Jocelyn, 1836
Première époque
1er mai 1786.
Le jour s'est écoulé‖ comme fond dans la boucheUn fruit délicieux‖ sous la dent qui le touche,Ne laissant après lui‖ que parfum et saveur.O mon Dieu ! que la terre‖ est pleine de bonheur !Aujourd'hui premier mai,‖ date où mon cœur s'arrête,Du hameau paternel‖ c'était aussi la fête,Et c'est aussi le jour‖ où ma mère eut un fils ;Son baiser m'a sonné‖ mes seize ans accomplis ;Seize ans ! puissent longtemps‖ ces doux anniversairesSonner tant de bonheur‖ au clocher de mes pères !
Que ce jour s'est levé‖ serein sur le vallon !Chaque toit semblait vivre‖ à son premier rayon,Chaque volet ouvert‖ à l'aube près d'écloreSemblait comme un ami‖ solliciter l'aurore ;On voyait la fumée‖ en colonnes d'azur,De chaque humble foyer‖ monter dans un ciel pur ;Du pieux carillon‖ les légères voléesCouraient en bondissant‖ à travers les vallées ;Les filles du village,‖ à ce refrain joyeux,Entr'ouvraient leur fenêtre‖ en se frottant les yeux,Se saluaient de loin‖ du sourire ou du geste,Et sur les hauts balcons‖ penchant leur front modeste,Peignaient leurs longs cheveux‖ qui pendaient en dehors,Comme des écheveaux‖ dont on lisse les bords ;Puis elles descendaient‖ nu-pieds, demi-vêtuesDe ces plis transparais‖ qui collent aux statues,Et cueillaient sur là haie‖ ou dans l'étroit jardinL'œillet ou le lilas‖ tout baignés du matin ;Et les gouttes des fleurs,‖ sur leurs seins découlées,Y roulaient comme autant‖ de perles défilées.Tous les sentiers fleuris‖ qui descendent des boisRetentissaient de pas,‖ de murmures, de voix ;On y voyait courir‖ les blonds chapeaux de paille,Et les corsets de pourpre‖ enlacés à la taille.Tous ces sentiers versaient‖ d'heure en heure au hameauLes groupes variés‖ confondus sous l'ormeau :Là, les embrassemens,‖ les scènes de familles,Les cheveux blancs touchant‖ des fronts de jeunes filles,Des amis retrouvés,‖ des souvenirs lointains,Des hôtes entraînés‖ aux rustiques festins,Des vierges à genoux‖ autour de la chapelle,Et les groupes pieux‖ que la cloche rappelle,Leur chapelet en main‖ et le front incliné,Allant offrir à Dieu‖ le jour qu'il a donné.
Que de danses le soir‖ égayaient la pelouse !Plus le jour retirait‖ sa lumière jalouse,Plus elles s'animaient,‖ comme pour ressaisirCe que l'heure fuyante‖ enviait au plaisir.Chaque arbre du verger‖ avait son chœur champêtre,Son orchestre élevé‖ sur de vieux troncs de hêtre ;Le fifre aux cris aigus,‖ le hautbois au son clair,La musette vidant‖ son outre pleine d'air,L'un sautillant et gai,‖ l'autre plaintive et tendre,S'accordant, s'excitant,‖ s'unissant pour répandreEnsemble ou tour à tour,‖ dans leurs divers accens,Le délire ou l'ivresse‖ à nos chœurs bondissans.Tous les yeux se cherchaient,‖ toutes les mains pressées,Frémissaient de répondre‖ aux notes cadencées.Un tourbillon d'amour‖ emportait deux à deux,Dans sa sphère de bruit‖ les couples amoureux ;Les pieds, les yeux, les cœurs‖ qu'un même instinct attire,S'envolaient soulevés‖ par le commun délire,S'enchaînaient, se brisaient,‖ pour s'enchaîner encor :Tels quand un soir d'été‖ darde ses rayons d'or,Dans le sable échauffé‖ qui brille sur la grève,On voit des tourbillons‖ d'atomes qu'il soulève,Monter, descendre, errer,‖ s'enlacer tour à tour,Comme à l'attrait caché‖ d'un invisible amour,Dresser en tournoyant‖ leur brillante colonne,Et danser dans la sphère‖ où le soleil rayonne.
Et plus tard quand l'archet,‖ le fifre, le hautbois,Commençaient à languir‖ comme épuisés de voix,Quand les cheveux mouillés,‖ que la sueur dénoue,Tombaient en tresse lisse‖ et collaient à la joue,Et que sur les gazons‖ les groupes indolensS'en allaient en causant‖ à voix basse, à pas lents ;De quels bruits enchanteurs‖ l'oreille était frappée !Adieux, regrets, baisers,‖ parole entrecoupée,Murmure que la nuit‖ peut à peine assoupir,D'un beau jour qui s'éteint,‖ tendre et dernier soupir :Mon âme s'en troublait,‖ mon oreille ravieBuvait languissamment‖ ces prémices de vie ;Je suivais des regards,‖ et des pas, et du cœur,Les danseuses passant‖ l'œil chargé de langueur ;Je rêvais au doux bruit‖ de leurs robes de soie ;Chacune en s'en allant‖ m'emportait une joie.Puis enfin, danse et bruit,‖ tout avait disparu,Sur la crête des monts‖ la lune avait couru ;A peine quelque amant,‖ trop oublieux dé l'heure,Regagnait en rêvant‖ sa lointaine demeure,Ou, longtemps arrêtés‖ au coude du chemin,Quelques couples tardifs,‖ une main dans la main,Laissaient sonner deux fois‖ l'heure avancée et sombre,Et sous les châtaigniers‖ disparaissaient dans l'ombre.
Maintenant je suis seul‖ dans ma chambre. Il est nuit ;Tout dort dans la maison ;‖ plus de feux, plus de bruit ;Dormons ! — mais je ne puis‖ assoupir ma paupière.Prions ! — mais mon esprit n’entend pas ma prière.Mon oreille est encor‖ pleine des airs dansans,Que les échos du jour‖ rapportent à mes sens ;Je ferme en vain mes yeux,‖ je vois toujours la fête ;La valse aux bonds rêveurs‖ tourne encor dans ma tête ;Du bal, hélas ! fini,‖ fantômes gracieux,Mille ombres de beautés‖ dansent devant mes yeux ;Je vois luire un regard‖ dans la nuit ; il me sembleSentir de douces mains‖ presser ma main qui tremble ;De blonds cheveux jetés‖ par le cercle mouvantSur ma peau qui frémit‖ glissent comme un doux vent ;Je vois tomber des fronts‖ mille roses flétries,J'entends mon nom redit‖ par des lèvres chéries.Anna ! Blanche ! Lucie !‖ oh ! que me voulez-vous ?Qu'est-ce donc que l'amour‖ si son rêve est si doux ?
Mais l'amour sur ma vie‖ est encor loin d'éclore,C'est un astre de feu‖ dont cette heure est l'aurore.Ah ! si jamais le ciel‖ jetait entre mes brasUn des songes vivans‖ attachés à mes pas ;Si j'apportais ici,‖ languissante et ravie,Une vierge au cœur pur,‖ premier rayon de vie,Mon âme aurait vécu‖ mille ans dans un seul jour,Car je le sens ce soir,‖ mon âme n'est qu'amour !
Non : chassons de mon cœur‖ ces trop molles images :De mes livres amis‖ rouvrons les vieilles pages,Les voici sur ma table‖ incessamment ouverts ;Mais mon œil flotte en vain‖ sur la prose et les vers.Les mots inanimés‖ tombent morts de la lyre,Mon esprit ne lit pas‖ et laisse mes yeux lire.Un seul mot s'y retrace,‖ et ce mot est de feu,L'amour, rien que l'amour ;‖ mon Dieu ! mon Dieu ! mon Dieu !
Parmi tant de beautés‖ que ma sœur était belle !Mais le soir en rentrant‖ pourquoi donc pleurait-elle ?
6 mai 1786.
Ah ! j'ai donc le secret‖ des larmes de ma sœur ;Puisse mon sacrifice‖ acheter son bonheur !
Tout à l'heure au jardin,‖ pensif et solitaire,Je traînais au hasard‖ mes pas distraits à terreDans l'allée au couchant‖ le long de la maison ;Mon pied, qui s'imprimait‖ sans bruit sur le gazon,Ne retentissait pas‖ dans l'herbe où je l'appuie,Plus que l'oiseau qui pose,‖ ou la goutte de pluie ;Je tenais dans la main‖ ce livre où tant de pleursCoulent du cœur de Paul‖ et des yeux des lecteurs,Quand, le canot parti,‖ chaque coup de la rameEmporte Virginie,‖ arrache l'âme à l'âme ;Je sentais tout mon cœur‖ se fondre de pitié,Et la page toujours‖ restait lue à moitié.Tout à coup quelques mots‖ murmurés à voix basse,Fixèrent ma pensée‖ et mes pas sur la place.Ce bruit inusité‖ dans le muet enclos,Ces sons entrecoupés‖ de timides sanglots,S'élevaient, s'abaissaient‖ de distance en distance,Puis mouraient étouffés‖ dans un morne silence.Inquiet, j'avançai‖ d'un pas discret et sûrVers la fenêtre basse‖ et sous l'angle du mur ;J'écartai de la main‖ les pampres de la treille,Et de la jalousie‖ approchant mon oreille,Et plongeant un regard‖ dans la nuit du boudoir,J'entendis et je vis.‖ Un seul rayon du soir,Que brisaient les barreaux‖ et les feuilles obscures,Éclairait à demi‖ la chambre et les figures.Ma mère était au fond‖ assise au bord du lit,Les yeux sur un papier‖ comme quelqu'un qui lit ;L'ombre de ses cheveux‖ me cachait son visage,Mais j'entendais tomber‖ des gouttes sur la page.Ma sœur assise auprès,‖ un de ses bras passéAu cou de notre mère‖ avec force embrassé,Le front sur son épaule‖ et noyé dans sa robe,Pour cacher la rougeur‖ que la pudeur dérobe,S'efforçait vainement‖ d'étouffer ses douleurs ;Des mèches de cheveux,‖ qui ruisselaient de pleurs,Détachés de sa tête‖ et collant sur sa joue,Le mouvement d'un sein‖ que le sanglot secoue,Et le son de deux voix‖ brisé, tout trahissaitDeux cœurs brisés eux-même,‖ et des pleurs qu'on versait,— « Julie ! il est donc vrai, » — disait ma mère ; « il t’aime !« Et toi, tu le chéris‖ aussi ? » — « Plus que moi-même ! »— « Hélas ! je comprends trop‖ ce tendre et triste aveu.« Vous voir unis un jour‖ était mon plus doux vœu ;« Mais Dieu, qui de ses dons‖ fut pour nous trop avare,« Vous unit d'une main,‖ de l'autre vous sépare ;« Quand je te donnerais,‖ ma fille, tout mon bien,« Ta dot à peine encore‖ égalerait le sien,« Et tu le vois, un père‖ inflexible à vos larmes,« Compte pour rien son fils,‖ son désespoir, tes charmes,« Si tu n'apportes pas‖ à sa famille encor,« Avec tant d'innocence‖ et tant d'amour, de l'or ;« De l'or !… Ah ! si mes pleurs‖ au moins pouvaient t'en faire,« On verrait ce qu'il tient‖ dans les yeux d'une mère ;« Dieu le sait. Je voudrais‖ acheter à ce prix« Un époux pour ma fille,‖ une femme à mon fils ;« Mais, je n'ai que ce champ,‖ trop étroit héritage,« Qu'entre ton frère et toi‖ ma tendresse partage ;« Sachons donc, mon enfant,‖ oublier et souffrir ! »— « Oublier ! non jamais,‖ ma mère, mais mourir ! »Puis je n'entendis plus‖ qu'à voix basse un mélangeDe plaintes, de baisers ;‖ puis la voix de quelque angeMe parla dans le cœur ;‖ et d'un pied suspendu,Je m'éloignai pleurant‖ et sans être entendu.
17 mai 1786.
Tout le jour dans mon sein‖ j'ai roulé ma pensée,Et de mon dévoûment‖ l'agonie est passée.
18 mai 1786.
Voilà ce que j'ai dit‖ à ma mère aujourd'hui :« Je sens que Dieu me presse‖ et qu'il m'appelle à lui ;« La tendre piété,‖ la foi vive et profonde,« Cette divine soif‖ des biens d'un meilleur monde,« Dont vous me nourrissiez,‖ enfant, sur vos genoux,« Porte aujourd'hui son fruit‖ peut-être amer pour vous,« Amer à ma jeunesse‖ aussi, mais doux à l'âme ;« L'ombre des saints parvis‖ m'attire et me réclame ;« Je veux consacrer jeune‖ à Dieu mes jours mortels,« Comme un vase encor pur‖ qu'on réserve aux autels.« Rien de ce qui s'agite‖ ici-bas ne me tente ;« Je ne veux pas dresser‖ à tout ce vent ma tente,« Je ne veux pas salir‖ mes pieds dans ces chemins« Où s'embourbe en marchant‖ ce troupeau des humains ;« J'aime mieux, m'écartant‖ des routes de la terre,« Suivre dès le matin‖ mon sentier solitaire.« J'aime mieux m'abriter‖ sous le mur du saint lieu,« Et dès le premier pas‖ me reposer en Dieu.« Je ne me sens pas fait‖ d'ailleurs pour la mêlée,« Où bruït cette foule‖ à tant de soins mêlée :« J'apporterais une arme‖ inégale au combat,« Trop de pitié dans l'âme,‖ un cœur qu'un souffle abat ;« Trop sensible ou trop fier‖ je mourrais dans la lutte,« Ou vainqueur du triomphe‖ ou vaincu de la chute.« A cette loterie‖ où la vie est l'enjeu« Mon cœur passionné‖ mettrait trop ou trop peu ;« Et puis la vie est lourde,‖ et dur est le voyage,« Il vaut mieux la porter‖ seule et sans ce bagage« De chaînes, de fardeaux,‖ de soins, d'ambitions.« Amours, liens brisés,‖ enfans, afflictions,« Quel que soit vers le ciel‖ le chemin que l'on suive,« On arrive plus vite‖ où Dieu veut qu'on arrive ;« Dans le lit de poussière‖ on se touche moins tard ;« On a moins de soucis‖ et de pleurs au départ.« Oh ! ne résistez pas,‖ ma mère, à ma prière !« Si vous réfléchissiez,‖ un jour vous seriez fière« De ce mot qui vous semble‖ un douloureux adieu ;« A quoi renonce-t-on‖ quand on se jette à Dieu ?« Que voulez-vous de mieux‖ pour l'enfant qui vous prie« Que la paix sur la terre‖ et le ciel pour patrie ?« Humble est le nom de prêtre !‖ oh ! n'en rougissez pas,« Ma mère, il n'en est point‖ dé plus noble ici-bas.« Dieu, qui de ses desseins‖ connaît seul le mystère,« A partagé la tâche‖ aux enfans de la terre :« Aux uns le sol à fendre‖ et des champs pour semer,« Aux autres des enfans,‖ des femmes pour aimer,« A ceux-là le plaisir‖ d'un monument qu'on fonde,« A ceux-ci le grand bruit‖ de leurs pas dans le monde ;« Mais il a dit aux cœurs‖ de soupirs et de foi :« Ne prenez rien ici,‖ vous aurez tout en moi !« Le prêtre est l'urne sainte‖ au dôme suspendue,« Où l'eau trouble du puits‖ n'est jamais répandue,« Que ne rougit jamais‖ le nectar des humains,« Qu'ils ne se passent pas‖ pleine de mains en mains,« Mais où l'herbe odorante,‖ où l'encens de l'aurore« Au feu du sacrifice‖ en tout temps s'évapore ;« Il est dans son silence‖ au reste des mortels« Ce qu'est aux instrumens‖ l'orgue des saints autels :« On n'entend pas sa voix‖ profonde et solitaire« Se mêler hors du temple‖ aux vains bruits de la terre ;« Les vierges à ses sons‖ n'enchaînent point leurs pas,« Et le profane écho‖ ne les répète pas ;« Mais il élève à Dieu‖ dans l'ombre de l'église,« Sa grande voix qui s'enfle‖ et court comme une brise,« Et porte, en saints élans,‖ à la divinité,« L'hymne de la nature‖ et de l'humanité.
« Mais vous dites peut-être :‖ il vit seul, et son âme,« Que n'échauffe jamais‖ le rayon de la femme,« Dans cet isolement‖ sèche et se rétrécit ;« Il n'a plus de famille,‖ et son cœur se durcit.« Dites plutôt qu'à l'homme‖ il étend sa famille,« Les pauvres sont pour lui,‖ mère, enfans, femme et fille.« Le Christ met dans son cœur‖ son immense amitié ;« Tout ce qui souffre et pleure‖ est à lui par pitié.« Non, non, dans ma pensée‖ heureuse et recueillie,« Ne craignez pas surtout‖ que mon amour s'oublie.« Ah ! le Dieu qui me veut‖ n'est pas un Dieu jaloux ;« Ce vœu me donne à lui‖ sans m'arracher à vous.« Plus de sa charité‖ l'océan nous inonde,« Plus nous sommes à lui,‖ plus nous sommes au monde,« A ses pieux devoirs,‖ à ses liens permis,« Aux doux attachemens‖ de parens et d'amis.« Devant ce Dieu d'amour‖ dont je serai l'apôtre,« Aucun nom à l'autel‖ n'effacera le vôtre ;« Et chacun des soupirs‖ du céleste entretien« Y portera ce nom‖ au ciel avec le mien !« Ne fermez pas ainsi‖ vos lèvres interdites,« Ne me regardez pas‖ si tristement ; mais dites :« Que le désir de Dieu‖ s'accomplisse sur toi !« Dites comme Sara,‖ mère, et bénissez-moi !
20 mai 1786.
Elle a pleuré sept jours,‖ comme sur les montagnesLa fille de Jephté,‖ que suivaient ses compagnes,Demanda quelques nuits‖ au Seigneur irritéPour pleurer ses printemps‖ et sa virginité,Puis, comme un doux agneau‖ revient à sa nourrice,Vint d'elle-même offrir‖ sa gorge au sacrifice.Ainsi pleurait ma mère,‖ et puis elle a dit : Oui !Mais un cœur sur la terre‖ en sera réjoui.Sitôt que de ma sœur‖ j'aurai béni la joie,Sans regarder derrière,‖ entrons dans notre voie.
1er juin 1786.
Dieu m'a récompensé :‖ ce fut hier le jourOù le Seigneur bénit‖ l'innocence et l'amour.De ma sœur et d'Ernest‖ cette sainte journéeA dans la main de Dieu‖ mêlé la destinée.Les voilà dans la paix‖ se possédant tous deux !Quel éclat de bonheur‖ rayonnait autour d'eux !On eût dit qu'à l'autel‖ se dévoilant d'avance,Tous les jours fortunés‖ d'une longue existence,Tous les chastes plaisirs‖ d'une pure union,Au flambeau de leur noce‖ apportaient un rayon,Et sur leurs fronts sereins‖ concentrant leurs prémices,Prodiguaient en un jour‖ un siècle de délices.Avant l'heure où blanchit‖ le premier horizonQuelle nouvelle vie‖ animait la maison !Tous les volets fermés,‖ hélas ! depuis cette heureOù mon père en sortit‖ pour une autre demeure,Ces portes qui du maître‖ encor gardaient le deuil,Et dont les fleurs jonchaient‖ dès le matin le seuil,Semblaient, prenant une âme‖ et sentant cet emblème,Tressaillir sur leurs gonds‖ et s'ouvrir d'elles-mêmePour accueillir, après‖ un long exil rendu,Le bonheur, comme un hôte‖ au foyer attendu.La musique élevant‖ sa voix par intervalle,Les pas des serviteurs‖ courant de salle en salle ;Les parens, les amis,‖ arrivant deux à deux,Les mains pleines de dons‖ et les cœurs pleins de vœux ;Des présens de l'époux‖ les fragiles merveillesÉtalés sur le lit,‖ débordant les corbeilles,Les vierges pour les voir‖ se pressant à l'entour,Les touchant, les montrant,‖ s'écriant tour à tour ;L'une ajustant le voile‖ au front de la fiancée,L'autre attachant la perle‖ à ses cheveux tressée,Et toutes, le front ceint‖ de grâce et de rougeur,Aimant à contempler‖ les apprêts du bonheur,A promener sur tout‖ leurs doigts, leur fantaisie,Comme on les voit toucher‖ dans un écrin d'AsieLes colliers, les anneaux,‖ les secrets talismansDont on aime l'éclat‖ sans comprendre le sens.Puis les danses le soir‖ sur l'herbe, puis la rondeDans son cercle qui roule‖ entraînant tout le monde,Tout le monde excepté‖ la fiancée et l'époux,Qui fuyaient nos plaisirs‖ pour des plaisirs plus doux,Impatiens du soir‖ qui doit chasser la foule,Comptant l'heure qui sonne‖ et la nuit qui s'écoule,Se cherchant, se trouvant,‖ et le bras sous le brasS'égarant d'arbre en arbre‖ et se parlant plus bas ;Tant le bonheur parfait,‖ qui fuit la multitude,A besoin du silence‖ et de la solitude.Que ce bonheur perçait‖ même dans leur tourment !Comme tout trahissait‖ leur vague enchantement,Ces soupirs, ces regards‖ qui plongeaient l'un dans l'autre,Cette langue sans mots‖ qui surpassait la nôtre,Cette marche indolente,‖ ou ce pas arrêtéComme accablé du poids‖ de leur félicité,Cette fuite du monde‖ et ce besoin d'eux-même,Cette joie à nommer‖ vingt fois le nom qu'on aime,Tout leur réalisait‖ ce rêve de l'amour .Qu'on fait toute la vie‖ et qu'on savoure un jour !Et moi seul et rêveur,‖ glissant sans qu'on me voie,Du regard et du cœur‖ je poursuivais leur joie :Tout le jour, en tout lieu,‖ me trouvant sur leurs pas,Me rencontrant partout,‖ ils ne me voyaient pas ;Du bonheur des amans‖ goûtant au moins l'image,Dans leur félicité‖ j'adorais mon ouvrage,Et je disais tout bas‖ dans mon cœur satisfait :Ce bonheur est à moi,‖ car c'est moi qui l'ai fait !
3 juin 1786.
Souvent hier au bal,‖ au souper de famille,En me montrant du doigt,‖ plus d'une jeune filleDe celles dont j'aimais‖ naguère l'entretien,Et dont le doux regard‖ faisait baisser le mien,Disait : Lui jeune et beau,‖ Dieu ! pourrait-on le croire,Préfère à notre amour‖ une soutane noire ;Le monde lui fait peur !‖ hélas ! le pauvre enfant !Puis, passant devant moi‖ d'un coup d'œil triomphant,M'écrasaient en disant :‖ Ne sommes-nous plus belles ?Et le rire étouffé‖ circulait autour d'elles.J'avais l'air insensible‖ au sarcasme moqueur.Vous cependant, mon Dieu,‖ vous lisiez dans mon cœur !…
6 juin 1786.
Ce fut hier ; le jour‖ mélancolique et sombreSemblait de ma tristesse‖ avoir revêtu l'ombre :On eût dit qu'à son tour‖ l'âme de ce beau lieuVoulait sympathiser‖ avec ce jour d'adieu,Tant le ciel était gris,‖ tant les vents sans haleineLaissaient pencher la feuille‖ et l'épi sur la plaine,Tant le ruisseau dormait‖ en retenant sa voix,Tant les oiseaux cachés‖ se taisaient dans les bois !Tout se taisait aussi‖ dans la maison fermée ;On n'osait regarder‖ une figure aimée ;Quand on se rencontrait‖ on n'osait se parler,De peur qu'un son de voix‖ ne vînt vous révélerLe sanglot dérobé‖ sous le tendre sourire,Et ne fit éclater‖ le cœur qu'un mot déchire.On allait, on venait ;‖ mère, sœur, à l'écart,Préparaient à genoux‖ les apprêts d'un départ,Et chacune, les mains‖ dans le coffre enfoncées,Cachait avec ses dons‖ une de ses pensées,On s'asseyait ensemble‖ à table, mais en vain ;Les pleurs se faisaient route‖ et coulaient sur le pain.Ainsi passa le jour ;‖ et quand la nuit suprême,Nuit qui doit pour jamais‖ séparer ce qui s'aime,Eut jeté sur nos yeux‖ des voiles plus épais,— « Allez, dis-je à ma mère,‖ et reposez en paix,« Reposez votre cœur‖ de soupirs et de larmes,« Bénissez votre enfant,‖ et dormez sans alarmes ;« Que ce dernier sommeil‖ que je fais près de vous,« Descende sur vos yeux‖ encor tranquille et doux ;« De notre long adieu‖ n'anticipez pas l'heure.« Hélas ! trop tôt viendra‖ ce long soir où l'on pleure ;« Mais l'esprit qui console‖ et l'ange des adieux« A ma prière alors‖ viendront sécher vos yeux ;« Vous me verrez entrer‖ plus léger dans ma voie,« Car ce qu'on donne à Dieu‖ doit s'offrir dans la joie.« Dormez ! dès que le jour‖ sur l'église aura lui,« Au pied de votre lit‖ je veux être avant lui ;« Et si nos yeux alors‖ ont quelque larme amère,« Que Dieu nous la pardonne !‖ homme, on n'a qu'une mère. »Son baiser lentement‖ sur mon front descendit,Et je n'entendis pas‖ ce qu'elle répondit ;Car le cœur plein des pleurs‖ que cachait mon visage,Et ne le pouvant pas‖ retenir davantage,J'étais déjà sorti‖ de son appartement,Et je cherchais la nuit‖ pour pleurer librement.Les brises de montagne,‖ avec le soir venues,Avaient blanchi le ciel‖ et balayé les nues :C'était une des nuits‖ dont la sérénitéParle à l'âme de paix,‖ d'amour, d'éternité,Où la lune arrondie‖ et dans l'azur assise,Répandant sur les bois‖ sa lueur indécise,Semble, en dessinant mieux‖ chaque pâle contour,Un souvenir muet‖ de la vie et du jour.Je m'enfonçai pleurant‖ sous les sombres alléesDes traces de ma mère‖ encor toutes peuplées ;Je parcourais du pas‖ tout le champêtre enclos,Où, comme autant de fleurs,‖ mes jours étaient éclos ;J'écoutais chanter l'eau‖ dans le bassin de marbre ;Je touchais chaque mur,‖ je parlais à chaque arbre,J'allais d'un tronc à l'autre‖ et je les embrassais,Je leur prêtais le sens‖ des pleurs que je versais,Et je croyais sentir,‖ tant notre âme a de force,Un cœur ami du mien‖ palpiter sous l'écorce.Sur chaque banc de pierre‖ où je m'étais assis,Où j'avais vu ma mère‖ assise avec son fils,Je m'asseyais un peu ;‖ je tournais mon visageVers la place où mes yeux‖ retrouvaient son image,Je lui parlais de l'âme ;‖ elle me répondait ;Sa voix, sa propre voix‖ dans mon cœur s'entendait,Et je fuyais ainsi‖ du hêtre au sycomore,Réveillant mon passé‖ pour le pleurer encore.Du nid de la colombe‖ à la loge du chien,Je revisitais tout‖ et je n'oubliais rien,Et je disais à tout‖ un adieu sympathique,Et, de tout emportant‖ quelque chère relique,Je remplissais mon sein‖ de feuillage roulé,Du sable de la cour‖ par ma mère foulé,De la mousse enlevée‖ aux murs verts des tourelles,Et du duvet tombé‖ du toit des tourterelles ;Puis quand j'eus complété‖ mon douloureux trésor,Pour consumer la nuit‖ qui me restait encor,J'allai dans le parterre,‖ au pied de la fenêtreDe la chambre où ma mère‖ aussi veillait peut-être,Près du bassin d'eau vive‖ où tremble le bouleau,Le corps sur le gazon,‖ le front penché sur l'eau,Sur l'eau que j'écoutais‖ sangloter dans sa fuite,Comme un pas décroissant‖ d'un ami qui nous quitte ;Et là, prenant la terre‖ et l'herbe à pleine main,Collant ma lèvre au sol‖ que j'allais fuir demain,J'embrassai cette terre‖ où j'avais pris racine,D'où m'arrachait si tendre‖ une force divine ;J'ouvris mon cœur trop plein‖ et j'en laissai coulerCe long torrent de pleurs‖ qui voulait s'y mêler.
Je ne sais pas combien‖ d'heures ainsi coulèrent,Ni quels mille pensers‖ dans ma tête roulèrent ;De son œil infini‖ Dieu seul peut les compter,Et le cœur dans sa langue‖ au cœur les raconter.Il est des nuits d'orage‖ où le flot des idées,Comme un fleuve trop plein‖ aux ondes débordéesRoule avec trop de pente‖ et trop d'emportement,Pour que notre âme même‖ en ait le sentiment ;Un vertige confus‖ bouillonne dans la tête,Et prêt à se briser,‖ le cœur même s'arrête ;J'étais dans cet état,‖ sans entendre, sans voir,Anéantissement,‖ sommeil du désespoir ;Seulement par momens‖ mes pleurs, pleuvant encore,M'éveillaient en tombant‖ dans le bassin sonore.L'aube enfin colora‖ sa barre au bord des cieux,Comme un flambeau soudain‖ qui vient blesser les yeux.Je voulus, sans revoir‖ un visage de femme,Dire à ma mère un mot‖ qui lui laissât mon âme ;Sur mes genoux tremblans‖ du seuil je m'approchai ;De mon front prosterné,‖ muet, je le touchai ;J'entrelaçai mes doigts‖ aux barreaux des persiennes ;Je crus sentir des mains‖ qui rencontraient les miennes.Adieu ! criai-je ; en vain‖ j'y voulus joindre un mot,Mon cœur noyé d'angoisse‖ eut à peine un sanglot,Et je m'enfuis courant‖ et sans tourner la tête,Comme un homme qui craint‖ qu'un remords ne l'arrête.
Je marchai devant moi‖ par des champs sans chemin,De peur de rencontrer,‖ d'entendre un être humain,Jusqu'au sommet aride‖ où la sombre montagneS'affaisse et redescend‖ vers une autre campagne.Sur une roche grise‖ une croix de granit,Que la mousse tapisse,‖ où l'aigle fait son nid,S'élève pour bénir‖ à la fois les deux faîtes,Comme un homme étendant‖ ses deux bras sur deux têtes.Là je me retournai‖ pour la première fois,Et m'assis sur la pierre‖ au pied de cette croix ;Je vis se dérouler‖ sous moi le paysage,Le jardin verdoyer‖ sous les murs du village,La colombe blanchir‖ les toits, et la maisonRetirer lentement‖ son ombre du gazon.Je vis blanchir dans l'air‖ sa première fumée,Une main entr'ouvrir‖ la fenêtre fermée.Un soupir emporta‖ mon âme à ce doux lieu,Et sur l'herbe, à genoux,‖ je m'écriai : Mon Dieu !Vous qui prenez le fils,‖ restez avec la mère,Que l'heure du départ‖ n'y soit pas même amère !Je ne quitte, ô mon Dieu,‖ ces cœurs et ce séjour,Qu'afin de leur laisser‖ plus de paix et d'amour ;Que l'amour et la paix‖ y restent à ma place,Et que le sacrifice‖ attire au moins la grâce.Veillez au lieu de moi‖ sur ses chers habitans ;Bénissez nuit et jour‖ leur route et leurs instans ;Soyez vous-même, ô Dieu !‖ vous, ô céleste père !Pour la mère le fils‖ et pour la sœur le frère,Comblez-les de vos dons,‖ menez-les par la main,Par une longue vie‖ et par un doux chemin,Au terme où nous devons‖ vous rendre grâce ensemble,Et que dès ici-bas‖ votre sein nous rassemble !Je dis, et sous les bois‖ de ces derniers sommets !L'horizon paternel‖ s'abaissa pour jamais.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 264((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a bouche / touche féminine, classiqueb saveur / bonheur masculine, classiquec s'arrête / fête féminine, classiqued fils / accomplis masculine, classiquee anniversaires / pères féminine, classiquea vallon / rayon masculine, classiqueb d'éclore / l'aurore féminine, classiquec d'azur / pur masculine, classiqued volées / vallées féminine, classiquee joyeux / yeux masculine, classiquef geste / modeste féminine, classiqueg dehors / bords masculine, classiqueh demi-vêtues / statues féminine, classiquei jardin / matin masculine, classiquej découlées / défilées féminine, classiquek bois / voix masculine, classiquel paille / taille féminine, classiquem hameau / l'ormeau masculine, classiquen familles / filles féminine, classiqueo lointains / festins masculine, classiquep chapelle / rappelle féminine, classiqueq incliné / donné masculine, classiquea pelouse / jalouse féminine, classiqueb ressaisir / plaisir masculine, classiquec champêtre / hêtre féminine, classiqued clair / d'air masculine, classiquee tendre / répandre féminine, classiquef accens / bondissans masculine, classiqueg pressées / cadencées féminine, classiqueh deux / amoureux masculine, classiquei attire / délire féminine, classiquej encor / d'or masculine, classiquek grève / soulève féminine, classiquel tour / amour masculine, classiquem colonne / rayonne féminine, classiquea hautbois / voix masculine, classiqueb dénoue / joue féminine, classiquec indolens / lents masculine, classiqued frappée / entrecoupée féminine, classiquee assoupir / soupir masculine, classiquef ravie / vie féminine, classiqueg cœur / langueur masculine, classiqueh soie / joie féminine, classiquei disparu / couru masculine, classiquej l'heure / demeure féminine, classiquek chemin / main masculine, classiquel sombre / l'ombre féminine, classiquea nuit / bruit masculine, classiqueb paupière / prière féminine, classiquec dansans / sens masculine, classiqued fête / tête féminine, classiquee gracieux / yeux masculine, classiquef semble / tremble féminine, classiqueg mouvant / vent masculine, classiqueh flétries / chéries féminine, classiquei voulez-vous / doux masculine, classiqueb bras / pas masculine, classiqued jour / qu'amour masculine, classiquea images / pages féminine, classiqueb ouverts / vers masculine, classiquec lyre / lire féminine, classiqued feu / Dieu masculine, classiquea belle / pleurait-elle féminine, classiquea sœur / bonheur masculine, classiquea solitaire / terre féminine, classiqueb maison / gazon masculine, classiquec l'appuie / pluie féminine, classiqued pleurs / lecteurs masculine, classiquee rame / l'âme féminine, classiquef pitié / moitié masculine, classiqueg basse / place féminine, classiqueh enclos / sanglots masculine, classiquei distance / silence féminine, classiquej sûr / mur masculine, classiquek treille / oreille féminine, classiquel boudoir / soir masculine, classiquem obscures / figures féminine, classiquen lit masculine, classiqueo visage / page féminine, classiquep passé / embrassé masculine, classiqueq robe / dérobe féminine, classiquer douleurs / pleurs masculine, classiques joue / secoue féminine, classiquet trahissait / versait masculine, classiqueu t’aime / moi-même féminine, classiquev aveu / vœu masculine, classiquew avare / sépare féminine, classiquex bien / sien masculine, classiquey larmes / charmes féminine, classiquez encor / l'or masculine, classiquea faire / mère féminine, classiqueb prix / fils masculine, classiquec héritage / partage féminine, classiqued souffrir / mourir masculine, classiquee mélange / ange féminine, classiquef suspendu / entendu masculine, classiquea pensée / passée féminine, classiquea aujourd'hui / lui masculine, classiqueb profonde / monde féminine, classiquec genoux / vous masculine, classiqued l'âme / réclame féminine, classiquee mortels / autels masculine, classiquef tente féminine, classiqueg chemins / humains masculine, classiqueh terre / solitaire féminine, classiquei lieu / Dieu masculine, classiquej mêlée féminine, classiquek combat / abat masculine, classiquel lutte / chute féminine, classiquem l'enjeu / peu masculine, classiquen voyage / bagage féminine, classiqueo d'ambitions / afflictions masculine, classiquep suive / arrive féminine, classiqueq tard / départ masculine, classiquer prière / fière féminine, classiques adieu / Dieu masculine, classiquet prie / patrie féminine, classiqueu pas / ici-bas masculine, classiquev mystère / terre féminine, classiquew semer / aimer masculine, classiquex fonde / monde féminine, classiquey foi / moi masculine, classiquez suspendue / répandue féminine, classiquea humains / mains masculine, classiqueb l'aurore / s'évapore féminine, classiquee pas masculine, classiquef l'église / brise féminine, classiqueg divinité / l'humanité masculine, classiquea âme / femme féminine, classiqueb rétrécit / durcit masculine, classiquec famille / fille féminine, classiqued amitié / pitié masculine, classiquee recueillie / s'oublie féminine, classiquef jaloux / vous masculine, classiqueg inonde / monde féminine, classiqueh permis / d'amis masculine, classiquei l'apôtre / vôtre féminine, classiquej entretien / mien masculine, classiquek interdites / dites féminine, classiquel toi / bénissez-moi masculine, classiquea montagnes / compagnes féminine, classiqueb irrité / virginité masculine, classiquec nourrice / sacrifice féminine, classiqued Oui / réjoui masculine, classiquee joie / voie féminine, classiquea jour / l'amour masculine, classiqueb journée / destinée féminine, classiquec deux / d'eux masculine, classiqued d'avance / existence féminine, classiquee union / rayon masculine, classiquef prémices / délices féminine, classiqueg horizon / maison masculine, classiqueh heure / demeure féminine, classiquei deuil / seuil masculine, classiquej emblème / d'elles-même féminine, classiquek rendu / attendu masculine, classiquel intervalle / salle féminine, classiquem deux / vœux masculine, classiquen merveilles / corbeilles féminine, classiqueo l'entour / tour masculine, classiquep fiancée / tressée féminine, classiqueq rougeur / bonheur masculine, classiquer fantaisie / d'Asie féminine, classiques talismans / sens masculine, classiquet ronde / monde féminine, classiqueu l'époux / doux masculine, classiquev foule / s'écoule féminine, classiquew bras / bas masculine, classiquex multitude / solitude féminine, classiquey tourment / enchantement masculine, classiquez l'autre / nôtre féminine, classiquea arrêté / félicité masculine, classiqueb d'eux-même / aime féminine, classiquec l'amour / jour masculine, classiqued voie / joie féminine, classiquef l'image / ouvrage féminine, classiqueg satisfait / fait masculine, classiqueb l'entretien / mien masculine, classiquec croire / noire féminine, classiqued enfant / triomphant masculine, classiquee belles / d'elles féminine, classiquef moqueur / cœur masculine, classiqueb lieu / d'adieu masculine, classiquec haleine / plaine féminine, classiqued voix / bois masculine, classiquee fermée / aimée féminine, classiquef parler / révéler masculine, classiqueg sourire / déchire féminine, classiqueh l'écart / départ masculine, classiquei enfoncées / pensées féminine, classiquej vain / pain masculine, classiquek suprême / s'aime féminine, classiquel épais / paix masculine, classiquem larmes / alarmes féminine, classiquen vous / doux masculine, classiqueo l'heure / pleure féminine, classiquep adieux / yeux masculine, classiquer lui masculine, classiques amère / mère féminine, classiquet descendit / répondit masculine, classiqueu visage / davantage féminine, classiquev appartement / librement masculine, classiquew venues / nues féminine, classiquex sérénité / d'éternité masculine, classiquey assise / indécise féminine, classiquez contour / jour masculine, classiquea allées / peuplées féminine, classiqueb enclos / éclos masculine, classiquec marbre / arbre féminine, classiqued embrassais / versais masculine, classiquee force / l'écorce féminine, classiquef assis / fils masculine, classiqueg visage / image féminine, classiqueh répondait / s'entendait masculine, classiquei sycomore / encore féminine, classiquej chien / rien masculine, classiquek sympathique / relique féminine, classiquel roulé / foulé masculine, classiquem tourelles / tourterelles féminine, classiquen trésor / encor masculine, classiqueo fenêtre / peut-être féminine, classiquep bouleau / l'eau masculine, classiqueq fuite / quitte féminine, classiquer main / demain masculine, classiques racine / divine féminine, classiquet couler / mêler masculine, classiquea coulèrent / roulèrent féminine, classiqueb compter / raconter masculine, classiquec idées / débordées féminine, classiqued d'emportement / sentiment masculine, classiquee tête / s'arrête féminine, classiquef voir / désespoir masculine, classiqueg encore / sonore féminine, classiqueh cieux / yeux masculine, classiquei femme / âme féminine, classiquej m'approchai / touchai masculine, classiquek persiennes / miennes féminine, classiquel mot / sanglot masculine, classiquem tête / l'arrête féminine, classiquea chemin / humain masculine, classiqueb montagne / campagne féminine, classiquec granit / nid masculine, classiqued faîtes / têtes féminine, classiquee fois / croix masculine, classiquef paysage / village féminine, classiqueh fumée / fermée féminine, classiquej mère / amère féminine, classiquek séjour / d'amour masculine, classiquel place / grâce féminine, classiquem habitans / instans masculine, classiquen père / frère féminine, classiqueo main / chemin masculine, classiquep ensemble / rassemble féminine, classiqueq sommets / jamais masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
528 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres complètes de M. A. de Lamartine, PARIS, 21, quai Malaquais, CHARLES GOSSELIN, FURNE ET Cie, PAGNERRE, DUFOUR ET MULAT, 1851· numérisation gallica.bnf.fr· Sources