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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La chute d’un ange, 1838

Deuxième vision

Alphonse de Lamartine· 10 distiquess, alexandrins, 524 vers

Or, de ce long supplice‖ invisible témoin,L’ange de Daïdha,‖ Cédar, n’était pas loin ;Et si ma voix ne peut‖ exprimer ce martyre,Le tien, esprit d’amour,‖ quels mots pourraient le dire ?Arraché par ces cris‖ à son ravissement,Écrasé de stupeur‖ et d’étourdissement,Il était demeuré‖ sans regard, sans parole,Comme un homme qui passe‖ et dont l’âme s’envole.Avant Daïdha même‖ il avait tout senti ;D’un cœur à l’autre, hélas !‖ tout avait retenti :Chaque goutte d’horreur‖ des membres de la femmeAvait aussi coulé‖ de son cœur, de son âme.Il avait vu l’enfant‖ surprise en son sommeil :Il avait écouté‖ le sinistre conseil ;Il avait entendu‖ quel infâme salaireDe son rêve idéal‖ les chasseurs comptaient faire,Et comment des brigands‖ se dépeçaient entre euxCelle que redoutaient‖ ses regards amoureux !Il avait espéré‖ que pendant leur disputeSes frères reviendraient‖ terminer cette lutte,Et, de leurs bras vainqueurs‖ sauvant leur jeune sœur,Terrasser à leurs pieds‖ l’infâme ravisseur ;Mais quand il avait vu‖ les sept hommes dans l’ombre,Sur sa trace accourus,‖ multiplier leur nombre,Et dans les nœuds d’acier‖ Daïdha, ses amours,Trébucher et rouler‖ sans espoir de secours,Et, sous le lourd filet‖ sur la terre écrasée,Se débattre en mêlant‖ son sang à la rosée ;Comme une mère en pleurs‖ dont l’affreux lionceauVient d’emporter l’enfant‖ dormant dans son berceau,Plongeant ses bras fumants‖ sous la dent qui le broie,Membre à membre en lambeaux‖ lui dispute sa proie,L’ange, par son amour‖ vaincu plus qu’à moitié,N’avait pu retenir‖ l’élan de sa pitié.S’oubliant tout entier‖ pour la vierge qu’il aime,Il s’était à l’instant‖ précipité lui-même ;Le désespoir jaloux‖ qui l’avait surmontéAvait anéanti‖ toute autre volonté.Un désir tout-puissant‖ avait changé son être ;Il était devenu‖ ce qu’il eût tremblé d’être,Et, d’un terrestre corps‖ et de sens revêtu,D’une nature à l’autre‖ il s’était abattu.Au moment redoutable‖ où changeait sa nature,Semblable au cri rongeur‖ du remords qui murmure,Il avait dans son âme‖ entendu retentirCe cri : « L’arrêt divin‖ n’a point de repentir.Tombe, tombe à jamais,‖ créature éclipsée !Périsse ta splendeur‖ jusque dans ta pensée !Savoure jusqu’au sang‖ le bonheur des humains ;Tu déchires ta gloire‖ avec tes propres mains ;Ta vie au fond du cœur‖ n’aura pas l’espérance ;Tu n’auras pas comme eux‖ la mort pour délivrance ;Au lieu d’une ici-bas‖ tu subiras cent morts ;Dieu te rendra ta vie‖ et la terre ton corps,Tant que tu n’auras pas‖ racheté goutte à goutteTa première splendeur,‖ qu’une femme te coûte ! »Mais l’arrêt formidable‖ en tombant entendu,Avec le souvenir‖ de son destin perdu,Tout était déjà vague‖ et loin dans sa mémoire.Il ne lui restait rien‖ de sa première gloire,Rien du ciel, rien de lui,‖ qu’un morne étonnement,Je ne sais quel instinct‖ et quel pressentimentDu présent, du passé,‖ de hautes destinées,Semblable dans son âme‖ aux images innées,Où l’homme, rencontrant‖ un objet imprévu,Reconnaît d’un coup d’œil‖ ce qu’il n’a jamais vu.

Or, en transfigurant‖ son invisible image,L’ange avait pris d’instinct‖ la forme et le visageDe cet être idéal‖ dont l’apparitionHantait de Daïdha‖ l’imagination,Quand dans la tendre extase‖ où le sommeil la plongeSon angélique amour‖ la visitait en songe :C’était l’ange toujours,‖ mais sous des traits humains,L’homme enfant tel que Dieu‖ le pétrit de ses mains ;Âme visible aux yeux,‖ ravissant phénomène,Où l’esprit transparent‖ sous l’enveloppe humaine,Élevant la matière‖ à sa sublimité,L’empreint d’intelligence‖ et l’orne de beauté,Et de sa sympathie‖ en s’échauffant lui-même,De l’amour qu’il ressent‖ pénètre ce qu’il aime !Il semblait que la vie‖ eût mesuré ses joursÀ ceux de cette enfant,‖ ses divines amours :Seulement par les traits‖ son jeune et beau visageRévélait quelque chose‖ au-dessus de cet âge ;Et, quoique dans sa fleur,‖ sa précoce beautéApprochait un peu plus‖ de sa maturité.Son regard doux nageait‖ dans un azur moins pâle ;Sa lèvre gracieuse‖ avait un pli plus mâle ;Les boucles d’or bruni‖ de ses épais cheveuxRoulaient en flots plus courts‖ sur un cou plus nerveux ;Sa taille dépassait‖ d’une demi-statureCelle de la charmante‖ et frêle créature ;Ses membres arrondis,‖ mais où des muscles fortsMêlaient déjà la force‖ à la grâce du corps,Sans aucun poids, d’un port‖ majestueux et libre,Posaient sur le gazon‖ dans un juste équilibre,Ainsi qu’un dieu sorti‖ du ciseau du sculpteur,Dont le pied porte seul‖ toute la pesanteur !C’était derrière un tronc‖ de cèdre épais et sombreQue l’ange avait changé‖ de nature dans l’ombre,Et que dans un premier‖ et long étonnement,Inconnu de lui-même,‖ il doutait un moment.Sa chute avait brisé‖ les fils de ses pensées,Dans son âme nouvelle‖ éparses, effacées ;Mais l’élan qui l’avait‖ précipité du cielBouleversait encor‖ son cœur matériel.Sans savoir d’où venait‖ l’instinct involontaire,L’amour conçu là-haut‖ le suivait sur la terre.Tel, au fond du sépulcre‖ où son visage dort,L’homme atteint par la foudre‖ et frappé de la mort,Du dernier sentiment‖ où l’âme s’est éteinteGarde encor sur ses traits‖ l’ineffaçable empreinte.

En voyant cette enfant‖ d’ineffable beautéBattre de son sein nu‖ le sol ensanglanté,Et ces hommes, riant‖ d’une stupide joie,Qui se baissaient déjà‖ pour emporter leur proie ;Sans rempart que son cœur,‖ sans armes que sa main,De l’ombre qui le cache‖ il s’élance soudain,Entre eux et Daïdha‖ fond comme la tempête :Faisant comme un bélier‖ un levier de sa tête,Au creux de la poitrine‖ il en frappe d’un bondLe premier des géants ;‖ sous le choc de son front,Des poumons écrasés‖ la cavité sonoreGémit comme un tronc creux‖ d’if ou de sycomore.L’haleine qu’il cherchait‖ manque au sein du chasseur ;Sa masse en chancelant‖ fléchit de sa hauteur,Perd l’équilibre et tombe,‖ et, roulant en arrière,De ses yeux convulsifs‖ cherche en vain la lumière.Les cinq autres, frappés‖ de surprise et d’horreur,Reculent quelques pas ;‖ leur commune terreurMultiplie un seul homme‖ en armée à leurs vues.Pour protéger leur vie‖ ils lèvent leurs massues ;Bientôt, sûrs du triomphe,‖ ils reviennent à lui,Regagnent d’un élan‖ le terrain qu’ils ont fui,Et fondant à la fois‖ sur l’unique adversaire,Leur cercle menaçant‖ l’entoure et le resserre.Il les voit sans pâlir,‖ et de son bras tenduSaisissant par les pieds‖ le cadavre étendu,Il le fait tournoyer‖ sur lui comme une épée :De sa massue humaine‖ à chaque tour frappée,La troupe homme par homme‖ en un clin d’œil s’abat.La forêt retentit‖ de l’horrible combat ;La tête du géant,‖ comme une lourde masse,Broie en éclats les os‖ des crânes qu’il terrasse ;Leur cervelle en lambeaux‖ sur ses pieds vient jaillir,Quatre ont mordu le sol.‖ Il sent son bras faillir,Et l’arme trop pesante,‖ au cinquième adressée,Trompe, en manquant le but,‖ la main qui l’a lancée ;C’était Djezyd, le seul‖ survivant à ses coups,Le seul, mais à lui seul‖ plus terrible qu’eux tous.Profitant du terrain‖ avec intelligence,Son coup d’œil lui promet‖ sa proie et sa vengeance.Sur le vainqueur lassé‖ d’un grand bond s’élançant,Au moment où le pied‖ lui glisse dans le sang,À son torse noué‖ flancs à flancs il s’enlace,L’étouffe de son corps,‖ l’ébranle de sa masse.Comme deux troncs voisins‖ par l’orage tordus,Enlaçant aux rameaux‖ leurs rameaux confondus,Les deux rivaux, du front‖ s’appuyant dans la lutte,Se soutiennent l’un l’autre‖ et retardent leur chute.On entendait crier‖ leurs muscles et leurs os ;La sueur inondait‖ leurs membres à grands flots,Et les halètements‖ de leurs fortes haleinesSortaient comme le bruit‖ des grands vents dans les chênes.Enfin plus lourd, plus fort‖ que son jeune ennemi,Djezyd du sol manquant‖ le soulève à demi ;Et quand il sent les pieds‖ détachés de leur base,Se précipite à terre‖ et de son poids l’écrase :L’un à l’autre incrustés,‖ ils tombent d’un seul bloc ;La terre, sous leurs corps,‖ sonne et tremble du choc ;Sous le poids de Djezyd,‖ dont la masse l’accable,L’enfant du ciel roidit‖ ses muscles comme un câble ;Mais, sentant qu’il ne peut‖ se dégager de lui,De son épaule à terre‖ il prend un point d’appui,Le serre étroitement‖ des nœuds de sa colère,Puis s’imprime à lui-même‖ un élan circulaire,Avec son corps qui roule‖ entraîne l’autre corps ;La pente du terrain‖ seconde ses efforts :Ils tournent confondus‖ jusqu’au vert précipice,Où sur le lit des eaux‖ le sol se penche et glisse ;Et tous deux à la fois,‖ dans le flot écumant,Ils tombent embrassés :‖ mortel embrassement,Où, du dernier soupir‖ ne s’enviant que l’heure,Chacun d’eux veut mourir‖ pourvu que l’autre meure !Qui comprendra l’horreur‖ de ce combat nouveau,Dans l’ombre de la mort,‖ sous le linceul de l’eau,Où des deux combattants‖ l’inextinguible rageEmpêchait son rival‖ de mordre le rivage,Et, pour précipiter‖ son suprême moment,Soi-même s’étouffait‖ sous l’humide élément ?L’abîme en connut seul‖ l’horrible alternative,Et l’onde bouillonnante‖ en submergea sa rive.Enfin, dans ses efforts‖ de Dieu seul aperçus,L’enfant du ciel reprit‖ un moment le dessus ;Au niveau du flot sombre‖ il releva son buste ;Pressant un corps dans l’eau‖ sous son genou robuste,Ouvrant de ses deux mains‖ la bouche du géant,Il fit entrer le flot‖ dans le gosier béant,Et bientôt, remontant‖ du fond à la surface,Un cadavre flottant‖ en obscurcit la glace.Ses traits morts respiraient‖ la rage et la terreur,Et le rayon des nuits‖ s’en écartait d’horreur !Tout ruisselant des flots,‖ du limon qui l’inonde,Le vainqueur déchiré‖ sort à grands pas de l’onde,Et, plein du même instinct‖ dont l’éclair le guida,Sans étancher son sang‖ revole à Daïdha.Pour briser le filet‖ il se penche sur elle.L’enfant, témoin et prix‖ de la lutte mortelle,Avait suivi des yeux‖ et secondé du cœurL’effort désespéré‖ de son libérateur.Cet être reconnu‖ par sa vague mémoireBrillait par sa beauté‖ moins que de sa victoire ;Et, bien qu’elle ignorât‖ sur elle son dessein,Elle pressait ses bras,‖ se collait sur son sein ;Comme si par instinct‖ sa tendre confianceDe son amour céleste‖ eût eu la conscience.Quand il eut soulevé‖ les longs plis des réseaux,Et des mailles de fer‖ déroulé les anneaux,Tout tremblant de froisser‖ sous les nœuds qu’il déploieCes membres délicats‖ ou ces tresses de soie,À ses pieds que du front‖ elle allait essuyer,Daïdha se jetant,‖ voulait balbutierÀ travers son respect‖ son cri de délivrance,Quand un nom tout à coup‖ de mille voix s’élance :« Daïdha ! Daïdha !‖ c’est elle, la voici ! »L’aube au ciel rougissait‖ le nuage éclairci,Et de tous les sentiers‖ descendant des montagnes.On voyait accourir‖ ses frères, ses compagnes,Qui la cherchaient dans l’ombre‖ en lui tendant les bras.Sa mère les guidait‖ en devançant leurs pas ;Daïdha l’aperçut,‖ et, bondissant vers elle,Colla de cent baisers‖ la lèvre maternelle.Oh ! qui dira jamais‖ le transport étouffantDont la sauvage mère‖ étreignit son enfant ?Et les convulsions‖ de ce bras qui la presse,Et ces élans d’amour‖ et ces bonds de tigresse,Quand elle vit le sang‖ sur ses membres meurtris ?La féroce tribu‖ fut l’écho de ses cris,Et, se précipitant‖ sur l’inconnu céleste,Crut voir le meurtrier‖ et l’immolait du geste ;Mais Daïdha, courant‖ entre la foule et lui,Et prenant par la main‖ son sauveur, son appui,Montre de l’œil, du doigt,‖ à la foule tremblanteLes six corps de géants‖ jonchant l’herbe sanglante.Ils mesurent du pas‖ ces cadavres affreux,Lèvent les yeux au ciel‖ et se parlent entre eux,Comme si leur esprit‖ se refusait à croireQu’un mortel eût suffi‖ seul à cette victoire.Ils se rangent muets‖ près de l’heureuse enfant,Qui leur fait de ces morts‖ le récit triomphant.Le merveilleux combat‖ passe de bouche en bouche ;Autour de l’étranger‖ on se presse, on le touche ;On l’entraîne en triomphe‖ à travers les forêts,Comme un frère de plus,‖ jusqu’aux antres secretsOù la tribu nomade‖ a creusé ses asilesPour fuir la servitude‖ et les travaux des villes ;Et les vieillards, assis‖ sous l’arbre du conseil,Pour parler et juger‖ devancent le soleil.

Or, en ces temps, mon fils,‖ des choses primitives,Les enfants de Caïn,‖ familles fugitives,Vivant, comme la brute,‖ éparses dans les bois,N’avaient point inventé‖ le pouvoir ni les lois.Les lois n’étaient alors‖ que ces instincts sublimesQui font vibrer en nous‖ nos sentiments intimes :Sons vagues et confus‖ que rendait au hasardL’âme humaine, instrument‖ sans règles et sans art,Avant que la sagesse,‖ éclairant nos oreilles,Eût dans un chant divin‖ accordé ses merveilles.Le pouvoir n’était rien‖ que la paternité,De la vie et du temps‖ la sainte autorité,Dont l’âge décernait‖ l’évidente puissance,Et pour qui l’habitude‖ était l’obéissance.Quand la famille humaine‖ en rameaux s’étendait,Le conseil des vieillards‖ au père succédait ;Du destin des tribus‖ séculaires arbitres,Ils régnaient sans couronne,‖ et gouvernaient sans titres ;Leur parole écoutée‖ était les seules lois :On respectait le temps‖ qui parlait par leurs voix,Mais à leur tribu seule‖ ils devaient la justice ;L’ignorance livrait‖ le reste à leur caprice :Tout ce qui n’était pas‖ du sang de leurs aïeux,Profane, n’avait plus‖ titre d’homme à leurs yeux.Ennemis éternels‖ des races étrangères,Leur brutale équité‖ se bornait à leurs frères :Pareils dans leur démence‖ aux peuples d’aujourd’hui,Bornant leur univers‖ où leur soleil a lui,Dépouillant de leurs droits‖ des nations entières,Et pensant que de Dieu‖ l’amour a des frontières,Quand ils les surprenaient,‖ ils livraient sans remordLa mère à l’esclavage‖ et le père à la mort ;Et les enfants, proscrits‖ même avant que de naître,Croissaient dans la tribu‖ pour y servir un maître.Mais au-dessus des chefs,‖ le vent des passionsDéchaînait quelquefois‖ le feu des factions :Pour le choix des troupeaux,‖ des butins, des épouses,La colère excitait‖ des tempêtes jalouses ;Divisant la famille‖ en partis inhumains,Le pouvoir indécis‖ flottait de mains en mains,Jusqu’à ce que d’un chef‖ l’heureuse tyrannieAsservît à son tour‖ sa race à son génie.Ainsi vivait errante‖ aux sommets du SannyrLa sauvage tribu,‖ famille de Phayr.

Phayr avait vécu‖ presque l’âge des chênesSans avoir jamais vu‖ les merveilles humainesDont les enfants du meurtre‖ et leur postéritéAvaient couvert le sein‖ du vieux monde habité.Je ne sais quel instinct‖ venu de père en pèreLes poussait à rester‖ voyageurs sur la terre :Soit que du sang d’Abel‖ par leur main répanduLe cri vengeur par eux‖ fût encore entendu ;Soit qu’un féroce attrait‖ nourri par l’habitudeLes chassât dans les monts‖ et dans la solitude,Et qu’ils crussent que l’homme,‖ en fondant la maison,De son indépendance‖ élevait la prison.Des rejetons vivants,‖ comme des glands sans nombre,Étaient sortis de lui‖ pour grandir sous son ombre ;Mais arrachés de terre‖ ou par la mort fauchés,De sa tribu proscrite‖ ils étaient retranchés :Les uns avaient péri‖ dans ces terribles luttesQu’ils livraient dans les bois‖ contre les rois des brutes,Sous la griffe du tigre‖ ou l’ongle des lions ;D’autres s’étaient enfuis‖ dans leurs rébellions ;Traqués par les chasseurs‖ jusque dans leurs asiles,Plusieurs, traînés captifs‖ par les enfants des villes,Esclaves attelés‖ à d’énormes fardeaux,Ou, le frein dans les dents,‖ leurs maîtres sur leur dos,Des plus vils animaux‖ leur rendaient les services,Tandis que leurs enfants‖ les servaient dans leurs vices.Sept fils d’âge inégal‖ et les fils de leurs fils,Et leurs femmes au sein‖ portant leurs tendres fruits,Et le superbe essaim‖ de dix vierges, leurs filles,Restaient seuls au vieillard‖ d’innombrables familles ;Et ses yeux, en comptant‖ sa race, pouvaient voirDans leurs rangs décimés‖ décroître son espoir.Sa raison chancelait‖ sous le fardeau de l’âge ;Son pouvoir du passé‖ n’était plus que l’image ;Ses fils, ne lui laissant‖ qu’un pouvoir disputé,S’arrachaient sous son nom‖ sa feinte autorité :D’un respect apparent‖ ils couvraient leur puissance ;Mais ce qui lui gardait‖ un peu d’obéissance,C’était moins du passé‖ le tendre souvenir,Le droit sacerdotal‖ de maudire ou bénir,Que le droit de régler‖ le destin des familles,Aux fils de la tribu‖ de décerner les filles.Car le bien le plus cher‖ et le plus disputé,C’était, chez ces enfants‖ du désert, la beauté !

Or, Phayr sous ses yeux‖ voyait de près écloreCette fleur qui croissait‖ pour s’embellir encore.Il avait depuis peu‖ couché dans le tombeauLe dernier de ses fils,‖ hélas ! et le plus beau :Ségor était son nom ;‖ depuis moins d’une annéeUne épouse à ses flancs‖ avait été donnée,Et l’oiseau qui roucoule‖ enviait leurs amoursQuand la flèche d’Ischar‖ avait tranché ses jours.Phayr, dont cet enfant‖ consolait la vieillesse,Noya depuis ce coup‖ ses yeux dans la tristesse.Selon les vieilles mœurs,‖ vieillard, il avait prisPour épouse Selma,‖ la veuve de son fils,Comme de l’arbre d’or‖ que la tempête cueille,Quand la tige est coupée,‖ on ramasse la feuille.Selma, qui dormait chaste‖ à côté du vieillard,Mit au monde son fruit,‖ hélas ! venu trop tardPour tendre ses bras blancs‖ et sourire à son père,Mais tout semblable au moins‖ aux songes de sa mère.Cette fille d’amour‖ et de mort, Daïdha,Cette enfant qu’en naissant‖ l’œil en pleurs regarda,Croissait depuis treize ans,‖ fleur des nuits dont les larmesEn arrosant le front‖ multipliaient les charmes !Et chacun des sept chefs‖ espérait pour son filsDe son obéissance‖ un si superbe prix ;Et chacun de ces fils,‖ quand il rêvait de femme,Voyait de Daïdha‖ les yeux bleus dans son âme !

La rougeur du plaisir‖ sur son beau front vermeil,Daïdha s’avança‖ vers l’arbre du conseil,En tenant une main‖ dans la main de sa mèreEt de l’autre menant‖ l’étranger comme un frère.Le vieillard éploré‖ la reçoit dans ses bras,Presse contre son sein‖ ses membres délicats,Tandis que Daïdha,‖ qui sur son front se penche,Inonde de ses pleurs‖ sa chevelure blanche.Phayr enfin levant‖ ses yeux sur l’étranger :Toi qui sus la sauver,‖ dit-il, et la venger,De quelque nom caché‖ que ta race se nomme,Qu’une femme en ses flancs‖ t’ait procréé d’un homme,Ou que sous forme humaine‖ apparu sur ces bordsLa foudre soit ton âme‖ et le feu soit ton corps,Lis sur nos fronts ouverts‖ notre reconnaissance.Ne crains pas de lever‖ la tête en ma présence ;Entre ta race et nous‖ ce jour vengeur a misLe sang sept fois versé‖ de nos vils ennemis ;Que ce sang dont par toi‖ l’herbe fut arroséeSur ta tête sept fois‖ redescende en rosée :Pour te payer le prix‖ qu’on doit à ta vertu,De nos bras, de nos cœurs,‖ parle, qu’espères-tu ?Mais dis-nous avant tout‖ si tu viens de la nue,Ou d’une race humaine‖ à nos yeux inconnue.Parle donc ! apprends-nous‖ ta nature et ton nom ;Que de ton âme enfin‖ la nôtre entende un son.

Il se tut ; le jeune homme‖ attentif, en silence,Des accents du vieillard‖ écoutant la cadence,Semblait suivre dans l’air‖ avec attentionDes sons qu’il entendait‖ chaque vibration,Comme si la parole‖ était une merveilleDont chaque son portât‖ un coup à son oreilles ;Puis, essayant lui-même‖ un accent modulé,Ne proféra qu’un son‖ vague, inarticulé,Semblable au bégaîment‖ qu’en essayant la vie,Pour imiter sa mère,‖ un enfant balbutie.Chaque chef à son tour‖ l’interrogeait en vain :Il comprenait de l’œil,‖ les yeux, le front, la main ;Mais les mots à ses sens‖ n’étaient que des murmures.La stupeur se peignait‖ sur toutes les figures,Et, depuis le vieillard‖ jusques à Daïdha,Avec étonnement‖ chacun le regarda.Le second des enfants‖ de Phayr dit : « Mes frères,Cet homme et cette nuit‖ sont remplis de mystères.Avant qu’il soit trop tard‖ prévenons le danger ;Observons la coutume,‖ et tuons l’étranger. »Ainsi parla Jedyr ;‖ une honte unanimeMonta sur tous les fronts‖ comme le sang d’un crime.« Le tuer ! » s’écria‖ la foule ; et DaïdhaPressa sa main plus fort‖ et de pleurs l’inonda.« Le tuer ! le tuer !‖ s’écria chaque mère.— Eh bien ! reprit Jedyr,‖ que voulez-vous en faire ?Quel est cet inconnu,‖ dites, le savez-vous ?Pourriez-vous sans péril‖ renvoyer loin de nousUn hôte que d’un sang‖ ennemi Dieu fit naître,Qui connaît notre race,‖ et qui, vendu peut-êtreAux éternels bourreaux‖ des enfants de Phayr,N’a paru nous sauver‖ que pour mieux nous trahir ?Ou bien, si vous gardez‖ libre dans votre raceCet enfant dont l’œil tue‖ et dont l’aspect terrasse,Cet homme dont les bras‖ sur vous seront levés,N’est-ce pas un tyran‖ que vous vous réservez ?Faudra-t-il obéir‖ aux fils des étrangères ?Faudra-t-il lui donner‖ les filles de nos pères,Afin qu’un germe impur,‖ dans nos veines admis,Mette au cœur de nos fils‖ le sang des ennemis,Et qu’en nos propres seins,‖ rivales éternelles,Des races de lions‖ se combattent entre elles ?Non ! répandons sur l’heure,‖ en détournant les yeux,Le sang qui souillerait‖ l’âme de nos aïeux ! »Namphi, Salem, Jorab,‖ du regard approuvèrent ;Mais des femmes sur eux‖ les clameurs s’élevèrent ;Et Saki, en secret‖ conseillé par Selma,Prévoyant la tempête,‖ en ces mots la calma :« À qui parle de mort,‖ honte sur sa pensée !De sang sur notre cause‖ une goutte versée,Ce sang de l’étranger‖ que notre terre a buDoit consacrer le reste‖ aux yeux de la tribu :De ce sang à nos fils‖ Dieu demanderait compte ;Leur signe serait meurtre,‖ et leur nom serait honte !Cependant devons-nous‖ livrer imprudemmentLe salut de Phayr‖ par notre entraînement ?Libre il est un danger ;‖ mais sa mort est un crime.Qu’il vive ! mais, de peur‖ que sa main nous opprime,Ou qu’il suive nos pas‖ pour mieux les révéler,Ou qu’au nôtre son sang‖ ose un jour se mêler,Qu’il vive ! mais esclave‖ au milieu des esclaves.— Oui, qu’il vive ! qu’il vive !‖ Apportez les entraves !Crie en frappant des mains‖ la tribu d’une voix.Des fardeaux, de la tente,‖ il portera le poids.Il combattra pour nous ;‖ de son fortuné maître,Sans crainte des lions‖ les troupeaux iront paître ;Et du père aux enfants‖ il sera dans SannyrL’onagre et le chameau‖ des enfants de Phayr. »

Les sept chefs à ce cri‖ se lèvent de leur siége.La foule sur leurs pas‖ se presse et les assiége.On apporte à leurs pieds‖ le honteux instrument,Des esclaves d’alors‖ torture et vêtement :La cruauté de l’homme,‖ en supplices féconde,Les avait inventés‖ dès l’enfance du monde ;Seulement, dépourvu‖ de ses arts d’aujourd’hui,L’instrument en était‖ barbare comme lui.Du pasteur du Liban‖ la race encor sauvageDes métaux assouplis‖ ignorait tout usage,Et les maîtres encor‖ n’avaient pas inventéLe fer, cet ennemi‖ de toute liberté !Des liens de feuillage‖ enchaînaient les esclaves ;Comme aux fronts des taureaux‖ ces rustiques entravesN’étaient qu’une liane‖ où pour passer le couLe maître en la tressant‖ laissait un large trou.Lorsque dans ce carcan‖ la tête était entrée,Par un nœud éternel‖ la liane serréeEnfermait aussi fort‖ qu’un carcan de métalL’homme déshonoré‖ dans le collier fatal.Pour empêcher les mains‖ d’élargir l’ouverture,Un autre nœud liait‖ le coude à la ceinture ;De sorte que l’esclave,‖ avec les avant-bras,N’avait de tout le corps‖ de libre que ses pas,Qu’on pouvait l’avilir‖ au plus indigne usageSans craindre contre soi‖ sa force ni sa rage,Et que pour se nourrir‖ ou se désaltérerIl lui fallait, ô honte !‖ à terre se vautrer,Et prendre avec les dents‖ les viles nourrituresQue l’homme repu jette‖ aux viles créatures !

Quand Jedyr et Znaïm,‖ tout prêts à le lier,Posèrent sur son cou‖ leur main pour le plier,À l’aspect d’un esclave,‖ hélas ! son triste emblème,Il comprit d’un regard‖ leur dessein sur lui-même ;Et secouant des bras‖ les chefs, qu’il renversa,Sous son genou courbé‖ tous deux les terrassa.La foule, s’écartant‖ autour du jeune athlète,Élargit de terreur‖ son enceinte muette ;Et la vierge elle-même‖ avec effroi fuyant,Dans les bras de Selma‖ s’abritait en criant.Mais Cédar, c’est ainsi‖ que du lieu de sa gloireLa foule avait nommé‖ l’homme par sa victoire,Cédar la voyant fuir‖ et pleurer, son espritÀ ces signes d’effroi‖ d’un coup d’œil la comprit :Il ramassa lui-même‖ avec dédain à terreLes liens qu’il avait‖ foulés dans sa colère,Il les porta soumis‖ aux pieds de Daïdha ;Il abaissa le cou‖ sous sa main, qu’il guida.Semblable au fier lion‖ dont l’enfant qu’il caresseAdoucit l’œil de sang‖ en regard de tendresse,Il laissa sans frémir,‖ de son corps garrotté,Humilier la force‖ avec la liberté,Et suivit, humble et doux,‖ la douce jeune filleQui le menait en laisse‖ au roi de la famille.Là, sur l’herbe accroupi,‖ les deux mains sur son front,La femme et le vieillard‖ l’attachèrent au troncEt des vils animaux‖ disputant la pâture,Les glands tombés pour eux‖ furent sa nourriture.

Versification

Forme
10 distiquess (distiques)
Rimes
262((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
10 distiquess
Mots à la rime
a témoin / loin masculine, classiqueb martyre / dire féminine, classiquec ravissement / d’étourdissement masculine, classiqued parole / s’envole féminine, classiquee senti / retenti masculine, classiquef femme / âme féminine, classiqueg sommeil / conseil masculine, classiqueh salaire / faire féminine, classiquei eux / amoureux masculine, classiquej dispute / lutte féminine, classiquek sœur / ravisseur masculine, classiquel l’ombre / nombre féminine, classiquem amours / secours masculine, classiquen écrasée / rosée féminine, classiqueo lionceau / berceau masculine, classiquep broie / proie féminine, classiqueq moitié / pitié masculine, classiquer aime / lui-même féminine, classiques surmonté / volonté masculine, classiquet être / d’être féminine, classiqueu revêtu / abattu masculine, classiquev nature / murmure féminine, classiquew retentir / repentir masculine, classiquex éclipsée / pensée féminine, classiquey humains / mains masculine, classiquez l’espérance / délivrance féminine, classiquea morts / corps masculine, classiqueb goutte / coûte féminine, classiquec entendu / perdu masculine, classiqued mémoire / gloire féminine, classiquee étonnement / pressentiment masculine, classiquef destinées / innées féminine, classiqueg imprévu / vu masculine, classiquea image / visage féminine, classiqueb l’apparition / l’imagination masculine, classiquec plonge / songe féminine, classiquee phénomène / humaine féminine, classiquef sublimité / beauté masculine, classiqueg lui-même / aime féminine, classiqueh jours / amours masculine, classiquei visage / âge féminine, classiquej beauté / maturité masculine, classiquek pâle / mâle féminine, classiquel cheveux / nerveux masculine, classiquem demi-stature / créature féminine, classiquen forts / corps masculine, classiqueo libre / équilibre féminine, classiquep sculpteur / pesanteur masculine, classiqueq sombre / l’ombre féminine, classiquer étonnement / moment masculine, classiques pensées / effacées féminine, classiquet ciel / matériel masculine, classiqueu involontaire / terre féminine, classiquev dort / mort masculine, classiquew éteinte / empreinte féminine, classiquea beauté / ensanglanté masculine, classiqueb joie / proie féminine, classiquec main / soudain masculine, classiqued tempête / tête féminine, classiquee bond / front masculine, classiquef sonore / sycomore féminine, classiqueg chasseur / hauteur masculine, classiqueh arrière / lumière féminine, classiquei d’horreur / terreur masculine, classiquej vues / massues féminine, classiquek lui / fui masculine, classiquel adversaire / resserre féminine, classiquem tendu / étendu masculine, classiquen épée / frappée féminine, classiqueo s’abat / combat masculine, classiquep masse / terrasse féminine, classiqueq jaillir / faillir masculine, classiquer adressée / lancée féminine, classiques coups / tous masculine, classiquet intelligence / vengeance féminine, classiqueu s’élançant / sang masculine, non classiquev s’enlace / masse féminine, classiquew tordus / confondus masculine, classiquex lutte / chute féminine, classiquey os / flots masculine, classiquez haleines / chênes féminine, classiquea ennemi / demi masculine, classiqueb base / l’écrase féminine, classiquec bloc / choc masculine, classiqued l’accable / câble féminine, classiquee lui / d’appui masculine, classiquef colère / circulaire féminine, classiqueg corps / efforts masculine, classiqueh précipice / glisse féminine, classiquei écumant / embrassement masculine, classiquej l’heure / meure féminine, classiquek nouveau / l’eau masculine, classiquel rage / rivage féminine, classiquem moment / élément masculine, classiquen alternative / rive féminine, classiqueo aperçus / dessus masculine, classiquep buste / robuste féminine, classiqueq géant / béant masculine, classiquer surface / glace féminine, classiques terreur / d’horreur masculine, classiquet l’inonde / l’onde féminine, classiqueu guida / Daïdha masculine, classiquev elle / mortelle féminine, classiquew cœur / libérateur masculine, classiquex mémoire / victoire féminine, classiquey dessein / sein masculine, classiquez confiance / conscience féminine, classiquea réseaux / anneaux masculine, classiqueb déploie / soie féminine, classiquec essuyer / balbutier masculine, classiqued délivrance / s’élance féminine, classiquee voici / éclairci masculine, classiquef montagnes / compagnes féminine, classiqueg bras / pas masculine, classiqueh elle / maternelle féminine, classiquei étouffant / enfant masculine, classiquej presse / tigresse féminine, classiquek meurtris / cris masculine, classiquel céleste / geste féminine, classiquem lui / appui masculine, classiquen tremblante / sanglante féminine, classiqueo affreux / eux masculine, classiquep croire / victoire féminine, classiqueq enfant / triomphant masculine, classiquer bouche / touche féminine, classiques forêts / secrets masculine, classiquet asiles / villes féminine, classiqueu conseil / soleil masculine, classiquea primitives / fugitives féminine, classiqueb bois / lois masculine, classiquec sublimes / intimes féminine, classiqued hasard / art masculine, classiquee oreilles / merveilles féminine, classiquef paternité / autorité masculine, classiqueg puissance / l’obéissance féminine, classiqueh s’étendait / succédait masculine, classiquei arbitres / titres féminine, classiquej lois / voix masculine, classiquek justice / caprice féminine, classiquel aïeux / yeux masculine, classiquem étrangères / frères féminine, classiquen d’aujourd’hui / lui masculine, classiqueo entières / frontières féminine, classiquep remord / mort masculine, classiqueq naître / maître féminine, classiquer passions / factions masculine, classiques épouses / jalouses féminine, classiquet inhumains / mains masculine, classiqueu tyrannie / génie féminine, classiquev Sannyr / Phayr masculine, classiquea chênes / humaines féminine, classiqueb postérité / habité masculine, classiquec père / terre féminine, classiqued répandu / entendu masculine, classiquee l’habitude / solitude féminine, classiquef maison / prison masculine, classiqueg nombre / ombre féminine, classiqueh fauchés / retranchés masculine, classiquei luttes / brutes féminine, classiquej lions / rébellions masculine, classiquel fardeaux / dos masculine, classiquem services / vices féminine, classiquen fils / fruits masculine, classiqueo filles / familles féminine, classiquep voir / espoir masculine, classiqueq l’âge / l’image féminine, classiquer disputé / autorité masculine, classiques puissance / d’obéissance féminine, classiquet souvenir / bénir masculine, classiqueu familles / filles féminine, classiquev disputé / beauté masculine, classiquea éclore / encore féminine, classiqueb tombeau / beau masculine, classiquec année / donnée féminine, classiqued amours / jours masculine, classiquee vieillesse / tristesse féminine, classiquef pris / fils masculine, classiqueg cueille / feuille féminine, classiqueh vieillard / tard masculine, classiquei père / mère féminine, classiquej Daïdha / regarda masculine, classiquek larmes / charmes féminine, classiquel fils / prix masculine, classiquea vermeil / conseil masculine, classiqueb mère / frère féminine, classiquec bras / délicats masculine, classiqued penche / blanche féminine, classiquee l’étranger / venger masculine, classiquef nomme / homme féminine, classiqueg bords / corps masculine, classiqueh reconnaissance / présence féminine, classiquei mis / ennemis masculine, classiquej arrosée / rosée féminine, classiquek vertu / qu’espères-tu masculine, classiquel nue / inconnue féminine, classiquem nom / son masculine, classiquea silence / cadence féminine, classiqueb attention / vibration masculine, classiquec merveille / oreilles féminine, non classiqued modulé / inarticulé masculine, classiquee vie / balbutie féminine, classiquef vain / main masculine, classiqueg murmures / figures féminine, classiquei frères / mystères féminine, classiquej danger / l’étranger masculine, classiquek unanime / crime féminine, classiquel Daïdha / l’inonda masculine, classiquem mère / faire féminine, classiquen savez-vous / nous masculine, classiqueo naître / peut-être féminine, classiquep Phayr / trahir masculine, classiqueq race / terrasse féminine, classiquer levés / réservez masculine, classiques étrangères / pères féminine, classiquet admis / ennemis masculine, classiqueu éternelles / elles féminine, classiquev yeux / aïeux masculine, classiquew approuvèrent / s’élevèrent féminine, classiquex Selma / calma masculine, classiquey pensée / versée féminine, classiquez bu / tribu masculine, classiquea compte / honte féminine, classiqueb imprudemment / entraînement masculine, classiquec crime / opprime féminine, classiqued révéler / mêler masculine, classiquee esclaves / entraves féminine, classiquef voix / poids masculine, classiqueg maître / paître féminine, classiquea siége / assiége féminine, classiqueb instrument / vêtement masculine, classiquec féconde / monde féminine, classiquee sauvage / usage féminine, classiquef inventé / liberté masculine, classiqueh cou / trou masculine, classiquei entrée / serrée féminine, classiquej métal / fatal masculine, classiquek l’ouverture / ceinture féminine, classiquel avant-bras / pas masculine, classiquem usage / rage féminine, classiquen désaltérer / vautrer masculine, classiqueo nourritures / créatures féminine, classiquea lier / plier masculine, classiqueb emblème / lui-même féminine, classiquec renversa / terrassa masculine, classiqued athlète / muette féminine, classiquee fuyant / criant masculine, classiquef gloire / victoire féminine, classiqueg esprit / comprit masculine, classiqueh terre / colère féminine, classiquei Daïdha / guida masculine, classiquej caresse / tendresse féminine, classiquek garrotté / liberté masculine, classiquel fille / famille féminine, classiquem front / tronc masculine, classiquen pâture / nourriture féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

524 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, CHEZ L’AUTEUR, RUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1861· numérisation wikisource.org· Sources