Les Salaziennes, 1839
III. Le Barde à la fleur
O douce et tendre fleur‖ éclose avec l'auroreDe son midi brûlant‖ le jour est loin encore,Pourquoi t'incliner pâle‖ et triste ainsi que moi ?Attends que le soleil‖ ait voilé sa lumière,Attends que le trépas‖ ait fermé ma paupière,Car je voudrais m'éteindre‖ et passer avec toi !
Pauvre petite fleur,‖ qui peut causer ta peine ?N'as-tu pas des zéphirs‖ la caressante haleine ?N'as-tu pas les rayons‖ et les baisers du jour ?Pour les fleurs l'existence‖ est-elle aussi sans charmes,Ou quelque papillon‖ t'a-t-il laissé les larmesQuand toi, tu lui donnas‖ les parfums de l'amour ?
A te voir mourir belle‖ et si jeune, je pleure ;Pour briller, tous les deux‖ nous n'avons eu qu'une heureNos destins sont pareils :‖ attends-moi pour partir !Du barde et de la fleur‖ la vie est passagère,Et nous mourrons, hélas !‖ sans laisser à la terre,Toi, ton parfum si doux,‖ et moi, mon souvenir !
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a l'aurore / encore féminine, classiqueb moi / toi masculine, classiquec lumière / paupière féminine, classiquea peine / haleine féminine, classiqueb jour / l'amour masculine, classiquec charmes / larmes féminine, classiquea pleure / heure féminine, classiqueb partir / souvenir masculine, classiquec passagère / terre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Salaziennes, Paris, J.-P. Aillaud, 1839· numérisation poesies.net· Sources