alors masculine, classiquen révérée / considérée féminine, classiqueo Télamon / nom masculine, classiquep gloire / victoire féminine, classiqueq l’élément / Amant masculine, classiquer mystère / faire féminine, classiques biens / siens masculine, classiquet souffrance / espérance féminine, classiqueu arrivant / vent masculine, classiquev vaillance / résistance féminine, classiquew défait / effet masculine, classiquex croire / gloire féminine, classiquey Cloris / pris masculine, classiquea contraire / Corsaire féminine, classiqueb soi / loi masculine, classiqued désirs / soupirs masculine, classiquee langage / visage féminine, classiquef secret / regret masculine, classiqueg flamme / âme féminine, classiqueh vous / doux masculine, classiquei demeure / tout-à-l’heure féminine, classiquej perdus / plus masculine, classiquek d’une / fortune féminine, classiquel voyez / pieds masculine, classiquen séjour / l’amour masculine, classiqueo malheureuse / dédaigneuse féminine, classiquep accepter / écouter masculine, classiqueq l’esclavage / courage féminine, classiquer puis / ennuis masculine, classiques dire / empire féminine, classiquet fers / enfers masculine, classiqueu inconstante / charmante féminine, classiquew d’elle / Belle féminine, classiquex passeront / produiront masculine, classiquey rivage / sauvage féminine, classiquez échappés / occupés masculine, classiquea chaîne / peine féminine, classiqueb enfin / destin masculine, classiquec flamme / l’âme féminine, classiqued plus / superflus masculine, classiquee peinture / l’aventure féminine, classiquef séjour / amour masculine, classiqueg fortune / commune féminine, classiqueh débarquement / Amant masculine, classiquei l’accable / méconnaissable féminine, classiquej erré / défiguré masculine, classiquek obstacle / spectacle féminine, classiquel d’amour / tour masculine, classiquen pitié / amitié masculine, classiqueo face / fasse féminine, classiquep plaisir / désir masculine, classiqueq zèle / belle féminine, classiquer égal / Rival masculine, classiques l’Hyménée / journée féminine, classiquet ormeau / corbeau masculine, classiqueu maudite / subite féminine, classiquev Amant / moment masculine, classiquew destinées / années féminine, classiquey vivre / suivre féminine, classiquez morts / bords masculine, classiquea trames / âmes féminine, classiqueb sûr / dur masculine, classiquec repose / métamorphose féminine, classiqued pensez / passez masculine, classiquee parfaite / Interprète féminine, classiquef malheureux / eux masculine, classiqueg sûre / nature féminine, classiqueh mains / humains masculine, classiquei pensée / avancée féminine, classiquej récits / esprits masculine, classiquek funeste / reste féminine, classiquel cœur / l’auteur masculine, classiquem manière / matière féminine, classiquea assez / placés masculine, classiqueb sombre / l’ombre féminine, classiquec ours / jours masculine, classiqued dire / soupire / pire féminine, classiquee pas / appas masculine, classiquef prix / avis masculine, classiqueg point masculine, classiqueh lui-même / suprême féminine, classiquei frappé / développé masculine, classiquej héros / repos masculine, classiquek merveille / s’éveille féminine, classiquel l’étonnement / Amant masculine, classiquem langage / sauvage féminine, classiquen fuyez-vous / doux masculine, classiqueo donnée / étonnée féminine, classiquep lois / dois masculine, classiqueq hameau / nouveau masculine, classiques applaudit / fit masculine, classiquet voisin / dessein / main masculine, classiqueu fête / conquête féminine, classiquev gage / l’engage féminine, classiquew juge / refuge féminine, classiquex rival / fatal masculine, classiquey inutile / d’asile féminine, classiquez jours / amours masculine, classiquea Mausolée / envolée féminine, classiqueb histoire / gloire féminine, classiquec estimé / aimé masculine, classiqued bouche / touche féminine, classiquee soudain / sein masculine, classiquef cortège / sacrilège féminine, classiqueg faveur / fureur masculine, classiqueh offense / puissance féminine, classiquei plancher / s’attacher masculine, classiquej trace / place féminine, classiquek Nectar / part masculine, classiquel protégées / négligées féminine, classiquem rien / moyen masculine, classiquen exemple / Temple féminine, classiqueo dus / perdus masculine, non classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

562 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1868· numérisation Project Gutenberg· Sources