Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Œuvres diverses I, 1658‑1694· Les amours de psyché et de cupidon 1669

Psyché

LIVRE PREMIER

Jean de La Fontaine· alexandrins et octosyllabes, 541 vers

Sommes-nous, dit-il, en Provence ?Quel amas d'arbres toujours vertsTriomphe ici de l'inclémenceDes aquilons et des hivers !

Jasmins dont un air doux s'exhale,Fleurs que les vents n'ont pu ternir,Aminte en blancheur vous égale ;Et vous m'en faites souvenir.

Orangers, arbres que j'adore,Que vos parfums me semblent doux !Est-il dans l'empire de FloreRien d'agréable comme vous ?

Vos fruits aux écorces solidesSont un véritable trésor ;Et le jardin des HespéridesN'avoit point d'autres pommes d'or.

Lorsque votre automne s'avance,On voit encor votre printemps ;L'espoir avec la jouissanceLogent chez vous en même temps.

Vos fleurs ont embaumé‖ tout l'air que je respire :Toujours un aimable zéphyreAutour de vous se va jouant.Vous êtes nains ;‖ mais tel arbre géant,

Qui déclare au soleil la guerre,Ne vous vaut pas,Rien qu'il couvre un arpent de terreAvec ses bras.

Dans l'un, le dieu du jour‖ achève sa carrière.Le sculpteur a marqué‖ ces longs traits de lumière,Ces rayons dont l'éclat,‖ dans les airs s'épanchant,Peint d'un si riche émail‖ les portes du couchant.On voit aux deux côtés‖ le peuple d'AmathontePréparer le chemin‖ sur des dauphins qu'il monte.Chaque Amour à l'envi‖ semble se réjouirDe l'approche du dieu‖ dont Thétis va jouir.Des troupes de zéphirs‖ dans les airs se promènent ;Les tritons empressés‖ sur les flots vont et viennent.Le dedans de la grotte‖ est tel, que les regards,Incertains de leur choix,‖ courent de toutes parts.Tant d'ornements divers,‖ tous capables de plaire,Font accorder le prix‖ tantôt au statuaire,Et tantôt à celui‖ dont l'art industrieuxDes trésors d'Amphitrite‖ a revêtu ces lieux.La voûte et le pavé‖ sont d'un rare assemblage :Ces cailloux que la mer‖ pousse sur son rivage,Ou qu'enferme en son sein‖ le terrestre élément,Différents en couleur,‖ font maint compartiment.Au haut de six piliers‖ d'une égale structure,Six masques de rocaille,‖ à grotesque figure,Songes de l'art, démons‖ bizarrement forgés,Au-dessus d'une niche‖ en face sont rangés.De mille raretés‖ la niche est toute pleine :Un triton d'un côté,‖ de l'autre une sirène,Ont chacun une conque‖ en leurs mains de rocher ;Leur souffle pousse un jet‖ qui va loin s'épancher.Au haut de chaque niche‖ un bassin répand l'onde :Le masque la vomit‖ de sa gorge profonde ;Elle retombe en nappe,‖ et compose un tissuQu'un autre bassin rend‖ sitôt qu'il l'a reçu.Le bruit, l'éclat de l'eau,‖ sa blancheur transparente,D'un voile de cristal‖ alors peu différente,Font goûter un plaisir‖ de cent plaisirs mêlé.Quand l'eau cesse, et qu'on voit‖ son cristal écoulé,La nacre et le corail‖ en réparent l'absence :Morceaux pétrifiés,‖ coquillage, croissance,Caprices infinis‖ du hasard et des eaux,Reparaissent aux yeux,‖ plus brillants et plus beaux.Dans le fond de la grotte,‖ une arcade est remplieDe marbres à qui l'art‖ a donné de la vie.Le dieu de ces rochers,‖ sur une urne penché,Goûte un morne repos,‖ en son antre couché.L'urne verse un torrent ;‖ tout l'antre s'en abreuve ;L'eau retombe en glacis,‖ et fait un large fleuve.J'ai pu jusqu'à présent‖ exprimer quelques traitsDe ceux que l'on admire‖ en ce moite palais :Le reste est au-dessus‖ de mon foible génie.Toi qui lui peux donner‖ une force infinie,Dieu des vers et du jour,‖ Phébus, inspire-moi :Aussi bien désormais‖ faut-il parler de toi.Quand le soleil est las,‖ et qu'il a fait sa tâche,Il descend chez Thétis,‖ et prend quelque relâche :C'est ainsi que Louis‖ s'en va se délasserD'un soin que tous les jours‖ il faut recommencer.Si j'étois plus savant‖ en l'art de bien écrire,Je peindrais ce monarque‖ étendant son empire :Il lanceroit la foudre ;‖ on verrait à ses piedsDes peuples abattus,‖ d'autres humiliés.Je laisse ces sujets‖ aux maîtres du Parnasse ;Et pendant que Louis,‖ peint en dieu de la Thrace,Fera bruire en leurs vers‖ tout le sacré vallon ,Je le célébrerai‖ sous le nom d'Apollon.Ce dieu, se reposant‖ sous ces voûtes humides,Est assis au milieu‖ d'un chœur de néréides.Toutes sont des Vénus,‖ de qui l'air gracieuxN'entre point dans son cœur,‖ et s'arrête à ses j'eux.Il n'aime que Thétis,‖ et Thétis les surpasse.Chacune, en le servant,‖ fait office de Grâce.Doris verse de l'eau‖ sur la main qu'il lui tend.Chloé dans un bassin‖ reçoit l'eau qu'il répand.A lui laver les pieds‖ Mélicerte s'applique.Delphire entre ses bras‖ tient un vase à l'antique.Climène auprès du dieu‖ pousse en vain des soupirs :Hélas ! c'est un tribut‖ qu'elle envoie aux zéphyrs :Elle rougit parfois,‖ parfois baisse la vue.( Rougit, autant que peut‖ rougir une statue :Ce sont des mouvements‖ qu'au défaut du sculpteurJe veux faire passer‖ dans l'esprit du lecteur.)Parmi tant de beautés,‖ Apollon est sans flamme ;Celle qu'il s'en va voir‖ seule occupe son âme.Il songe au doux moment‖ où, libre et sans témoins,Il reverra l'objet‖ qui dissipe ses soins.Oh ! qui pourroit décrire‖ en langue du ParnasseLa majesté du dieu,‖ son port si plein de grâce,Cet air que l'on n'a point‖ chez nous autres mortels,Et pour qui l'âge d'or‖ inventa les autels !Les coursiers de Phébus,‖ aux flambantes narines,Respirent l'ambrosie‖ en des grottes voisines.Les tritons en ont soin :‖ l'ouvrage est si parfait,Qu'ils semblent panteler‖ du chemin qu'ils ont fait.Aux deux bouts de la grotte,‖ et dans deux enfonçures,Le sculpteur a placé‖ deux charmantes figures :L'une est le jeune Acis,‖ aussi beau que le jour.Les accords de sa flûte‖ inspirent de l'amour :Debout contre le roc,‖ une jambe croisée,Il semble par ses sons‖ attirer Galatée ;Par ses sons, et peut-être‖ aussi par sa beauté.Le long de ces lambris‖ un doux charme est porté.Les oiseaux, envieux‖ d'une telle harmonie,Épuisent ce qu'ils ont‖ et d'art et de génie.Philomèle, à son tour,‖ veut s'entendre louer,Et chante par ressorts‖ que l'onde fait jouer.Écho même répond ;‖ Écho, toujours hôtesseD'une voûte ou d'un roc‖ témoin de sa tristesse.L'onde tient sa partie.‖ Il se forme un concertOù Philomèle, l'eau,‖ la flûte, enfin tout sert.Deux lustres de rocher‖ de ces voûtes descendent,En liquide cristal‖ leurs branches se répandent :L'onde sert de flambeaux ;‖ usage tout nouveau.L'art en mille façons‖ a su prodiguer l'eau :D'une table de jaspe‖ un jet part en fusée ;Puis en perles retombe,‖ en vapeur, en rosée.L'effort impétueux‖ dont il va s'élançantFait frapper le lambris‖ au cristal jaillissant.Telle et moins violente‖ est la balle enflammée.L'onde, malgré son poids,‖ dans le plomb renfermée,Sort avec un fracas‖ qui marque son dépitEt plaît aux écoutants,‖ plus il les étourdit.Mille jets, dont la pluie‖ à l'entour se partage,Mouillent également‖ l'imprudent et le sage.Craindre ou ne craindre pas‖ à chacun est égal :Chacun se trouve en butte‖ au liquide cristal.Plus les jets sont confus,‖ plus leur beauté se montre.L'eau se croise, se joint,‖ s'écarte, se rencontre,Se rompt, se précipite‖ à travers les rochers,Et fait, comme alambics,‖ distiller leurs planchers.Niches, enfoncements,‖ rien ne sert de refuge.Ma muse est impuissante‖ à peindre ce déluge.Quand d'une voix de fer‖ je frapperais les cieux,Je ne pourrais nombrer‖ les charmes de ces lieux.

Le dieu qu'on nomme Amour‖ n'est pas exempt d'aimer :A son flambeau‖ quelquefois il se brûle ;Et si ses traits ont eu‖ la force d'entamerLes cœurs de Pluton et d'Hercule,Il n'est pas inconvénientQu'étant aveugle,‖ étourdi, téméraire,Il se blesse en les maniant ;Je n'y vois rien‖ qui ne se puisse faire :Témoin Psyché,‖ dont je vous veux conterLa gloire et les malheurs,‖ chantés par Apulée.Cela vaut bien‖ la peine d'écouter ;L'aventure en est signalée.

Mon fils, dit-elle‖ en lui baisant les yeux,La fille d'un mortel‖ en veut à ma puissance ;Elle a juré‖ de me chasser des lieuxOù l'on me rend obéissance :Et qui sait si son insolenceN'ira pas jusqu'au point‖ de me vouloir ôterLe rang que dans les cieux‖ je pense mériter ?

Paphos n'est plus‖ qu'un séjour importun :Des Grâces et des Ris‖ la troupe m'abandonne ;Tous les Amours,‖ sans en excepter un,S'en vont servir cette personne.Si Psyché veut notre couronne,Il faut la lui donner ;‖ elle seule aussi bienFait en Grèce à présent‖ votre office et le mien.

L'un de ces jours‖ je lui vois pour épouxLe plus beau, le mieux fait‖ de tout l'humain lignage,Sans le tenir‖ de vos traits ni de vous,Sans vous en rendre aucun hommage.Il naîtra de leur mariageUn autre Cupidon,‖ qui d'un de ses regardsFera plus mille fois‖ que vous avec vos dards.

Prenez-y garde ;‖ il vous y faut songer :Rendez-la malheureuse ;‖ et que cette cadette,Malgré les siens,‖ épouse un étrangerQui ne sache où trouver retraite,Qui soit laid, et qui la maltraite,La fasse consumer‖ en regrets superflus,Tant que ni vous ni moi‖ nous ne la craignions plus.

C'est pourquoi nous dirons‖ en langage riméQue l'empire flottant‖ en demeura charmé.Cent tritons, la suivant‖ jusqu'au port de Cythère,Par leurs divers emplois‖ s'efforcent de lui plaire.L'un nage à l'entour d'elle,‖ et l'autre au fond des eauxLui cherche du corail‖ et des trésors nouveaux.L'un lui tient un miroir‖ fait de cristal de roche :Aux rayons du soleil‖ l'autre en défend l'approche.Palémon, qui la guide,‖ évite les rochers :Glauque de son cornet‖ fait retentir les mers :Thétis lui fait ouïr‖ un concert de sirènes.Tous les vents attentifs‖ retiennent leurs haleines.Le seul Zéphyre est libre,‖ et d'un souffle amoureuxIl caresse Vénus,‖ se joue à ses cheveux ;Contre ses vêtements‖ parfois il se courrouce.L'onde, pour la toucher,‖ à longs flots s'entre-pousse ;Et d'une égale ardeur‖ chaque flot à son tourS'en vient baiser les pieds‖ de la mère d'Amour.

L'époux que les destins‖ gardent à votre filleEst un monstre cruel‖ qui déchire les cœurs,Qui trouble maint état,‖ détruit mainte famille,Se nourrit de soupirs,‖ se baigne dans les pleurs.

A l'univers entier‖ il déclare la guerre,Courant de bout en bout‖ un flambeau dans la main :On le craint dans les cieux,‖ on le craint sur la terre ;Le Styx n'a pu borner‖ son pouvoir souverain.

C'est un empoisonneur,‖ c'est un incendiaire,Un tyran qui de fers‖ charge jeunes et vieux.Qu'on lui livre Psyché ;‖ qu'elle tâche à lui plaire :Tel est l'arrêt du Sort,‖ de l'Amour et des dieux.

Menez-la sur un roc,‖ au haut d'une montagne,En des lieux où l'attend‖ le monstre son époux ;Qu'une pompe funèbre‖ en ces lieux l'accompagne,Car elle doit mourir‖ pour ses sœurs et pour vous.

L'éloquence elle-même,‖ impuissante à.le dire,Confesse que ceci‖ n'est point de son empire ;C'est au silence seul‖ d'exprimer les adieuxDes parents de la belle,‖ au partir de ces lieux.Je ne décrirai point‖ ni leur douleur amère,Ni les pleurs de Psyché,‖ ni les cris de sa mèreQui, du fond des rochers‖ renvoyés dans les airs,Firent de bout en bout‖ retentir ces déserts.Elle plaint de son sang‖ la cruelle aventure,Implore le soleil,‖ les astres, la nature ;Croit fléchir par ces cris‖ les auteurs du destin :Il lui faut arracher‖ sa fille de son sein.Après mille sanglots‖ enfin on les sépare :Le soleil, las de voir‖ ce spectacle barbare,Précipite sa course ;‖ et, passant sous les eaux.Va porter la clarté‖ chez des peuples nouveaux.L'horreur de ces déserts‖ s'accroît par son absenceLa Nuit vient sur un char‖ conduit par le Silence ;Il amène avec lui‖ la crainte en l'univers.

Tout l'univers‖ obéit à l'Amour :Relie Psyché,‖ soumettez-lui votre âme.Les autres dieux‖ à ce dieu font la cour,Et leur pouvoir‖ est moins doux que sa flamme.Des jeunes cœurs‖ c'est le suprême bien :Aimez, aimez ;‖ tout le reste n'est rien.

Sans cet amour,‖ tant d'objets ravissants,Lambris dorés,‖ bois, jardins, et fontaines,N'ont point d'appas‖ qui ne soient languissants,Et leurs plaisirs‖ sont moins doux que ses peines.Des jeunes cœurs‖ c'est le suprême bien :Aimez, aimez ;‖ tout le reste n'est rien.

On fit ses murs d'un marbre‖ aussi blanc que l'albâtre.Les dedans sont ornés‖ d'un porphyre luisant.Ces ordres dont les Grecs‖ nous ont fait un présent,Le dorique sans fard,‖ l'élégant ionique,Et le corinthien‖ superbe et magnifique,L'un sur l'autre placés,‖ élèvent jusqu'aux cieuxCe pompeux édifice‖ où tout charme les yeux.Pour servir d'ornement‖ à ses divers étages.L'architecte y posa‖ les vivantes imagesDe ces objets divins,‖ Cléopâtres, Phrynés,Par qui sont les héros‖ en triomphe menés.Ces fameuses beautés‖ dont la Grèce se vante,Celles que le Parnasse‖ en ses fables nous chante,Ou de qui nos romans‖ font de si beaux portraits,A l'envi, sur le marbre‖ étaloient leurs attraitsL'enchanteresse Armide,‖ héroïne du Tasse,A côté d'Angélique‖ avoit trouvé sa place.On y voyoit surtout‖ Hélène au cœur léger,Qui causa tant de maux‖ pour un prince berger.Psyché dans le milieu‖ voit aussi sa statue,De ces reines des cœurs‖ pour reine reconnue :La belle à cet aspect‖ s'applaudit en secret,Et n'en peut détacher‖ ses beaux yeux qu'à regret.Mais on lui montre encor‖ d'autres marques de gloire :Là ses traits sont de marbre,‖ ailleurs ils sont d'ivoire.Les disciples d'Arachne,‖ à l'envi des pinceaux,En ont aussi formé‖ de différents tableaux.Dans l'un on voit les Ris‖ divertir cette belle ;Dans l'autre, les Amours‖ dansent à l'entour d'elle :Et, sur cette autre toile,‖ Euphrosine et ses sœursOrnent ses blonds cheveux‖ de guirlandes de fleurs.Enfin, soit aux couleurs,‖ ou bien dans la sculpturePsyché dans mille endroits‖ rencontre sa figure ;Sans parler des miroirs‖ et du cristal des eaux,Que ses traits imprimés‖ font paraître plus beaux.

Dans la première‖ on voyoit un chaos,Masse confuse,‖ et de qui l'assemblageFaisoit lutter‖ contre l'orgueil des flotsDes tourbillons‖ d'une flamme volage.

Non loin de là,‖ dans un même monceau,L'air gémissoit‖ sous le poids de la terre :Ainsi le feu,‖ l'air, la terre, avec l'eau,Entretenoient‖ une cruelle guerre.

Que fait l'Amour ?‖ volant de bout en bout,Ce jeune enfant,‖ sans beaucoup de mystère,En badinant‖ vous débrouille le tout,Mille fois mieux‖ qu'un sage n'eût su faire.

Dans la seconde,‖ un cyclope amoureux,Pour plaire aux yeux‖ d'une nymphe jolie,Se démêloit‖ la barbe et les cheveux ;Ce qu'il n'avoit‖ encor fait de sa vie.

En se moquant‖ la nymphe s'enfuyoit :Amour l'atteint :‖ et l'on voyoit la belle,Qui, dans un bois,‖ le cyclope prioitQu'il l'excusât‖ d'avoir été rebelle.

Assemblez, sans aller si loin,Vaux, Liancourt, et leurs naïades,Y joignant, en cas de besoin,Ruel avecque ses cascades.Cela fait, de tous les côtés,Placez en ces lieux enchantésForce jets affrontant la nue,Des canaux à perte de vue ;Bordez-les d'orangers,‖ de myrtes, de jasmins.Qui soient aussi géants‖ que les nôtres sont nainsEntassez-en des pépinières ;Plantez-en des forêts entières ;Des forêts, où chante en tout tempsPhilomèle, honneur des bocages,De qui le règne, en nos ombrages,Naît et meurt avec le printemps :Mêlez-y les sons éclatantsDe tout ce que les bois‖ ont d'agréables chantres.Chassez de ces forêts‖ les sinistres oiseaux ;Que les fleurs bordent leurs ruisseaux ;Que l'Amour habite leurs antres.N'y laissez entrer toutefoisAucune hôtesse de ces boisQu'avec un paisible zéphyre,Et jamais avec un satyre.Point de tels amants dans ces lieux ;Psyché s'en tiendroit offensée :Ne les offrez point à ses yeux ;Et moins encore à sa pensée.Qu'en ce canton délicieuxFlore et Pomone, à qui mieux mieux,Fassent montre de leurs richesses ;Et que ce couple de déessesY renouvelle ses présentsQuatre fois au moins tous les ans.Que tout y naisse sans culture ;Toujours fraîcheur, toujours verdure,Toujours l'haleine et les soupirsD'une brigade de zéphyrs.

Il étoit témoin de la fête,Paré d'un magnifique atour ;Et, caché le reste du jour,Sur le soir il montrait sa tête.

Ainsi qu'en usent les amantsDans les vers et dans les romans ;

Ruisseaux, enseignez-moi‖ l'objet de mon amour ;Guidez vers lui mes pas,‖ vous dont l'onde est si pure.Ne dormiroit-il point‖ en ce sombre séjour,Payant un doux tribut‖ à votre doux murmure ?

En vain pour le savoir,‖ Psyché vous fait la cour,En vain elle vous vient‖ conter son aventure.Vous n'osez déceler‖ cet ennemi du jour,Qui rit en quelque coin‖ du tourment que j'endure

Il s'envole avec l'ombre,‖ et me laisse appeler.Hélas ! j'use au hasard‖ de ce mot d'envoler :Car je ne sais pas même‖ encor s'il a des ailes.

J'ai beau suivre vos bords,‖ et chercher en tous lieux :Les antres seulement‖ m'en disent des nouvelles,Et ce que je chéris‖ n'est pas fait pour mes yeux.

Ce méchant couple‖ amenoit avec luiLa curieuse‖ et misérable Envie,Pâle démon,‖ que le bonheur d'autruiNourrit de fiel‖ et de mélancolie.

Les voici, dit ce couple ;‖ et nous vous assuronsDe la clarté que fait la lampe.Pour le poignard, il est des bons,Bien affilé, de bonne trempe.Comme nous vous aimons,‖ et ne négligeons rienQuand il s'agit de votre bien,Nous avons eu le soin‖ d'empoisonner la lame :Tenez-vous sûre de ses coups ;C'est fait du monstre votre époux,Pour peu que ce poignard l'entame.A ces mots, un trait de pitiéToucha le cœur de notre belle.Je vous rends grâce, leur dit-elle,De tant de marques d'amitié.

A pas tremblants et suspendus,Elle arrive enfin où reposeSon époux aux bras étendus,Époux plus beau qu'aucune chose :C'étoit aussi l'Amour :‖ son teint par sa fraîcheur,Par son éclat, par sa blancheur,Rendoit le lis jaloux,‖ faisoit honte à la rose.Avant que de parler du teint,Je devrais vous avoir dépeint,Pour aller par ordre en l'affaire,La posture du dieu.‖ Son col étoit penché :C'est ainsi que le Somme‖ en sa grotte est couché ;Ce qu'il ne falloit pas vous taire.Ses bras à demi nus‖ étaloient des appas,Non d'un Hercule, ou d'un Atlas,D'un Pan, d'un Sylvain, ou d'un Faune,Ni même ceux d'une Amazone :Mais ceux d'une Vénus‖ à l'âge de vingt ans.Ses cheveux épars et flottants,Et que les mains de la NatureAvoient frisés à l'aventure,Celles de Flore parfumés,Cachoient quelques attraits‖ dignes d'être estimés ;Mais Psyché n'en étoit‖ qu'à prendre plus facile :Car, pour un qu'ils cachoient,‖ elle en soupçonnoit mille.Leurs anneaux, leurs boucles, leurs nœuds,Tour à tour de Psyché‖ reçurent tous des vœux :Chacun eut à part son hommage.Une chose nuisit‖ pourtant à ces cheveux ;Ce fut la beauté du visage.Que vous en dirai-je ? et commentEn parler assez dignement ?Suppléez à mon impuissance :Je ne vous aurois d'aujourd'huiDépeint les beautés de celuiQui des beautés a l'intendance.Que dirois-je des traits‖ où les Ris sont logés ?De ceux que les Amours‖ ont entre eux partagés ?Des yeux aux brillantes merveilles,Qui sont les portes du désir ;Et surtout des lèvres vermeilles,Qui sont les sources du plaisir ?

Là finit de Psyché‖ le bonheur et la gloire :Et là votre plaisir‖ pourrait cesser aussi.Ce n'est pas mon talent‖ d'achever une histoireQui se termine ainsi.

Là, dans des chars dorés,‖ le prince avec sa courVa goûter la fraîcheur‖ sur le déclin du jour.L'un et l'autre Soleil,‖ unique en son espèce.Étale aux regardants‖ sa pompe et sa richesse.Phébus brille à l'envi‖ du monarque françois ;On ne sait bien souvent‖ à qui donner sa voix :Tous deux sont pleins d'éclats‖ et rayonnants de gloire.Ah ! si j'étois aidé‖ des Filles de mémoire,De quels traits j'ornerois‖ cette comparaison !Versailles, ce seroit‖ le palais d'Apollon :Les belles de la cour‖ passeraient pour les Heures.Mais peignons seulement‖ ces charmantes demeures.

En face d'un parterre‖ au palais opposéEst un amphithéâtre‖ en rampes divisé.La descente en est douce,‖ et presque imperceptible ;Elles vont vers leur fin‖ d'une pente insensible.D'arbrisseaux toujours verts‖ les bords en sont ornés.Le myrte, par qui sont‖ les amants couronnés,Y range son feuillage‖ en globe, en pyramide ;Tel jadis le tailloient‖ les ministres d'Armide.Au haut de chaque rampe,‖ un sphinx aux larges flancsSe laisse entortiller‖ de fleurs par des enfants.Il se joue avec eux,‖ leur rit à sa manière,Et ne se souvient plus‖ de son humeur si fière.Au bas de ce degré,‖ Latone et ses gémeauxDe gens durs et grossiers‖ font de vils animaux,Les changent avec l'eau‖ que sur eux ils répandent.Déjà les doigts de l'un‖ en nageoires s'étendent ;L'autre en le regardant‖ est métamorphosé :De l'insecte et de l'homme‖ un autre est composé :Son épouse le plaint‖ d'une voix de grenouille ;Le corps est femme encor.‖ Tel lui-même se mouille,Se lave, et plus il croit‖ effacer tous ces traits,Plus l'onde contribue‖ à les rendre parfaits.La scène est un bassin‖ d'une vaste étendue.Sur les bords, cette engeance,‖ insecte devenue,Tâche de lancer l'eau‖ contre les déités.A l'entour de ce lieu,‖ pour comble de beautés,Une troupe immobile‖ et sans pieds se repose,Nymphes, héros, et dieux‖ de la métamorphose,Termes, de qui le sort‖ semblerait ennuyeuxS'ils n'étoient enchantés‖ par l'aspect de ces lieux.Deux parterres ensuite‖ entretiennent la vue.Tous deux ont leurs fleurons‖ d'herbe tendre et menue,Tous deux ont un bassin‖ qui lance ses trésors,Dans le centre en aigrette,‖ en arcs le long des bords.L'onde sort du gosier‖ de différents reptiles.Là sifflent les lézards,‖ germains des crocodiles :Et là mainte tortue,‖ apportant, sa maison,Allonge en vain le col‖ pour sortir de prison.Enfin, par une allée‖ aussi large que belle,On descend vers deux mers‖ d'une forme nouvelle.L'une est un rond à pans,‖ l'autre est un long canal,Miroirs où l'on n'a point,‖ épargné le cristal.Au milieu du premier,‖ Phébus, sortant, de l'onde,A quitté de Thétis‖ la demeure profonde.En rayons infinis‖ l'eau sort de son flambeau ;On voit presque en vapeur‖ se résoudre cette eau.Telle la chaux exhale‖ une blanche fumée.D'atomes de cristal‖ une nue est formée :Et lorsque le soleil‖ se trouve vis-à-vis,Son éclat l'enrichit‖ des couleurs de l'iris.Les coursiers de ce dieu,‖ commençant leur carrière,A peine ont hors de l'eau‖ la croupe tout entière :Cependant on les voit‖ impatients du frein ;Ils forment la rosée‖ en secouant leur crin.Phébus quitte à regret‖ ces humides demeures :Il se plaint à Thétis‖ de la hâte des Heures.Elles poussent son char‖ par leurs mains préparé,Et disent que le Somme‖ en sa grotte est rentré.Cette figure à pans‖ d'une place est suivie.Mainte allée en étoile,‖ à son centre aboutie,Mène aux extrémités‖ de ce vaste pourpris.De tant d'objets divers‖ les regards sont surpris.Par sentiers alignés‖ l'œil va de part et d'autre :Tout chemin est allée‖ au royaume du Nostre.Muses, n'oublions pas‖ à parler du canal.Cherchons des mots choisis‖ pour peindre son cristal.Qu'il soit pur, transparent ;‖ que cette onde argentéeLoge en son moite sein‖ la blanche Galatée.Jamais on n'a trouvé‖ ses rives sans zéphyrs :Flore s'y rafraîchit‖ au vent de leurs soupirs.Les nymphes d'alentour‖ souvent dans les nuits sombresS'y vont baigner en troupe‖ à la faveur des ombres.Les lieux que j'ai dépeints,‖ le canal, le rond-d'eau,Parterres d'un dessin‖ agréable et nouveau,Amphithéâtres, jets,‖ tous au palais répondent,Sans que de tant d'objets‖ les beautés se confondent.Heureux ceux de qui l'art‖ a ces traits inventés !On ne connoissoit point‖ autrefois ces beautés.Tous parcs étoient vergers‖ du temps de nos ancêtres ;Tous vergers sont faits parcs :‖ le savoir de ces maîtresChange en jardins royaux‖ ceux des simples bourgeois,Comme en jardins de dieux‖ il change ceux des rois.Que ce qu'ils ont planté‖ dure mille ans encore !Tant qu'on aura des yeux,‖ tant qu'on chérira Flore,Les nymphes des jardins‖ loueront incessammentCet art qui les savoit‖ loger si richement.

Versification

Mètre
Alexandrins et octosyllabes (371 de 12, 117 de 8, 50 de 10, 2 de 4, 1 de 6)· profil 4, 8, 4+6, 6+6
Mots à la rime
a Provence / l'inclémence féminine, classiqueb verts / hivers masculine, classiquea s'exhale / égale féminine, classiqueb ternir / souvenir masculine, classiquea j'adore / Flore féminine, classiqueb doux / vous masculine, classiquea solides / Hespérides féminine, classiqueb trésor / d'or masculine, classiquea s'avance / jouissance féminine, classiqueb printemps / temps masculine, classiquea respire / zéphyre féminine, classiqueb jouant / géant masculine, classiquea guerre / terre féminine, classiqueb pas / bras masculine, classiquea carrière / lumière féminine, classiqueb s'épanchant / couchant masculine, classiquec d'Amathonte / monte féminine, classiqued réjouir / jouir masculine, classiquee promènent / viennent féminine, classiquef regards / parts masculine, classiqueg plaire / statuaire féminine, classiqueh industrieux / lieux masculine, classiquei assemblage / rivage féminine, classiquej élément / compartiment masculine, classiquek structure / figure féminine, classiquel forgés / rangés masculine, classiquem pleine / sirène féminine, classiquen rocher / s'épancher masculine, classiqueo l'onde / profonde féminine, classiquep tissu / reçu masculine, classiqueq transparente / différente féminine, classiquer mêlé / écoulé masculine, classiques l'absence / croissance féminine, classiquet eaux / beaux masculine, classiqueu remplie / vie féminine, classiquev penché / couché masculine, classiquew abreuve / fleuve féminine, classiquex traits / palais masculine, classiquey génie / infinie féminine, classiquez inspire-moi / toi masculine, classiquea tâche / relâche féminine, classiqueb délasser / recommencer masculine, classiquec écrire / empire féminine, classiqued pieds / humiliés masculine, classiquee Parnasse / Thrace féminine, classiquef vallon / d'Apollon masculine, classiqueg humides / néréides féminine, classiqueh gracieux / j'eux masculine, classiquei surpasse / Grâce féminine, classiquej tend / répand masculine, classiquek s'applique / l'antique féminine, classiquel soupirs / zéphyrs masculine, classiquem vue / statue féminine, classiquen sculpteur / lecteur masculine, classiqueo flamme / âme féminine, classiquep témoins / soins masculine, classiqueq Parnasse / grâce féminine, classiquer mortels / autels masculine, classiques narines / voisines féminine, classiquet parfait / fait masculine, classiqueu enfonçures / figures féminine, classiquev jour / l'amour masculine, classiquew croisée / Galatée féminine, classiquex beauté / porté masculine, classiquey harmonie / génie féminine, classiquez louer / jouer masculine, classiquea hôtesse / tristesse féminine, classiqueb concert / sert masculine, classiquec descendent / répandent féminine, classiqued nouveau / l'eau masculine, classiquee fusée / rosée féminine, classiquef s'élançant / jaillissant masculine, classiqueg enflammée / renfermée féminine, classiqueh dépit / étourdit masculine, classiquei partage / sage féminine, classiquej égal / cristal masculine, classiquek montre / rencontre féminine, classiquel rochers / planchers masculine, classiquem refuge / déluge féminine, classiquen cieux / lieux masculine, classiquea d'aimer / d'entamer masculine, classiqueb brûle / d'Hercule féminine, classiquec inconvénient / maniant masculine, classiqued téméraire / faire féminine, classiquee conter / d'écouter masculine, classiquef Apulée / signalée féminine, classiquea yeux / lieux masculine, classiqueb puissance / obéissance / insolence féminine, classiquec ôter / mériter masculine, classiquea importun / un masculine, classiqueb m'abandonne / personne / couronne féminine, classiquec bien / mien masculine, classiquea époux / vous masculine, classiqueb lignage / hommage / mariage féminine, classiquec regards / dards masculine, classiquea songer / étranger masculine, classiqueb cadette / retraite / maltraite féminine, classiquec superflus / plus masculine, classiquea rimé / charmé masculine, classiqueb Cythère / plaire féminine, classiquec eaux / nouveaux masculine, classiqued roche / l'approche féminine, classiquee rochers / mers / l'univers masculine, classiquef sirènes / haleines féminine, classiqueg amoureux / cheveux masculine, classiqueh courrouce / s'entre-pousse féminine, classiquei tour / d'Amour masculine, classiquea fille / famille féminine, équivalenteb cœurs / pleurs masculine, classiqueb main / souverain masculine, classiquea incendiaire / plaire féminine, classiqueb vieux / dieux masculine, classiquea montagne / l'accompagne féminine, classiquea dire / empire féminine, classiqueb adieux / lieux masculine, classiquec amère / mère féminine, classiqued airs / déserts masculine, classiquee aventure / nature féminine, classiquef destin / sein masculine, classiqueg sépare / barbare féminine, classiquei absence / Silence féminine, classiquea l'Amour / cour masculine, classiqueb âme / flamme féminine, classiquec bien / rien masculine, classiquea ravissants / languissants masculine, classiqueb fontaines / peines féminine, classiquea luisant / présent masculine, classiqueb ionique / magnifique féminine, classiquec cieux / yeux masculine, classiqued étages / images féminine, classiquee Phrynés / menés masculine, classiquef vante / chante féminine, classiqueg portraits / attraits masculine, classiqueh Tasse / place féminine, classiquei léger / berger masculine, classiquej statue / reconnue féminine, classiquek secret / regret masculine, classiquel gloire / d'ivoire féminine, classiquem pinceaux / tableaux masculine, classiquen belle / d'elle féminine, classiqueo sœurs / fleurs masculine, classiquep sculpture / figure féminine, classiquea chaos / flots masculine, classiqueb l'assemblage / volage féminine, classiquea monceau / l'eau masculine, classiqueb terre / guerre féminine, classiquea bout / tout masculine, classiqueb mystère / faire féminine, classiqueb jolie / vie féminine, classiquea s'enfuyoit / prioit masculine, classiqueb belle / rebelle féminine, classiquea loin / besoin masculine, classiqueb naïades / cascades féminine, classiquec côtés / enchantés masculine, classiqued nue / vue féminine, classiquee jasmins / nains masculine, classiquef pépinières / entières féminine, classiqueg temps / printemps / éclatants masculine, classiqueh bocages / ombrages féminine, classiquei chantres / antres féminine, classiquej oiseaux / ruisseaux masculine, classiquek toutefois / bois masculine, classiquel zéphyre / satyre féminine, classiquem lieux / yeux masculine, classiquen offensée / pensée féminine, classiqueo délicieux / mieux masculine, classiquep richesses / déesses féminine, classiqueq présents / ans masculine, classiquer culture / verdure féminine, classiquea fête / tête féminine, classiqueb atour / jour masculine, classiquea amants / romans masculine, classiquea amour / séjour masculine, classiqueb pure / murmure féminine, classiquea cour / jour masculine, classiqueb aventure / j'endure féminine, classiquea appeler / d'envoler masculine, classiqueb ailes / nouvelles féminine, classiquea lui / d'autrui masculine, classiqueb Envie / mélancolie féminine, classiquea assurons / bons masculine, classiqueb lampe / trempe féminine, classiquec rien / bien masculine, classiqued lame / l'entame féminine, classiquee coups / époux masculine, classiquef pitié / d'amitié masculine, classiqueg belle / dit-elle féminine, classiquea suspendus / étendus masculine, classiqueb repose / chose / rose féminine, classiquec fraîcheur / blancheur masculine, classiqued teint / dépeint masculine, classiquee l'affaire / taire féminine, classiqueg appas / Atlas masculine, classiqueh Faune / Amazone féminine, classiquei ans / flottants masculine, classiquej Nature / l'aventure féminine, classiquek parfumés / estimés masculine, classiquel facile / mille féminine, classiquem nœuds / vœux / cheveux masculine, classiquen hommage / visage féminine, classiqueo comment / dignement masculine, classiquep impuissance / l'intendance féminine, classiqueq d'aujourd'hui / celui masculine, classiquer logés / partagés masculine, classiques merveilles / vermeilles féminine, classiquet désir / plaisir masculine, classiquea gloire / histoire féminine, classiqueb aussi / ainsi masculine, classiqueb espèce / richesse féminine, classiquec françois / voix masculine, classiqued gloire / mémoire féminine, classiquee comparaison / d'Apollon masculine, classiquef Heures / demeures féminine, classiquea opposé / divisé masculine, classiqueb imperceptible / insensible féminine, classiquec ornés / couronnés masculine, classiqued pyramide / d'Armide féminine, classiquee flancs / enfants masculine, classiquef manière / fière féminine, classiqueg gémeaux / animaux masculine, classiqueh répandent / s'étendent féminine, classiquei métamorphosé / composé masculine, classiquej grenouille / mouille féminine, classiquek traits / parfaits masculine, classiquel étendue / devenue féminine, classiquem déités / beautés masculine, classiquen repose / métamorphose féminine, classiqueo ennuyeux / lieux masculine, classiquep vue / menue féminine, classiqueq trésors / bords masculine, classiquer reptiles / crocodiles féminine, classiques maison / prison masculine, classiquet belle / nouvelle féminine, classiqueu canal / cristal masculine, classiquew flambeau / eau masculine, classiquex fumée / formée féminine, classiquey vis-à-vis / l'iris masculine, classiquez carrière / entière féminine, classiquea frein / crin masculine, classiqueb demeures / Heures féminine, classiquec préparé / rentré masculine, classiqued suivie / aboutie féminine, classiquee pourpris / surpris masculine, classiquef d'autre / Nostre féminine, classiqueh argentée / Galatée féminine, classiquei zéphyrs / soupirs masculine, classiquej sombres / ombres féminine, classiquek rond-d'eau / nouveau masculine, classiquel répondent / confondent féminine, classiquem inventés / beautés masculine, classiquen ancêtres / maîtres féminine, classiqueo bourgeois / rois masculine, classiquep encore / Flore féminine, équivalenteq incessamment / richement masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

541 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources