Harmonies poétiques et religieuses, 1830· Livre quatrième
HARMONIE XI. Novissima Verba
OU MON ÂME EST TRISTE JUSQU’A LA MORT !
La nuit roule en silence‖ autour de nos demeuresSur les vagues du ciel‖ la plus noire des heures ;Nul rayon sur mes yeux‖ ne pleut du firmament.Et la brise n'a plus,‖ même un gémissement.Une plainte, qui dise‖ à mon âme aussi sombre :Quelque chose avec toi‖ meurt et se plaint dans l'ombreJe n'entends au dehors‖ que le lugubre bruitDu balancier qui dit :‖ le temps marche et te fuit !Au dedans, que le pouls,‖ balancier de la vie,Dont les coups inégaux,‖ dans ma tempe engourdie,M'annoncent sourdement‖ que le doigt de la mortDe la machine humaine‖ a pressé le ressort.Et que, semblable au char‖ qu'un coursier précipite,C'est pour mieux se briser‖ qu'il s'élance plus vite !
El c'est donc là le terme !‖ — Ah ! s'il faut une foisQue chaque homme à son tour‖ élève enfin la voix,C'est alors ! c'est avant‖ qu'une terre glacéeEngloutisse avec lui‖ sa dernière pensée !C'est à cette heure même,‖ où prête à s'exhaler,Toute âme a son secret‖ qu'elle veut révéler.Son mot à dire au monde,‖ à la mort, à la vie,Avant que pour jamais,‖ éteinte, évanouie,Elle n'ait disparu,‖ comme un feu de la nuitOui ne laisse après soi‖ ni lumière ni bruit !Que laissons-nous, ô vie,‖ hélas ! quand tu t'envoles ?Rien, que ce léger bruit‖ des dernières paroles,Court écho de nos pas,‖ pareil au bruit plaintifQue fait en palpitant‖ la voile de l'esquif.Au murmure d'une eau‖ courante et fugitive,Qui gémit sur sa pente,‖ et se plaint à sa rive ;Ah ! donnons-nous du moins‖ ce charme consolantD'entendre murmurer‖ ce souffle en l'exhalant !Parlons ! puisqu'un vain son‖ que suit un long silenceEst le seul monument‖ de toute une existence,La pierre qui constate‖ une vie ici-bas !Comme ces marbres noirs‖ qu'on élève au trépas,Dans ces champs, du cercueil‖ solitaire domaine,Qui marquent d'une date‖ une poussière humaine.Et disent à noire œil‖ de néant convaincu :Un homme a passé là !‖ celte argile a vécu
Paroles, faible écho‖ qui trompez le génie !Enfantement sans fruit !‖ douloureuse agonieDe l'âme consumée‖ en efforts impuissants,Qui veut se reproduire‖ au moins dans ses accents,Et qui, lorsqu'elle croit‖ contempler son image,Vous voit évanouir‖ en fumée, en nuage !Ah ! du moins aujourd'hui‖ servez mieux ma douleur !Condensez-vous, semblable‖ à l'ardente vapeurQui s'élevant le soir‖ des sommets de la terre,Se condense en nuée‖ et jaillit en tonnerre ;Comme l'eau des torrents,‖ parole, amasse-toi !Afin de révéler‖ ce qui s'agite en moi !Pour dire à cet abîme‖ appelé vie ou tombe,A la nuit d'où je sors,‖ à celle où je retombe,A ce je ne sais quoi‖ qui m'envie un instant ;Pour lui dire à mon tour,‖ sans savoir s'il m'entend :Et moi je passe aussi‖ parmi l'immense fouleD'êtres créés, détruits,‖ qui devant toi s'écoule ;J'ai vu, pensé, senti,‖ souffert, et je m'en vais,Ébloui d'un éclair‖ qui s'éteint pour jamais.Et saluant d'un cri‖ d'horreur ou d'espéranceLa rive que je quitte‖ et celle où je m'élance,Comme un homme jugé,‖ condamné sans retourA se précipiter‖ du sommet d'une tour.Au moment formidable‖ où son pied perd la cime.D'un cri de désespoir‖ remplit du moins l'abîme !
J'ai vécu ; c'est-à-dire‖ à moi même inconnuMa mère en gémissant‖ m'a jeté faible et nu ;J'ai compté dans le ciel‖ le coucher et l'auroreD'un astre qui descend‖ pour remonter encore,El dont l'homme qui s'use‖ à les compter en vain !Attend toujours trompé,‖ toujours un lendemain ;Mon âme a, quelques jours,‖ animé de sa vieUn peu de cette fange‖ à ces sillons ravie,Qui répugnait à vivre‖ et tendait à la mort,Faisait pour se dissoudre‖ un éternel effort,Et que par la douleur‖ je retenais à peine ;La douleur ! nœud fatal,‖ mystérieuse chaîne,Qui dans l'homme étonné‖ réunit pour un jourDeux natures luttant‖ dans un contraire amourEt dont chacune à part‖ serait digne d'envie,L'une dans son néant‖ et l'autre dans sa vie,Si la vie et la mort‖ ne sont pas même, hélas !Deux mots créés par l'homme‖ et que Dieu n'entend pas !Maintenant ce lien‖ que chacun d'eux accuse,Prêt à se rompre enfin‖ sous la douleur qui l'use,Laisse s'évanouir‖ comme un rêve légerL'inexplicable tout‖ qui veut se partager ;Je ne tenterai pas‖ d'en renouer la trame.J'abandonne à leur chance‖ et mes sens et mon âme :Qu'ils aillent où Dieu sait,‖ chacun de leur côté.Adieu monde fuyant !‖ nature, humanité,Vaine forme de l'être,‖ ombre d'un météore.Nous nous connaissons trop‖ pour nous tromper encore !
Oui, je te connais trop,‖ ô vie ! et j'ai goûtéTous tes flots d'amertume‖ et de félicité,Depuis les doux flocons‖ de la brillante écumeQui nage aux bords dorés‖ de (a coupe qui fume,Quand l'enfant enivré‖ lui sourit et croit voirUne immortalité‖ dans l'aurore et le soir,Ou que brisant ses bords‖ contre sa dent avideLe jeune homme d'un trait‖ la savoure et la videJusqu'à la lie épaisse‖ et fade, que le tempsDépose au fond du vase,‖ et mêle aux flots restants ;Quand de sa main tremblante‖ un vieillard la soulèveEt par seule habitude‖ en répugnant l'achève ;Tu n'es qu'un faux sentier‖ qui retourne à la mort !Un fleuve qui se perd‖ au sable dont il sort.Une dérision‖ d'un être habile à nuire,Qui s'amuse sans but‖ à créer pour détruire.Et qui de nous tromper‖ se fait un divin jeu !Ou plutôt, n'es-tu pas‖ une échelle de feuDont l'échelon brûlant‖ s'attache au pied qui monte.Et qu'il faut cependant‖ que tout mortel affronte ?
Que tu sais bien dorer‖ ton magique lointain !Qu'il est beau l'horizon‖ de ton riant matin !Quand le premier amour‖ et la fraîche espéranceNous entr'ouvrent l'espace‖ où notre âme s'élanceN'emportant avec soi‖ qu'innocence et beauté,Et que d'un seul objet‖ notre cœur enchantéDit comme Roméo :‖ « Non, ce n'est pas l'aurore !« Aimons toujours ! l'oiseau‖ ne chante pas encore ! »Tout le bonheur de l'homme‖ est dans ce seul instant ;Le sentier de nos jours‖ n'est vert qu'en le montant !De ce point de la vie‖ où l'on en sent le termeOn voit s'évanouir‖ tout ce qu'elle renferme ;L'espérance reprend‖ son vol vers l'orient ;On trouve au fond de tout‖ le vide et le néant ;Avant d'avoir goûté‖ l'Âme se rassasie ;Jusque dans cet amour‖ qui peut créer la vieOn entend une voix :‖ Vous créez pour mourir !Et le baiser de feu‖ sent un frisson courir !Quand le bonheur n'a plus‖ ni lointain ni mystère,Quand le nuage d'or‖ laisse à nu cette terre,Quand la vie une fois‖ a perdu son erreur,Quand elle ne ment plus,‖ c'en est fait du bonheur !
Amour, être de l'être !‖ amour, âme de l'âme !Nul homme plus que moi‖ ne vécut de ta flamme !Nul brûlant de ta soif‖ sans jamais l'épuiserN'eût sacrifié plus‖ pour l'immortaliser !Nul ne désira plus‖ dans l'autre âme qu'il aimeDe concentrer sa vie‖ en se perdant soi-même,Et dans un monde à part‖ de toi seul habitéDe se faire à lui seul‖ sa propre éternité !Femmes ! anges mortels !‖ création divine !Seul rayon dont la vie‖ un moment s'illumine !Je le dis à cette heure,‖ heure de vérité.Comme je l'aurais dit,‖ quand devant la beautéMon cœur épanoui‖ qui se sentait écloreFondait comme une neige‖ aux rayons de l'auroreJe ne regrette rien‖ de ce monde que vous !Ce que la vie humaine‖ a d'amer et de doux,Ce qui la fait brûler,‖ ce qui trahit en elleJe ne sais quel parfum‖ de la vie immortelle.C'est vous seules ! Par vous‖ toute joie est amour !Ombre des biens parfaits‖ du céleste séjour,Vous êtes ici-bas‖ la goutte sans mélangeQue Dieu laissa tomber‖ de la coupe de l'ange !L'étoile qui brillant‖ dans une vaste nuitDit seule à nos regards‖ qu'un autre monde luit !Le seul garant enfin‖ que le bonheur suprême,Ce bonheur que l'amour‖ puise dans l'amour même.N'est pas un songe vain‖ créé pour nous tenter,Qu'il existe, ou plutôt‖ qu'il pourrait exister,Si, brûlant à jamais‖ du feu qui nous dévore,Vous et l'être adoré‖ dont l'âme vous adore,L'innocence, l'amour,‖ le désir, la beauté,Pouvaient ravir aux dieux‖ leur immortalité !
Quand vous vous desséchez‖ sur le cœur qui vous aime.Ou que ce cœur flétri‖ se dessèche lui-même .Quand le foyer divin‖ qui brûle encore en nousNe peut plus rallumer‖ sa flamme éteinte en vous.Que nul sein ne bat plus‖ quand le nôtre soupire.Que nul front ne rougit‖ sous notre œil qu'il attire.Et que la conscience‖ avec un cri d'effroiNous dit : Ce n'est plus toi‖ qu'elles aiment en toi !Alors, comme un esprit‖ exilé de sa sphèreSe résigne en pleurant‖ aux ombres de la terre,Détachant de vos pas‖ nos yeux voilés de pleurs,Aux faux biens d'ici-bas‖ nous dévouons nos cœurs ;Les uns, sacrifiant‖ leur vie à leur mémoire.Adorent un écho‖ qu'ils appellent la gloire ;Ceux-ci de la faveur‖ assiègent les sentiersEt veulent au néant‖ arriver les premiers !Ceux-là, des voluptés‖ vidant la coupe infâme.Pour mourir tout vivants‖ assoupissent leur âme ;D'autres, accumulant‖ pour enfouir encor.Recueillent dans la fange‖ une poussière d'or ;Mais mon œil a percé‖ ces ombres de la vie ;Aucun de ces faux biens‖ que le vulgaire envie.Gloire, puissance, orgueil,‖ éprouvés tour à tour,N'ont pesé dans mon cœur‖ un soupir de l'amour,D'un de ses souvenirs‖ même effacé la trace,Ni de mon âme une heure‖ agité la surface,Pas plus que le nuage‖ ou l'ombre des rameauxNe ride en s'y peignant‖ la surface des eaux.Après l'amour éteint‖ si je vécus encore,C'est pour la vérité,‖ soif aussi qui dévore !
Ombre de nos désirs,‖ trompeuse vérité,Que de nuits sans sommeil‖ ne m'as-tu pas coûté !A moi, comme aux esprits‖ fameux de tous les âgesQue l'ignorance humaine,‖ hélas ! appela sages.Tandis qu'au fond du cœur‖ riant de leur vertu.Ils disaient en mourant :‖ Science, que sais-tu ?Ah ! si ton pur rayon‖ descendait sur la terre.Nous tomberions frappés‖ comme par le tonnerre !Mais ce désir est faux‖ comme tous nos désirs ;C'est un soupir de plus‖ parmi nos vains soupirs !La tombe est de l'amour‖ le fond lugubre et sombre .La vérité toujours‖ a nos erreurs pour ombre,Chaque jour prend pour elle‖ un rêve de l'espritQu'un autre jour salue,‖ adore et puis maudit !
Avez-vous vu, le soir‖ d'un jour mêlé d'orage,Le soleil qui descend‖ de nuage en nuage,A mesure qu'il baisse‖ et relire le jourDe ses reflets de feu‖ les dorer tour à tour ?L'œil les voit s'enflammer‖ sous son disque qui passe.Et dans ce voile ardent‖ croit adorer sa trace ;Le voilà ! dites-vous,‖ dans la blanche toisonQue le souffle du soir‖ balance à l'horizon !Le voici dans les feux‖ dont celte pourpre éclate !Non, non, c'est lui qui lient‖ ces flocons d'écarlate !Non, c'est lui qui, trahi‖ par ce flux de clarté,A fendu d'un rayon‖ ce nuage argenté !Voile impuissant ! le jour‖ sous l'obstacle étincelle !C'est lui ! la nue est pleine‖ et la pourpre en ruisselle !Et tandis que votre œil‖ à cette ombre attachéCroit posséder enfin‖ l'astre déjà couché,La nue à vos regards‖ fond et se décolore ;Ce n'est qu'une vapeur‖ qui flotte et s'évapore ;Vous le cherchez plus loin,‖ déjà, déjà trop tard !Le soleil est toujours‖ au delà du regard !Et le suivant en vain‖ de nuage en nuage.Non, ce n'est jamais lui,‖ c'est toujours son image !Voilà la vérité !‖ Chaque siècle à son tourCroit soulever son voile‖ et marcher à son jour.Mais celle qu'aujourd'hui‖ notre ignorance adoreDemain n'est qu'un nuage ;‖ une autre est près d'éclore !A mesure qu'il marche‖ et la proclame en vain,La vérité qui fuit‖ trompe l'espoir humain,Et l'homme qui la voit‖ dans ses reflets sans nombreEn croyant l'embrasser‖ n'embrasse que son ombre !Mais les siècles déçus‖ sans jamais se lasserEffacent leur chemin‖ pour le recommencer !
La vérité complète‖ est le miroir du monde ;Du jour qui sort de lui‖ Dieu le frappe et l'inonde,Il s'y voit face à face,‖ et seul il peut s'y voir ;Quand l'homme ose toucher‖ à ce divin miroir,Il se brise en éclats‖ sous la main des plus sages.Et ses fragments épars‖ sont le jouet des âges !Chaque siècle, chaque homme,‖ assemblant ses débris,Dit : Je réunirai‖ ces lueurs des esprits,Et dans un seul foyer‖ concentrant la lumière,La nature à mes yeux‖ paraîtra tout entière !Il dit, il croit, il tente,‖ il rassemble en tous lieuxLes lumineux fragments‖ d'un tout mystérieux.D'un espoir sans limite‖ eh rêvant il s'embrase.Des systèmes humains‖ il élargit la base,Il encadre au hasard,‖ dans cette immensité,Système, opinion,‖ mensonge, vérité !Puis, quand il croit avoir‖ ouvert assez d'espacePour que dans son foyer‖ l'infini se retrace,Il y plonge ébloui‖ ses avides regards,Un jour foudroyant sort‖ de ces morceaux épars !Mais son œil, partageant‖ l'illusion commune.Voit mille vérités‖ où Dieu n'en a mis qu'une !Ce foyer, où le tout‖ ne peut jamais entrer,Disperse les lueurs‖ qu'il devait concentrer ;Comme nos vains pensers‖ l'un l'autre se détruisent.Ses rayons divergents‖ se croisent et se brisent ;L'homme brise à son tour‖ son miroir en éclats,Et dit, en blasphémant :‖ Vérité, tu n'es pas !
Non, tu n'es pas en nous !‖ lu n'es que dans nos songes !Le fantôme changeant‖ de nos propres mensonges !Le reflet fugitif‖ de quelque astre lointain.Que l'homme croit saisir‖ et qui fond sous sa main !L'écho vide et moqueur‖ des mille voix de l'homme,Oui nous répond toujours‖ par le mot qu'on te nomme !Ta poursuite insensée‖ est sa dernière erreur !Mais ce vain désir même‖ a tari dans mon cœur,Je ne cherche plus rien‖ à tes clartés funèbres.Je m'abandonne en paix‖ à ces flots de ténèbres,Comme le nautonnier,‖ quand le pôle est perdu.Quand sur l'étoile même‖ un voile est étendu.Laissant flotter la barre‖ au gré des vagues sombres,Croise les bras et siffle,‖ et se résigne aux ombres.Sûr de trouver partout‖ la ruine et la mort,Indifférent au moins‖ par quel vent, sur quel bord !
Ah ! si vous paraissiez‖ sans ombre et sans emblème,Source de la lumière‖ et toi lumière même.Âme de l'infini,‖ qui resplendit de toi !Si, frappés seulement‖ d'un rayon de la foi.Nous te réfléchissions‖ dans notre intelligence.Comme une mer obscure‖ où nage un disque immense.Tout s'évanouirait‖ devant ce pur soleil.Comme l'ombre au matin,‖ comme un songe au réveil ;Tout s'évaporerait‖ sous le rayon de flamme,La matière, et l'esprit,‖ et les formes, et l'âme,Tout serait pour nos yeux‖ à ta pure clartéCe qu'est la pâle image‖ à la réalité !La vie, à ton aspect,‖ ne serait plus la vie.Elle s'élèverait‖ triomphante et ravie,Ou, si ta volonté‖ comprimait son transport.Elle ne serait plus‖ qu'une éternelle mort !Malgré le voile épais‖ qui te cache à ma vue,Voilà, voilà mon mal !‖ c'est ta soif qui me lue !Mon âme n'est vers toi‖ qu'un éternel soupir,Une veille, que rien‖ ne peut plus assoupir.Je meurs de ne pouvoir‖ nommer ce que j'adore.Et si tu m'apparais !‖ tu vois, je meurs encore !
Et de mon impuissance‖ à la fin convaincu,Me voilà ! demandant‖ si j'ai jamais vécu,Touchant au terme obscur‖ de mes courtes années,Comptant mes pas perdus‖ et mes heures sonnées.Aussi surpris de vivre,‖ aussi vide, aussi nu.Que le jour où l'on dit :‖ Un enfant m'est venu !Prêt à rentrer sous l'herbe,‖ à tarir, à me taire,Comme le filet d'eau‖ qui, surgi de la terre,Y rentre de nouveau‖ par la terre engloutiA quelques pas du sol‖ dont il était sorti !Seulement, celte eau fuit‖ sans savoir qu'elle coule ;Ce sable ne sait pas‖ où la vague le roule ;Ils n'ont ni sentiment,‖ ni murmure, ni pleurs.Et moi, je vis assez‖ pour sentir que je meurs !Mourir ! ah ! ce seul mot‖ fait horreur de la vie !L'éternité vaut-elle‖ une heure d'agonie ?La douleur nous précède,‖ et nous enfante au jour,La douleur à la mort‖ nous enfante à son tour !Je ne mesure plus‖ le temps qu'elle me laisse.Comme je mesurais,‖ dans ma verte jeunesse,En ajoutant aux jours‖ de longs jours à venir.Mais, en les retranchant‖ de mon court avenir.Je dis : Un jour de plus,‖ un jour de moins ; l'auroreMe retranche un de ceux‖ qui me restaient encore ;Je ne les attends plus,‖ comme dans mon matin,Pleins, brillants, et dorés‖ des rayons du lointain,Mais ternes, mais pâlis,‖ décolorés et videsComme une urne fêlée‖ et dont les flancs aridesLaissent fuir l'eau du ciel‖ que l'homme y cherche en vain.Passé sans souvenir,‖ présent sans lendemain.Et je sais que le jour‖ est semblable à la veille.Et le malin n'a plus‖ de voix qui me réveille.Et j'envie au tombeau‖ le long sommeil qu'il dort,Et mon âme est déjà‖ triste comme la mort !
Triste comme la mort ?‖ et la mort souffre-t-elle ?Le néant se plaint-il‖ à la nuit éternelle ?Ah ! plus triste cent fois‖ que cet heureux néantQui n'a point à mourir‖ et ne meurt pas vivant !Mon âme est une mort‖ qui se sent et se souffre ;Immortelle agonie !‖ abîme, immense gouffre,Où la pensée eu vain‖ cherchant à s'engloutirEn se précipitant‖ ne peut s'anéantir !Un songe sans réveil !‖ une nuit sans aurore,Un feu sans aliment‖ qui brûle et se dévore !…Une cendre brûlante‖ où rien n'est allumé.Mais où tout ce qu'on jette‖ est soudain consumé ;Un délire sans terme,‖ une angoisse éternelle !Mon âme avec effroi‖ regarde derrière elleEt voit son peu de jours,‖ passés, et déjà froidsComme la feuille sèche‖ autour du tronc des bois ;Te regarde en avant‖ et je ne vois que douteEt ténèbres, couvrant‖ le terme de la route !Mon être à chaque souffle‖ exhale un peu de soi.C'était moi qui souffrais,‖ ce n'est déjà plus moi !Chaque parole emporte‖ un lambeau de ma vie ;L'homme ainsi s'évapore‖ et passe ; et quand j'appuieSur l'instabilité‖ de cet être fuyant,A ses tortures près‖ tout semblable au néant,Sur ce moi fugitif‖ insoluble problèmeOui ne se connaît pas‖ et doute de soi-même.Insecte d'un soleil,‖ par un rayon produit,Qui regarde une aurore‖ et rentre dans sa nuit,Et que sentant en moi‖ la stérile puissanceD'embrasser l'infini‖ dans mon intelligence.J'ouvre un regard de Dieu‖ sur la nature et moi,Que je demande à tout :‖ Pourquoi ? pourquoi ? pourquoi :Et que pour seul éclair,‖ et pour seule réponse.Dans mon second néant‖ je sens que je m'enfonce,Que je m'évanouis‖ en regrets superflus.Qu'encore une demande‖ et je ne serai plus ! ! !Alors je suis tenté‖ de prendre l'existencePour un sarcasme amer‖ d'une aveugle puissance,De lui parler sa langue !‖ et, semblable au mourantQui trompe l'agonie‖ et rit en expirant.D'abîmer ma raison‖ dans un dernier délireEt de finir aussi‖ par un éclat de rire !
Ou de dire : Vivons !‖ et dans la voluptéNoyons ce peu d'instants‖ au néant disputé !Le soir vient ! dérobons‖ quelques heures encoreAu temps qui nous les jette‖ et qui nous les dévore ;Enivrons-nous du moins‖ de ce poison humainQue la mort nous présente‖ en nous cachant sa main !Jusqu'aux bords de la tombe‖ il croît encor des roses,De naissantes beautés‖ pour le désir écloses.Dont le cœur feint l'amour,‖ dont l'œil sait l'imiter,Et que l'orgueil ou l'or‖ font encor palpiter !Plongeons-nous tout entiers‖ dans ces mers de délices ;Puis, au premier dégoût‖ trouvé dans ces calices.Avant l'heure où les sens‖ de l'ivresse lassésFont monter l'amertume‖ et disent : C'est assez !Voilà la coupe pleine‖ où de son ambroisieSous les traits du sommeil‖ la mort éteint la vie !Buvons : voilà le flot‖ qui ne fera qu'un pliEt nous recouvrira‖ d'un éternel oubli,Glissons-y ; dérobons‖ sa proie à l'existence !A la mort sa douleur,‖ au destin sa vengeance.Ces langueurs que la vie‖ au fond laisse croupir.Et jusqu'au sentiment‖ de son dernier soupir ;Et fût-il un réveil‖ même à ce dernier somme.Défions le destin‖ de faire pis qu'un homme !
Mais cette lâche idée,‖ où je m'appuie en vain,N'est qu'un roseau pliant‖ qui fléchit sous ma mainElle éclaire un moment‖ le fond du précipice.Mais comme l'incendie‖ éclaire l'édifice,Comme le feu du ciel‖ dans le nuage errantÉclaire l'horizon,‖ mais en le déchirant !Ou comme la lueur‖ lugubre et solitaireDe la lampe des morts‖ qui veille sous la terre,Éclaire le cadavre‖ aride et desséchéEt le ver du sépulcre‖ à sa proie attaché.Non ! dans ce noir chaos,‖ dans ce vide sans terme.Mon âme sent en elle‖ un point d'appui plus ferme,La conscience ! instinct‖ d'une autre vérité.Oui guide par sa force‖ et non par sa clarté,Comme on guide l'aveugle‖ en sa sombre carrière,Par la voix, par la main,‖ et non par la lumière.Noble instinct ! conscience !‖ ô vérité du cœur !D'un astre encor voilé‖ prophétique chaleur !Tu m'annonces toi seule‖ en tes mille langagesQuelque chose qui luit‖ derrière ces nuages !Dans quelque obscurité‖ que tu plonges mes pas,Même au fond de ma nuit‖ lu ne t'égares pas !Quand ma raison s'éteint‖ ton flambeau luit encore !Tu dis ce qu'elle tait ;‖ tu sais ce qu'elle ignore ;Quand je n'espère plus,‖ l'espérance est ta voix ;Quand je ne crois plus rien,‖ tu parles et je crois !
Et ma main hardiment‖ brise et jette loin d'elleLa coupe des plaisirs,‖ et la coupe mortelle ;Et mon âme qui veut‖ vivre et souffrir encor,Reprend vers la lumière‖ un généreux essor.Et se fait dans l'abîme‖ où la douleur la noieDe l'excès de sa peine‖ une secrète joie ;Comme le voyageur‖ parti dès le matin.Qui ne voit pas encor‖ le terme du chemin,Trouve le ciel brûlant,‖ le jour long, le sol rude.Mais fier de ses sueurs‖ et de sa lassitude.Dit en voyant grandir‖ les ombres des cyprès :J'ai marché si longtemps‖ que je dois être près !A ce risque fatal,‖ je vis, je me confie ;Et dût ce noble instinct,‖ sublime duperie,Sacrifier en vain‖ l'existence à la mort.J'aime à jouer ainsi‖ mon âme avec le sort !A dire, en répandant‖ au seuil d'un autre mondeMon cœur comme un parfum‖ et mes jours comme une onde :Voyons si la vertu‖ n'est qu'une sainte erreur,L'espérance un dé faux‖ qui trompe la douleur,Et si, dans cette lutte‖ où son regard m'anime,Le Dieu serait ingrat‖ quand l'homme est magnanime ?
Alors, semblable à l'ange‖ envoyé du Très-HautQui vint sur son fumier‖ prendre Job en défaut,Et qui, trouvant son cœur‖ plus fort que ses murmures,Versa l'huile du ciel‖ sur ses mille blessures ;Le souvenir de Dieu‖ descend, et vient à moi,Murmure à mon oreille,‖ et me dit : Lève-loi !Et ravissant mon âme‖ à son lit de souffrance,Sous les regards de Dieu‖ l'emporte et la balance ;Et je vois l'infini‖ poindre et se réfléchirJusqu'aux mers de soleils‖ que la nuit fait blanchir ;Il répand ses rayons‖ et voile la nature ;Les concentre, et c'est Dieu ;‖ lui seul est sa mesure ;Il puise sans compter‖ les êtres et les joursDans un être et des temps‖ qui débordent toujours ;Puis les rappelle à soi‖ comme une mer immenseQui relire sa vague‖ et de nouveau la lance,Et la vie et la mort‖ sont sans cesse et sans finCe flux et ce reflux‖ de l'océan divin !Leur grandeur est égale‖ et n'est pas mesuréePar leur vile matière‖ ou leur courte durée ;Un monde est un atome‖ à son immensité,Un moment est un siècle‖ à son éternité,Et je suis, moi, poussière‖ à ses pieds disperséeAutant que les soleils,‖ car je suis sa pensée !Et chacun d'eux reçoit‖ la loi qu'il lui prescrit,La matière en matière‖ et l'esprit en esprit !Graviter est la loi‖ de ces globes de flamme ;Souffrir pour expier‖ est le destin de l'âme ;Et je combats en vain‖ l'arrêt mystérieux.Et la vie et la mort,‖ tout l'annonce à mes yeux.L'une et l'autre ne sont‖ qu'un divin sacrifice ;Le monde a pour salut‖ l'instrument d'un supplice :Sur ce rocher sanglant‖ où l'arbre en fut plantéLes temps ont vu mûrir‖ le fruit de vérité,Et quand l'homme modèle‖ et le Dieu du mystère,Après avoir parlé,‖ voulut quitter la terre.Il ne couronna pas‖ son front pâle et souffrantDes roses que Platon‖ respirait en mourant ;Il ne fît point descendre‖ une échelle de flammePour monter triomphant‖ par les degrés de l'âme !Son échelle céleste,‖ à lui, fut une croix,Et son dernier soupir,‖ et sa dernière voixUne plainte à son Père,‖ un pourquoi sans réponseTout semblable à celui‖ que ma bouche prononce !.Car il ne lui restait‖ que le doute à souffrir.Cette mort de l'esprit‖ qui doit aussi mourir !…
Ou bien de ces hauteurs‖ rappelant ma pensée,Ma mémoire ranime‖ une trace effacée.Et de mon cœur trompé‖ rapprochant le lointain.A mes soirs pâlissants‖ rend l'éclat du matin,Et de ceux que j'aimais‖ l'image évanouieSe lève dans mon âme ;‖ et je revis ma vie !
Un jour, c'était aux bords‖ où les mers du midiArrosent l'aloès‖ de leur flot attiédi,Au pied du mont brûlant‖ dont la cendre fécondeDes doux vallons d'Enna‖ fait le jardin du monde ;C'était aux premiers jours‖ de mon précoce été,Quand le cœur porte en soi‖ son immortalité,Quand nulle feuille encor‖ par l'orage jaunieN'a tombé sous nos pas‖ de l'arbre de la vie,Quand chaque battement‖ qui soulève le cœurEst un immense élan‖ vers un vague bonheur,Que l'air dans notre sein‖ n'a pas assez de place,Le jour assez de feux,‖ le ciel assez d'espace,Et que le cœur plus fort‖ que ses émotionsRespire hardiment‖ le vent des passions,Comme au réveil des flots‖ la voile du navireAppelle l'ouragan,‖ palpite, et le respire !Et je ne connaissais‖ de ce monde enchantéQue le cœur d'une mère‖ et l'œil d'une beauté ;Et j'aimais ; et l'amour,‖ sans consumer mon âme,Dans une âme de feu‖ réfléchissait sa flamme,Comme ce mont brûlant‖ que nous voyons fumerEmbrasait cette mer,‖ mais sans la consumer !Et notre amour était‖ beau comme l'espérance.Long comme l'avenir,‖ pur comme l'innocence.
Et son nom ? — Eh ! qu'importe‖ un nom ! Elle n'est plusQu'un souvenir planant‖ dans un lointain confus,Dans les plis de mon cœur‖ une image cachée,Ou dans mon œil aride‖ une larme séchée !
Et nous étions assis‖ à l'heure du réveil.Elle et moi, seuls, devant‖ la mer et le soleil.Sur les pieds tortueux‖ des châtaigniers sauvagesOui couronnent l'Etna‖ de leurs derniers feuillages ;Et le jour se levait‖ aussi dans notre cœur,Long, serein, rayonnant,‖ tout lumière et chaleur ;Les brises qui du pin‖ touchaient les larges faîtes,Y prenaient une voix‖ et chantaient sur nos têtes.Par l'aurore attiédis‖ les purs souffles des airsEn vagues de parfum‖ montaient du lit des mers,Et jusqu'à ces hauteurs‖ apportaient par boufféesDes flots sur les rochers‖ les clameurs étouffées.Des chants confus d'oiseaux,‖ et des roucoulements,Des cliquetis d'insecte‖ ou des bourdonnements,Mille bruits dont partout‖ la solitude est pleine.Que l'oreille retrouve‖ et perd à chaque haleine,Témoignages de vie‖ et de félicité.Qui disaient : Tout est vie,‖ amour et volupté !Et je n'entendais rien‖ que ma voix et la sienne,La sienne, écho vivant‖ qui renvoyait la mienne ;Et ces deux voix d'accord,‖ vibrant à l'unisson.Se confondaient en une‖ et ne formaient qu'un son !
Et nos yeux descendaient‖ d'étages en étages.Des rochers aux forêts,‖ des forêts aux rivages,Du rivage à la mer,‖ dont l'écume d'abordD'une frange ondoyante‖ y dessinait le bord,Puis, étendant sans fin‖ son bleu semé de voiles,Semblait un second ciel‖ tout blanchissant d'étoiles ;Et les vaisseaux allaient‖ et venaient sur les eaux,Rasant le flot de l'aile‖ ainsi que des oiseaux.Et quelques-uns, glissant‖ le long des hautes plages,Mêlaient leurs mâts tremblants‖ aux arbres des rivages.Et jusqu'à ces sommets‖ on entendait monterLes voix des matelots‖ que le flot fait chanter !Et l'horizon noyé‖ dans des vapeurs vermeillesS'y perdait ; et mes yeux,‖ plongés dans ces merveilles,S'égarant jusqu'aux bords‖ de ce miroir si pur,Remontaient dans le ciel‖ de l'azur à l'azur,Puis venaient, éblouis,‖ se reposer encoreDans un regard plus doux‖ que la mer et l'aurore,Dans les yeux enivrés‖ d'un être ombre du mien.Où mon délire encor‖ se redoublait du sien !Et nous étions en paix‖ avec cette nature,Et nous aimions ces prés,‖ ce ciel, ce doux murmure.Ces arbres, ces rochers,‖ ces astres, cette mer ;Et toute notre vie‖ était un seul aimer !Et notre âme, limpide‖ et calme comme l'onde.Dans la joie et la paix‖ réfléchissait le monde ;Et les traits concentrés‖ dans ce brillant milieuY formaient une image,‖ et l'image était… Dieu !Et cette idée, ainsi‖ dans nos cœurs imprimée,N'en jaillissait point tiède,‖ inerte, inanimée.Comme l'orbe éclatant‖ du céleste soleil,Oui flotte terne et froid‖ dans l'océan vermeil.Mais vivante, et brûlante,‖ et consumant notre âme.Comme sort du bûcher‖ une odorante flamme !Et nos cœurs embrasés‖ en soupirs s'exhalaient.Et nous voulions lui dire…‖ et nos cœurs seuls parlaient ;Et qui m'eût dit alors‖ qu'un jour la grande imageDe ce Dieu pâlirait‖ sous l'ombre du nuage,Qu'il faudrait le chercher‖ en moi, comme aujourd'hui.Et que le désespoir‖ pouvait douter de lui ?J'aurais ri dans mon cœur‖ de ma crainte insensée.Ou j'aurais eu pitié‖ de ma propre pensée !Et les jours ont passé‖ courts comme le bonheur,Et les ans ont brisé‖ l'image de mon cœur.Tout s'est évanoui !‖… mais le souvenir resteDe l'apparition‖ matinale et céleste,Et comme ces mortels‖ des temps mystérieuxQue visitaient jadis‖ des envoyés des cieux,Quand leurs yeux avaient vu‖ la divine lumièreS'attendaient à la mort‖ et fermaient leur paupièreAu rayon pâlissant‖ de mon soir obscurci,Je dis : J'ai vu mon Dieu ;‖ je puis mourir aussi !Mais celui dont la vie‖ et l'amour sont l'ouvrageN'a pas fait le miroir‖ pour y briser l'image !
Et, sûr de l'avenir,‖ je remonte au passé ;Quel est sur ce coteau‖ du matin caressé,Aux bords de ces flots bleus‖ qu'un jour du matin dore,Ce toit champêtre et seul‖ d'où rejaillit l'aurore ?La fleur du citronnier‖ l'embaume, et le cyprèsL'enveloppe au couchant‖ d'un rempart sombre et frais,Et la vigne y couvrant‖ de blanches colonnades,Court en festons joyeux‖ d'arcades en arcades !La colombe au col noir‖ roucoule sur les toits.Et sur les flots dormants‖ se répand une voix,Une voix qui cadence‖ une langue divine,Et d'un accent si doux‖ que l'amour s'y devine.Le portique au soleil‖ est ouvert ; une enfantAu front pur, aux yeux bleus,‖ y guide en triomphantUn lévrier folâtre‖ aussi blanc que la neige.Dont le regard aimant‖ la flatte et la protège ;De la plage voisine‖ ils prennent le sentierQui serpente à travers‖ le myrte et l'églantier ;Une barque non loin,‖ vide et légère encore,Ouvre déjà sa voile‖ aux brises de l'aurore.Et berçant sur leurs bancs‖ les oisifs matelots,Semble attendre son maître,‖ et bondit sur les flots !
Versification
- Forme
- 25 distiquess (distiques)
- Rimes
- 318((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 25 distiquess
- Mots à la rime
- a demeures / heures féminine, classiqueb firmament / gémissement masculine, classiquec sombre / l'ombre féminine, classiqued bruit / fuit masculine, classiquee vie / engourdie féminine, classiquef mort / ressort masculine, classiqueg précipite / vite féminine, classiquea fois / voix masculine, classiqueb glacée / pensée féminine, classiquec s'exhaler / révéler masculine, classiqued vie / évanouie féminine, classiquee nuit / bruit masculine, classiquef t'envoles / paroles féminine, classiqueg plaintif / l'esquif masculine, classiqueh fugitive / rive féminine, classiquei consolant / l'exhalant masculine, classiquej silence / existence féminine, classiquek ici-bas / trépas masculine, classiquel domaine / humaine féminine, classiquem convaincu / vécu masculine, classiquea génie / agonie féminine, classiqueb impuissants / accents masculine, classiquec image / nuage féminine, classiqued douleur / vapeur masculine, classiquee terre / tonnerre féminine, classiquef amasse-toi / moi masculine, classiqueg tombe / retombe féminine, classiqueh instant / m'entend masculine, classiquei foule / s'écoule féminine, classiquej vais / jamais masculine, classiquek d'espérance / m'élance féminine, classiquel retour / tour masculine, classiquem cime / l'abîme féminine, classiquea inconnu / nu masculine, classiqueb l'aurore / encore féminine, classiquec vain / lendemain masculine, classiqued vie / ravie féminine, classiquee mort / effort masculine, classiquef peine / chaîne féminine, classiqueg jour / amour masculine, classiqueh d'envie / vie féminine, classiquei hélas / pas masculine, classiquej accuse / l'use féminine, classiquek léger / partager masculine, classiquel trame / âme féminine, classiquem côté / humanité masculine, classiquen météore / encore féminine, classiquea goûté / félicité masculine, classiqueb écume / fume féminine, classiquec voir / soir masculine, classiqued avide / vide féminine, classiquee temps / restants masculine, classiquef soulève / l'achève féminine, classiqueg mort / sort masculine, classiqueh nuire / détruire féminine, classiquei jeu / feu masculine, classiquej monte / affronte féminine, classiquea lointain / matin masculine, classiqueb espérance / s'élance féminine, classiquec beauté / enchanté masculine, classiquee instant / montant masculine, classiquef terme / renferme féminine, classiqueg l'orient / néant masculine, classiqueh rassasie / vie féminine, classiquei mourir / courir masculine, classiquej mystère / terre féminine, classiquek erreur / bonheur masculine, classiquea l'âme / flamme féminine, classiqueb l'épuiser / l'immortaliser masculine, classiquec aime / soi-même féminine, classiqued habité / éternité masculine, classiquee divine / s'illumine féminine, classiquef vérité / beauté masculine, classiqueg éclore / l'aurore féminine, classiqueh vous / doux masculine, classiquei elle / immortelle féminine, classiquej amour / séjour masculine, classiquek mélange / l'ange féminine, classiquel nuit / luit masculine, classiquem suprême / même féminine, classiquen tenter / exister masculine, classiqueo dévore / adore féminine, classiquep beauté / immortalité masculine, classiquea aime / lui-même féminine, classiqueb nous / vous masculine, classiquec soupire / attire féminine, classiqued d'effroi / toi masculine, classiquee sphère / terre féminine, classiquef pleurs / cœurs masculine, classiqueg mémoire / gloire féminine, classiqueh sentiers / premiers masculine, classiquei infâme / âme féminine, classiquej encor / d'or masculine, classiquek vie / envie féminine, classiquel tour / l'amour masculine, classiquem trace / surface féminine, classiquen rameaux / eaux masculine, classiqueo encore / dévore féminine, classiquea vérité / coûté masculine, classiqueb âges / sages féminine, classiquec vertu / sais-tu masculine, classiquee désirs / soupirs masculine, classiquef sombre / ombre féminine, classiqueg l'esprit / maudit masculine, classiquea d'orage / nuage féminine, classiqueb jour / tour masculine, classiquec passe / trace féminine, classiqued toison / l'horizon masculine, classiquee éclate / d'écarlate féminine, classiquef clarté / argenté masculine, classiqueg étincelle / ruisselle féminine, classiqueh attaché / couché masculine, classiquei décolore / s'évapore féminine, classiquej tard / regard masculine, classiquek nuage / image féminine, classiquel tour / jour masculine, classiquem adore / d'éclore féminine, classiquen vain / humain masculine, classiqueo nombre / ombre féminine, classiquep lasser / recommencer masculine, classiquea monde / l'inonde féminine, classiqueb voir / miroir masculine, classiquec sages / âges féminine, classiqued débris / esprits masculine, classiquee lumière / entière féminine, classiquef lieux / mystérieux masculine, classiqueg s'embrase / base féminine, classiqueh immensité / vérité masculine, classiquei d'espace / retrace féminine, classiquej regards / épars masculine, classiquek commune / qu'une féminine, classiquel entrer / concentrer masculine, classiquem détruisent / brisent féminine, classiquen éclats / pas masculine, classiquea songes / mensonges féminine, classiqueb lointain / main masculine, classiquec l'homme / nomme féminine, classiqued erreur / cœur masculine, classiquee funèbres / ténèbres féminine, classiquef perdu / étendu masculine, classiqueg sombres / ombres féminine, classiqueh mort / bord masculine, classiquea emblème / même féminine, classiqueb toi / foi masculine, classiquec intelligence / immense féminine, classiqued soleil / réveil masculine, classiquee flamme / l'âme féminine, classiquef clarté / réalité masculine, classiqueh transport / mort masculine, classiquei vue / lue féminine, classiquej soupir / assoupir masculine, classiquek j'adore / encore féminine, classiqueb années / sonnées féminine, classiquec nu / venu masculine, classiqued taire / terre féminine, classiquee englouti / sorti masculine, classiquef coule / roule féminine, classiqueg pleurs / meurs masculine, classiqueh vie / d'agonie féminine, classiquej laisse / jeunesse féminine, classiquek venir / avenir masculine, classiquem matin / lointain masculine, classiquen vides / arides féminine, classiquep veille / réveille féminine, classiqueq dort / mort masculine, classiquea souffre-t-elle / éternelle féminine, classiqueb néant / vivant masculine, classiquec souffre / gouffre féminine, classiqued s'engloutir / s'anéantir masculine, classiquee aurore / dévore féminine, classiquef allumé / consumé masculine, classiqueg éternelle / elle féminine, classiqueh froids / bois masculine, classiquei doute / route féminine, classiquej soi / moi masculine, classiquek vie / j'appuie féminine, classiquel fuyant / néant masculine, classiquem problème / soi-même féminine, classiquen produit / nuit masculine, classiqueo puissance / intelligence féminine, classiquep moi / pourquoi masculine, classiqueq réponse / m'enfonce féminine, classiquer superflus / plus masculine, classiques l'existence / puissance féminine, classiquet mourant / expirant masculine, classiqueu délire / rire féminine, classiquea volupté / disputé masculine, classiquec humain / main masculine, classiqued roses / écloses féminine, classiquee l'imiter / palpiter masculine, classiquef délices / calices féminine, classiqueg lassés / assez masculine, classiqueh ambroisie / vie féminine, classiquei pli / oubli masculine, classiquej l'existence / vengeance féminine, classiquek croupir / soupir masculine, classiquel somme / homme féminine, classiquea vain / main masculine, classiqueb précipice / l'édifice féminine, classiquec errant / déchirant masculine, classiqued solitaire / terre féminine, classiquee desséché / attaché masculine, classiquef terme / ferme féminine, classiqueg vérité / clarté masculine, classiqueh carrière / lumière féminine, classiquei cœur / chaleur masculine, classiquej langages / nuages féminine, classiquek pas masculine, classiquel encore / ignore féminine, classiquem voix / crois masculine, classiquea d'elle / mortelle féminine, classiqueb encor / essor masculine, classiquec noie / joie féminine, classiqued matin / chemin masculine, classiquee rude / lassitude féminine, classiquef cyprès / près masculine, classiqueg confie / duperie féminine, classiquei monde / onde féminine, classiquej erreur / douleur masculine, classiquek m'anime / magnanime féminine, classiquea Très-Haut / défaut masculine, classiqueb murmures / blessures féminine, classiquec moi / Lève-loi masculine, classiqued souffrance / balance féminine, classiquee réfléchir / blanchir masculine, classiquef nature / mesure féminine, classiqueg jours / toujours masculine, classiqueh immense / lance féminine, classiquei fin / divin masculine, classiquej mesurée / durée féminine, classiquek immensité / éternité masculine, classiquel dispersée / pensée féminine, classiquem prescrit / esprit masculine, classiqueo mystérieux / yeux masculine, classiquep sacrifice / supplice féminine, classiqueq planté / vérité masculine, classiques souffrant / mourant masculine, classiqueu croix / voix masculine, classiquev réponse / prononce féminine, classiquew souffrir / mourir masculine, classiquea pensée / effacée féminine, classiquec évanouie / vie féminine, classiquea midi / attiédi masculine, classiqueb féconde / monde féminine, classiquec été / immortalité masculine, classiqued jaunie / vie féminine, classiquee cœur / bonheur masculine, classiquef place / d'espace féminine, classiqueg émotions / passions masculine, classiqueh navire / respire féminine, classiquei enchanté / beauté masculine, classiquej âme / flamme féminine, classiquek fumer / consumer masculine, classiquel l'espérance / l'innocence féminine, classiquea plus / confus masculine, classiqueb cachée / séchée féminine, classiquea réveil / soleil masculine, classiqueb sauvages / feuillages féminine, classiqued faîtes / têtes féminine, classiquee airs / mers masculine, classiquef bouffées / étouffées féminine, classiqueg roucoulements / bourdonnements masculine, classiqueh pleine / haleine féminine, classiquei félicité / volupté masculine, classiquej sienne / mienne féminine, classiquek l'unisson / son masculine, classiquea étages / rivages féminine, classiqueb d'abord / bord masculine, classiquec voiles / d'étoiles féminine, classiqued eaux / oiseaux masculine, classiquee plages / rivages féminine, classiquef monter / chanter masculine, classiqueg vermeilles / merveilles féminine, classiqueh pur / l'azur masculine, classiquei encore / l'aurore féminine, classiquej mien / sien masculine, classiquek nature / murmure féminine, classiquel mer / aimer masculine, classiquem l'onde / monde féminine, équivalenten milieu / Dieu masculine, classiqueo imprimée / inanimée féminine, classiquep soleil / vermeil masculine, classiquer s'exhalaient / parlaient masculine, classiquet aujourd'hui / lui masculine, classiqueu insensée / pensée féminine, classiquev bonheur / cœur masculine, classiquew reste / céleste féminine, classiquex mystérieux / cieux masculine, classiquey lumière / paupière féminine, classiquez obscurci / aussi masculine, classiquea l'ouvrage / l'image féminine, classiquea passé / caressé masculine, classiqueb dore / l'aurore féminine, classiquec cyprès / frais masculine, classiqued colonnades / arcades féminine, classiquee toits / voix masculine, classiquef divine / devine féminine, classiqueg enfant / triomphant masculine, classiqueh neige / protège féminine, classiquei sentier / l'églantier masculine, classiquek matelots / flots masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
636 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Harmonies poétiques et religieuses, BRUXELLES, SOCIÉTÉ BELGE DE LIBRAIRIE, ETC. HAUMAN ET COMPAGNIE, 1838· numérisation archive.org· Sources