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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Œuvres diverses I, 1658‑1694

Poème du quinquina

Jean de La Fontaine· strophes variées, alexandrins et octosyllabes, 635 vers

A MADAME LA DUCHESSE DE BOUILLON

1682

Chant premier

Je ne voulois chanter‖ que les héros d'Ésope :Pour eux seuls en mes vers‖ j'invoquois Calliope ;Même j'allois cesser,‖ et regardois le port.La raison me disoit‖ que mes mains étoient lasses :Mais un ordre est venu‖ plus puissant et plus fortQue la raison ; cet ordre‖ accompagné de grâces,Ne laissant rien de libre‖ au cœur ni dans l'esprit,M'a fait passer le but‖ que je m'étais prescrit.Vous vous reconnoissez‖ à ces traits, Uranie :C'est pour vous obéir,‖ et non point par mon choix,Qu'à des sujets profonds‖ j'occupe mon génie,Disciple de Lucrèce‖ une seconde fois.Favorisez cet œuvre ;‖ empêchez qu'on ne dieQue mes vers sous le poids‖ languiront abattusProtégez les enfants‖ d'une muse hardie ;Inspirez-moi ; je veux‖ qu'ici l'on étudieD'un présent d'Apollon‖ la force et les vertus.Après que les humains,‖ œuvre de Prométhée,Furent participants‖ du feu qu'au sein des dieuxIl déroba pour nous‖ d'une audace effrontée,Jupiter assembla‖ les habitants des cieux.Cette engeance, dit-il,‖ est donc notre rivale !Punissons des humains‖ l'infidèle artisan :Tâchons par tout moyen‖ d'altérer son présent.Sa main du feu divin‖ leur fut trop libérale :Désormais nos égaux,‖ et tout fiers de nos biens,Ils ne fréquenteront‖ vos temples ni les miens.Envoyons-leur de maux‖ une troupe fatale,Une source de vœux,‖ un fonds pour nos autels.Tout l'Olympe applaudit :‖ aussitôt les mortelsVirent courir sur eux‖ avecque violencePestes, fièvres, poisons‖ répandus dans les airs.Pandore ouvrit sa boîte ;‖ et mille maux diversS'en vinrent au secours‖ de notre intempérance.Un des dieux fut touché‖ du malheur des humains ;C'est celui qui pour nous‖ sans cesse ouvre les mains ;C'est Phébus Apollon.‖ De lui vient, la lumière,La chaleur qui descend‖ au sein de notre mère,Les simples, leur emploi,‖ la musique, les vers,Et l'or, si c'est un bien‖ que l'or pour l'univers.Ce dieu, dis-je, touché‖ de l'humaine misère,Produisit un remède‖ au plus grand de nos maux :C'est l'écorce du kin,‖ seconde panacée.Loin des peuples connus‖ Apollon l'a placée.Entre elle et nous s'étend‖ tout l'empire des flots.Peut-être il a voulu‖ la vendre à nos travaux ;Peut-être il la devoit‖ donner pour récompenseAux hôtes d'un climat‖ où règne l'innocence.O toi qui produisis‖ ce trésor sans pareil,Cet arbre ainsi que l'or‖ cligne fils du soleil,Prince du double mont,‖ commande aux neuf pucellesQue leur chœur pour m'aider‖ députe deux d'entre elles.J'ai besoin aujourd'hui‖ de deux talents divers :L'un est l'art de ton fils ;‖ et l'autre, les beaux vers.

Le mal le plus commun,‖ et quelqu'un même assureQue seul on le peut dire‖ un mal, à bien parler,C'est la fièvre, autrefois‖ espérance trop sûreA Cloton, quand ses mains‖ se lassoient de filer.Nous en avions en vain‖ l'origine cherchée.On prédisoit son cours,‖ on savoit son progrès,On déterminoit ses effets ;Mais la cause en étoit cachée.La fièvre, disoit-on,‖ a son siége aux humeurs.Il se fait un foyer‖ qui pousse ses vapeursJusqu'au cœur, qui les distribueDans le sang dont la masse‖ en est bientôt imbue.Ces amas enflammés,‖ pernicieux trésors,Sur l'aile des esprits‖ aux familles errantes,S'en vont infecter tout le corps,Sources de fièvres différentes.Si l'humeur bilieuse‖ a causé ces transports,Le sang, véhicule fluideDes esprits ainsi corrompus,Par des accès de tierce‖ à peine interrompus,Va d'artère en artère‖ attaquer le solide.Toutes nos actions‖ souffrent un changement.Le test et le cerveau‖ piqués violemmentJoignent à la douleur‖ les songes, les chimères,L'appétit de parler,‖ effets trop ordinaires.Que si le venin dominantSe puise en la mélancolie,J'ai deux jours de repos,‖ puis le mal survenantJette un long ennui sur ma vie.

Ainsi parle l'école‖ et tous ses sectateurs.Leurs malades debout‖ après force lenteursDonnoient cours à cette doctrine :La nature, ou la médecine,Ou l'union des deux,‖ sur le mal agissoit.Qu'importe qui ? l'on guérissoit.On n'exterminent pas‖ la fièvre, on la lassoit.Le bon tempérament,‖ le séné, la saignée ;Celle-ci, disoient-ils,‖ ôtant le sang impur,Et non comme aujourd'hui‖ des mortels dédaignée ;Celui-là, purgatif‖ innocent et très-sûr(Ils l'ont toujours cru tel‖) ; et le plus nécessaire,J'entends le bon tempérament,Rendu meilleur encor‖ par le bon aliment,Remettoient le malade‖ en son train ordinaire.On se rétablissoit,‖ mais toujours lentement.Une cure plus prompte‖ étoit une merveille.Cependant, la longueur‖ minoit nos facultés.S'il restoit des impuretés,Les remèdes alors‖ de nouveau répétés,Casse, rhubarbe, enfin‖ mainte chose pareille,Et surtout la diète,‖ achevoient le surplus,Chassoient ces restes superflus,Relâchoient, resserraient,‖ faisoient un nouvel homme :Un nouvel homme ! un homme usé.Lorsqu'avec tant d'apprêts‖ cet œuvre se consomme,Le trésor de la vie‖ est bientôt épuisé.Je ne veux pour témoins‖ de ces expériencesQue les peuples sans lois,‖ sans arts, et sans sciencesLes remèdes fréquents‖ n'abrégent point leurs jours,Rien n'en hâte le long‖ et le paisible cours.Telle est des Iroquois‖ la gent presque immortelle :La vie après cent ans‖ chez eux est encor belle.Ils lavent leurs enfants‖ aux ruisseaux les plus froids.La mère au tronc d'un arbre,‖ avecque son carquois,Attache la nouvelle‖ et tendre créature ;Va sans art apprêter‖ un mets non acheté.Ils ne trafiquent point‖ des dons de la nature :Nous vendons cher les biens‖ qui nous ont peu coûté.L'âge où nous sommes vieux‖ est leur adolescence.Enfin il faut mourir ;‖ car sans ce commun sortPeut-être ils se mettraient‖ à l'abri de la mortPar le secours de l'ignorance.Pour nous, fils du savoir,‖ ou, pour en parler mieux.Esclaves de ce don‖ que nous ont fait les dieux,Nous nous sommes prescrit‖ une étude infinie.L'art est long, et trop courts‖ les termes de la vie.Un seul point négligé‖ fait errer aisément.Je prendrai de plus haut‖ tout cet enchaînement,Matière non encor‖ par les Muses traitée,Route qu'aucun mortel‖ en ses vers n'a tentée :Le dessein en est grand,‖ le succès malaisé ;Si je m'y perds, au moins‖ j'aurai beaucoup osé.Deux portes sont au cœur,‖ chacune a sa valvule.Le sang, source de vie,‖ est par l'une introduit ;L'autre huissière permet‖ qu'il sorte et qu'il circule,Des veines sans cesser‖ aux artères conduit.Quand le cœur l'a reçu,‖ la chaleur naturelleEn forme ces esprits‖ qu'animaux on appelle.Ainsi qu'en un creuset‖ il est raréfié.Le plus pur, le plus vif,‖ le mieux qualifié,En atomes extrait‖ quitte la masse entière,S'exhale, et sort enfin‖ par le reste attiré.Ce reste rentre encore,‖ est encore épuré ;Le chyle y joint toujours‖ matière sur matière.Ces atomes font tout ;‖ par les uns nous croissons ;Les autres, des objets‖ touchés en cent façons,Vont porter au cerveau‖ les traits dont ils s'empreignent,Produisent la sensation.Nulles prisons ne les contraignent :Ils sont toujours en action.Du cerveau dans les nerfs‖ ils entrent, les remuent ;C'est l'état de la veille ;‖ et réciproquement,Sitôt que moins nombreux‖ en force ils diminuent,Les fils des nerfs lâchés‖ font l'assoupissement.Le sang s'acquitte encor‖ chez nous d'un autre office.En passant par le cœur‖ il cause un battement ;C'est ce qu'on nomme pouls,‖ sûr et fidèle indiceDes degrés du fiévreux tourment.Autant de coups qu'il réitère,Autant et de pareils‖ vont d'artère en artèreJusqu'aux extrémités‖ porter ce sentiment.Notre santé n'a point‖ de plus certaine marqueQu'un pouls égal et modéré ;Le contraire fait voir‖ que l'être est altéré ;Le foible et l'étouffé‖ confine avec la Parque,Et tout est alors déploré.

Que l'on ait perdu la parole,Ce truchement pour nous‖ dit assez notre mal,Assez il fait trembler‖ pour le moment fatalEsculape en fait sa boussole.Si toujours le pilote‖ a l'œil sur son aimant,Toujours le médecin‖ s'attache au battement,C'est sa guide ; ce point‖ l'assure et. le consoleEn cette mer d'obscuritésQue son art dans nos corps‖ trouve de tous côtés.

Ayant parlé du pouls,‖ le frisson se présente.Un froid avant-coureur‖ s'en vient nous annoncerQue le chaud de la fièvre‖ aux membres va passer.Le cœur le fomentoit,‖ c'est au cœur qu'il s'augmente,Et qu'enfin parvenant‖ jusqu'à certain excèsIl acquiert un degré‖ qui forme les accès.

Si j'excellois‖ en l'art où je m'applique,Et que l'on pût‖ tout réduire à nos sons,J'expliquerais‖ par raison mécaniqueLe mouvement‖ convulsif des frissons :Mais le talent‖ des doctes nourrissonsSur ce sujet‖ veut une autre manière.Il semble alors‖ que la machine entièreSoit le jouet‖ d'un démon furieux.Muse, aide-moi ;‖ viens sur cette matièrePhilosopher‖ en langage des dieux.

Des portions d'humeur grossière,Quelquefois compagnes du sang,Le suivent dans le cœur,‖ sans pouvoir, en passant,Se subtiliser de manièreQu'il naisse des esprits‖ en même quantitéQue dans le cours de la santé.Un sang plus pur s'échauffe‖ avec plus de vitesseL'autre reçoit plus tard‖ la chaleur pour hôtesse ;Le temps l'y sait, aussi‖ beaucoup mieux imprimer.Le bois vert, plein d'humeurs,‖ est long à s'allumer :Quand il brûle, l'ardeur‖ en est plus véhémente.Ainsi ce sang chargé‖ repassant, par le cœurS'embrase d'autant plus‖ que c'est avec lenteur,Et regagne au degré‖ ce qu'il perd par l'attente.Ce degré, c'est la fièvre.‖ A l'égard des retoursA certaine heure, en certains jours,C'est un point, inscrutable,‖ à moins qu'on ne le fondeSur les moments prescrits‖ à cuire ou consumerL'aliment ou l'humeur‖ qui s'en est pu former.Il n'est merveille qui confondeNotre raison aveugle‖ en mille autres effetsComme ces temps marqués‖ où nos maux sont sujets.Vous qui cherchez dans tout‖ une cause sensible,Dites-nous comme il est possibleQu'un corps dans le désordre‖ amène réglémentL'accès, ou le redoublement.Pour moi, je n'oserais‖ entrer dans ce dédale ;Ainsi de ces retours‖ je laisse l'intervalle :Je reviens au frisson,‖ qui du défaut d'espritsTient sans doute son origine.Les muscles moins tendus,‖ comme étant moins remplis,Ne peuvent lors dans la machineTirer leurs opposés‖ de même qu'autrefois,Ni ceux-ci succéder‖ à de pareils emplois.Tout le peuple mutin,‖ léger, et téméraire,Des vaisseaux mal fermés‖ en tumulte sortant,Cause chez nous dans cet instantUn mouvement involontaire.Le peu qui s'en produit‖ sort du lieu non gonflé,Comme on voit l'air sortir‖ d'un ballon mal enflé.La valvule en la veine,‖ au ballon la languette.Geôlière peu soigneuse‖ à fermer la prison,Laisse enfin échapper‖ la matière inquiète :Aussitôt les esprits‖ agitent sans raison,Deçà, delà, partout‖ où le hasard les pousse,Notre corps qui frémit‖ à leur moindre secousse.Le malade ressemble‖ alors à ces vaisseauxQue des vents opposés‖ et de contraires eauxOnt pour but du débris‖ que leurs fureurs méditent ;Les ministres d'Éole‖ et le flot les agitent ;Maint coup, maint tourbillon‖ les pousse à tous moments,Frêle et triste jouet‖ de la vague et des vents.En tel et pire état‖ le frisson vient réduireCeux qu'un chaud véhément‖ menace de détruire.Il n'est muscle ni membre‖ en l'assemblage entierQui ne semble être près‖ du naufrage dernier.De divers ennemis‖ à l'envi nous traversent,Malheureuse carrière‖ où ces démons s'exercent.Si le mal continue,‖ et que d'aucun reposLa fièvre n'ait borné‖ ses funestes complots,Dans les fébricitants‖ il n'est rien qui ne pècheLe palais se noircit,‖ et la langue se sèche ;On respire avec peine,‖ et d'un fréquent effort :Tout s'altère ; et bientôt‖ la raison prend l'essort.Le médecin confus‖ redouble ses alarmes.Une famille tout en larmesConsulte ses regards :‖ il a beau déguiser,Aucun des assistants‖ ne s'y laisse abuser ».Le malade lui-même‖ a l'œil sur leur visage.Tout ce qui l'environne‖ est d'un triste présage ;Sa moitié, des enfants,‖ l'un appui de ses jours,Un autre entre les bras‖ de ses chastes amours,Une fille pleurante,‖ et déjà destinéeAux prochaines douceurs‖ d'un heureux hyménée.Alors, alors, il faut‖ oublier ces plaisirs.L'âme en soi se ramène,‖ encor que nos désirsRenoncent à regret‖ à des restes de vie.Douce lumière, hélas !‖ me seras-tu ravie ?Âme, où t'envoles-tu‖ sans espoir de retour ?Le malade arrivé‖ près de son dernier jour,Rappelle ces moments‖ où personne ne songeAux remords trop tardifs‖ où cet instant nous plonge.Sur ce qu'il a commis‖ il tâche à repasser :En vain ; car le transport‖ à ce foible penserFait bientôt succéder‖ les folles rêveries,Le délire, et souvent‖ le poison des furies.On tente l'émétique‖ alors infructueux,Puis l'art nous abandonne‖ au remède des vœux.

Pandore, que ta boîte‖ en maux étoit féconde !Que tu sus tempérer‖ les douceurs de ce monde !A peine en sommes-nous‖ devenus habitants,Qu'entourés d'ennemis‖ dès les premiers instants,Il nous faut par des pleurs‖ ouvrir notre carrière.On n'a pas le loisir‖ de goûter la lumière.Misérables humains,‖ combien possédez-vousUn présent si cher et si doux ?Retranchez-en le temps‖ dont Morphée est le maître ;Retranchez ces jours superflusOù notre âme ignorant son êtreNe se sent pas encore,‖ ou bien ne se sent plus :Otez le temps des soins,‖ celui des maladies,Intermède fatal‖ qui partage nos vies.La fièvre quelquefois‖ fait que dans nos maisonsNous passons sans soleil‖ trois retours de saisons.Ce mal a le pouvoir d'étendreAutant et plus encor‖ son long et triste cours ;Un de ces trois cercles de joursSe passe à le souffrir,‖ deux autres à l'attendre.Mais c'est trop s'arrêter‖ à des sujets de pleurs :Allons quelques moments‖ dormir sur le Parnasse ;Nous en célébrerons‖ avecque plus de grâceLe présent qu'Apollon‖ oppose à ces malheurs.

Chant second

Enfin, grâce au démon‖ qui conduit mes ouvrages,Je vais offrir aux yeux‖ de moins tristes images ;Par lui j'ai peint le mal,‖ et j'ai lieu d'espérerQu'en parlant, du remède‖ il viendra m'inspirer.On ne craint, plus cette hydre‖ aux têtes renaissantes,La fièvre exerce en vain‖ ses fureurs impuissantes :D'autres temps sont venus,‖ Louis règne ; et les dieuxRéservoient à son siècle‖ un bien si précieux ;A son siècle ils gardoient‖ l'heureuse découverteD'un bois qui tous les jours‖ cause au Styx quelque perte.Nous n'avons pas toujours‖ triomphé de nos maux :Le ciel nous a souvent‖ envoyé des travaux.D'autres temps sont venus :‖ Louis règne ; et la ParqueSera lente à trancher‖ nos jours sous ce monarque.Son mérite a gagné‖ les arbitres du sort ;Les destins avec lui‖ semblent, être d'accord.Durez, bienheureux temps ;‖ et que sous ses auspicesNous portions chez les morts‖ plus tard nos sacrifices.J'en conjure le dieu‖ qui m'inspire ces vers ;Je t'en conjure aussi,‖ père de l'univers.Et vous, divinités‖ aux hommes bienfaisantes,Qui tempérez les airs,‖ qui régnez sur les plantes,Concourez pour lui plaire,‖ empêchez les humainsD'avancer leur tribut‖ au roi des peuples vains.J'enseigne là-dessus‖ une nouvelle route :C'est le bien des mortels ;‖ que tout mortel m'écoute.J'ai fait voir ce que croit‖ l'école et ses suppôts :On a laissé longtemps‖ leur erreur en repos.Le quina l'a détruite,‖ on suit des lois nouvelles.Arrière les humeurs ;‖ qu'elles pèchent ou non,La fièvre est un levain‖ qui subsiste sans elles :Ce mal si craint n'a pour raisonQu'un sang qui se dilate,‖ et bout dans sa prison.On s'est formé jadis‖ une semblable idéeDes eaux dont tous les ans‖ Memphis est inondée.Plus d'un naturaliste a cruQue les esprits nitreux‖ d'un ferment, prétenduFaisoient croître le Nil,‖ quand toute eau se renfermeEt n'ose outre-passer le termeQue d'invisibles mains‖ sur ses bords ont écrit.Celle-ci seule échappe,‖ et dédaigne son lit :Les nymphes de ce fleuve‖ errent dans les campagnesSous les signes brûlants,‖ et pendant plusieurs jours.D'où vient, dit un auteur,‖ qu'il enfle alors son cours ?Le climat est sans pluie ;‖ on n'entend aux montagnesBruire en ces lieux aucuns torrents :En ces lieux nuls ruisseaux courantsN'augmentent le tribut‖ dont, s'arrosent les plaines.Si l'on croit cet auteur,‖ certain bouillonnementPar le nitre causé‖ fait ce débordement.C'est ainsi que le sang‖ fermente dans nos veines,Qu'il y bout, qu'il s'y meut,‖ dilaté par le cœur.Les esprits alors en fureurTâchent par tous moyens‖ d'ébranler la machine.On frissonne, on a chaud.‖ J'ai déduit ces effetsSelon leur ordre et leur progrès.Dès qu'un certain acide‖ en notre corps domine,Tout fermente, tout bout,‖ les esprits, les liqueurs ;Et la fièvre de là‖ tire son origineSans autre vice des humeurs.Que faisoient nos aïeux‖ pour rendre plus tranquilleCe sang ainsi bouillant ?‖ ils saignoient, mais en vainL'eau qui reste en l'éolipyleNe se refroidit, pas‖ quand il devient moins plein.L'airain soufflant fait voir‖ que la liqueur encloseAugmente de chaleur,‖ déchue en quantité :Le souffle alors redouble,‖ et cet air irritéNe trouve du repos‖ qu'en consumant sa cause.Du sentiment fiévreux‖ on tranche ainsi le cours ;Il cesse avec le sang,‖ le sang avec nos jours.

Tout mal a son remède‖ au sein de la nature.Nous n'avons qu'à chercher :‖ de là nous sont venusL'antimoine avec le mercure,Trésors autrefois inconnus.Le quin règne aujourd'hui :‖ nos habiles s'en servent.Quelques-uns encore conservent,Comme un point de religion.L'intérêt de l'école‖ et leur opinion.Ceux-là même y viendront ;‖ et désormais ma veineNe plaindra plus des maux‖ dont l'art fait son domaine.Peu de gens, je l'avoue,‖ ont part à ce discours :Ce peu c'est encor trop.‖ Je reviens à l'usageD'une écorce fameuse,‖ et qui va tous les joursRappeler des mortels‖ jusqu'au sombre rivage.Un arbre en est couvert,‖ plein d'esprits odorants.Gros de tige, étendu,‖ protecteur de l'ombrage :Apollon a doué‖ de cent dons différentsSon bois, son fruit et son feuillage.Le premier sert à maint ouvrage ;Il est onde d'aurore ;‖ on en pourrait ornerLes maisons où le luxe‖ a droit de dominer.Le fruit a pour pépins‖ une graine onctueuse,D'ample volume, et précieuse :Elle a l'effet du baume,‖ et fournit aux humains,Sans le secours du temps,‖ sans l'adresse des mains,Un remède à mainte blessure.Sa feuille est semblable en figureAux trésors toujours verts‖ que mettent sur leur frontLes héros de la Thrace‖ et ceux du double mont.

Cet arbre ainsi formé‖ se couvre d'une écorceQu'au cinnamome on peut‖ comparer en couleur.Quant à ses qualités,‖ principes de sa force,C'est l'âpre, c'est l'amer,‖ c'est aussi la chaleur.Celle-ci cuit les sucs‖ de qualité louable,Dissipe ce qui nuit‖ ou n'est point favorable ;Mais la principale vertuPar qui soit ce ferment‖ dans nos corps combattu,C'est cet amer, cet âpre,‖ ennemis de l'acide,Double frein qui, domptant‖ sa fureur homicide,Apaise les esprits‖ de colère agités.Non qu'enfin toutes âpretésCausent le même effet,‖ ni toutes amertumes :La nature, toujours‖ diverse en ses coutumes,Ne fait point dans l'absinthe‖ un miracle pareil ;Il n'est dû qu'à ce bois,‖ digne fils du Soleil.

De lui dépend‖ tout l'effet du remède ;Seul il commande‖ aux ferments ennemis,Bien que souvent‖ on lui donne pour aideLa centaurée,‖ en qui le ciel a misQuelque âpreté,‖ quelque force astringente,Non d'un tel prix,‖ ni de l'autre approchante,Mais quelquefois‖ fébrifuge certain.C'est une fleur‖ digne aussi qu'on la chante ;J'ai dit sa force,‖ et voici son destin :Fille jadis,‖ maintenant elle est plante.Aide-moi, Muse, à rappelerCes fastes qu'aux humains‖ tu daignas révéler.On dit, et je le crois,‖ qu'une nymphe savanteL'eut du sage Chiron,‖ et qu'ils lui firent partDes plus beaux secrets de leur art.Si, quelque fièvre ardente‖ attaquoit ses compagnes,Si, courant parmi les campagnes,Un levain trop bouillant‖ en vouloit à leurs jours,La belle à ses secrets‖ avoit alors recours.Il ne s'en trouva point‖ qui pût guérir son âmeDu ferment obstiné‖ de l'amoureuse flamme.Elle aimoit un berger‖ qui causa son trépas.Il la vit expirer,‖ et ne la plaignit pas.Les dieux pour le punir‖ en marbre le changèrent.L'ingrat devint statue ;‖ elle fleur, et son sortFut d'être bienfaisante‖ encore après sa mort ;Son talent et son nom‖ toujours lui demeurèrent.Heureuse si quelque herbe‖ eût su calmer ses feux !Car de forcer un cœur‖ il est bien moins possible :Hélas ! aucun secret‖ ne peut rendre sensible,Nul simple n'adoucit‖ un objet rigoureux ;Il n'est bois, ni fleur, ni racine,Qui dans les tourments amoureuxPuisse servir de médecine.

La base du remède‖ étant ce divin bois,Outre la centaurée‖ on y joint le genièvre ;Foible secours,‖ et secours toutefois.De prescrire à chacun‖ le mélange et le poids,Un plus savant l'a fait :‖ examinez la fièvre,Regardez le tempérament ;Doublez, s'il est besoin,‖ l'usage de l'écorce ;Selon que le malade‖ a plus ou moins de force,Il demande un quina‖ plus ou moins véhément.Laissez un peu de temps‖ agir la maladie :Cela fait, tranchez court ;‖ quelquefois un momentEst maître de toute une vie.Ce détail est écrit ;‖ il en court un traité.Je louerais l'auteur et l'ouvrage :L'amitié le défend,‖ et retient, mon suffrage ;C'est assez à l'auteur‖ de l'avoir mérité.Je lui dois seulement‖ rendre cette justice,Qu'en nous découvrant l'art‖ il laisse l'artifice,Le mystère, et tous ces cheminsQue suivent aujourd'hui‖ la plupart des humains.

Nulle liqueur‖ au quina n'est contraire :L'onde insipide‖ et la cervoise amère,Tout s'en imbibe ;‖ il nous permet d'userD'une boisson‖ en tisane apprêtée.Diverses gens‖ l'ayant su déguiser.Leur intérêt‖ en a fait un Protée.Même on pourrait‖ ne le pas infuser.L'extrait suffit :‖ préférez l'autre voie,C'est la plus sûre ;‖ et Bacchus vous envoieDe pleins vaisseaux‖ d'un jus délicieux.Autre antidote,‖ autre bienfait des deux.Le moût surtout,‖ lorsque le bon Silène,Bouillant encor‖ le puise à tasse pleine,Sait au remède‖ ajouter quelque prix ;Soit qu'étant plein‖ de chaleur et d'espritsIl le sublime,‖ et donne à sa natureD'autres degrés‖ qu'une simple teinture ;Soit que le vin‖ par ce chaud véhément.S'imprègne alors‖ beaucoup plus aisément,Ou que bouillant‖ il rejette avec forceTout l'inutile‖ et l'impur de l'écorce :Ce jus enfin‖ pour plus d'une raisonPartagera‖ les honneurs d'Apollon.Nés l'un pour l'autre‖ ils joindront leur puissanceEntre Bacchus‖ et le sacré vallonToujours on vit‖ une étroite alliance.Mais, comme il faut‖ au quina quelque choix.Le vin en veut‖ aussi bien que ce bois :Le plus léger‖ convient mieux au remède ;Il porte au sang‖ un baume précieux :C'est le nectar‖ que verse GanimèdeDans les festins‖ du monarque des dieux.Ne nous engageons point‖ dans un détail immense ;Les longs travaux pour moi‖ ne sont plus de saison ;Il me suffit ici‖ de joindre à la raisonLes succès de l'expérience.Je ne m'arrête point‖ à chercher dans ces versQui des deux amena‖ les arts dans l'univers ;Nos besoins proprement‖ en font leur apanage :Les arts sont les enfants‖ de la nécessité ;Elle aiguise le soin,‖ qui, par elle excité,Met aussitôt tout en usage.Et qui sait si dans maint ouvrageL'instinct des animaux,‖ précepteurs des humains,N'a point d'abord guidé‖ notre esprit et nos mains ?Rendons grâce au hasard.‖ Cent machines sur l'ondePromenoient l'avarice‖ en tous les coins du monde :L'or entouré d'écueils‖ avoit des poursuivants ;Nos mains l'alloient chercher‖ au sein de sa patrie :Le quina vint s'offrir‖ à nous en même temps,Plus digne mille fois‖ de notre idolâtrie.Cependant près d'un siècle‖ on l'a vu sans honneurs.Depuis quelques étés‖ qu'on brigue ses faveurs,Quel bruit n'a-t-il point fait !‖ de quoi fument nos templesQue de l'encens promis‖ au succès de ses dons ?Sans me charger ici‖ d'une foule d'exemples,Je me veux seulement‖ attacher aux grands noms.Combien a-t-il sauvé‖ de précieuses têtes !Nous lui devons Condé,‖ prince dont les travaux,L'esprit, le profond sens,‖ la valeur, les conquêtes,Serviroient de matière‖ à former cent héros.Le quin fera longtemps‖ durer ses destinées.Son fils, digne héritier‖ d'un nom si glorieux,Eut aussi sans ce bois‖ langui maintes journées.J'ai pour garants deux demi-dieux.Arbitres de nos jours,‖ prolongez les annéesDe ce couple vaillant‖ et né pour les hasards,De ces chers nourrissons‖ de Minerve et de Mars.Puisse mon ouvrage leur plaire !Je toucherai du front‖ les bords du firmament.Et toi que le quina‖ guérit si promptement,Golbert, je ne dois point te taire ;Je laisse tes travaux,‖ ta prudence, et le choixD'un prince que le ciel‖ prendra pour exemplaireQuand il voudra former‖ de grands et sages rois.D'autres que moi diront‖ ton zèle et ta conduite,Monument éternel‖ aux ministres suivants ;Ce sujet est trop vaste,‖ et ma muse est réduiteA dire les faveurs‖ que tu fais aux savants.Un jour j'entreprendrai‖ cette digne matière ;Car pour fournir encore‖ une telle carrièreIl faut reprendre haleine :‖ aussi bien aujourd'huiDans nos chants les plus courts‖ on trouve un long ennui.J'ajouterai sans plus‖ que le quina dispenseDe ce régime exact‖ dont on suivoit la loi :Sa chaleur contre nous‖ agit faute d'emploi ;Non qu'il faille trop loin‖ porter cette indulgence.Si le quina servoit‖ à nourrir nos défauts,Je tiendrais un tel bien‖ pour le plus grand des maux.Les muses m'ont appris‖ que l'enfance du monde.Simple, sans passions,‖ en désirs inféconde,Vivant de peu, sans luxe,‖ évitoit les douleurs :Nous n'avions pas en nous‖ la source des malheursQui nous font aujourd'hui la guerre :Le ciel n'exigeoit lors‖ nuls tributs de la terre :L'homme ignorait les dieux,‖ qu'il n'apprend qu'au besoin.De nous les enseigner‖ Pandore prit le soin :Sa boîte se trouva‖ de poisons trop remplie.Pour dispenser les biens‖ et les maux de la vie,En deux tonneaux à part‖ l'un et l'autre fut mis.Ceux de nous que Jupin‖ regarde comme amisPuisent à leur naissance‖ en ces tonnes fatalesUn mélange des deux,‖ par portions égales :Le reste des humains‖ abonde dans les maux.Au seuil de son palais‖ Jupin mit ces tonneaux.Ce ne fut ici-bas‖ que plainte et que murmure ;On accusa des maux‖ l'excessive mesure.Fatigué de nos cris,‖ le monarque des dieuxVint lui-même éclaircir‖ la chose en ces bas lieux.La Renommée en fit‖ aussitôt le message.Pour lui représenter‖ nos maux et nos langueurs,On députa deux harangueurs,De tout le genre humain‖ le couple le moins sage,Avec un discours ampouléExagérant nos maladies :Jupiter en fut ébranlé :Ils firent un portrait‖ si hideux de nos vies,Qu'il inclina d'abord‖ à réformer le tout.Momus alors présent‖ reprit de bout en boutDe nos deux envoyés‖ les harangues frivoles :N'écoutez point, dit-il,‖ ces diseurs de paroles ;Qu'ils imputent leurs maux‖ à leur dérèglement,Et non point aux auteurs‖ de leur tempérament :Cette race pourrait‖ avec quelque sagesseSe faire de nos biens‖ à soi-même largesse.Jupiter crut Momus ;‖ il fronça les sourcils :Tout l'Olympe en trembla‖ sur ses pôles assis.Il dit aux orateurs :‖ Va, malheureuse engeance,C'est toi seule qui rends‖ ce partage inégal ;En abusant du bien,‖ tu fais qu'il devient mal,Et ce mal est accru‖ par ton impatience.

Jupiter eut raison,‖ nous nous plaignons à tort :La faute vient de nous‖ aussi bien que du sort.Les dieux nous ont jadis‖ deux vertus députées,La constance aux douleurs,‖ et la sobriété :C'étoit rectifier‖ cette inégalité.Comment les avons-nous traitées ?Loin de loger en nos maisonsCes deux filles du ciel,‖ ces sages conseillères,Nous fuyons leur commerce,‖ elles n'habitent guèresQu'en des lieux que nous méprisons.L'homme se porte en tout‖ avecque violence,A l'exemple des animaux,Aveugle jusqu'au point‖ de mettre entre les mauxLes conseils de la tempérance.

Corrigez-vous, humains ;‖ que le fruit de mes vers.Soit l'usagé réglé‖ des dons de la nature.Que si l'excès vous jette‖ en ces ferments divers,Ne vous figurez pas‖ que quelqu'humeur impureSe doive avec le sang‖ épuiser dans nos corps.Le quina s'offre à vous,‖ usez de ses trésors.Éternisez mon nom :‖ qu'un jour on puisse dire :Le chantre de ce bois‖ sut choisir ses sujets ;Phébus, ami des grands projets,Lui prêta son savoir‖ aussi bien que sa lyre.J'accepte cet augure‖ à mes vers glorieux :Tout concourt à flatter‖ là-dessus mon génie ;Je les ai mis au jour‖ sous Louis, et les dieuxN'oseraient s'opposer‖ au vouloir d'Uranie.

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
145[aa] 27[abab] 2[abaab] 2[abbacca] 24[abba] 1[aabba] 2[abbaa] 3[ababa] 1[aaa] 2[abbab] 1[abbba] 3[ababccb] 3[ababb] 4[abbacac] 1[aabab]
Mètre
Alexandrins et octosyllabes (489 de 12, 93 de 8, 53 de 10)· profil 8, 4+6, 6+6
Mots à la rime
a d'Ésope / Calliope féminine, classiqueb port / fort masculine, classiquec lasses / grâces féminine, classiqued l'esprit / prescrit masculine, classiquee Uranie / génie féminine, classiquef choix / fois masculine, classiqueg die / hardie / étudie féminine, classiqueh abattus / vertus masculine, classiquei Prométhée / effrontée féminine, classiquej dieux / cieux masculine, classiquek rivale / libérale / fatale féminine, classiquel artisan / présent masculine, classiquem biens / miens masculine, non classiquen autels / mortels masculine, classiqueo violence / intempérance féminine, classiquep airs / divers masculine, classiqueq humains / mains masculine, classiquer lumière / mère / misère féminine, classiques vers / l'univers masculine, classiquet maux / flots / travaux masculine, classiqueu panacée / placée féminine, classiquev récompense / l'innocence féminine, classiquew pareil / soleil masculine, classiquex pucelles / elles féminine, classiquey divers / vers masculine, classiquea assure / sûre féminine, classiqueb parler / filer masculine, classiquec cherchée / cachée féminine, classiqued progrès / effets masculine, classiquee humeurs / vapeurs masculine, classiquef distribue / imbue féminine, classiqueg trésors / corps / transports masculine, classiqueh errantes / différentes féminine, classiquei fluide / solide féminine, classiquej corrompus / interrompus masculine, classiquek changement / violemment masculine, classiquel chimères / ordinaires féminine, classiquem dominant / survenant masculine, classiquen mélancolie / vie féminine, classiquea sectateurs / lenteurs masculine, classiqueb doctrine / médecine féminine, classiquec agissoit / guérissoit / lassoit masculine, classiqued saignée / dédaignée féminine, classiquee impur / très-sûr masculine, classiquef nécessaire / ordinaire féminine, classiqueg tempérament / aliment / lentement masculine, classiqueh merveille / pareille féminine, classiquei facultés / impuretés / répétés masculine, classiquej surplus / superflus masculine, classiquek homme / consomme féminine, classiquel usé / épuisé masculine, classiquem expériences / sciences féminine, classiquen jours / cours masculine, classiqueo immortelle / belle féminine, classiquep froids / carquois masculine, classiqueq créature / nature féminine, classiquer acheté / coûté masculine, classiques adolescence / l'ignorance féminine, classiquet sort / mort masculine, classiqueu mieux / dieux masculine, classiquev infinie / vie féminine, classiquew aisément / enchaînement masculine, classiquex traitée / tentée féminine, classiquey malaisé / osé masculine, classiquez valvule / circule féminine, classiquea introduit / conduit masculine, classiqueb naturelle / appelle féminine, classiquec raréfié / qualifié masculine, classiqued entière / matière féminine, classiquee attiré / épuré masculine, classiquef croissons / façons masculine, classiqueg s'empreignent / contraignent féminine, classiqueh sensation / action masculine, classiquei remuent / diminuent féminine, classiquej réciproquement / l'assoupissement masculine, classiquek office / indice féminine, classiquel battement / tourment / sentiment masculine, classiquem réitère / artère féminine, classiquen marque / Parque féminine, classiqueo modéré / altéré / déploré masculine, classiquea parole / boussole / console féminine, classiqueb mal / fatal masculine, classiquec aimant / battement masculine, classiqued d'obscurités / côtés masculine, classiquea présente / s'augmente féminine, classiqueb annoncer / passer masculine, classiquec excès / accès masculine, classiquea m'applique / mécanique féminine, classiqueb sons / frissons / nourrissons masculine, classiquec manière / entière féminine, classiqued furieux / dieux masculine, classiquee matière / grossière / manière féminine, classiqueb sang / passant masculine, classiquec quantité / santé masculine, classiqued vitesse / hôtesse féminine, classiquee imprimer / s'allumer masculine, classiquef véhémente / l'attente féminine, classiqueg cœur / lenteur masculine, classiqueh retours / jours masculine, classiquei fonde / confonde féminine, classiquej consumer / former masculine, classiquek effets / sujets masculine, classiquel sensible / possible féminine, classiquem réglément / redoublement masculine, classiquen dédale / l'intervalle féminine, non classiqueo d'esprits / remplis masculine, classiquep origine / machine féminine, classiqueq qu'autrefois / emplois masculine, classiquer téméraire / involontaire féminine, classiques sortant / instant masculine, classiquet gonflé / enflé masculine, classiqueu languette / inquiète féminine, classiquev prison / raison masculine, classiquew pousse / secousse féminine, classiquex vaisseaux / eaux masculine, classiquey méditent / agitent féminine, classiquez moments / vents masculine, classiquea réduire / détruire féminine, classiqueb entier / dernier masculine, classiquec traversent / s'exercent féminine, classiqued repos / complots masculine, classiquee pèche / sèche féminine, classiquef effort / l'essort masculine, classiqueg alarmes / larmes féminine, classiqueh déguiser / abuser masculine, classiquei visage / présage féminine, classiquej jours / amours masculine, classiquek destinée / hyménée féminine, classiquel plaisirs / désirs masculine, classiquem vie / ravie féminine, classiquen retour / jour masculine, classiqueo songe / plonge féminine, classiquep repasser / penser masculine, classiqueq rêveries / furies féminine, classiquer infructueux / vœux masculine, classiquea féconde / monde féminine, classiqueb habitants / instants masculine, classiquec carrière / lumière féminine, classiqued possédez-vous / doux masculine, classiquee maître / être féminine, classiquef superflus / plus masculine, classiqueg maladies / vies féminine, classiqueh maisons / saisons masculine, classiquei d'étendre / l'attendre féminine, classiquej cours / jours masculine, classiquek pleurs / malheurs masculine, classiquel Parnasse / grâce féminine, classiquea ouvrages / images féminine, classiqueb d'espérer / m'inspirer masculine, classiquec renaissantes / impuissantes féminine, classiqued dieux / précieux masculine, classiquee découverte / perte féminine, classiquef maux / travaux masculine, classiqueg Parque / monarque féminine, classiqueh sort / d'accord masculine, classiquei auspices / sacrifices féminine, classiquek bienfaisantes / plantes féminine, classiquel humains / vains masculine, classiquem route / m'écoute féminine, classiquen suppôts / repos masculine, classiqueo nouvelles / elles féminine, classiquep non / raison / prison masculine, classiqueq idée / inondée féminine, classiquer cru / prétendu masculine, classiques renferme / terme féminine, classiquet écrit / lit masculine, classiqueu campagnes / montagnes féminine, classiquew torrents / courants masculine, classiquex plaines / veines féminine, classiquey bouillonnement / débordement masculine, classiquez cœur / fureur masculine, classiquea machine / domine / origine féminine, classiqueb effets / progrès masculine, classiquec liqueurs / humeurs masculine, classiqued tranquille / l'éolipyle féminine, classiquee vain / plein masculine, classiquef enclose / cause féminine, classiqueg quantité / irrité masculine, classiquea nature / mercure féminine, classiqueb venus / inconnus masculine, classiquec servent / conservent féminine, classiqued religion / opinion masculine, classiquee veine / domaine féminine, classiquef discours / jours masculine, classiqueg l'usage / rivage féminine, classiqueh odorants / différents masculine, classiquei l'ombrage / feuillage / ouvrage féminine, classiquej orner / dominer masculine, classiquek onctueuse / précieuse féminine, classiquem blessure / figure féminine, classiquen front / mont masculine, classiquea écorce / force féminine, classiqueb couleur / chaleur masculine, classiquec louable / favorable féminine, classiqued vertu / combattu masculine, classiquee l'acide / homicide féminine, classiquef agités / âpretés masculine, classiqueg amertumes / coutumes féminine, classiqueh pareil / Soleil masculine, classiquea remède / aide féminine, classiqueb ennemis / mis masculine, classiquec astringente / approchante féminine, classiqued certain / destin masculine, classiquee chante / plante / savante féminine, classiquef rappeler / révéler masculine, classiqueg part / art masculine, classiqueh compagnes / campagnes féminine, classiquei jours / recours masculine, classiquej âme / flamme féminine, classiquek trépas / pas masculine, classiquel changèrent / demeurèrent féminine, classiquen feux / rigoureux / amoureux masculine, classiqueo possible / sensible féminine, classiquep racine / médecine féminine, classiquea bois / toutefois / poids masculine, classiqueb genièvre / fièvre féminine, classiquec tempérament / véhément / moment masculine, classiqued l'écorce / force féminine, classiquee maladie / vie féminine, classiquef traité / mérité masculine, classiqueg l'ouvrage / suffrage féminine, classiqueh justice / l'artifice féminine, classiquei chemins / humains masculine, classiquea contraire / amère féminine, classiqueb d'user / déguiser / infuser masculine, classiquec apprêtée / Protée féminine, classiqued voie / envoie féminine, classiquee délicieux / deux masculine, classiquef Silène / pleine féminine, classiqueg prix / d'esprits masculine, classiqueh nature / teinture féminine, classiquei véhément / aisément masculine, classiquej force / l'écorce féminine, classiquek raison / d'Apollon / vallon masculine, classiquel puissance / alliance féminine, classiquem choix / bois masculine, classiquen remède / Ganimède féminine, classiqueo précieux / dieux masculine, classiquep immense / l'expérience féminine, classiqueq saison / raison masculine, classiques apanage / usage / ouvrage féminine, classiquet nécessité / excité masculine, classiquev l'onde / monde féminine, classiquew poursuivants / temps masculine, classiquex patrie / idolâtrie féminine, classiquey honneurs / faveurs masculine, classiquez temples / d'exemples féminine, classiquea dons / noms masculine, classiqueb têtes / conquêtes féminine, classiquec travaux / héros masculine, classiqued destinées / journées / années féminine, classiquee glorieux / demi-dieux masculine, classiquef hasards / Mars masculine, classiqueg plaire / taire / exemplaire féminine, classiqueh firmament / promptement masculine, classiquei choix / rois masculine, classiquej conduite / réduite féminine, classiquek suivants / savants masculine, classiquel matière / carrière féminine, classiquem aujourd'hui / ennui masculine, classiquen dispense / indulgence féminine, classiqueo loi / d'emploi masculine, classiquep défauts / maux masculine, classiqueq monde / inféconde féminine, classiquer douleurs / malheurs masculine, classiques guerre / terre féminine, classiquet besoin / soin masculine, classiqueu remplie / vie féminine, classiquev mis / amis masculine, classiquew fatales / égales féminine, classiquex maux / tonneaux masculine, classiquey murmure / mesure féminine, classiquez dieux / lieux masculine, classiquea message / sage féminine, classiqueb langueurs / harangueurs masculine, classiquec ampoulé / ébranlé masculine, classiquee tout / bout masculine, classiquef frivoles / paroles féminine, classiqueg dérèglement / tempérament masculine, classiqueh sagesse / largesse féminine, classiquei sourcils / assis masculine, classiquej engeance / impatience féminine, classiquek inégal / mal masculine, classiquea tort / sort masculine, classiqueb députées / traitées féminine, classiquec sobriété / inégalité masculine, classiqued maisons / méprisons masculine, classiquee conseillères / guères féminine, classiquef violence / tempérance féminine, classiqueg animaux / maux masculine, classiquea vers / divers masculine, classiqueb nature / impure féminine, classiquec corps / trésors masculine, classiqued dire / lyre féminine, classiquee sujets / projets masculine, classiquef glorieux / dieux masculine, classiqueg génie / d'Uranie féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

635 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources