Œuvres diverses I, 1658‑1694
Poème de la captivité de saint Malc
1673
Reine des esprits purs,‖ protectrice puissante,Qui des dons de ton fils‖ rends l'âme jouissante,Et de qui la faveur‖ se fait à tous sentir,Procurant l'innocence,‖ ou bien le repentir ;Mère des bienheureux,‖ Vierge, enfin, je t'implore.Fais que dans mes chansons‖ aujourd'hui je t'honore ;Bannis-en ces vains traits,‖ criminelles douceursQue j'allois mendier‖ jadis chez les neuf Sœurs.Dans ce nouveau travail‖ mon but est de te plaire.Je chante d'un héros‖ la vertu solitaire,Ces déserts, ces forêts,‖ ces antres écartés,Des favoris du ciel‖ autrefois habités.Les lions et les saints‖ ont eu même demeure.Là Malc prioit, jeûnoit,‖ soupiroit à toute heure ;Pleuroit, non ses péchés,‖ mais ceux qu'en notre cœurA versés le serpent‖ dont Christ est le vainqueur.Malc avoit dans ces lieux‖ confiné sa jeunesse,Vivoit sous les conseils‖ d'un saint plein de sagesse,Conservoit avec soin‖ le trésor précieuxQue nous tenons d'une eau‖ dont la source est aux cieux.Les auteurs de ses jours‖ descendus sous la tombe,Aux trésors temporels‖ le jeune saint succombe ;Croit qu'on peut en jouir‖ sans être criminel ;Que souvent on tient d'eux‖ l'héritage éternel ;Qu'on n'a qu'à faire entrer,‖ par un pieux usage,Les membres du Seigneur‖ et leur chef en partage.Funeste appât de l'or,‖ moteur de nos desseins,Que ne peux-tu sur nous,‖ si tu plais même aux saints !
Malc annonce au vieillard,‖ censeur de sa jeunesse,Qu'il va de ses aïeux‖ recueillir la richesse ;Qu'il tâche d'empêcher‖ que des biens assez grandsNe soient mal dispensés‖ par d'avares parents ;Qu'il veut fonder un cloître,‖ et destine le resteA vivre sans éclat,‖ toujours simple et modeste,Donnant un saint exemple,‖ et par ses soins pieuxPeut-être plus utile‖ au siècle qu'en ces lieux.
Mon fils, dit le vieillard,‖ il faut qu'avec franchiseJe vous ouvre mon cœur‖ touchant votre entreprise.Où vous exposez-vous ?‖ et qu'allez-vous tenter ?En de nouveaux périls‖ pourquoi vous rejeter ?De triompher toujours‖ seriez-vous bien capable ?Ah ! si vous le croyez,‖ l'orgueil vous rend coupable ;Sinon votre imprudence‖ a déjà méritéLes reproches d'un Dieu‖ justement irrité.Fuyez, fuyez, mon fils,‖ le monde et ses amorces :Il est plein de dangers‖ qui surpassent vos forces.Fuyez l'or ; mais fuyez‖ encor d'autres appas :On ne sort, qu'en fuyant,‖ vainqueur de ces combats.La paix que nous goûtons‖ a-t-elle moins de charmes ?Quoi ! vous hasarderiez‖ le fruit de tant de larmes,Et celui de ce sang‖ qu'un Dieu versa pour vous !A ces mots le vieillard‖ se jette à ses genoux.Malc le quitte en pleurant ;‖ triste et funeste absenceIl abandonne au sort‖ sa fragile innocence ;S'engage en des chemins‖ pleins de périls et longs.D'Édesse à Béroé‖ sont de vastes sablons :L'astre dont les clartés‖ sont esclaves du mondeParcourt, avec ennui‖ cette plaine inféconde :S'il y voit quelque objet,‖ c'est un objet d'horreur.Maint Arabe voisin‖ y portoit la terreur.Du passant égorgé‖ le corps sans sépultureD'un ventre carnassier‖ devenoit la pâture.On voyoit succéder,‖ en ces cruels séjours,Aux brigands les lions,‖ aux lions les vautours.Marcher seul en ces lieux‖ eût eu de l'imprudence.La fortune joint Malc‖ à des gens sans défense :Peu de jeunesse entre eux,‖ force vieillards craintifs,Femmes, famille, enfants‖ aux cœurs déjà captifs.Ils traversoient la plaine‖ aux zéphyrs inconnue :Un gros de Sarrasins‖ vient s'offrir à leur vue,Milice du démon,‖ gens hideux et hagards,Engeance qui portoit‖ la mort dans ses regards.La cohorte du saint‖ d'abord est dispersée :Équipages, trésors,‖ jeune épouse est laissée.Telle fuit la colombe,‖ oubliant ses amours,A l'aspect du milan‖ qui menace ses jours.Telle l'ombre d'un loup‖ dans les verts pâturagesÉcarte les troupeaux‖ attentifs aux herbages.Les compagnons de Malc,‖ épandus par ces champs,Tomboient sans résister‖ sous le fer des brigands.De toutes parts l'horreur‖ régnoit en ce spectacle ;La proie apportoit seule‖ au meurtre de l'obstacle.Ceux que l'amour du gain‖ tira de leur foyerPerdoient d'un an de peine‖ en un jour le loyer.Les pères chargés d'ans,‖ laissant leurs tendres gages,Fuyoient leur propre mort‖ en ces funestes plages,Et pour deux jours de vie‖ abandonnoient un bienPrès de qui vivre un siècle‖ aux vrais pères n'est rien.L'amant et la compagne‖ à ses vœux destinéeQuittaient le doux espoir‖ d'un prochain hyménée :Malheureux ! l'un fuyoit ;‖ on eût vu ses amoursLui tendre en vain les bras‖ implorant son secours.
Une dame encor jeune,‖ et sage en sa conduite,Aux yeux de son époux‖ dans les fers fut réduite.Le mari se sauva‖ regrettant sa moitié :La femme alla servir‖ un maître sans pitié ;Au chef de ces brigands‖ elle échut en partage.Cet homme possédoit‖ un fertile héritage,Et de plusieurs troupeaux‖ dans l'ardente saisonVendoit à ses voisins‖ le croît et la toison.Notre héros suivit‖ la dame en servitude.Ce fut lors, mais trop tard,‖ que pour sa solitude,Pour son cher directeur‖ et ses sages avis,Il reprit des transports‖ de pleurs en vain suivis.Forêts, s'écrioit-il,‖ retraites du silence,Lieux dont j'ai combattu‖ la douce violence,Angéliques cités‖ d'où je me suis banni,Je vous ai méprisés,‖ déserts, j'en suis puni.Ne vous verrai-je plus ?‖ Quoi, songe, tu t'envoles !O Malc ! tu vois le fruit,‖ de tes desseins frivoles !Verse des pleurs amers,‖ puisque tu t'es privéDe ces pleurs bienheureux‖ où ton cœur s'est lavé.Ainsi Malc regrettait‖ sa fortune passée.Cependant, des brigands‖ la proie est entassée.On l'emporte à grand bruit :‖ ils s'en vont triomphants.Leur chef voulut, que Malc‖ adorât ses enfants,Honneur dont on ne doit‖ s'attribuer les marquesQu'en voyant sous ses pieds‖ les têtes des monarques.Un Arabe exigea‖ ce superbe tribut.Si Malc s'en défendit,‖ s'il l'osa, s'il le put,S'il en subit la loi‖ sans peine et sans scrupule,C'est ce qu'en ce récit‖ l'histoire dissimule.Bien qu'à peine la dame‖ achevât son printemps,Que son teint eût des jours‖ aussi frais qu'éclatants,L'Arabe n'en fit voir‖ qu'une estime légère :Il lui donna l'emploi‖ d'une simple bergère,Avec Malc l'envoya‖ pour garder ses troupeaux.Bientôt entre leurs mains‖ ils devinrent plus beaux.
Le Saint couple cherchoit‖ les lieux les plus sauvages,S'approchoit des rochers,‖ s'éloignoit des rivages ;Lui-même il se fuyoit ;‖ et jamais dans ces boisLes échos n'ont formé‖ des concerts de leurs voix.Aux jours où l'on faisoit‖ des vœux pour l'abondance,Ils ne paroissoient point‖ aux jeux ni dans la danse :On ne les voyoit point‖ à l'entour des hameauxMollement étendus‖ dormir sous les ormeaux.Les entretiens oisifs‖ et féconds en malices,Du mercenaire esclave‖ ordinaires délices,Étoient fuis avec soin‖ de nos nouveaux bergers ;Ils n'envioient point l'heur‖ des troupeaux étrangers.Jamais l'ombre chez eux‖ ne mit fin aux prières,Ni la main du sommeil‖ n'abaissa leurs paupières.La nuit se passoit toute‖ en vœux, en oraison.
Dès que l'aube empourproit‖ les bords de l'horizon,Ils menoient leurs troupeaux‖ loin de toutes approches.Malc aimoit un ruisseau‖ coulant entre des roches.Des cèdres le couvroient‖ d'ombrages toujours verts :Ils défendoient ce lieu‖ du chaud et des hivers.De degrés en degrés‖ l'eau tombant sur des marbres,Mêloit son bruit aux vents‖ engouffrés dans les arbres.Jamais désert ne fut‖ moins connu des humains ;A peine le soleil‖ en savoit les chemins.La bergère cherchoit‖ les plus vastes campagnes :Là ses seules brebis‖ lui servoient de compagnes :Les vents en sa faveur‖ leur offroient un air doux :Le ciel les préservoit‖ de la fureur des loups,Et gardant leurs toisons‖ exemptes de rapines,Ne leur laissoit payer‖ nul tribut aux épines.Dans les dédales verts‖ que formoient les halliers,L'herbe tendre, le thym,‖ les humbles violiers,Présentaient aux troupeaux‖ une pâture exquise.En des lieux découverts‖ notre bergère assiseAux injures du hâle‖ exposoit ses attraits,.Et des pensers d'autrui‖ se vengeoit sur ses traits.Sa beauté lui donnoit‖ d'éternelles alarmes.Ses mains avec plaisir‖ auroient détruit ses charmes :Mais, n'osant attenter‖ contre l'œuvre des cieux,Le soleil se chargeoit‖ de ce crime pieux.O vous, dont, la blancheur‖ est souvent empruntée,Que d'un soin différent‖ votre âme est agitée !Si vous ne vous voulez‖ priver d'un bien si doux,De ses dons naturels‖ au moins contentez-vous.Tandis que la bergère‖ en extase raviePrioit le saint des saints‖ de veiller sur sa vie,Les ministres divins‖ veilloient sur son troupeau.Quelquefois la quenouille‖ et l'artiste fuseauLui délassoient l'esprit‖ et pour reprendre haleineDe ses propres moutons‖ elle filoit la laine.Pendant qu'elle goûtoit‖ ce plaisir innocent,Tournant parfois les yeux‖ sur son troupeau paissant,Que vous êtes heureux,‖ peuple doux, disoit-elle ;Vous passez sans péché‖ cette course mortelle.On loue en vous voyant‖ celui qui vous a faits :Et nous, de qui les cœurs‖ sont enclins aux forfaits,Laissons languir sa gloire,‖ et d'un foible suffrageNe daignons relever‖ son nom ni son ouvrage.Chères brebis, paissez ;‖ cueillez l'herbe et les fleurs ;Pour vous l'aube nourrit‖ la terre de ses pleurs.Vivez de leurs présents :‖ inspirez-nous l'envieD'éviter les repas‖ qui vous coûtent la vie.Misérables humains,‖ semence de tyrans,En quoi différez-vous‖ des monstres dévorantsTels étoient les pensers‖ de la sainte héroïne.
Pour Malc, il méditait‖ sur la triple origineDe l'homme florissant,‖ déchu, puis rétabli.Du premier des mortels‖ la faute est en oubli :Le ciel pour Lucifer‖ garde toujours sa haine.Dieu tout bon, disoit Malc,‖ si ton fils par sa peineM'a sauvé de l'enfer,‖ m'a remis dans mes droits,Garde-moi de les perdre‖ une seconde fois.Fais qu'un jour mes travaux‖ par leur fin se couronnent.Je suis dans les périls,‖ mille maux m'environnent,L'esclavage, la crainte,‖ un maître menaçant :Et ce n'est pas encor‖ le mal le plus pressant.Tu m'as donné pour aide‖ au fort de la tourmenteUne compagne sainte,‖ il est vrai, mais charmante ;Son exemple est puissant ;‖ ses yeux le sont aussi ;De conduire les miens,‖ Seigneur, prends le souci.
Le ciel combloit de dons‖ cette humble modestie.L'âme de nos bergers‖ du péché garantieNe se contentait pas‖ de l'avoir évité.Qu'avons-nous, disoient-ils,‖ jusque-là mérité ?Nous te sommes, Seigneur,‖ serviteurs inutiles.Aide-nous, rends nos cœurs‖ en vertus plus fertiles.Fais-nous suivre la main‖ qui nous a secourus.Tu combattis pour nous,‖ tu souffris, tu mourus ;Nous vivons, nous passons‖ nos jours dans l'espérance :Nos délices feront‖ le prix de ta souffrance.Ne nous feras-tu point‖ imiter ces travaux ?Quand auras-tu, Seigneur,‖ tes enfants pour rivaux ?Si cette ambition‖ te semble condamnable,C'est l'amour qui la cause ;‖ il rend tout pardonnable.Oui, Seigneur, nous t'aimons,‖ nous l'osons protester :Mais si l'effet ne suit,‖ que sert de s'en vanter ?Il faut porter ta croix,‖ goûter de ton calice,Couvrir son front de cendre,‖ et son corps d'un cilice.
Tandis qu'ils se matoient‖ par ces saintes rigueurs,Leurs troupeaux prospéraient‖ aussi bien que leurs cœurs.L'Arabe en profitait‖ sans en savoir la cause.Ce brigand, pour le gain‖ employant toute chose,Voulut les engager‖ par de plus forts liens.Il crut que de s'enfuir‖ ayant mille moyens,Ils se pourraient enfin‖ soustraire à l'esclavage ;Qu'il falloit joindre aux fers‖ les nœuds du mariage :Leur amour lui seroit‖ un gage suffisant.Les doux fruits dont l'hymen‖ leur ferait un présentAugmenteroient ses biens, l’auroient encor pour maître.Humains, cruels humains,‖ faut-il procurer l'êtreAfin que ce bienfait‖ enchaîne un innocent ?Et ne se sauroit-il‖ affranchir en naissant ?L'Arabe, ayant ainsi‖ double profit en vue,Donne aux chastes bergers‖ une alarme imprévue ;Leur propose à tous deux‖ un lien plein d'horreur.
Ne nous fais point, dit Malc,‖ tomber dans cette erreur :Celle que tu me veux‖ joindre par l'hyménéeD'un légitime époux‖ suivoit la destinée.Tu la lui vins ravir ;‖ tu le pus par ta loi.Nous ne nous plaignons point‖ de nos fers ni de toi.Redouble la rigueur‖ d'un joug involontaire :Mais puisque notre Dieu‖ nous défend l'adultère,Laisse-nous résister‖ à ton vouloir impur.Notre innocence t'est‖ un gage bien plus sûr.Quel service attends-tu‖ de nous, quand notre zèleN'aura pour fondement‖ qu'une ardeur criminelle ?Si tu crains qu'étant bons‖ nous ne quittions tes champs,Te fieras-tu sur nous‖ quand nous serons méchants ?
L'Arabe à ce discours‖ se sent transporter d'ire.Vil esclave, dit-il,‖ tu m'ose contredire !Meurs ou cède ; obéis,‖ et garde désormaisDe m'alléguer ton Dieu,‖ que je ne crus jamais.Aussitôt de son glaive‖ il dépouille la lame :Et Malc épouvanté‖ s'approche de la dame.Le soir on les enferme‖ en un lieu sans clartés :Leur mariage n'eut‖ que ces formalités.On n'y vit point d'Hymen‖ ni de Junon parêtre.Frivoles déités‖ qui nous devez votre être,Vous n'accourûtes pas :‖ comment l'auriez-vous pu ?Vous n'êtes que des noms‖ dont le charme est rompu.Notre couple étant seul‖ eut recours aux prières.Tous deux avaient besoin‖ de grâces singulières.Ils ne s'étoient point vus‖ encor dans ces dangers :Non que portant leurs pas‖ loin des autres bergers,L'enfer n'eût quelquefois‖ leur perte conspirée ;Mais des yeux du Seigneur‖ leur conduite éclairéeNe s'écartait jamais‖ de la divine loi.Le berger cette nuit‖ se défia de soi.Sa crainte, incontinent‖ de désespoir suivie,Pour sauver sa pudeur‖ mit en danger sa vie :Et le même couteau‖ qui dans mille besoinsL'aidoit à s'acquitter‖ de ses champêtres soins ;Ce couteau, dis-je, alloit‖ du saint couper la trame :L'imprudent Malc, voulant‖ mettre à couvert son âme,S'en alloit de sa main‖ la livrer au démon ;Fureur qui n'étoit pas‖ indigne de pardon.
La lueur de l'acier‖ avertit, la bergère.Que vois-je ? cria-t-elle.‖ O ciel ! qu'allez-vous faire ?Je vais, répondit Malc,‖ prévenir les combatsD'un œil toujours présent,‖ et toujours plein d'appas.Nous ne nous fuirons plus :‖ notre âme est condamnéeAux dangers qu'à sa suite‖ entraîne l'hyménée.Malgré nous désormais‖ nous vivrons en commun :Deux parcs nous hébergeoient,‖ nous n'en aurons plus qu'un.Hélas ! qui l'aurait cru‖ que cette inquiétudeNous chercherait au fond‖ d'une âpre solitude !J'appréhende à la fin‖ que le ciel irritéN'abandonne nos cœurs‖ à leur fragilité.Cette faute entre époux‖ nous semblera légère.
Il faut, espérer mieux,‖ dit la chaste bergèreDieu ne quittera pas‖ ses enfants au besoin.Si mon sexe est fragile,‖ il en prendra le soin.Vous ai-je donné lieu‖ d'en être en défiance ?Qu'ai-je fait pour causer‖ cette injuste croyance ?Votre soupçon m'outrage ;‖ et vous avez dû voirQue je sais sur mes sens‖ garder quelque pouvoir.Quand mon cœur auroit peine‖ à s'en rendre le maître,Êtes-vous mon époux ?‖ et le pouvez-vous être ?Nous a-t-on pu lier‖ sans savoir si la mortM'a ravi ce mari‖ qui m'attache à son sort ?Vous vous alarmez trop‖ pour un vain hyménée.Je vous rends cette main‖ que vous m'avez donnée.Dissimulez pourtant ;‖ feignez, comportez-vousComme frère en secret,‖ en public comme époux.Ainsi vécut toujours‖ mon mari véritable ;Et si la qualité‖ de vierge est souhaitable,Je la suis : j'en fis vœu‖ toute petite encor.Malgré les lois d'hymen,‖ j'ai gardé ce trésor.Après l'avoir sauvé‖ d'un amour légitime,Voudrois-je maintenant‖ le perdre par un crime ?Non, Malc ; je ne crois pas‖ que le ciel le souffrît.Il m'en empêcherait,‖ quelque appât qu'il s'offrît.Ne craignez plus, vivez ;‖ l'Éternel vous l'ordonne.Estimez-vous si peu‖ cet être qu'il vous donne ?Votre corps est à lui ;‖ ses mains l'ont façonné :Le droit d'en disposer‖ ne vous est point donné.Quelle imprudence à vous‖ de finir votre coursePar le seul des péchés‖ qui n'a point de ressource !Toute faute s'expie ;‖ on peut pleurer encor :Mais on ne peut plus rien,‖ s'étant donné la mort.Vivez donc ; et tâchons‖ de tromper ces barbares.
Le saint ne put trouver‖ de termes assez raresPour rendre grâce au ciel,‖ et louer cette sœurDont la sagesse étoit‖ égale à la douceur.Cette nuit s'acheva‖ comme les précédentes :Dieu leur fit employer‖ en prières ardentesDes moments que l'on croit‖ innocemment perdusQuand le somme a sur nous‖ ses charmes répandus.
Le lendemain l'Arabe‖ en ses champs les renvoie.Là montrant aux bergers‖ une apparente joie,Les larmes, les soupirs,‖ et les austérités,Quand ils se trouvoient seuls,‖ faisoient leurs voluptés.En eux-mêmes souvent‖ ils cherchoient des retraites.On ne s'aperçut point‖ de ces peines secrètes.Chacun crut qu'ils s'aimoient‖ d'un amour conjugal.Aucun plaisir au leur‖ ne sembloit être égal.On se le proposoit‖ tous les jours pour exemple ;Et lorsque deux époux‖ étoient conduits au templeQue le ciel, disoit-on,‖ afin de vous combler,Fasse à l'hymen de Malc‖ le vôtre ressembler !
Le saint couple à la fin‖ se lasse du mensonge ;En de nouveaux ennuis‖ l'un et l'autre se plonge.Toute feinte est sujet‖ de scrupule à des saints :Et, quel que soit le but‖ où tendent, leurs desseins,Si la candeur n'y règne‖ ainsi que l'innocence,Ce qu'ils font pour un bien‖ leur semble être une offense.Malc à ces sentiments‖ donnoit un jour des pleurs :Les larmes qu'il versoit‖ faisoient courber les fleurs.Il vit auprès d'un tronc‖ des légions nombreusesDe fourmis qui sortaient‖ de leurs cavernes creuses.L'une poussoit un faix ;‖ l'autre prêtait son dos :L'amour du bien public‖ empêchoit le repos.Les chefs encourageoient‖ chacun par leur exemple.Un du peuple étant mort,‖ notre saint le contempleEn forme de convoi‖ soigneusement portéHors les toits fourmillants‖ de l'avare cité.Vous m'enseignez, dit-il,‖ le chemin qu'il faut suivre.Ce n'est pas pour soi seul‖ qu'ici-bas on doit vivre ;Vos greniers sont témoins‖ que chacune de vousTâche à contribuer‖ au commun bien de tous.Dans mon premier désert‖ j'en pouvois autant faire ;Et sans contrevenir‖ aux vœux d'un solitaire,L'exemple, le conseil,‖ et le travail des mains,Me pouvoient rendre utile‖ à des troupes de saints :Aujourd'hui je languis‖ dans un lâche esclavage ;Je sers pour conserver‖ des jours de peu d'usage.Le monde a bien besoin‖ que Malc respire encor !Vil esclave, tu mens‖ pour éviter la mort !Que ne résistois-tu,‖ quand on força ton âmeA se voir exposée‖ aux beautés d'une femme ?Lorsqu'il ne fut plus temps‖ tu courus au trépas.Quitte, quitte des lieux‖ où Christ n'habite pas.Avec ses ennemis‖ veux-tu passer ta vie ?
Il déclare à la sainte‖ aussitôt, son envie,Va s'asseoir auprès d'elle,‖ et lui parle en ces mots :Ma sœur, je me souviens‖ que vos sages proposDéjà plus d'une fois‖ m'ont retiré de peine.Naguère, en conduisant‖ mon troupeau dans la plaine,Je songeois à l'état‖ où le sort nous réduit.Quelle est de nos travaux‖ l'espérance et le fruit ?Rien que de prolonger‖ le cours de nos misères,Et vieillir, s'il se peut,‖ sous des ordres sévères.Voilà dedans ces lieux‖ le but de notre emploi.Nous y vivons pour vivre ;‖ est-ce assez ? dites-moi.Faut-il pas consacrer‖ à l'auteur de son êtreTous ses soins, tout son temps,‖ enfin tout ce qu'un maîtreEt qu'un père à la fois‖ uniquement chériExige de devoirs‖ d'un couple favori ?Dieu nous comble tous deux‖ de ses faveurs célestes :Il nous a dégagés‖ de cent piéges funestes.Sa grâce est notre guide‖ ainsi que notre appui :Nous ne persévérons‖ dans le bien que par lui.Allons nous acquitter‖ de ce bienfait immense.Ici le jour finit,‖ et puis il recommence,Sans que nous bénissions‖ le saint nom qu'à demi,Ne vivant pas pour Dieu,‖ mais pour son ennemi.Ma sœur, si nous cherchions‖ de plus douces demeures ?Je vous ai fait récit‖ quelquefois de ces heuresQu'en des lieux séparés‖ de tout profane abordJe passois à louer‖ l'arbitre de mon sort.Alors j'avois pitié‖ des heureux de ce monde.Maintenant j'ai perdu‖ cette paix si profonde :Mon cœur est agité‖ malgré tous vos avis.Je ne me repens pas‖ de les avoir suivis.Mais enfin jetez l'œil‖ sur l'état où nous sommes.Vous êtes exposée‖ aux malices des hommes.Je n'ai plus de mes bois‖ les saintes voluptés.Ne reviendront-ils pas‖ ces biens que j'ai quittés ?Ah ! si vous jouissiez‖ de leur douceur exquise !La fuite, direz-vous,‖ ne nous est pas permise :De notre liberté‖ l'Arabe est possesseur.Et quel droit a sur nous‖ un cruel ravisseur ?Brisons ses fers ; fuyons‖ sans avoir de scrupule :Le mal est bien plus grand‖ lorsque l'on dissimule.Quelque prétexte qu'ait‖ un mensonge pieux,Il est toujours mensonge,‖ et toujours odieux.Allons vivre sans feinte‖ en ces forêts obscuresOù j'ai trouvé jadis‖ des retraites si sûres.Ne tentons plus le ciel :‖ ayons une humble peur.Je vous promets des jours‖ tout remplis de douceur.
Il se tut. Aussitôt‖ la prudente bergèreApprouve les conseils‖ que le saint lui suggère.Il fait choix de deux boucs‖ les plus grands du troupeau,Les tue, ôte les chairs,‖ change en outre leur peau.Notre couple s'en sert‖ à traverser des ondesDont il falloit franchir‖ les barrières profondesLe courant les poussa‖ bien loin sur l'autre bord.Tous deux marchent en hâte‖ où les guide leur sort.Ils avoient achevé‖ quatre stades à peine,Quand, trahis par leurs pas‖ imprimés sur l'arène,Ils entendent de loin‖ des chameaux et du bruit,Tournent tête ; et, voyant‖ que leur maître les suit,Se pressent, mais en vain ;‖ tout ce qu'ils purent faireFut de gagner un antre‖ affreux et solitaire,Triste séjour de l'ombre :‖ en ses détours obscursRégnoit une lionne‖ hôtesse de ses murs.Elle y conçut un faon,‖ unique et tendre gageDes brûlantes ardeurs‖ du roi de cette plage.Mère nouvellement,‖ on l'eût vue allaiterCelui qu'elle venoit‖ en ces lieux d'enfanter.Mais comment l'eût-on vue ?‖ A peine la lumièreOsoit franchir du seuil‖ la démarche première.Par cent cruels repas‖ cet antre diffaméSe trouvoit en tout temps‖ de carnage semé.Le saint couple frémit,‖ et s'arrête à l'entrée :Ils n'osent pénétrer‖ cette horrible contrée :Ils cherchent quelque coin‖ en tâtant et craintifs.L'Arabe croit déjà‖ tenir ses fugitifs.Il n'avoit avec lui‖ pour escorte et pour guideQu'un esclave fidèle,‖ adroit, et peu timide.Va me quérir, dit-il,‖ ce couple qui s'enfuit.Le cimeterre au point‖ l'esclave entre avec bruit.La lionne l'entend,‖ rugit, et pleine d'ireAccourt, se lance à lui,‖ l'abat, et le déchire.De son séjour si long‖ le maître est étonné ;Et d'un courroux aveugle‖ aussitôt entraîné :Est-ce crainte ou pitié,‖ dit-il qui te retarde ?Quoi ! je n'ai pas encor‖ cette troupe fuyarde !Enfants de l'infortune,‖ esprits nés pour les fers,Je vous irai chercher‖ tous trois jusqu'aux enfers.Dans le gouffre à ces mots‖ l'ardeur le précipite.Sa colère a bientôt‖ le sort qu'elle mérite.A peine il est entré‖ que les cruelles dentsEt les ongles félons‖ s'impriment dans ses flancs.Les saints, loin d'en avoir‖ une secrète joie,Du parti le plus fort‖ craignent d'être la proie,Font des vœux pour l'Arabe,‖ et tous deux soupirantsSouhaitent un remords‖ du moins à leurs tyrans :Mais des suppôts de Bel‖ l'âme aux feux consacrée,Victime nécessaire‖ à l'enfer est livrée.Le maître et son esclave,‖ attendant le trépas,Gisent ensanglantés,‖ la mort leur tend les bras.La cruelle moitié‖ du monstre de LibyeTrame en ses magasins‖ leurs deux corps où la vieCherche encore un refuge‖ et quitte en gémissant.Les hôtes que du ciel‖ elle obtint en naissant.Le lionceau se baigne‖ en leur sang avec joie.Il ne sait pas rugir,‖ et s'instruit à la proie.Digne de ces leçons‖ il commence à goûterLes meurtres qu'il ne peut‖ encore exécuter.Après qu'il a joui‖ du crime de sa mère,Et qu'ils ont. assouvi‖ leur faim et leur colère,La lionne repense‖ à ces actes sanglants,Emporte en d'autres lieux‖ son faon avec les dents,Quitte l'obscur séjour ;‖ et se sentant coupable,Encor que faite au meurtre‖ et de crainte incapable,Elle fuit, et confie‖ aux plus âpres rochersDu cruel nourrisson‖ les jours qui lui sont chers.
Malc cherche aussi bien qu'elle‖ un plus certain asileL'abord de ce séjour‖ lui semble trop facile.L'odeur des animaux,‖ la piste de leurs pas,La vengeance et le bruit‖ de ces cruels trépas,Tout lui fait redouter‖ qu'une troupe infidèleN'évente les secrets‖ que cet antre recèle,Ne trouve l'innocent,‖ en cherchant les auteursDe l'attentat commis‖ sur ses persécuteurs.La faim même qui rend‖ les saints ses tributaires,Fait sortir nos héros‖ de ces lieux solitaires.Loin du peuple profane‖ ils vont finir leurs jours.Un bourg de peu de nom‖ fait enfin leurs amours.Là le couple pieux‖ aussitôt se sépare.De leur mensonge saint‖ l'offense se répare.Cet hymen se dissout.‖ La dame entre en un lieuOù cent vierges ont pris‖ pour époux le vrai Dieu.
Dans un cloître éloigné‖ Malc s'occupe au silence ;Et s'il n'alloit parfois‖ régler la violenceDont la chaste recluse‖ embrasse l'oraison,Sa retraite pourrait‖ s'appeler sa prison.Il y vit dans les pleurs,‖ nectar de pénitence ;C'est le seul dont ses vœux‖ demandent l'abondance.Plus ange que mortel,‖ il se prive des biensQui sont de notre corps‖ agréables soutiens.Ce jeûne rigoureux‖ n'accourcit point sa vie.Des deux flambeaux du ciel‖ la course entre-suivieA longtemps ramené‖ la peine et le repos,Le repos aux humains,‖ la peine au saint héros,Sans qu'il semble approcher‖ du terme de sa course.De son zèle fervent‖ l'inépuisable sourceFomente la chaleur‖ qui retarde sa mort :Près d'un siècle d'hivers‖ n'a pu l'éteindre encor.Jérôme en est témoin,‖ ce grand saint dont la plumeDes faits du Dieu vivant‖ expliqua le volume.Il vit Malc, il apprit‖ ces merveilles de lui ;Et mes légers accords‖ les chantent aujourd'hui.Qui voudra les savoir‖ d'une bouche plus digne,Lise chez d'Andilly‖ cette aventure insigne.Jérôme l'écrivoit‖ lorsque le peuple francDu bonheur des Romains‖ arrêtait le torrent.
Je la chante en un temps‖ où sur tous les monarquesLouis de sa valeur‖ donne d'illustres marques,Cependant qu'à l'envi‖ sa rare piétéFait au sein de l'erreur‖ régner la vérité.Prince, qui par son choix‖ remis le culte aux temples,Qui t'acquis cet honneur‖ par tes pieux exemples,Et que le haut savoir,‖ le sang et la vertu,Ont dès tes jeunes ans‖ de pourpre revêtu,Je t'offre ce récit,‖ foible fruit de mes veilles :Mais s'il faut que nos dons‖ égalent tes merveilles,Quel Homère osera‖ placer devant, ses versTon nom, digne de vivre‖ autant que l'univers ?
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
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- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a puissante / jouissante féminineb sentir / repentir masculinec t'implore / t'honore féminined douceurs / Sœurs masculinee plaire / solitaire fémininef écartés / habités masculineg demeure / heure féminineh cœur / vainqueur masculinei jeunesse / sagesse fémininej précieux / cieux masculinek tombe / succombe fémininel criminel / éternel masculinem usage / partage fémininen desseins / saints masculinea jeunesse / richesse féminineb grands / parents masculinec reste / modeste féminined pieux / lieux masculinea franchise / entreprise féminineb tenter / rejeter masculinec capable / coupable féminined mérité / irrité masculinee amorces / forces fémininef appas / combats masculineg charmes / larmes féminineh vous / genoux masculinei absence / innocence fémininej longs / sablons masculinek monde / inféconde fémininel d'horreur / terreur masculinem sépulture / pâture fémininen séjours / vautours masculineo l'imprudence / défense fémininep craintifs / captifs masculineq inconnue / vue fémininer hagards / regards masculines dispersée / laissée fémininet amours / jours masculineu pâturages / herbages fémininev champs / brigands masculinew spectacle / l'obstacle fémininex foyer / loyer masculiney gages / plages fémininez bien / rien masculinea destinée / hyménée féminineb amours / secours masculinea conduite / réduite féminineb moitié / pitié masculinec partage / héritage féminined saison / toison masculinee servitude / solitude fémininef avis / suivis masculineg silence / violence féminineh banni / puni masculinei t'envoles / frivoles fémininej privé / lavé masculinek passée / entassée fémininel triomphants / enfants masculinem marques / monarques fémininen tribut / put masculineo scrupule / dissimule fémininep printemps / qu'éclatants masculineq légère / bergère fémininer troupeaux / beaux masculinea sauvages / rivages féminineb bois / voix masculinec l'abondance / danse féminined hameaux / ormeaux masculinee malices / délices fémininef bergers / étrangers masculineg prières / paupières féminineh oraison / l'horizon masculineb approches / roches fémininec verts / hivers masculined marbres / arbres fémininee humains / chemins masculinef campagnes / compagnes féminineg doux / loups masculineh rapines / épines fémininei halliers / violiers masculinej exquise / assise fémininek attraits / traits masculinel alarmes / charmes fémininem cieux / pieux masculinen empruntée / agitée féminineo doux / contentez-vous masculinep ravie / vie féminineq troupeau / fuseau masculiner haleine / laine féminines innocent / paissant masculinet disoit-elle / mortelle féminineu faits / forfaits masculinev suffrage / ouvrage fémininew fleurs / pleurs masculinex l'envie / vie fémininey tyrans / dévorants masculinez héroïne / origine féminineb rétabli / oubli masculinec haine / peine féminined droits / fois masculinee couronnent / m'environnent fémininef menaçant / pressant masculineg tourmente / charmante féminineh aussi / souci masculinea modestie / garantie féminineb évité / mérité masculinec inutiles / fertiles féminined secourus / mourus masculinee l'espérance / souffrance fémininef travaux / rivaux masculineg condamnable / pardonnable féminineh protester / vanter masculinei calice / cilice fémininea rigueurs / cœurs masculineb cause / chose fémininec liens / moyens masculined l'esclavage / mariage fémininee suffisant / présent masculinef maître / l'être féminineg innocent / naissant masculineh vue / imprévue fémininei d'horreur / erreur masculineb l'hyménée / destinée fémininec loi / toi masculined involontaire / l'adultère fémininee impur / sûr masculinef zèle / criminelle féminineg champs / méchants masculinea d'ire / contredire féminineb désormais / jamais masculinec lame / dame féminined clartés / formalités masculinee parêtre / être fémininef pu / rompu masculineg prières / singulières féminineh dangers / bergers masculinei conspirée / éclairée fémininej loi / soi masculinek suivie / vie fémininel besoins / soins masculinem trame / âme fémininen démon / pardon masculinea bergère / faire féminineb combats / d'appas masculinec condamnée / l'hyménée féminined commun / qu'un masculinee inquiétude / solitude fémininef irrité / fragilité masculineb besoin / soin masculinec défiance / croyance féminined voir / pouvoir masculinee maître / être fémininef mort / sort masculineg hyménée / donnée féminineh comportez-vous / époux masculinei véritable / souhaitable fémininej encor / trésor masculinek légitime / crime fémininel souffrît / s'offrît masculinem l'ordonne / donne fémininen façonné / donné masculineo course / ressource fémininep encor / mort masculineq barbares / rares féminineb sœur / douceur masculinec précédentes / ardentes féminined perdus / répandus masculinea renvoie / joie féminineb austérités / voluptés masculinec retraites / secrètes féminined conjugal / égal masculinee exemple / temple fémininef combler / ressembler masculinea mensonge / plonge féminineb saints / desseins masculinec l'innocence / offense féminined pleurs / fleurs masculinee nombreuses / creuses fémininef dos / repos masculineg exemple / contemple féminineh porté / cité masculinei suivre / vivre fémininej vous / tous masculinek faire / solitaire fémininel mains / saints masculinem esclavage / d'usage féminineo âme / femme fémininep trépas / pas masculineq vie / envie féminineb mots / propos masculinec peine / plaine féminined réduit / fruit masculinee misères / sévères fémininef emploi / dites-moi masculineg être / maître féminineh chéri / favori masculinei célestes / funestes fémininej appui / lui masculinek immense / recommence fémininel demi / ennemi masculinem demeures / heures fémininen abord / sort masculineo monde / profonde féminineq sommes / hommes fémininer voluptés / quittés masculines exquise / permise fémininet possesseur / ravisseur masculinev pieux / odieux masculinew obscures / sûres fémininex peur / douceur masculinea bergère / suggère féminineb troupeau / peau masculinec ondes / profondes féminined bord / sort masculinee peine / l'arène fémininef bruit / suit masculineh obscurs / murs masculinei gage / plage fémininej allaiter / d'enfanter masculinek lumière / première fémininel diffamé / semé masculinem l'entrée / contrée fémininen craintifs / fugitifs masculineo guide / timide fémininep s'enfuit / bruit masculineq d'ire / déchire fémininer étonné / entraîné masculines retarde / fuyarde fémininet fers / enfers masculineu précipite / mérite fémininev dents / flancs masculinew joie / proie fémininex soupirants / tyrans masculiney consacrée / livrée fémininez trépas / bras masculinea Libye / vie féminineb gémissant / naissant masculined goûter / exécuter masculinee mère / colère fémininef sanglants / dents masculineg coupable / incapable féminineh rochers / chers masculinea asile / facile féminineb pas / trépas masculinec infidèle / recèle féminined auteurs / persécuteurs masculinee tributaires / solitaires fémininef jours / amours masculineg sépare / répare féminineh lieu / Dieu masculineb l'oraison / prison masculinec pénitence / l'abondance féminined biens / soutiens masculinee vie / entre-suivie fémininef repos / héros masculineg course / source féminineh mort / encor masculinei plume / volume fémininej lui / aujourd'hui masculinek digne / insigne fémininel franc / torrent masculinea monarques / marques féminineb piété / vérité masculinec temples / exemples féminined vertu / revêtu masculinee veilles / merveilles fémininef vers / l'univers masculine
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
548 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources