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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Jocelyn, 1836

Huitième époque

Alphonse de Lamartine· strophes variées, alexandrins surtout, 494 vers

Paris, 16 septembre 1800.

J'ai ramené ma sœur‖ aux bras de son époux.Que ce retour fut triste,‖ et pourtant qu'il fut doux !Comme ces beaux enfans‖ sur ces genoux de femmeDes larmes au bonheur‖ faisaient flotter cette âme !Sous la morne couleur‖ de sa robe de deuilQue de joie en son sein,‖ d'amour dans son coup d'œil !Dans le cœur de la mère,‖ hélas ! la vie est double :Quand son passé se ferme‖ et son couchant se trouble,Elle voit l'avenir‖ plein de jour et d'espoirDu front de ses enfans‖ rayonner sur son soir ;Son âme, pour aimer,‖ sur eux se multiplie.Chaste amour, dans ta coupe‖ il n'est donc point de lie ?

Paris, 20 septembre 1800.

Avant de retourner‖ à mon nid pour toujours,Ils veulent me garder‖ avec eux quelques jours,Pour que ma pauvre sœur‖ par degrés s'accoutumeAux séparations ;‖ et puis, je le présume,Pour qu'avant de rentrer‖ dans mon obscur réduitMon oreille du monde‖ ait entendu le bruit,Comme au pied de la dune‖ on monte sur la crêtePour écouter la vague‖ et pour voir la tempête.

Oh ! que le bruit humain‖ a troublé mes esprits !Quel ouragan de l'âme‖ il souffle dans Paris !Comme on entend de loin‖ sa grande voix qui gronde,Pleine des mille voix‖ du peuple qui l'inonde,Semblable à l'Océan‖ qui fait enfler ses flots,Monter et retomber‖ en lugubres sanglots !Oh ! que ces grandes voix‖ des grandes capitalesOnt de cris douloureux‖ et de clameurs fatales,D'angoisses, de terreurs‖ et de convulsions !On croit y distinguer‖ l'accent des passionsQui soufflant de l'enfer‖ sur ce million d'âmes,Entrechoquent entre eux‖ ces hommes et ces femmes,Font monter leur clameur‖ dans le ciel comme un flux,Ne forment qu'un seul cri‖ de mille cris confus,Ou qu'on entend le bruit‖ des tempes de la terreQue la fièvre à grands coups‖ fait battre dans l'artère.Quel poids pèse sur l'âme‖ en entrant dans ces murs,En voyant circuler‖ dans ces canaux impursCes torrens animés‖ et cette vague humaineQu'un courant invisible‖ en sens contraire entraîne,Qui sur son propre lit‖ flotte éternellement,Et dont sans voir le but‖ on voit le mouvement !Quel orageux néant,‖ quelle mer de tristesse,Chaque fois que j'y rentre,‖ en me glaçant, m'oppresse !Il semble que ce peuple‖ où je vais ondoyerDans ses gouffres sans fond‖ du flot va me noyer ;Que le regard de Dieu‖ me perd dans cette foule ;Que je porte à moi seul‖ le poids de cette houle ;Que son immense ennui,‖ son agitationM'entraînent faible et seul‖ dans son attraction ;Que de ses passions‖ la fièvre sympathique,En coudoyant ce peuple,‖ à moi se communique ;Que son âme travaille‖ et souffre dans mon sein,Que j'ai soif de sa soif,‖ que j'ai faim de sa faim ;Que ma robe en passant‖ se salit à ses crimes ;Et que tourbillonnant‖ dans ses mouvans abîmes,Je ne suis pas pour lui‖ plus qu'une goutte d'eauQui ne fait ni hausser,‖ ni baisser son niveau,Un jet de son écume,‖ un morceau de sa vase,Une algue de ses bords‖ qu'il souille et qu'il écrase,Et que si je venais‖ à tomber sous ses pas,Cette foule à mes cris‖ ne s'arrêterait pas ;Mais comme une machine‖ à son but élancéePasserait sur mon corps‖ sans même une pensée !…Et puis, faut-il le dire ?‖ il est ici pour moiUn éternel sujet‖ de tristesse et d'effroi ;Je me surprends sans cesse‖ à penser, à me dire,Tout, tremblant : C'est ici‖ que Laurence respire !C'est ce bruit qu'elle entend,‖ c'est ce ciel qu'elle voit,Ce pavé qui la porte,‖ et cette eau qu'elle boit ;C'est dans cet Océan,‖ dans ce désert immondeQue cette perle pure‖ est enfouie au monde !Quand je lève mes yeux‖ vers ces brillans séjoursOù les flambeaux le soir‖ ressuscitent les jours,Je me dis, en voyant‖ une ombre à la fenêtre :Cette ombre que je vois‖ c'est la sienne peut-être !Chaque char en roulant‖ me semble l'emporter.Ce coude que le mien‖ le soir vient de heurter,La trace de ce pied,‖ la robe que je froisse,Qui sait si ce n'est pas ?‖… Une poignante angoisseDe chaque aspect pour moi‖ sort et vient m'assaillir.J'entends des sons de voix‖ qui me font tressaillir ;J'entends des noms qui font‖ rougir jusqu'à mon âme ;Je frémis de lever‖ les yeux sur une femme ;Je tremble qu'à son front,‖ rencontré par hasard,Mon cœur ne meure en moi‖ foudroyé d'un regard.Puis je rentre, l'esprit‖ courbé de lassitude,Mais poursuivi des cris‖ de cette multitude,Trouvant l'isolement‖ mais jamais le repos,Le cœur amer et vide‖ et plein de mille échos ;Le bruit assourdissant‖ de l'humaine tempêteMonte, gronde sans cesse‖ et m'enivre la tête ;Et seul, sans qu'il me tombe‖ une goutte de foi,J'entends à peine, hélas !‖ mon cœur qui prie en moi.O nuits de ma montagne,‖ heure où tout fait silenceSous le ciel et dans moi ;‖ lune qui se balanceSur les cimes d'argent‖ du pâle peuplierQue l'haleine du lac‖ à peine fait plier ;Blanches lueurs du ciel‖ sur l'herbe répanduesComme du lin lavé‖ les toiles étendues ;Des brises ou de l'eau‖ furtif bruissement ;Des chiens par intervalle‖ un lointain aboîment ;Le chant du rossignol‖ par notes sur des cimes,Silence dans mon âme,‖ ou quelques bruits intimesQu'un calme universel‖ vient bientôt assoupir,Et qu'un retour vers Dieu‖ change en pieux soupir ;O jours d'un saint labeur !‖ douces nuits de Valneige !Oh ! que le temps me dure !‖ Oh ! quand vous reverrai-je !

Paris, 21 septembre 1800.

Quel spectacle, Seigneur,‖ vous donnez à vos angesDans ces grands chocs d'idée‖ et ces luttes étranges !Sur ce peuple qui peut‖ savoir votre dessein ?Vous avez mis, grand Dieu,‖ deux âmes dans son sein :L'une d'un vague instinct‖ vers l'inconnu guidée,Sonde la mer du doute‖ et découvre l'idée ;Lui donne, en pétrissant‖ le verbe dans sa main,La forme qui la rend‖ palpable au sens humain ;La tire comme l'or‖ de sa mine profonde,Et la frappe en monnaie‖ à l'usage du monde :L'autre, âme de soldat,‖ toujours ferme et debout,Comme un volcan divin‖ dans sa poitrine bout,Aspire aux quatre vents‖ le souffle de la guerre,Et pour champ de bataille‖ a pris toute la terre ;Et, par cette âme double‖ à la fois agissant,Il sert Dieu de son cœur‖ et l'homme de son sang !Semblable de nos jours‖ au peuple de MoïseQu'en deux parts au combat‖ le prophète divise,L'une dans le vallon,‖ mourant pour Israël,L'autre sur les hauteurs,‖ levant les mains au ciel !…

Pour lancer tous ses fils‖ à sa lutte inégale,Paris semble des camps‖ la grande capitale ;On voit par chaque porte‖ entrer ses bataillons,Renaissante moisson‖ de ses sanglans sillons,Qui, pour combler aux camps‖ les lignes décimées,Ressortent en chantant‖ vers ses quatorze armées,On ne voit qu'étendards‖ par le plomb déchirésEntraînant des soldats‖ sous leurs lambeaux sacrés ;On n'entend retentir‖ que le canon sonoreDont des boulets vomis‖ la gueule est pleine encore,Et la ville ne voit‖ briller à son réveilQue d'épaisses forêts‖ de fusils au soleil.Et comme celte foule‖ est prodigue de vie !Et comme tout à coup‖ au grand homme asservie,Elle qui ne pouvait‖ subir un joug plus doux,Du tyran de sa gloire‖ embrasse les genoux ;Sous son geste nerveux‖ d'elle-même s'incline,Accepte sans effort‖ sa rude discipline,Et semble, en se pliant‖ à son poignet d'airain,Le cou de son cheval‖ ou le gant de sa main !Ah ! c'est qu'aussi le peuple‖ a cet instinct rapideQui le fait s'élancer‖ sur les pas de son guide ;C'est que dans le péril‖ la faible humanitéDe Dieu même a reçu‖ l'instinct de l'unité,Et qu'afin qu'en grand peuple‖ un grand homme la mouleLe bronze extravasé‖ doit couler dans le moule.

Où les pousse pourtant‖ ce vague entraînement ?Pourquoi vont-ils combattre‖ et mourir si gaîment ?Leur esprit ne sait pas,‖ leur instinct sait d'avance,Ils vont, comme un boulet,‖ où la force les lance,Ébranler le présent,‖ démolir le passé,Effacer sous ton doigt‖ quelque empire effacé,Faire place sur terre‖ à quelque destinéeInvisible pour nous,‖ mais pour toi déjà née,Et que tu vois déjà‖ splendide, où nos espritsN'aperçoivent encor‖ que poussière et débris !Ainsi, Seigneur, tu fais‖ d'un peuple sur la terreL'outil mystérieux‖ de quelque grand mystère ;Sans connaître jamais‖ ses plans sur l'univers,A la trame des temps‖ travaillant à l'envers,Les nations de l'œil‖ à leur insu guidéesSont dans la main de Dieu‖ des instrumens d'idées !Et l'homme, qui ne voit‖ que poussière et que sang,Et qui croit Dieu bien loin,‖ se trompe en maudissant ;Il ne sait pas, captif‖ dans sa courte pensée,Que d'une œuvre finie‖ une autre est commencée,Et qu'afin que l'épi‖ divin puisse y germer,On laboure la terre‖ avant de la semer.

Oh ! que nos jugemens‖ sont courts, et feraient rireDans le livre de Dieu‖ celui qui saurait lire !Que nous comprenons peu‖ les dénoûmens du sort !Et que souvent la vie‖ est prise pour la mort !La caravane humaine‖ un jour était campéeDans des forêts bordant‖ une rive escarpée,Et ne pouvant pousser‖ sa route plus avant,Les chênes l'abritaient‖ du soleil et du vent ;Les tentes, aux rameaux‖ enlaçant leurs cordages,Formaient autour des troncs‖ des cités, des villages,Et les hommes, épars‖ sur des gazons épais,Mangeaient leur pain à l'ombre‖ et conversaient en paix.Tout à coup, comme atteints‖ d'une rage insensée,Ces hommes se levant‖ à la même pensée,Portant la hache aux troncs,‖ font crouler à leurs piésCes dômes où les nids‖ s'étaient multipliés ;Et les brutes des bois‖ sortant de leurs repaires,Et les oiseaux fuyant‖ les cimes séculaires,Contemplaient la ruine‖ avec un œil d'horreur,Ne comprenaient pas l'œuvre,‖ et maudissaient du cœurCette race stupide‖ acharnée à sa perte,Qui détruit jusqu'au ciel‖ l'ombre qui l'a couverte !Or, pendant qu'en leur nuit‖ les brutes des forêtsAvaient pitié de l'homme‖ et séchaient de regrets,L'homme, continuant‖ son ravage sublime,Avait jeté les troncs‖ en arche sur l'abîme ;Sur l'arbre de ses bords‖ gisant et renversé,Le fleuve était partout‖ couvert et traversé ;Et poursuivant en paix‖ son éternel voyage,La caravane avait‖ conquis l'autre rivage.

C'est ainsi que le temps,‖ par Dieu même conduit,Passe pour avancer‖ sur ce qu'il a détruit ;Esprit saint ! conduis-les,‖ comme un autre Moïse,Par des chemins de paix‖ à ta terre promise ! ! !…

Paris, 21 septembre 1800, le soir.

Quelle fièvre ! Oh ! chassez‖ l'image qui me tue,Est-ce un songe ? est-ce une ombre ?‖ est-ce elle que j'ai vue ?Ah ! c'est-elle ! ô mon cœur,‖ tu ne peux t'y tromper,Nulle autre d'un tel coup‖ ne pouvait te frapper !La revoir !… mais montrée‖ au doigt, mais avilie !Oh ! dans ma coupe encore‖ il manquait cette lie !

Hier j'étais allé‖ le soir dans un saint lieuPour entendre prêcher‖ la parole de DieuPar un vieillard du temple,‖ échappé du martyre,Dont la voix sur ce peuple‖ a reconquis l'empire.La foule remplissait‖ le portique et les murs.Caché dans l'ombre, au pied‖ d'un des piliers obscursOù les cierges du chœur,‖ qui brûlaient par centaines,Jetaient obliquement‖ leurs lueurs incertaines,J'attendais que le flot‖ du peuple débordé,Des tribunes au chœur,‖ plein, eût tout inondé,Et le front dans mes mains,‖ appuyé sur la pierre,J'entendais sans les voir‖ les pas rouler derrière,Et tout autour de moi‖ les groupes curieuxQui causaient à voix basse‖ en promenant leurs yeux.Tout à coup s'éleva‖ comme un murmure immenseD'épis sur les sillons‖ quand la brise y commence ;J'entendis frôler l'air,‖ d'un plumage mouvantSur ma brûlante peau‖ mon front sentit le vent.Les rangs pressés s'ouvraient‖ d'eux-même et faisaient place,Et puis se refermaient‖ soudain sur une trace.Ce n'était que rumeur‖ et qu'exclamationD'étonnement, d'ivresse‖ et d'admiration ;Un instinct machinal‖ me fit tourner la têtePour voir l'objet charmant‖ de la foule distraite ;Mais il n'était plus temps,‖ la femme avait passé,Son sillon dans l'église‖ était presque effacé ;Je ne vis qu'une taille‖ et des épaules nuesOù flottaient sous des fleurs‖ des tresses répandues,Et qu'un sourire errant,‖ et l'amoureux regardAnnonçaient, devançaient,‖ suivaient de toute part.« C'est bien elle, » disait‖ un jeune homme ; « oh ! c'est elle !« Ce ciel dont on nous berce‖ en a-t-il d'aussi belle ?« Non jamais ces pavés‖ n'ont frémi sous les pas« D'anges aussi divins‖ que l'ange d'ici-bas.— « Elle ! » lui répondait‖ son voisin ; « c'est son ombre« Peut-être, car du temple‖ elle craint jusqu'à l'ombre,« Et jamais ses beaux pieds,‖ d'adorateurs suivis,« N'ont foulé pour prier‖ la poudre des parvis.« C'est là son seul défaut,‖ hélas ! la tendre femme,« On dit qu'au désespoir‖ elle a vendu son âme ;« On ne la vit jamais‖ s'approcher du saint lieu ;« Elle fait croire au ciel‖ et ne croit pas à Dieu !— « C'est elle cependant,‖ tiens, en veux-tu la preuve ?« Regarde sa ceinture‖ et son collier de veuve.« Vois celui qui la mène.‖ —Eh bien ?—Eh bien, c'est lui !« Lui, le martyr d'hier‖ et l'élu d'aujourd'hui !« Qu'il se hâte au bonheur !‖ car demain !… quel dommage« Qu'une beauté si pure,‖ ô Dieu ! soit si volage !« Ou plutôt quel bonheur‖ qu'elle fasse courir« La coupe où chacun veut‖ s'enivrer et mourir !— « Mais au sermon, mon cher,‖ que viendrait-elle faire ?— « Elle y vient comme nous,‖ ma foi, pour se distraire,« Pour entendre des mots‖ saintement cadencés,« Ou sur l'orgue des airs‖ qu'elle n'a pas dansés,« Car on dit que depuis‖ sa première aventure« De l'orgue dans ses nuits‖ elle aime le murmure,« Sans doute en souvenir‖ du beau mugissement« Qu'elle entendait si haut‖ chez son premier amant,« Tu sais ?… » Mais l'orateur,‖ se levant de la chaire,Murmura sourdement‖ son texte et les fit taire ;Il parla du bonheur‖ de mourir pour la foi,Des martyrs immolés‖ pour l'Église et le roi,Et, sur leurs orphelins‖ évoquant leur mémoire,Toucha jusqu'aux sanglots‖ son immense auditoire.Des larmes de pitié‖ montaient à tous les yeux ;Chacun se dépouillait‖ de son denier pieux ;Une femme, on disait‖ qu'orpheline elle-même,Des malheurs de ces temps‖ elle était un emblème,Du vieillard précédée,‖ une bourse à la main,Parmi les rangs émus‖ se frayait un chemin,Et faisant résonner‖ le don dans la corbeille,A la sainte pitié‖ sollicitait l'oreille.On n'entendait au loin‖ que sa timide voix,Le prêtre qui frappait‖ le pavé de sa croix,Ou du denier sacré‖ la chute monotoneQui sonnait en tombant‖ dans l'urne de l'aumône ;Des rangs voisins du mien‖ bientôt elle approchait,D'avance dans mon sein‖ déjà ma main cherchaitL'obole de l'autel,‖ quand, relevant la tête,Mon regard dans le sien‖ se rencontre et s'arrête,Et comme fascinés‖ par l'œil qu'en vain on fuit,Chacun de nos regards‖ suit l'autre qui le suit :Elle semblait chercher‖ à travers un nuageA distinguer de loin‖ les traits de mon visage,Et je voyais le sien‖ dans mon œil revenirComme une ombre montant‖ du fond d'un souvenir.A chaque pas de plus‖ la fatale figureM'entrait plus rayonnante‖ au cœur ; mais à mesureQue mon œil ébloui,‖ qui plongeait dans le sien,Fixait son œil ouvert‖ et fixe sur le mien,Comme si tout son sang‖ eût coulé par sa vue,Je la voyais pâlir‖ et changer en statue ;La prunelle immobile et le pied suspendu,Le cou penché, le doigt‖ vers ma place étendu,Faire un pas, reculer,‖ dans son sein qui se pâmeChercher un cri qui meurt‖ et qui manque à son âme,Puis enfin, sans couleur,‖ sans voix et sans regard,Glisser inanimée‖ aux bras du saint vieillard !Moi-même, sans jeter‖ un cri, sans faire un geste,J'étais mort de sa mort,‖ et j'ignore le reste.

Quand je me réveillai‖ comme de mon tombeau,La nef était muette‖ et vide ; un seul flambeauBrillait comme une étoile‖ au cintre de l'église,Le soir dans les vitraux‖ faisait tinter la brise ;L'heure sonnait huit coups‖ au cadran de la nuit ;De piliers en piliers‖ je m'échappai sans bruit ;A force de douleur‖ mon âme était tarie ;La revoir c'était trop !‖ mais la revoir flétrie,Mais la revoir tombée,‖ ange d'illusion,Le scandale du monde‖ et sa dérision !Par moi, par mon amour,‖ par ma vertu, peut-être !Oh ! quel doute mortel‖ en moi je sens renaître !Ange que le bonheur‖ aurait sanctifié,Dieu, ce serait !… c'est moi‖ qui t'ai sacrifié !

Stances a Laurence

22 septembre 1800.

Vous l'ange d'autrefois,‖ maintenant pauvre femme,Vous ne vous trompiez pas,‖ Laurence, oui, c'était moi !C'était moi qui cherchais‖ la moitié de mon âme !Hélas ! et qui la pleure en toi !

Tu vis !… de quelle vie,‖ ô ciel ! quels mots étranges !Dans le cuivre et le plomb‖ diamant enchâssé,Que Dieu laissa tomber‖ sur la route des angesEt que l'impie a ramassé !

Souviens-toi de ce ciel‖ vu de si près ensemble…Du jour de la rencontre‖ et du jour de l'adieu !Oui, je fus meurtrier !‖ oui, cette main qui trembleT'immola ; mais c'était à Dieu !

Sacrifice insensé‖ que ta faute condamne,Vaine immolation‖ de mon cœur combattu,Ce que je respectais‖ un autre le profane,Et l'enfer rit de ma vertu !

O Laurence ! un retour‖ au Dieu de ton jeune âge !Un retour vers l'ami !‖… Grand Dieu ! dans ma douleurJe n'avais ici-bas‖ conservé qu'une image :Ne la ternis pas dans mon cœur.

Reviens, reviens au ciel‖ qui te pleure et qui t'aime,Si ce n'est pour ton âme,‖ ô Laurence ! pour moi ;Et s'il te faut de l'eau‖ pour un second baptême,Oh ! mes yeux en pleurent pour toi !

Ici deux ; un là-haut ;‖ de notre double vie,Non, il n'est pas brisé‖ l'invisible lien :Ton cœur avec mon cœur‖ monte et se purifieOù mon cœur saigne avec le tien !

Oh ! quand, jetant ton âme‖ aux voluptés impures,Tu ternis ce lis blanc‖ que je t'avais gardé,Penses-tu quelquefois‖ que tu souilles d'OrduresCe cœur où Dieu s'est regardé ?

Penses-tu quelquefois‖ que tu troubles celle ondeQui, sous un souffle humain‖ bien loin de se ternir,Ne devait réfléchir‖ au soleil de ce mondeQu'un espoir et qu'un souvenir ?

Ah ! moi qui te voyais‖ dans mes songes, Laurence,A travers tant de pleurs,‖ chaste auprès d'un époux,Une ombre sur le front,‖ au cœur une espérance,Et des enfans sur tes genoux !…

A Paris, 26 septembre 1800.

Nuit funeste ! depuis‖ qu'elle m'est apparue,Et que je sais le nom,‖ et l'hôtel et la rue,Chaque fois que je sors‖ l'instinct traîne mes pasVers ce seuil de mon ciel‖ que je ne franchis pas,Mais où couvert de huit‖ j'écoute de la porteQue quelque voix du ciel‖ ou de la terre en sorte,Comme Adam, exilé‖ des jardins du Seigneur,Écoutait s'éloigner‖ les voix de son bonheur.

Cette nuit comme hier‖ je me glissai dans l'ombre :Des nuages au ciel‖ rendaient l'hôtel plus sombre,Et la pluie, en lavant‖ les pavés à grands flots,De mes pas dans la rue‖ étouffait les échos.Les pieds dans le ruisseau,‖ le front sous la gouttière,Je m'assis dans un angle‖ au bord du banc de pierre,Sur la borne en granit,‖ du coude m'appuyant,Et tout caché dans l'ombre‖ ainsi qu'un mendiant.C'était l'heure où Paris,‖ en jour transformant l'ombre,En tonnerre incessant‖ roule ses chars sans nombre ;Où sur la roue en feu‖ ses enfans emportésVont chercher au hasard‖ leurs mille voluptés.Aux cris des serviteurs‖ les portes colossalesAux chars retentissans‖ s'ouvraient par intervalles,Et j'y voyais briller‖ à travers le cristalDes fronts resplendissans‖ de l'ivresse du bal ;J'entendais au dedans‖ ces voix d'hommes, de femmes,Ces sons des instrumens,‖ ces bourdonnemens d'âmesOù l'oreille en vain cherche‖ une phrase à saisir,Et qui n'est que la brise‖ errante du plaisir ;Cette joie, en sortant‖ de ces froides murailles,M'enfonçait chaque fois‖ un fer dans les entrailles,Et j'aurais moins souffert‖ (pardonne à mon remord,Seigneur ! ) d'en voir sortir‖ l'agonie et la mort !Un torrent de pensées‖ me roulait dans la tête :Si j'entrais tout à coup‖ au milieu de la fête,Si frappant d'un regard‖ ses yeux pétrifiés,Comme l'ombre des temps‖ par son cœur oubliés,El renversant du pied‖ ces vases de délices,Du nom tonnant de Dieu‖ j'effrayais tous ces vices !Si dérobant cet ange‖ à l'air qui la corrompt,Je rendais l'innocence‖ et la vie à son front !…Hélas ! et de quel droit ?‖ suis-je encore son père ?N'ai-je pas renoncé‖ même au doux nom de frère ?Et ne sommes-nous pas,‖ depuis l'heure d'adieu,L'un à l'autre étrangers‖ partout, hormis en Dieu ?Oh ! c'est donc en Dieu seul‖ que je puis en silenceBénir, prier, nommer,‖ chercher, pleurer Laurence !Elle pour qui cent fois‖ j'aurais voulu mourir !Seul à son aide, ô Dieu !‖ je ne puis accourir !Et de la froide borne‖ en embrassant la pierreMes yeux fondaient en onde‖ et ma bouche en prière.

Pardonne-lui, mon Dieu !‖ de chercher ici-basCet amour que tu mis‖ tout enfant sous ses pas,Après avoir vécu‖ deux ans de ces délices,De le puiser encore‖ aux profanes calices !Ah ! moi seul ! ô mon Dieu !‖ j'ai creusé dans son cœurCe vide que ne peut‖ combler un froid bonheur ;Que la peine sur moi‖ retombe avec le crime !Frappez le tentateur,‖ et non pas la victime !O tendre, ô bon pasteur !‖ rapporte dans tes brasCette brebis tombée‖ aux pièges d'ici-bas !Cette âme qui puisa‖ l'amour avec la vie,Et qui l'aspire encore‖ à sa source tarie !Si tu n'avais brisé‖ sa coupe entre ses dents,Qui sait ce que le ciel‖ aurait versé dedans ?Qui sait de quels trésors‖ cette âme est encor pleine ?Et comme des cheveux‖ d'une autre MadeleinePour laver dans ses pleurs‖ ses péchés oubliés,Ce qu'il en coulerait‖ de parfums sur tes piés ?Oh ! que les miens, Seigneur,‖ comptent à ses paupières !Que par mes nuits sans fin,‖ mes jeûnes, mes prières,Que par l'eau de mes yeux‖ son péché soit lavé !Et j'allais à genoux‖ tomber sur le pavé,Quand les groupes joyeux‖ du bal qui se retireM'éveillèrent du ciel‖ par des éclats de rire.

Le bruit avait cessé,‖ le monde était sorti,Des gonds et des verrous‖ l'air avait retenti ;J'entendis sur ma tête‖ ouvrir une fenêtre ;La lune dans le ciel‖ venait de reparaître ;L'ombre des lourds balcons,‖ me couvrant d'un pan noir,Me noyait dans sa nuit,‖ d'où je pouvais tout voir :Une femme parut‖ au balcon : c'était elle !Quoique pâle et lassée,‖ ô Dieu ! qu'elle était belle !Comme le monde avait,‖ sous son précoce été,Mûri sans la flétrir‖ l'angélique beauté ?Comme sous ce costume‖ et cette autre apparenceMes regards traits pour traits‖ retrouvaient tout Laurence !Lui, dans elle a grandi,‖ mais toujours elle en lui !Son cou penché semblait‖ porter un vaste ennui,Son coude s'appuyait‖ sur la rampe dorée,Sa joue au clair de lune‖ était décolorée,Ses blonds cheveux déjà‖ de son front détachésSur le fer du balcon‖ flottaient tout épanchés,Et je sentais l'odeur‖ du vent qui les caresseS'échapper en parfum‖ de l'or de chaque tresse !Oh ! des fleurs qui tombaient‖ de ses cheveux l'odeurComment n'eût-elle pas‖ enivré tout mon cœur !…

Elle leva la tête,‖ et regarda la luneLongtemps, comme quelqu'un‖ qu'une image importune ;Avec un lent soupir‖ elle étendit les bras,Puis en les refermant‖ sur son cœur dit : Hélas !Puis d'un accent distrait,‖ qu'un regard accompagne,Murmura dans ses dents‖ notre air de la montagne,A voix basse et tremblante‖ en chanta quelques mots…L'air manqua sur sa lèvre‖ et finit en sanglots ;Elle s'interrompit‖ comme avec violence,Referma la fenêtre,‖ et tout devint silence !

Oh ! mon image alors,‖ Laurence, était en toi !Je n'avais que deux pas‖ entre mon ciel et moi !Qu'une vague de l'air,‖ pour y monter, à fendre !Qu'un souffle à laisser fuir,‖ qu'un nom à faire entendre !Et mon amour perdu‖ retombait dans mes bras !Et l'enfer ni le ciel‖ ne l'en arrachaient pas !Des doux sons de sa voix‖ mon oreille était pleine !L'air qu'elle respirait‖ lui portait mon haleine ;Un cri sorti du cœur,‖ un geste, un mouvement,Et nos cœurs confondus‖ n'avaient qu'un battement ;Et dans un seul élan‖ nos âmes assouviesFranchissaient pour s'unir‖ l'abîme de nos vies !Tu triomphas, mon Dieu,‖ de ma fragilité ;Mon silence entre nous‖ remit l'immensité !Je m'éloignai tremblant,‖ son ombre sur ma trace,Et je remis mon âme‖ et la sienne à ta grâce.

En route, 28 septembre.

L'aurore dans Paris‖ ne me retrouva pas,Et mon cœur est déjà‖ là-haut où vont mes pas !

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
221((aa)) 1(aabb) 1(aabbcc) 10(abab) 1(aa)
Mètre
Alexandrins surtout (484 de 12, 10 de 8)· profil 8, 6+6
Mots à la rime
a époux / doux masculine, classiqueb femme / âme féminine, classiquec deuil / d'œil masculine, classiqued double / trouble féminine, classiquee d'espoir / soir masculine, classiquef multiplie / lie féminine, classiquea toujours / jours masculine, classiqueb s'accoutume / présume féminine, classiquec réduit / bruit masculine, classiqued crête / tempête féminine, classiquea esprits / Paris masculine, classiqueb gronde / l'inonde féminine, classiquec flots / sanglots masculine, classiqued capitales / fatales féminine, classiquee convulsions / passions masculine, classiquef d'âmes / femmes féminine, classiqueg flux / confus masculine, classiqueh terre / l'artère féminine, classiquei murs / impurs masculine, classiquej humaine / entraîne féminine, classiquek éternellement / mouvement masculine, classiquel tristesse / m'oppresse féminine, classiquem ondoyer / noyer masculine, classiquen foule / houle féminine, classiqueo agitation / attraction masculine, classiquep sympathique / communique féminine, classiqueq sein / faim masculine, classiquer crimes / abîmes féminine, classiques d'eau / niveau masculine, classiquet vase / écrase féminine, classiqueu pas masculine, classiquev élancée / pensée féminine, classiquew moi / d'effroi masculine, classiquex dire / respire féminine, classiquey voit / boit masculine, classiquez immonde / monde féminine, classiquea séjours / jours masculine, classiqueb fenêtre / peut-être féminine, classiquec l'emporter / heurter masculine, classiqued froisse / angoisse féminine, classiquee m'assaillir / tressaillir masculine, classiquef âme / femme féminine, classiqueg hasard / regard masculine, classiqueh lassitude / multitude féminine, classiquei repos / échos masculine, classiquej tempête / tête féminine, classiquek foi / moi masculine, classiquel silence / balance féminine, classiquem peuplier / plier masculine, classiquen répandues / étendues féminine, classiqueo bruissement / aboîment masculine, classiquep cimes / intimes féminine, classiqueq assoupir / soupir masculine, classiquer Valneige / reverrai-je féminine, classiquea anges / étranges féminine, classiqueb dessein / sein masculine, classiquec guidée / l'idée féminine, classiqued main / humain masculine, classiquee profonde / monde féminine, classiquef debout / bout masculine, classiqueg guerre / terre féminine, classiqueh agissant / sang masculine, non classiquei Moïse / divise féminine, classiquej Israël / ciel masculine, classiquea inégale / capitale féminine, classiqueb bataillons / sillons masculine, classiquec décimées / armées féminine, classiqued déchirés / sacrés masculine, classiquee sonore / encore féminine, classiquef réveil / soleil masculine, classiqueg vie / asservie féminine, classiqueh doux / genoux masculine, classiquei s'incline / discipline féminine, classiquej d'airain / main masculine, classiquek rapide / guide féminine, classiquel humanité / l'unité masculine, classiquem moule féminine, classiquea entraînement / gaîment masculine, classiqueb d'avance / lance féminine, classiquec passé / effacé masculine, classiqued destinée / née féminine, classiquee esprits / débris masculine, classiquef terre / mystère féminine, classiqueg l'univers / l'envers masculine, classiqueh guidées / d'idées féminine, classiquei sang / maudissant masculine, non classiquej pensée / commencée féminine, classiquek germer / semer masculine, classiquea rire / lire féminine, classiqueb sort / mort masculine, classiquec campée / escarpée féminine, classiqued avant / vent masculine, classiquee cordages / villages féminine, classiquef épais / paix masculine, classiqueg insensée / pensée féminine, classiqueh piés / multipliés masculine, classiquei repaires / séculaires féminine, classiquej d'horreur / cœur masculine, classiquek perte / couverte féminine, classiquel forêts / regrets masculine, classiquem sublime / l'abîme féminine, classiquen renversé / traversé masculine, classiqueo voyage / rivage féminine, classiquea conduit / détruit masculine, classiqueb Moïse / promise féminine, classiquea tue / vue féminine, classiqueb tromper / frapper masculine, classiquec avilie / lie féminine, classiquea lieu / Dieu masculine, classiqueb martyre / l'empire féminine, classiquec murs / obscurs masculine, classiqued centaines / incertaines féminine, classiquee débordé / inondé masculine, classiquef pierre / derrière féminine, classiqueg curieux / yeux masculine, classiqueh immense / commence féminine, classiquei mouvant / vent masculine, classiquej place / trace féminine, classiquek qu'exclamation / d'admiration masculine, classiquel tête / distraite féminine, classiquen nues / répandues féminine, classiqueo regard / part masculine, classiquep elle / belle féminine, classiqueq pas / d'ici-bas masculine, classiquer ombre / l'ombre féminine, classiques suivis / parvis masculine, classiquev preuve / veuve féminine, classiquew lui / d'aujourd'hui masculine, classiquex dommage / volage féminine, classiquey courir / mourir masculine, classiquez faire / distraire féminine, classiquea cadencés / dansés masculine, classiqueb aventure / murmure féminine, classiquec mugissement / amant masculine, classiqued chaire / taire féminine, classiquee foi / roi masculine, classiquef mémoire / auditoire féminine, classiqueg yeux / pieux masculine, classiqueh elle-même / emblème féminine, classiquei main / chemin masculine, classiquej corbeille / l'oreille féminine, classiquek voix / croix masculine, classiquel monotone / l'aumône féminine, classiquem approchait / cherchait masculine, équivalenten tête / s'arrête féminine, classiqueo fuit / suit masculine, classiquep nuage / visage féminine, classiqueq revenir / souvenir masculine, classiquer figure / mesure féminine, classiques sien / mien masculine, classiquet vue / statue féminine, classiqueu suspendu / étendu masculine, classiquev pâme / âme féminine, classiquew regard / vieillard masculine, classiquex geste / reste féminine, classiquea tombeau / flambeau masculine, classiqueb l'église / brise féminine, classiquec nuit / bruit masculine, classiqued tarie / flétrie féminine, classiquee d'illusion / dérision masculine, classiquef peut-être / renaître féminine, classiqueg sanctifié / sacrifié masculine, classiqueb moi / toi masculine, classiquea étranges / anges féminine, classiqueb enchâssé / ramassé masculine, classiquea ensemble / tremble féminine, classiqueb l'adieu / Dieu masculine, classiquea condamne / profane féminine, classiqueb combattu / vertu masculine, classiquea âge / image féminine, classiqueb douleur / cœur masculine, classiquea t'aime / baptême féminine, classiquea vie / purifie féminine, classiqueb lien / tien masculine, classiquea impures / d'Ordures féminine, classiqueb gardé / regardé masculine, classiquea onde / monde féminine, classiqueb ternir / souvenir masculine, classiquea Laurence / espérance féminine, classiqueb époux / genoux masculine, classiquea apparue / rue féminine, classiquec porte / sorte féminine, classiqued Seigneur / bonheur masculine, classiquea l'ombre / sombre féminine, classiqueb flots / échos masculine, classiquec gouttière / pierre féminine, classiqued m'appuyant / mendiant masculine, classiquee l'ombre / nombre féminine, classiquef emportés / voluptés masculine, classiqueg colossales / intervalles féminine, classiqueh cristal / bal masculine, classiquei femmes / d'âmes féminine, classiquej saisir / plaisir masculine, classiquek murailles / entrailles féminine, classiquel remord / mort masculine, classiquem tête / fête féminine, classiquen pétrifiés / oubliés masculine, classiqueo délices / vices féminine, classiquep corrompt / front masculine, classiqueq père / frère féminine, classiquer d'adieu / Dieu masculine, classiques silence / Laurence féminine, classiquet mourir / accourir masculine, classiqueu pierre / prière féminine, classiquea ici-bas / pas masculine, classiqueb délices / calices féminine, classiquec cœur / bonheur masculine, classiqued crime / victime féminine, classiquee bras / d'ici-bas masculine, classiquef vie / tarie féminine, classiqueg dents / dedans masculine, classiqueh pleine / Madeleine féminine, classiquei oubliés / piés masculine, classiquej paupières / prières féminine, classiquek lavé / pavé masculine, classiquel retire / rire féminine, classiquea sorti / retenti masculine, classiqueb fenêtre / reparaître féminine, classiquec noir / voir masculine, classiquee été / beauté masculine, classiquef apparence / Laurence féminine, classiqueg lui / ennui masculine, classiqueh dorée / décolorée féminine, classiquei détachés / épanchés masculine, classiquej caresse / tresse féminine, classiquek l'odeur / cœur masculine, classiquea lune / importune féminine, classiqueb bras / Hélas masculine, classiquec accompagne / montagne féminine, classiqued mots / sanglots masculine, classiquee violence / silence féminine, classiquea toi / moi masculine, classiqueb fendre / entendre féminine, classiquec bras / pas masculine, classiqued pleine / haleine féminine, classiquee mouvement / battement masculine, classiquef assouvies / vies féminine, classiqueg fragilité / l'immensité masculine, classiqueh trace / grâce féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

494 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres complètes de M. A. de Lamartine, PARIS, 21, quai Malaquais, CHARLES GOSSELIN, FURNE ET Cie, PAGNERRE, DUFOUR ET MULAT, 1851· numérisation gallica.bnf.fr· Sources