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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La chute d’un ange, 1838

Douzième vision

Alphonse de Lamartine· distiques, alexandrins, 568 vers

La nuit, qui livre l’homme‖ à ses réflexions,Et qui laisse à son cœur‖ mordre les passions,Pleine de perfidie‖ et d’embûches secrètes,Jetait sur les géants‖ ses ombres inquiètes.Le sommeil ne bénit‖ que des fronts innocents ;Leur lourd sommeil n’était‖ que l’ivresse des sens,Morne assoupissement,‖ stupeur et léthargieDu buveur effréné‖ qui succombe à l’orgie.Tous ces fronts, où la peur‖ secouait le remord,Ne rêvaient, assoupis,‖ que le crime ou la mort :De leurs cœurs, en dormant,‖ ils écartaient des glaives,Et la nuit sanglotait,‖ pleine du bruit des rêves !

Sous ces toits convulsifs‖ du palais endormi,Deux êtres veillaient seuls :‖ Asrafiel et Lakmi.Asrafiel, repassant‖ devant ses yeux l’imageDe la femme céleste‖ enlevée au nuage,Ne pouvait effacer‖ ni détacher de luiLe doux rayonnement‖ dont ce front avait lui.Daïdha, dans la nuit‖ seulement entrevue,D’un éblouissement‖ troublait encor sa vue.Ces suaves contours,‖ ces yeux, ces traits si purs,Nageaient dans l’atmosphère‖ et flottaient sur les murs ;Et s’il fermait les yeux,‖ sous sa paupière ardenteIl sentait cette image‖ encore plus présente ;Et jamais la beauté,‖ dans son charme vainqueur,N’avait ainsi passé‖ de ses sens à son cœur.Il sentait sur ses yeux,‖ à cette seule image,Le brasier de son sein‖ se répandre en nuage ;Il aurait préféré‖ le vent de ses cheveuxÀ ces mille beautés‖ qui devançaient ses vœux.Pour la première fois‖ cette âme sensuelleD’un indomptable amour‖ aspirait l’étincelle.En tombant d’un regard,‖ cette foudre du cielAllumait le limon‖ dans le cœur d’Asrafiel.Il avait entendu‖ d’une oreille inquièteNemphed insinuer‖ sa volonté secrète,Et des plus grands exploits‖ pour son trône entreprisAux Titans enflammés‖ la promettre pour prix.De désirs et d’orgueil‖ son âme possédéeD’abord avec espoir‖ accueillit cette idée ;Certain de conquérir‖ par un facile effortSur ses faibles rivaux‖ cette palme du fort.Mais du fourbe Nemphed‖ l’astucieuse adresseAvait jusqu’au délire‖ irrité cette ivresse,Et le premier éclair‖ des fortes passionsLui faisait détester‖ ces profanations.

« Exécrable vieillard,‖ tyran lâche et caduque,Dont le sang se corrompt‖ dans des veines d’eunuque !Qui n’as jamais senti‖ d’autre frisson au cœurQue celui de l’orgueil‖ ou celui de la peur !Qui glacerais le feu‖ sous ta peau de couleuvre !Ah ! le fiel de tes yeux‖ souillerait ce chef-d’œuvre ?Ah ! tu nous daignerais‖ jeter avec méprisCes célestes appas‖ sous ton venin flétris ?De cette fleur du ciel‖ qui donne le vertige,J’en aurais une feuille‖ et tu tiendrais la tige ?Asrafiel à ce prix‖ serait ton seul soutien ?Sublime invention‖ d’un cœur tel que le tien !Prix bien digne en effet‖ que ce bras fort se lèvePour prolonger d’un jour‖ ton règne qui s’achèveEt ravir au vautour,‖ sous ton trône abattu,Ta carcasse maudite‖ où nul cœur n’a battu !…

» Moi plus fort et plus beau‖ que tout ce qui respire !…Moi dont le front portait‖ mes titres à l’empire ;Moi qui, pour d’autres feux‖ pouvant le dédaigner,Me sentais assez fort‖ pour te laisser régner !Ah ! ton ingratitude‖ à cet excès s’oublie !Tremble ! ce mot stupide‖ a trahi ta folie !De ton trône ébranlé‖ je retire le bras.Dans ton piége, à mes pieds,‖ tyran, tu te prendras !J’ai rampé trop longtemps,‖ lion, sous le reptile !Mes dents déchireront‖ cette trame subtileQue ton hypocrisie‖ et ton ambitionTissèrent de mensonge‖ et de corruption.Je t’y veux secouer‖ de ma main indignée,Comme à sa toile immonde‖ on suspend l’araignée !Du peuple et des géants‖ ces muscles sont l’effroi ;Ma taille au-dessus d’eux‖ m’élève maître et roi,Ma suprême beauté‖ me désigne à la foule.Du trône humilié‖ que ce monstre s’écroule !Qui d’entre mes rivaux‖ osera m’affronter ?Qui m’en arrachera‖ si je veux y monter ?Roi qui croules avant‖ que commence la lutte,Tombe, puisque l’amour‖ est au prix de ta chute ! »

En se parlant ainsi,‖ tels que ceux d’un taureau,Ses muscles palpitants‖ se tordaient sous sa peau.La veine de son front,‖ renflée en diadème,Semblait le couronner‖ de sa colère même.Dans la salle sonore‖ il marchait à grands pas,En redressant le buste‖ et balançant les bras,Comme un athlète armé‖ du redoutable cesteSe prépare au combat‖ par la pose et le geste,De ses membres d’aplomb‖ éprouve la vigueur,Et, foule à vide l’air‖ sous son genou vainqueur,Ainsi, mêlant tout haut‖ la rage et la menace,Son amour dans son âme‖ enflammait son audace ;Et dans ce cœur de feu‖ la double passionPoussait par la débauche‖ à la sédition.Sans pouvoir s’assoupir‖ dans sa veille farouche,Son corps impatient‖ se tordait sur sa couche.

Reposant aux genoux‖ de Nemphed endormi,Que faisait cependant‖ la perfide Lakmi ?Dans un sommeil léger‖ que le rêve entrecoupe,Tenait-elle en esprit‖ le poignard ou la coupe ?Ourdissait-elle en songe,‖ en dévidant ses fils,Le sourire et la mort‖ dans des complots subtils ?Ses yeux savouraient-ils,‖ prévoyant des supplices,Les voluptés du sang‖ versé pour ses délices ?Non : par un seul coup d’œil‖ son cœur était changé ;Elle avait vu Cédar,‖ le ciel était vengé.Ce jeune homme si beau,‖ cette humaine merveille,Tenait ses yeux ouverts‖ et fascinait sa veille :Un seul regard l’avait‖ dans son âme sculpté,Comme un type inconnu‖ d’immortelle beauté.Ainsi l’éclair écrit‖ la forme de la foudreSur l’arbre qu’il écorce‖ ou sur le marbre en poudre !Ses songes de douze ans‖ ne l’avaient pas rêvé.Ce buste sur le coude‖ à demi soulevé,Ces membres enchaînés,‖ mais dont les anneaux mêmesRelevaient l’élégance‖ et la grâce suprêmes ;Ce front qu’assombrissait‖ l’humiliation,Mais qui se redressait‖ sous l’indignation ;Ces forêts de cheveux‖ rejetés en arrière,Qui roulaient sur l’épaule‖ ainsi qu’une crinière,Au mouvement du cou‖ découvrant tour à tourDu profil attristé‖ l’attendrissant contour ;De l’oblique regard‖ l’humide et chaste flamme,Ces traits éblouissants‖ de la beauté de l’âme,Beauté dont sur les sens‖ l’effet mystérieuxTouche et ravit le cœur‖ de la splendeur des yeux,Et dont sur cette enfant‖ la lumière imprévueN’avait jamais encore‖ émerveillé la vue ;Ce désespoir vibrant,‖ cette sainte douleur,Dans ses bras affaissés,‖ dans sa morne pâleur ;Ces pleurs silencieux‖ qui tombent sur la pierre,Ou que le courroux sèche‖ aux bords de la paupière ;Pour l’ange qu’écrasaient‖ des démons sous leur pié,Cette admiration‖ qu’attendrit la pitié :Tout avait remué‖ ses entrailles de femme,Troublé son ignorance‖ et réveillé son âme.

Et puis ces longs regards‖ de tristesse chargésEntre les deux époux‖ devant elle échangés ;Ces yeux qui s’attiraient‖ à, travers leur nuage,Ce visage toujours‖ cherchant l’autre visage ;Ces lèvres de Cédar‖ qui semblaient aspirerLe vent que Daïdha‖ venait de respirer ;Ces deux cœurs qui battaient‖ à briser leur poitrine ;Ce langage sans mots‖ que le regard devine,Qui dans un seul coup d’œil,‖ au profane interdit,Concentrait plus d’amour‖ qu’un siècle n’en eût dit ;Ces élans, ces soupirs,‖ ces déchirantes poses,Ces silences, ces bras‖ tendus : toutes ces chosesAvaient à son esprit‖ révélé dans ce jourTout un monde nouveau‖ de tendresse et d’amour.Amour qui l’étonnait‖ et qui la troublait toute,Qui rajeunissait l’âme‖ à sa première goutte,Et qui faisait tomber‖ de ses impures mainsLe calice affadi‖ des plaisirs inhumains !Elle avait d’un coup d’œil‖ plongé dans les délicesDe cet amour des cœurs‖ que lui cachaient ses vices,Et se disait, brûlant‖ de l’inspirer aussi :« Je donnerais le ciel‖ pour être aimée ainsi !…Pour qu’un de ces regards‖ qui font pâlir d’envie.Intercepté par moi,‖ vînt tomber sur ma vie. »Mais comparant, d’un œil‖ par l’amour éclairé,Aux traits de Daïdha‖ son front déshonoré,Sa ruse à la candeur,‖ son astuce à la grâce,La pudique tendresse‖ à sa virile audace,La pâleur de sa joue‖ aux neiges de ce teint,De son abaissement‖ elle avait eu l’instinct :Elle s’était sentie‖ impuissante, éclipsée,Rougissant d’elle-même‖ au fond de sa pensée !La jalousie avait,‖ en entrant dans son cœur,Empoisonné le dard‖ de son amour vainqueur ;L’humiliation‖ avait courbé sa tête,Et tous ses sentiments‖ n’étaient qu’une tempête !Ainsi bouillait l’esprit‖ de Lakmi, d’Asrafiel.Tel quand un rayon d’or‖ vient à tomber du cielSous la muette nuit‖ de ces cachots funèbresOù l’œil habitué‖ se plaît dans les ténèbres,Perçant la profondeur‖ de ces voiles épais,Le jour de cette nuit‖ trouble la morne paix ;Il montre sur les murs,‖ comme une sombre lampe,Le poison qui suinte et‖ le scorpion qui rampe ;Le coupable au cachot,‖ qui sèche de terreur,Regrette que le jour‖ lui montre son horreur !Ainsi ces deux enfants‖ de beauté primitiveÉtonnaient cet égout‖ de leur splendeur naïve,Et dans ce monde infect‖ leur apparitionTroublait dans son repos‖ l’abomination.

Lakmi, dont cette image‖ embrasait la pensée ;Flamme vive et légère‖ à tous les vents versée,Sans attendre un moment,‖ sans craindre, sans prévoir,N’avait plus qu’une idée‖ au fond du cœur : revoir !Revoir l’être inconnu‖ dont le brillant fantômeL’attirait, comme à soi‖ l’astre attire l’atome ;Nemphed aurait placé‖ la mort entre elle et lui,Qu’elle eût couru plus vite‖ où ce front avait lui.Son sexe de la femme‖ avait l’imprévoyance,Son âge de l’enfant‖ avait l’impatience ;Rien n’avait combattu‖ dans son âme un désir ;Sa main n’avait qu’un geste :‖ aspirer et saisir…S’approchant doucement‖ de son maître farouche,Dont les bras découverts‖ pendaient hors de sa couche ;Elle arracha du doigt‖ du tyran endormiL’anneau, signe sacré‖ que connaissait Lakmi,Et que pour accomplir‖ ses volontés sinistresElle faisait briller‖ à l’œil de ses ministres.Ce talisman suprême‖ enfermé dans sa main,Des cachots du palais‖ elle prend le chemin :D’une torche enflammée‖ elle éclaire sa route,De degré en degré‖ descend de voûte en voûte,Glisse sous les arceaux‖ comme un songe léger,En laissant sur les murs‖ son ombre voltiger ;Sous le dédale obscur‖ d’immenses avenuesS’enfonce à pas muets‖ dans des routes connues ;Terrasse, en leur montrant‖ le signe révéré,Les eunuques, gardiens‖ de ce cachot sacré ;Aux bourreaux étonnés‖ défend avec mystèreD’accomplir sur Cédar‖ leur affreux ministère ;Les écarte du geste,‖ et, tremblant de respect,Pour la première fois‖ se trouble à son aspect !

Le cachot de Cédar‖ était dans les entraillesDes remparts du palais,‖ gigantesques muraillesQui défendaient des dieux‖ les sacrés monuments.Leurs mains avaient voûté‖ ces massifs fondementsPour cacher aux regards,‖ dans les flancs de la terre,L’abomination‖ sous la nuit du mystère.Sous ces temples géants‖ de granit et d’airainRégnait dans le silence‖ un monde souterrain,Monde de l’imposture,‖ où pour la tyrannieLa superstition,‖ exerçant son génie,Des prodiges menteurs‖ préparait les ressorts ;Torturait les vivants,‖ engloutissait les morts ;Instruisait à la fourbe,‖ initiait aux crimes ;Sous le fer et le feu‖ mutilait ses victimes ;Abîme où, sous les pieds‖ de ces fils de Baal,Plongeait jusqu’aux enfers‖ la racine du mal.Tout un peuple englouti‖ dans ces antres funèbresHabitait loin du jour‖ ces sphères de ténèbres ;Des desseins de Nemphed‖ fourbes exécuteurs,Alchimistes, bourreaux,‖ prêtres, mutilateurs,Faux prophètes, devins,‖ artisans d’imposture,Dans leurs fourneaux secrets‖ profanant la nature,Décomposant à l’œil,‖ sous leurs coupables mains,La séve de l’hysope‖ et le sang des humains ;Se vouant sous la terre‖ à d’éternelles veillesPour imiter de Dieu‖ les vivantes merveilles,Lutter avec le feu,‖ l’onde, la terre et l’air,Frapper avec la foudre‖ et luire avec l’éclair.

Les pierres de ces murs,‖ en collines soudées,Pesaient l’une sur l’autre‖ en blocs de vingt coudées ;Sur leur large épaisseur‖ sept chars auraient roulé,Et sous leur cintre immense‖ un fleuve aurait coulé ;Un torrent détourné‖ sous ces arches profondesDans ce lit sépulcral‖ faisait mugir ses ondes ;Du seuil de ce portique‖ à son extrémitéL’œil n’eût pas d’un flambeau‖ distingué la clarté.Comme de grands rameaux‖ partant d’un tronc immense,Ces souterrains s’ouvraient‖ de distance en distance,Et, divergeant au loin‖ sous le roc ténébreux,En usages divers‖ se divisaient entre eux.

L’un conduisait les pas‖ aux gémissantes cavesOù les bourreaux des dieux‖ mutilaient les esclaves.Du cachot de Cédar‖ illuminant le seuil,La torche de Lakmi‖ plonge dans ce cercueil ;La lueur vacillante‖ y glisse devant elleEt du jeune captif‖ éblouit la prunelle ;De légers pieds de femme‖ en discernant le bruit,Il regarde sans voir‖ du milieu de sa nuit ;Et Lakmi tour à tour‖ hardie, intimidée,Reculant vers la porte‖ à plus d’une coudée,En revoyant ainsi‖ cet être surhumain,Laisse échapper d’horreur‖ la torche de sa main.

Il était enchaîné‖ par de pesantes maillesÀ d’énormes anneaux‖ scellés dans les murailles ;Une ceinture aux flancs,‖ à la nuque un collier,Le rattachaient encore‖ aux boucles du pilier ;Des bracelets de fer‖ noués sur sa peau tendreEmpêchaient ses deux bras‖ et ses pieds de s’étendre,Et laissaient seulement‖ aux membres entravésAssez de liberté‖ pour joncher les pavés.Comme un homme qui tombe‖ abattu par la foudre,Il était renversé‖ sur le flanc dans la poudre.Les chaînons de ses fers,‖ qu’il ne soulevait plus,Retombaient froids et lourds‖ sur ses membres moulus,Sur le dos de la main‖ à l’autre main croisée,Le visage au pavé,‖ sa tête était posée ;Et ses cheveux épars,‖ mêlés, souillés, tordus,Flottaient en noirs flocons‖ sur la terre épandus.

Tel qu’un homme en sursaut‖ et dont le sang s’arrête,Au bruit soudain d’un pas,‖ il souleva la tête.Comme deux diamants,‖ deux grosses gouttes d’eauBrillèrent sur sa joue‖ aux reflets du flambeau.La douleur sans espoir‖ peinte sur son visage,Ce jour qu’il ne voyait‖ qu’à travers un nuage ;Ce morne abattement‖ donnait à sa beautéLa majesté du marbre‖ et l’immortalité.De l’ange de la tombe‖ on eût dit la statue.La clarté pas à pas‖ pénétrait dans sa vue ;La figure debout‖ de la fille des dieuxAvec le jour entrait‖ plus claire dans ses yeux ;Ses traits d’étonnement‖ s’imprégnaient à mesure,Ses paupières s’ouvraient‖ pour mieux voir la figure,Et sa lèvre, aspirant‖ cette apparition,Palpitait de surprise‖ et d’admiration.

Lakmi le regardait‖ dans le même silence,Comme un être indécis‖ dont l’audace balance,Et qui craint de troubler‖ un charme par sa voix.En voyant ruisseler‖ des pleurs entre les doigts,D’une douleur divine‖ en contemplant l’image,Cette douleur d’autrui‖ passait sur son visage ;Et, sans savoir en soi‖ quelle source coulait,De chacun de ses yeux‖ une onde ruisselait.Tels, en se pénétrant‖ d’un regard plein de charmes,Les yeux de deux enfants‖ se font monter les larmes.

Cédar, en découvrant‖ ces signes de pitié,Sentait changer sa haine‖ en muette amitié.Dans les traits de Lakmi,‖ femme, enfant, démon, ange,De splendeur et de nuit‖ mystérieux mélange,Son regard, où le doute‖ avec l’espoir entrait,Ne pouvait démêler‖ la terreur de l’attrait :De la couleuvre ainsi‖ que sur l’herbe on admireLe froid glace la main‖ que la couleur attire.Ils restèrent ainsi‖ longtemps silencieux,Tantôt se regardant,‖ tantôt baissant les yeux.Enfin, Lakmi cherchant‖ dans le fond de son âmeTout ce qu’a de plus doux‖ un son de voix de femme,Accent que la pitié‖ brisait de sa langueurEt qui tremblait déjà‖ du tremblement du cœur« Ô fils d’Adonaï,‖ génie, ange sans aile !Dont les pleurs font pleurer ;‖ qui pleures-tu ? dit-elle.Pourquoi détournes-tu‖ tes yeux puissants des miens ?Ne briserais-tu pas‖ d’un désir tes liens ?Le ciel n’a-t-il pas mis‖ dans ta mâle statureUne force semblable‖ à ta grande nature ?Et, si tu te levais‖ libre de ton séant,Ne passerais-tu pas‖ de l’épaule un géant ?N’écraserais-tu pas‖ un dieu dans chaque étreinte,Toi dont l’œil est amour‖ et dont le bras est crainte ?

Oh ! ces vers de la terre‖ ont enchaîné leur roi !

Pourquoi me regarder‖ de ce regard d’effroi ?Cédar ! si c’est ton nom,‖ si l’humble créaturePeut prononcer ce nom‖ sans souiller ta nature,Pourquoi, sous mon regard,‖ ce geste de stupeur ?C’est à toi de parler,‖ c’est à moi d’avoir peur !

Va, de tes oppresseurs‖ je ne suis que l’esclave,Mais esclave de nom,‖ qui les trompe et les brave !Confidente, instrument‖ du vil tyran des dieux,Quoique enfant, sous son nom‖ je règne dans ces lieux.Au seul nom de Lakmi‖ tout tremble ou tout s’incline ;Ce que mon front séduit,‖ mon esprit le domine.Mon amour est le ciel,‖ ma haine est le trépas !Tout ordre cède au mien,‖ tout seuil s’ouvre à mes pas ;Je suis du roi des dieux‖ le regard et l’oreille.Quand il parle, j’entends ;‖ pendant qu’il dort, je veille.J’ai son sceptre et sa vie‖ entre mes faibles mains.Cet anneau du palais‖ m’ouvre tous les chemins :Je l’ai du doigt du maître‖ enlevé tout à l’heure,Pour porter un rayon‖ d’espoir dans ta demeureEt détourner le fer‖ déjà levé sur toi.Je ne sais quel instinct‖ criait d’horreur en moi ;Je ne sais à tes pieds‖ quelle main m’a poussée,Ni pourquoi j’entendais‖ tes cris dans ma pensée !Mais Lakmi pour te voir‖ marcherait sur le feu,Et croit en te sauvant‖ sauver bien plus qu’un dieu.

Oh ! ne repousse pas‖ l’enfant qui te protége !Dans sa folle amitié‖ ne rêve pas un piége.Ce cœur, qui n’a jamais‖ palpité que pour soi,Infidèle à tout autre,‖ est sincère pour toi.D’un coup d’œil à ton sort‖ mon âme est asservie ;J’exposerais ce cœur‖ pour préserver ta vie !Un mot doux de ta lèvre,‖ un rayon de tes yeux,Me récompenseraient‖ de la perte des cieux !Si jamais tu disais :‖ « Lakmi, sois mon esclave ! »Oh ! ma gloire serait‖ de porter ton entrave !Mon génie abaissé‖ s’élèverait en moi,Et peut-être des dieux,‖ captif, te ferait roi !

Oh ! pourquoi pleures-tu,‖ la tête ainsi baissée ?Toi pleurer ! homme-dieu,‖ plus beau qu’une pensée !Toi pleurer ! Oh ! dis-moi‖ ce que pleurent tes yeux.Est-ce la liberté ?‖ la lumière des cieux ?Les libres horizons‖ où s’égarait ta course ?Les rameaux des forêts,‖ la fraîcheur de la source ?Ces dômes murmurants‖ où tes pas habitaient,Où t’embaumaient les fleurs,‖ où les oiseaux chantaient ?Va ! je puis d’un seul mot,‖ dans bien d’autres demeures,Rendre à tes yeux ravis‖ bien plus que tu ne pleures !Mais dis-moi seulement !‖… » Cédar la regarda :« Trompeuse illusion !‖ Ombre de Daïdha !Toi dont le front d’enfant‖ à mes sens la rappelleComme un son de sa voix‖ et comme un rêve d’elle !As-tu, céleste enfant,‖ voulu lui ressembler,Pour enivrer mon âme‖ et pour me consoler ?

Mais sa candeur naïve‖ est-elle sur ta bouche ?Tu dis, fille des dieux,‖ que mon destin te touche !Tu demandes, au fond‖ de cet enfer des dieux,Ce que roule mon cœur,‖ ce que pleurent mes yeux ?Non, ce n’est pas le jour,‖ la montagne ou la plaine,Ni l’air pur des déserts‖ qui manque à mon haleine,Ni l’espace sans murs,‖ libre à mes pas errants ;Ni les bois, ni les fleurs,‖ ni les eaux des torrents ;C’est elle ! Daïdha,‖ que tes dieux m’ont ravie !Mon jour est son regard,‖ et son souffle est ma vie !Mon espace est l’empreinte‖ où s’impriment ses pas !Mon empire est son cœur,‖ et mes cieux sont ses bras !Ah ! si tu me la rends,‖ je te croirai sincère !Tes dieux seront mes dieux !‖… Cédar sera ton frère ! »En lui parlant ainsi,‖ sur ses genoux pliant,Et secouant ses fers‖ de son bras suppliant,Cédar dans chaque mot‖ semblait darder son âme.Lakmi sentit monter‖ sa colère de femme ;Ce frénétique amour‖ pour une autre beautéFit jaillir de son cœur‖ l’instinct de cruauté :Dans son amour jaloux,‖ par l’amour offensée,Avilir Daïdha‖ fut sa vague pensée !« Oui, je te la rendrai,‖ se dit-elle tout bas,Rebut souillé des dieux‖ dont tu ne voudras pas ! »Mais se mordant la lèvre‖ et dévorant sa rage,Son astuce soudain‖ composa son visage ;Et d’un sourire amer‖ cachant le pli moqueur,Elle attendrit sa voix‖ comme parlant du cœur :« Te la rendre, ô Cédar.‖ Hélas ! que ne le puis-je ?

Qui sait ?… peut-être un jour‖ ferai-je ce prodige.

Mais écarte à présent‖ ce songe de tes yeux :Elle vit réservée‖ aux caresses des dieux ;Mille amoureuses mains‖ vont essuyer ses larmes.Les merveilles des doigts‖ embellissent ses charmes ;Cent esclaves, chargés‖ de tromper ses loisirs,Pour les prévenir tous‖ éveillent ses désirs.De ses maîtres ravis‖ sa beauté la fait reine :Dans ces enivrements‖ dont le torrent l’entraîne,On ne laissera pas‖ à ses yeux pleins de pleursLe loisir seulement‖ d’épancher ses douleurs ! »

Elle lut dans les yeux‖ de Cédar que la lameDe ce poignard caché‖ pénétrait dans son âme,Et que de Daïdha‖ l’inconstance et l’oubliPassaient comme un soupçon‖ sur ce beau front pâli.Pour laisser ce serpent‖ caché dans les entraillesGlacer ce cœur transi‖ du froid de ses écailles,Sa ruse se hâta‖ de changer de discours :« Oh ! que longues les nuits !‖ Oh ! que tristes les jours !Pour l’habitant captif‖ de cette nuit immonde,Qui se ronge le cœur‖ sans qu’un cœur lui réponde !Cédar ! survivras-tu‖ dans cet enfer vivant ?Ah ! laisse-moi venir‖ t’y consoler souvent !Laisse-moi, quand Nemphed‖ fermera la paupière,La nuit, à tes côtés‖ m’asseoir sur cette pierre,Envelopper ton front‖ de ma tendre pitié ;De tes fers, de tes maux‖ réclamer la moitié ;Te dire tous les pas‖ faits vers ta délivrance,Et, n’étant pas ta joie,‖ être ton espérance ! »

Ici la vérité,‖ lui donnant son accent,Prêtait à sa voix molle‖ un charme attendrissant.De l’âme de Cédar‖ cette voix prit la route ;De pitié dans ses yeux‖ il vit luire une goutte ;Convaincu par ses pleurs,‖ son regard s’attendrit.Assise auprès de lui,‖ dans l’ombre, elle reprit :« L’étoile du matin‖ n’incline pas encore ;Puisse durer la nuit‖ et retarder l’aurore !Mais le jour ne doit pas‖ me surprendre en ces lieux :Tout soupçon est un crime‖ au cœur du roi des dieux.Profitons des moments‖ que son sommeil nous donne.Ô céleste étranger‖ qu’un mystère environne,Si tu veux accepter‖ mon dévouement ami,Éclaire, en lui parlant,‖ les doutes de Lakmi ;Dis-moi ton nom divin‖ parmi les créatures,Raconte à mon esprit‖ tes tristes aventures,De tes jours peu nombreux‖ monte et descends le cours ;Dis-moi ton ciel, ta vie,‖ et surtout tes amours !Ouvre-moi les secrets‖ de ta mélancolieComme le lis son urne‖ au doigt qui le déplie :Tout ce que tu diras‖ tombera dans mon seinSans bruit, comme une pluie‖ au milieu d’un bassin,Et n’en fera jaillir,‖ quoique je la retienne,Qu’un peu d’eau de mon cœur‖ qui se mêle à la tienne ! »

Ému par ce langage‖ et par ce son de voix,Cédar, sentant tomber‖ des gouttes sur ses doigts,De la séduction‖ d’une pitié si tendre,Vaincu par le malheur,‖ cessa de se défendre,Et le front tristement‖ sur les mains appuyé,Par le vent de la nuit‖ l’œil souvent essuyé,D’un son de voix tremblant‖ que brisait sa mémoire,Il lui fit de son cœur‖ la merveilleuse histoire,Depuis le premier jour‖ où, né de l’inconnu,Sous les cèdres divins‖ il s’était trouvé nu ;Où, voyant sous ses yeux‖ une autre créature,L’amour avait en lui‖ complété la nature ;Son indomptable instinct‖ vers la fleur de beauté,Ses combats, ses amours‖ et sa captivité ;Les troupeaux de Phayr‖ gardés sur les collines,De la vierge et de lui‖ les rencontres divines,D’amour et de pitié‖ ces fruits charmants éclos,Le courroux des pasteurs,‖ sa chute dans les flots,De la tour de la Faim‖ Daïdha, délivrée,S’enfuyant avec lui‖ vers une autre contrée ;Ce vieillard du rocher,‖ père mystérieux,De leur âme au grand jour‖ ouvrant les faibles yeux ;De son livre divin‖ les voix, au regard peintes,Réveillant dans l’esprit‖ des mémoires éteintes,Et rappelant au Dieu‖ que l’impie a quittéLe monde enseveli‖ dans son iniquité ;Leurs jours délicieux‖ dans cet Éden céleste ;Le char volant des dieux…‖ Elle savait le reste.

À ces touchants récits‖ ivre d’attention,Lakmi laissait son sein‖ sans respiration.Vers l’être merveilleux‖ la figure penchée,Aux lèvres de Cédar‖ la prunelle attachée,S’étonnant, frissonnant,‖ admirant tour à tour,Par chacun de ses sens‖ elle aspirait l’amour ;Elle voyait grandir,‖ resplendir à mesureDu céleste captif‖ la touchante figure.Chaque mot l’enfonçait‖ plus avant dans son cœur ;Elle plongeait en lui‖ son œil noir et rêveur ;Comme après l’avoir lue‖ on relit une page,Elle l’interrompait‖ au plus tendre passage,Et lui faisait redire‖ en recueillant sa voixDes choses et des mots‖ déjà redits cent fois ;De ses amours surtout‖ la naissance et l’extase,Comme après avoir bu‖ l’on égoutte le vase.Elle voulait savoir‖ par quel attrait vainqueurDaïdha de Cédar‖ avait conquis le cœur,Quels mots elle employait‖ pour enchanter son âme ;Ce qui l’avait ravi‖ dans sa beauté de femme ;Et si son cœur, toujours‖ d’un même amour rempli,N’avait jamais trouvé‖ la langueur ou l’oubli.Sa bouche sans haleine‖ attendait la réponse,Comme un mourant attend‖ un glaive qu’on enfonce.À ces tendres élans‖ d’ineffables amoursToujours coulant du cœur‖ et débordant toujours,Amours dont jusque-là‖ son esprit, même en songe,N’avait vu chez les dieux‖ que le hideux mensonge,Et dont en ces récits‖ la chaste expressionLui semblait d’autres sens‖ la révélation,Un nuage passait‖ sur sa vue éblouie,Ses oreilles tintaient,‖ son âme, évanouie,De jalousie, de honte‖ en son sein rougissait,Et d’envieux transports‖ tout son cœur bondissait.L’angélique miroir‖ lui montrait tous ses vices ;Et comparant sa vie‖ à ces pures délices,À cet amour céleste‖ à ses yeux inconnu,Elle voyait son âme‖ impure mise à nu.Respirant l’air divin‖ de ce magique monde,Elle sentait l’horreur‖ de sa nature immonde,Et, comme d’un feu pur‖ un impur aliment,Son cœur sanctifié‖ montait en s’enflammant.Sous ce regard limpide‖ elle sondait sa fange,Et se sentait trop bas‖ pour ce chaste amour d’ange.

Mais, malgré sa nature‖ et son abaissement,Cet ange l’attirait‖ d’un invincible aimant.Elle éprouvait du cœur‖ le supplice suprême :Adorer, sans pouvoir‖ monter à ce qu’on aime !Oh ! si devant Cédar‖ ce sein se fût ouvert,Quel gouffre de l’enfer‖ il aurait découvert !Délire, abattement,‖ jalousie, amour, rage !Mais ce masque d’enfant‖ dérobait ce visage,Et, sous ces traits empreints‖ d’apparente pitié,Son œil n’apercevait‖ qu’innocente amitié.

À travers le réseau‖ d’une étroite fenêtre,La blancheur du matin,‖ qui commençait à naître,Interrompit trop tôt‖ ces secrets entretiens.Lakmi s’enfuit, trompant‖ l’œil fermé des gardiens.Avant que le sommeil‖ qui pesait sur sa coucheEût du maître des dieux‖ quitté le front farouche,De son pas sur la soie‖ assourdissant le bruit,Elle prit à ses pieds‖ sa place de la nuit ;Et remettant l’anneau,‖ tremblante, au doigt suprême,Feignit, en méditant,‖ de dormir elle-même.

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Mots à la rime
a réflexions / passions masculine, classiqueb secrètes / inquiètes féminine, classiquec innocents / sens masculine, classiqued léthargie / l’orgie féminine, classiquee remord / mort masculine, classiquef glaives / rêves féminine, classiquea endormi / Lakmi masculine, classiqueb l’image / nuage féminine, classiquec lui masculine, classiqued entrevue / vue féminine, classiquee purs / murs masculine, classiquef ardente / présente féminine, classiqueg vainqueur / cœur masculine, classiqueh image / nuage féminine, classiquei cheveux / vœux masculine, classiquej sensuelle / l’étincelle féminine, classiquek ciel / d’Asrafiel masculine, classiquel inquiète / secrète féminine, classiquem entrepris / prix masculine, classiquen possédée / idée féminine, classiqueo effort / fort masculine, classiquep adresse / ivresse féminine, classiqueq passions / profanations masculine, classiquea caduque / d’eunuque féminine, classiqueb cœur / peur masculine, classiquec couleuvre / chef-d’œuvre féminine, classiqued mépris / flétris masculine, classiquee vertige / tige féminine, classiquef soutien / tien masculine, classiqueg lève / s’achève féminine, classiqueh abattu / battu masculine, classiquea respire / l’empire féminine, classiqueb dédaigner / régner masculine, classiquec s’oublie / folie féminine, classiqued bras / prendras masculine, classiquee reptile / subtile féminine, classiquef ambition / corruption masculine, classiqueg indignée / l’araignée féminine, classiqueh l’effroi / roi masculine, classiquei foule / s’écroule féminine, classiquej m’affronter / monter masculine, classiquek lutte / chute féminine, classiquea taureau / peau masculine, classiqueb diadème / même féminine, classiquec pas / bras masculine, classiqued ceste / geste féminine, classiquee vigueur / vainqueur masculine, classiquef menace / audace féminine, classiqueg passion / sédition masculine, classiqueh farouche / couche féminine, classiqueb entrecoupe / coupe féminine, classiquec fils / subtils masculine, classiqued supplices / délices féminine, classiquee changé / vengé masculine, classiquef merveille / veille féminine, classiqueg sculpté / beauté masculine, classiqueh foudre / poudre féminine, classiquei rêvé / soulevé masculine, classiquej mêmes / suprêmes féminine, classiquek l’humiliation / l’indignation masculine, classiquel arrière / crinière féminine, classiquem tour / contour masculine, classiquen flamme / l’âme féminine, classiqueo mystérieux / yeux masculine, classiquep imprévue / vue féminine, classiqueq douleur / pâleur masculine, classiquer pierre / paupière féminine, classiques pié / pitié masculine, classiquet femme / âme féminine, classiquea chargés / échangés masculine, classiqueb nuage / visage féminine, classiquec aspirer / respirer masculine, classiqued poitrine / devine féminine, classiquee interdit / dit masculine, classiquef poses / choses féminine, classiqueg jour / d’amour masculine, classiqueh toute / goutte féminine, classiquei mains / inhumains masculine, classiquej délices / vices féminine, classiquek aussi / ainsi masculine, classiquel d’envie / vie féminine, classiquem éclairé / déshonoré masculine, classiquen grâce / audace féminine, classiqueo teint / l’instinct masculine, classiquep éclipsée / pensée féminine, classiqueq cœur / vainqueur masculine, classiquer tête / tempête féminine, classiques d’Asrafiel / ciel masculine, classiquet funèbres / ténèbres féminine, classiqueu épais / paix masculine, classiquev lampe / rampe féminine, classiquew terreur / horreur masculine, classiquex primitive / naïve féminine, classiquey apparition / l’abomination masculine, classiquea pensée / versée féminine, classiqueb prévoir / revoir masculine, classiquec fantôme / l’atome féminine, classiquee l’imprévoyance / l’impatience féminine, classiquef désir / saisir masculine, classiquei sinistres / ministres féminine, classiquej main / chemin masculine, classiquek route / voûte féminine, classiquel léger / voltiger masculine, classiquem avenues / connues féminine, classiquen révéré / sacré masculine, classiqueo mystère / ministère féminine, classiquep respect / aspect masculine, classiquea entrailles / murailles féminine, classiqueb monuments / fondements masculine, classiquec terre / mystère féminine, classiqued d’airain / souterrain masculine, classiquee tyrannie / génie féminine, classiquef ressorts / morts masculine, classiqueg crimes / victimes féminine, classiqueh Baal / mal masculine, classiquej exécuteurs / mutilateurs masculine, classiquek d’imposture / nature féminine, classiquel mains / humains masculine, classiquem veilles / merveilles féminine, classiquen l’air / l’éclair masculine, classiquea soudées / coudées féminine, classiqueb roulé / coulé masculine, classiquec profondes / ondes féminine, classiqued extrémité / clarté masculine, classiquee immense / distance féminine, classiquef ténébreux / eux masculine, classiquea caves / esclaves féminine, classiqueb seuil / cercueil masculine, classiquec elle / prunelle féminine, classiqued bruit / nuit masculine, classiquee intimidée / coudée féminine, classiquef surhumain / main masculine, classiquea mailles / murailles féminine, classiqueb collier / pilier masculine, classiquec tendre / s’étendre féminine, classiqued entravés / pavés masculine, classiquef plus / moulus masculine, classiqueg croisée / posée féminine, classiqueh tordus / épandus masculine, classiquea s’arrête / tête féminine, classiqueb d’eau / flambeau masculine, classiquec visage / nuage féminine, classiqued beauté / l’immortalité masculine, classiquee statue / vue féminine, classiquef dieux / yeux masculine, classiqueg mesure / figure féminine, classiqueh apparition / d’admiration masculine, classiquea silence / balance féminine, classiqueb voix / doigts masculine, classiquec l’image / visage féminine, classiqued coulait / ruisselait masculine, classiquee charmes / larmes féminine, classiquea pitié / amitié masculine, classiqueb ange / mélange féminine, classiquec entrait / l’attrait masculine, classiqued admire / attire féminine, classiquee silencieux / yeux masculine, classiquef âme / femme féminine, classiqueg langueur / cœur masculine, classiqueh aile / dit-elle féminine, classiquei miens / liens masculine, classiquej stature / nature féminine, classiquek séant / géant masculine, classiquel étreinte / crainte féminine, classiquea roi / d’effroi masculine, classiqueb créature / nature féminine, classiquec stupeur / peur masculine, classiquea l’esclave / brave féminine, classiqueb dieux / lieux masculine, classiquec s’incline / domine féminine, classiqued trépas / pas masculine, classiquee l’oreille / veille féminine, classiquef mains / chemins masculine, classiqueg l’heure / demeure féminine, classiqueh toi / moi masculine, classiquei poussée / pensée féminine, classiquej feu / dieu masculine, classiquea protége / piége féminine, classiqueb soi / toi masculine, classiquec asservie / vie féminine, classiqued yeux / cieux masculine, classiquee esclave / entrave féminine, classiquef moi / roi masculine, classiquea baissée / pensée féminine, classiquec course / source féminine, classiqued habitaient / chantaient masculine, classiquee demeures / pleures féminine, classiquef regarda / Daïdha masculine, classiqueg rappelle / d’elle féminine, classiqueh ressembler / consoler masculine, classiquea bouche / touche féminine, classiquec plaine / haleine féminine, classiqued errants / torrents masculine, classiquee ravie / vie féminine, classiqueg sincère / frère féminine, classiqueh pliant / suppliant masculine, classiquej beauté / cruauté masculine, classiquek offensée / pensée féminine, classiquel bas / pas masculine, classiquem rage / visage féminine, classiquen moqueur / cœur masculine, classiqueo puis-je / prodige féminine, classiquea yeux / dieux masculine, classiqueb larmes / charmes féminine, classiquec loisirs / désirs masculine, classiqued reine / l’entraîne féminine, classiquee pleurs / douleurs masculine, classiquea lame / âme féminine, classiqueb l’oubli / pâli masculine, classiquec entrailles / écailles féminine, classiqued discours / jours masculine, classiquee immonde / réponde féminine, classiquef vivant / souvent masculine, classiqueg paupière / pierre féminine, classiqueh pitié / moitié masculine, classiquei délivrance / espérance féminine, classiquea accent / attendrissant masculine, classiqueb route / goutte féminine, classiquec s’attendrit / reprit masculine, classiqued encore / l’aurore féminine, classiquee lieux / dieux masculine, classiquef donne / environne féminine, classiqueg ami / Lakmi masculine, classiqueh créatures / aventures féminine, classiquei cours / amours masculine, classiquej mélancolie / déplie féminine, classiquek sein / bassin masculine, classiquel retienne / tienne féminine, classiqueb tendre / défendre féminine, classiquec appuyé / essuyé masculine, classiqued mémoire / histoire féminine, classiquee l’inconnu / nu masculine, classiqueg beauté / captivité masculine, classiqueh collines / divines féminine, classiquei éclos / flots masculine, classiquej délivrée / contrée féminine, classiquel peintes / éteintes féminine, classiquem quitté / iniquité masculine, classiquen céleste / reste féminine, classiquea d’attention / respiration masculine, classiqueb penchée / attachée féminine, classiquec tour / l’amour masculine, classiquee cœur / rêveur masculine, classiquef page / passage féminine, classiqueg voix / fois masculine, classiqueh l’extase / vase féminine, classiquek rempli / l’oubli masculine, classiquel réponse / enfonce féminine, classiquem amours / toujours masculine, classiquen songe / mensonge féminine, classiqueo expression / révélation masculine, classiquep éblouie / évanouie féminine, classiqueq rougissait / bondissait masculine, classiquer vices / délices féminine, classiques inconnu / nu masculine, classiquet monde / immonde féminine, classiqueu aliment / s’enflammant masculine, classiquev fange / d’ange féminine, classiquea abaissement / aimant masculine, classiqueb suprême / aime féminine, classiquec ouvert / découvert masculine, classiquea fenêtre / naître féminine, classiqueb entretiens / gardiens masculine, classiquec couche / farouche féminine, classiquee suprême / elle-même féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

568 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, CHEZ L’AUTEUR, RUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1861· numérisation wikisource.org· Sources