La chute d’un ange, 1838
Treizième vision
Mais sous ses yeux fermés‖ son cœur ne dormait pas :Elle eût rêvé Cédar‖ sous la main du trépas.L’amour qui l’embrasait‖ pour le céleste esclaveDans ses veines d’enfant‖ roulait des flots de lave.Sa tempe dans son front‖ ne pouvait s’assoupir,Sa respiration‖ n’était qu’un long soupir.Elle voyait toujours‖ son chaud regard sur elleLuire en rêve dans l’ombre ;‖ ainsi qu’une étincelle.Dans le profond silence‖ elle entendait sa voix.Les moments écoulés‖ semblaient couler cent fois ;De l’aurore à la nuit‖ son attente insenséeDévorait les instants,‖ d’heure en heure élancée,Et des siècles de nuits‖ pleines de ses amoursAux genoux du captif‖ lui paraissaient trop courts.
En vain à son chevet‖ les esclaves tremblantesEssayaient d’animer‖ ses langueurs indolentes,Adoraient de son front‖ la naissante beauté,Relevaient de ses yeux‖ le regard velouté,Lui parlaient à l’envi‖ du pouvoir de ses charmes,Briguaient sa confidence‖ et pleuraient de ses larmes ;En vain Nemphed, jaloux‖ de devancer ses vœux,Passait sur son beau front‖ la main dans ses cheveux,Et, sur ses traits charmants‖ découvrant un nuage,Lui demandait quel songe‖ attristait son visage.Toute sa vie avait‖ changé sous un regard ;Elle se retirait‖ de la foule, à l’écart,Elle cherchait la nuit‖ des arbres les plus sombres ;Le cèdre pour ses pas‖ n’avait plus assez d’ombres ;Seule, elle s’enfonçait‖ sous leurs mornes rameaux,Les quittait pour s’asseoir‖ pensive aux bords des eaux,Regardait tout le jour,‖ dans les bassins de marbre,Flotter le nénufar,‖ tomber la feuille d’arbre,Écoutait fuir la brise‖ ou la source pleurer,Mais nulle part longtemps‖ ne pouvait demeurer,Et, d’un instinct sans but‖ secrètement poussée,Changeait à chaque instant‖ de place et de pensée.Les spectacles des dieux,‖ les féroces plaisirs,Qui de sa vie passée‖ occupaient les loisirs,Ne divertissaient plus‖ sa morne léthargie ;Son cœur se détournait‖ des horreurs de l’orgie :On eût dit qu’un rayon‖ qui décolorait toutLui faisait prendre enfin‖ ses forfaits en dégoût.En voyant ces Titans,‖ monstres à face humaine,Son adoration‖ se transformait en haine.Si la foudre avait pu‖ s’enflammer à sa voix,Son mépris les eût tous‖ écrasés à la fois !Complice involontaire,‖ elle exécrait leurs crimes,Détournait ses regards,‖ ou plaignait leurs victimes :Du moment où ce cœur‖ flétri venait d’aimer,Un germe de vertu‖ semblait s’y ranimer,Et le dégoût du vice,‖ à défaut d’innocence,Régénérait déjà‖ cette coupable enfance.Mais, haïssant les dieux,‖ trop faible pour frapper,Son dernier vice au moins‖ était de les tromper :Elle leur dérobait‖ son cœur comme un mystère.
Chaque fois que la nuit‖ enveloppait la terre,Des cachots de Cédar‖ reprenant le chemin,Elle disparaissait‖ la lampe dans la main,Et venait savourer‖ jusqu’à la blanche auroreLa contemplation‖ de l’être qu’elle adore :Chaque absence d’un jour‖ le lui rendait plus cher.Son cœur fondait en elle‖ avant de l’approcher.Un mélange confus‖ de respect, de tendresse,Ralentissait son pas‖ pressé par son ivresse ;Et debout devant lui,‖ le front baissé, sans voix,Elle avait aussi peur‖ que la première fois.Elle admirait de loin,‖ dans leur morne attitude,Ces membres à leurs fers‖ pliés par l’habitude,Ce torse tressaillant‖ aux reflets du flambeau,Comme un dieu rajeuni‖ qui sort de son tombeau ;Ce corps que flétrissaient‖ les taches de l’opale,Ce visage pensif‖ de jour en jour plus pâle,Où le duvet naissant‖ de l’homme à son étéRelevait de la peau‖ le marbre velouté ;Et, n’osant s’élancer‖ vers ce sein qui l’attire,Son amour contenu‖ s’accroissait du martyre.Jusqu’à ce que Cédar‖ eût daigné lui parler,Elle restait ainsi‖ muette à contempler.Telle au berceau d’un fils‖ la jeune mère assiseSe penche et tour à tour‖ se relève indécise,Sent son âme voler‖ à ce beau front vermeil,Mais craint en le touchant‖ de troubler son sommeil.
Cependant le captif,‖ dont cette amitié tendreAmollissait le cœur‖ heureux de se détendre,Et qui dans cet enfant‖ sur ses chaînes couchéNe voyait qu’un ami‖ de son malheur touché,Par son propre malheur‖ s’attendrissant lui-même,Impatient d’avoir‖ un mot sur ce qu’il aime,De sentir dans sa nuit‖ un rayon de pitié,Commençait à livrer‖ son âme à l’amitié.Sans soupçon de l’amour‖ sous cet âge modeste,Plus près, pour mieux l’entendre,‖ il l’attirait du geste ;Oublieux de son sexe,‖ il n’apercevait pasLe trouble dont Lakmi‖ frissonnait sous son bras,Ou bien il n’imputait‖ qu’a sa pitié naïveLe soupir qui coupait‖ sa parole craintive,De sa voix qui changeait‖ la tristesse et le son,Et de ses doigts glacés‖ l’étreinte et le frisson.L’enfant en devenait‖ plus cher à sa détresse.Elle le consolait‖ avec tant de tendresse,Elle confondait tant,‖ dans leurs longs entretiens,Sa pensée à la sienne‖ et ses soupirs aux siens,Qu’elle était devenue,‖ en sa morne demeure,Le seul doux intérêt‖ qui lui fît compter l’heure :L’amitié naît si vite‖ au cœur des malheureux !Des gestes familiers‖ déjà régnaient entre eux ;Quelquefois il penchait‖ le front sur son épaule,Comme un robuste chêne‖ incliné vers un saule,Et laissait en silence‖ égoutter dans son seinLes larmes de l’amour‖ dont son cœur était plein :Pour la pauvre Lakmi‖ voluptueux supplice !Comme un lis qui se fane‖ entr’ouvre son calicePour aspirer la brise‖ et pour boire sans bruitLes gouttes de sa soif‖ que lui répand la nuit,Elle sentait filtrer‖ jusqu’au fond de son âmeCes pleurs qui ne coulaient‖ que pour une autre femme ;Et, de rage et d’amour‖ tressaillant à la fois,De sa lèvre en secret‖ les buvait sur ses doigts !
Chaque nuit resserrait‖ cette amitié perfide ;Et quelquefois Lakmi,‖ dans ses vœux moins timide,À l’innocent plaisir‖ que Cédar éprouvaitCroyait y découvrir‖ l’amour qu’elle rêvait !Elle quittait ses pieds‖ enivrée d’allégresse,Heureuse tout un jour‖ d’un seul mot de tendresse.
Une nuit que Cédar,‖ d’un ton plus languissant,De l’amour à sa voix‖ avait donné l’accent,Et, dans l’illusion‖ dont l’erreur le domine,Serré d’un geste étroit‖ l’enfant sur sa poitrine,Lakmi, qu’éblouissait‖ sa folle passion,Crut sentir son triomphe‖ à cette pression.Un cri, de son bonheur‖ trahissant le mystère,De son cœur éclaté‖ jaillit involontaire.« Ah ! le feu de mon âme‖ à la tienne enfin prend,Cédar ! s’écria-t-elle ;‖ enfin il me comprend ! »Mais lui, comme un serpent‖ qu’avec horreur on touche,D’un geste de dégoût‖ s’écartant de sa couche,Et retirant soudain‖ ses membres repliés,La laissa sur le sol‖ se rouler à ses piés,Et, plissant de dédain‖ sa superbe paupière,La regarda d’en haut‖ ramper dans la poussière.
L’humiliation,‖ l’horreur, l’étonnement,Les frappèrent tous deux‖ de silence un moment,Tel qu’après chaque éclair‖ échappé du nuageUn silence interrompt‖ ou précède l’orage ;Mais Lakmi, reprenant‖ sa ruse avec ses sens,La première à la fin‖ retrouva des accents,Pour lui baiser les pieds‖ se traînant humble et douce,Comme un chien qui revient‖ au pied qui le repousse :« Je le sais, ô Cédar,‖ le ciel est entre nous ;Les mortels ne devraient‖ te parler qu’à genoux.J’aurais dû pour toujours‖ étouffer dans mon âmeCet amour dont un mot‖ a révélé la flamme,Et, comme le charbon‖ dans la main renfermé,Ne découvrir mon cœur‖ qu’en cendre consumé !Et pourtant cet amour‖ dont l’aveu seul t’outrageInvolontairement‖ n’est-il pas ton ouvrage ?N’as-tu pas relevé‖ mon front humilié ?N’as-tu pas rassuré‖ mon amour par pitié ?N’as-tu pas approché‖ de ton sein qu’il adoreCe cœur où l’étincelle‖ était dormante encore ?C’est toi qui l’allumas‖ de ton souffle de dieu,Est-ce ma faute, ô dis !‖ si la paille a pris feu ?Si ton divin regard,‖ qui consumerait l’ange,En tombant sur la terre‖ a consumé ma fange ?Tout mon crime, ô Cédar !‖ c’est toi qui l’as commis !Mais moi, je l’expierai‖ d’un cœur humble et soumis.Frappe-moi ! punis-moi‖ du culte qui m’embrase !Je bénirai ton pied‖ si c’est lui qui m’écrase !J’adorerai de toi‖ jusques à ton mépris !Esclave sans espoir,‖ je servirai sans prix ;À quelque abaissement‖ qu’un geste me ravale,Je mettrai mon orgueil‖ à servir ma rivale !De mes mains, pour tes yeux,‖ j’ornerai ses appas !Je serai devant toi‖ le tapis de ses pas !Je t’en entretiendrai‖ pour tromper mon attente ;Tu me diras : « Je l’aime »‖, et je serai contente !Je trouverai ma joie‖ où d’autres ont leurs morts.Mais ne me chasse pas‖ de l’ombre de ton corps ;N’écrase pas du pied‖ ta rampante couleuvre !…Laisse-moi de ta fuite‖ en secret ourdir l’œuvre.Ronger comme un lézard‖ les murs de cette tour.Te rendre à la lumière,‖ aux déserts, à l’amour ;Et de tes fers tombés‖ brise après ton esclave.Comme on jette la lime‖ en dépouillant l’entrave !… »
Le courroux de Cédar‖ à ces pleurs s’amortit.« Sors en paix, pauvre enfant !‖ » dit-il. Elle sortit…Elle sortit, non pas‖ telle qu’en sa présenceLa ruse avait courbé‖ sa fausse complaisance,Mais le cœur bouillonnant‖ de cet excès d’affront,Précipitant sa marche‖ et redressant le front,Ivre de désespoir,‖ d’amour, de jalousie,En mots entrecoupés‖ semant sa frénésie :« Cet amour refusé,‖ je le déroberai !Si je tombe… en tes bras‖ du moins je tomberai !Périsse avec Lakmi‖ ce palais qu’elle abhorre !Nul ne doit échapper‖ au feu qui la dévore.Que ces cruels Titans‖ s’entr’égorgent entre eux !Que l’enfer montre au ciel‖ leurs mystères affreux !Que dans ses fondements‖ leur Babel s’engloutisse,Pourvu que mon bonheur‖ précède leur supplice ;Et que Lakmi, mêlant‖ sa joie à leur trépas,Emporte dans la mort‖ son rêve entre ses bras ! »
Cependant le palais‖ était mouvant d’intrigues,Et Nemphed surveillait‖ de l’œil toutes ces brigues.À son regard partout‖ de piéges occupé,Les complots d’Asrafiel‖ n’avaient pas échappé.Il avait attendu‖ que sa ruse plus mûreDécouvrît mieux au coup‖ le défaut de l’armure :Il avait reconnu‖ des signes précurseurs,Et compris qu’il fallait‖ tomber sans défenseurs,Ou, de ce furieux‖ prévenant la colère,Avant le bras levé‖ lui donner le salaire.Après un court sommeil‖ dans la terreur dormi,Sur ses genoux tremblants‖ il attira Lakmi :« Que l’œuf de mon courroux‖ soit couvé dans ton âme,Toi qui du fer vengeur‖ couvres de fleurs la lame !Belle enfant dont le front‖ masque si bien la mort,Nuage du matin‖ où mon tonnerre dort !Que ce secret divin‖ meure dans ta poitrine :Asrafiel a creusé‖ sous nos pas une mine.Si tu n’étouffes pas‖ la mèche dans sa main,Mon empire et Lakmi‖ seront à lui demain.Serendyb et Znaïm‖ sont des fils de sa trame.À qui donc confier‖ ta vengeance, ô mon âme !Sur ces conspirateurs‖ si je lève le bras,Ma menace impuissante‖ assure mon trépas ;L’arme qu’empruntera‖ ma main contre le traîtreContre mon propre sein‖ se tournera peut-être.Dans ce péril suprême‖ il n’est qu’un seul salutTe jeter, belle enfant,‖ entre l’œil et le but,Vers l’amour un moment‖ attirer sa pensée,De tes bras faire un piége‖ à cette âme insensée ;Dans l’embûche de mort‖ attirer le lion,Et tuer dans le chef‖ toute rébellion.Un de ses fils coupés,‖ la trame entière coule ;Sa force donne seule‖ audace à cette foule.Lui tombé, leur complot‖ est sans âme ; et les dieuxMe chercheront en vain‖ un rival dans les cieux.Mon trône raffermi‖ pèsera sur leur tête.Vengeance de Nemphed,‖ au signal es-tu prête ?Des venins de l’aspic‖ as-tu rempli ton sein ?Ce soir, pour déguiser‖ mon perfide dessein,J’ai préparé pour eux‖ la plus ardente orgieDont la voûte du ciel‖ se soit jamais rougie.Pour laisser un moment‖ leurs complots respirer,De plaisir inouïs‖ je veux les enivrer.Pendant qu’anéantis‖ dans leurs lourdes extases,Ces monstres de l’ivresse‖ égoutteront les vases,Toi, le front rayonnant‖ de la beauté du ciel,Par ta ruse perfide‖ alanguis Asrafiel ;Et du poison subtil‖ que ta main sait dissoudre,Frappe entre deux soupirs‖ son cœur comme la foudre !J’aurai l’œil à ton œuvre :‖ au cri qu’il jettera,De ma feinte torpeur‖ la foudre jaillira ;Ses complices surpris,‖ et se craignant l’un l’autre,Rouleront dans la lie‖ où l’ivresse les vautre.Ces démons écrasés‖ reconnaîtront leur dieu.Laisse-moi ! tu comprends :‖ sois mon tonnerre ! adieu ! »
Lakmi, comme un serpent‖ privé, qui des mains glisse,De l’infernal dessein‖ feignit d’être complice ;Sur sa lèvre muette‖ elle posa eux doigts.On eût dit que son sein‖ se déchargeait d’un poids ;Du combat des Titans‖ l’épouvantable imageD’une secrète joie‖ éclaira son visage.Elle sortit soudain ;‖ mais elle n’alla pasAux piéges de la nuit‖ préparer ses appas,Et, comme une Laïs‖ qui se fie à ses armes,Faire aiguiser par l’art‖ l’aiguillon de ses charmes ;D’un pas dissimulé,‖ négligent et distrait,Elle alla rencontrer‖ Asrafiel en secret :
« Ô le plus grand des dieux !‖ roi des cœurs, lui dit-elle,Je suis l’heure du trône,‖ ou ton heure mortelle !Nemphed cette nuit même‖ a juré ton trépas :Tu devais sur mon cœur‖ le trouver dans mes bras.L’imbécile vieillard,‖ qui n’ose te combattre,Par la main d’un enfant‖ avait voulu t’abattre ;Mais dans son piége impur‖ lui-même il se prendra :Oui, l’arme qu’il saisit‖ de lui te défendra.Lakmi, de ta beauté‖ secrètement ravie,T’adore, et pour sauver‖ tes jours t’offre sa vie.Tes jours n’ont qu’un soleil,‖ si tu ne le préviens ;Mets dans le crime enfin‖ tes pas devant les siens.Trompe ce vil forfait‖ qu’avec peine il soulève !Marche pendant qu’il dort !‖ frappe pendant qu’il rêve !Je m’offre pour guider,‖ pour assurer tes pas :Sois ma vie, Asrafiel !‖ je serai son trépas !
Au coup qu’il faut porter‖ dispose tes complices.Que leurs cœurs vigilants‖ se sèvrent de délices.Cette nuit, au moment‖ où le tyran des dieuxPour m’ordonner ta mort‖ m’appellera des yeux,Foudroyé du poison‖ préparé pour toi-même,La pâleur de la mort‖ sera son diadème.Son cadavre à tes pieds‖ tombera devant toi !Silence ! audace ! amour !‖ un enfant t’a fait roi !… »
Asrafiel, étonné,‖ la vit fuir sans attendreLe mot qu’à son regard‖ l’effroi semblait suspendre :« Insidieux serpent !‖ reptile impur ! dit-il ;Poignard empoisonné‖ dont la ruse est le fil !Traîtresse qui faillis‖ entre les mains d’un traître !Ver qui pique le cœur !‖ chienne qui mord son maître !Oui, je te laisserai‖ de ton infâme dardVibrer tous les poisons‖ qui sont dans ton regard ;Rampe pour moi, serpent‖ qui dans mes pieds s’enlace ;Au trône où je prétends‖ conduis-moi, fais-moi place !Mais ne crois pas, perfide,‖ y monter sur mes pas :Toi seule y monteras,‖ femme aux divins appas !De toutes ces grandeurs‖ que ce beau jour m’apprête,Une femme sera‖ la plus chère conquête !Ses bras seront mon trône,‖ et toi mon marchepied !Oui, je t’aplatirai,‖ vil scorpion, sous mon pied !Et comme le frelon‖ sur le miel qu’il exprime,Va, je veux en montant‖ t’écraser sur ton crime ! »
Mais Lakmi, déjà loin‖ et sans penser à lui,La rage dans le cœur,‖ dans la foule avait fui.Auprès de Daïdha,‖ furtivement conduite,Dans ce palais des pleurs‖ en secret introduite,L’amante infortunée‖ était devant ses yeux.Transformant à son gré‖ son front insidieux,Lakmi la contemplait,‖ sans dire une parole,De ce regard de sœur‖ qui plonge et qui console ;Et, donnant à sa lèvre‖ un doux pli de pitié,Semblait de cette peine‖ aspirer la moitié.
À ses chers orphelins,‖ à son époux ravie,Mais dans un lieu céleste‖ en déesse servie,Daïdha n’était plus‖ la naïve beautéDont les longs cheveux noirs‖ paraient la chasteté.De ses membres captifs‖ magnifiques entraves,L’or, la soie et l’argent,‖ tissés par des esclaves,En plis voluptueux‖ répandus sur son corps,De ses pieds embaumés‖ venaient baiser les bords.Des ondes de saphirs,‖ de perles et de pierres,Ruisselaient de sa tête‖ en splendides rivières,Et semblaient, de son teint‖ relevant la pâleur,Une dérision‖ au front de la douleur.On eût dit une iris‖ sans soleil ni rosée,Et se fanant dans l’or‖ où la main l’a posée.La veille desséchait‖ ses membres amaigris ;De livides sillons‖ tachaient ses traits flétris ;Sur sa joue, où la rose‖ avait éteint ses charmes,Deux rides indiquaient‖ le lit séché des larmes,Comme l’herbe abattue‖ et le gazon fouléMontrent à nu la place‖ où la source a coulé.Son regard fixe et froid‖ s’attachait au visageComme un œil qui voit tout‖ à travers un nuage.Ses lèvres, qu’agitait‖ un vif tressaillement,Des paroles sans sons‖ avaient le mouvement.À l’ombre de Lakmi,‖ sous son regard venue,Son œil interrogeait‖ la figure inconnue,Et Lakmi, prolongeant‖ son angoisse à dessein,Entendait son cœur battre‖ et bondir dans son sein.
Enfin d’un faux accent‖ couvrant sa joie amère :« Pauvre femme, dit-elle,‖ hélas ! et pauvre mère !… »Sans distinguer des mots‖ l’accent double et moqueur,À ces mots Daïdha‖ sentit fondre son cœur.Elle tendit les bras‖ vers la fourbe cruelle :« Oh ! vous me plaignez donc,‖ vous du moins ! cria-t-elle ;Vous avez donc une âme,‖ une bouche, une voix !Vous n’êtes pas de fer‖ comme ceux que je vois,Vous ne garderez pas‖ cet odieux silence !Oh ! oui, tant de beauté,‖ de candeur et d’enfance,Ne peut servir de masque‖ à des projets hideux.Que font-ils ? où sont-ils ?‖ oh ! vous, parlez-moi d’eux !Cédar !… mes deux agneaux ?‖… Eux ?… lui ? quelle mamelleLeur distille le lait ?‖… N’est-ce pas qu’il m’appelle ?…N’est-ce pas qu’ils sont beaux ?‖… Ah ! parlez à la fois,Parlez-moi d’eux… de lui !‖ » L’ardeur coupa sa voix,Elle colla sa bouche‖ aux mains de sa rivale.Lakmi d’émotion‖ mordit sa lèvre pâle :« Pauvre femme ! dit-elle,‖ oh ! oui, je les ai vus,Lui, des géants esclave !‖ eux, altérés et nus !– Esclave ! s’écria‖ la malheureuse femme ;Esclave ! lui le dieu‖ du monde et de mon âme !Esclave ! lui dont l’œil‖ eût foudroyé des dieux !…Quoi ! vous les avez vus ?‖ quoi ! vus, touchés des yeux,Ces cygnes sans duvet‖ qu’échauffait mon aisselle ?Ils avaient froid et soif ?‖ pas même une gazelle !
Vos femmes leur ont donc‖ refusé leurs genoux ?N’ont-elles point de lait‖ dans leur sein comme nous ?Oh ! pour nourrir d’amour‖ ces fruits de mes entrailles,Tout le mien coulerait‖ à travers ces murailles !Oh ! portez, portez-leur‖ mon sang pour les nourrir !Monstres ! laisserez-vous‖ ces deux anges mourir ? »
Lakmi sentit son cœur‖ au cri de la nature :« Ils ne périront pas‖ faute de nourriture,Dit-elle ; tous les jours,‖ les entendant pleurer,Quelque mère en secret‖ vient les désaltérer,Et, d’un reste de lait‖ assouvissant leur bouche,Les soulève du sol‖ et sur ses bras les couche.– Du sol ? cria la mère‖ en se levant debout ;Du sol dur et glacé ?‖ dites ! dites-moi tout !Quoi ! sur la terre nue‖ ils ont jeté leurs membres !Quoi ! pas même sous eux‖ les tapis de ces chambres !Quoi ! ces corps délicats‖ dans mes bras amollis,Que de mon sein de mère‖ auraient froissés les plis,Sont à sans vêtements‖ sur le sable ou le marbre,Comme des passereaux‖ tombés du nid sous l’arbre !Nul duvet n’attiédit‖ leur tendre nudité !— Hélas ! non, dit Lakmi.‖ — Monstres de cruauté !Hommes dont la malice‖ assassine les anges !Eh bien, de ces cheveux‖ je leur ferai des langes !Oh ! ne résistez pas‖ au dernier de mes vœux !Vous, enfant ! faites-leur‖ un lit de mes cheveux :Étendez sous les corps‖ de ce tendre et beau coupleDe mon front dépouillé‖ ce duvet long et souple ;Couvrez leur blanche peau‖ de ces anneaux coupés ;Je les ai si souvent‖ de même enveloppés !Dans ces réseaux flottants‖ qu’ouvraient leurs mains jumelles,Ils se sont tant de fois‖ assoupis sous mes ailes !Avec ces noirs anneaux‖ qu’ils cherchaient a nouer,Oh ! j’aimais tant à voir‖ leurs doigts de lait jouer !Ils en reconnaîtront‖ l’odeur, douce chimère !Ils se croiront encor‖ sur le sein de leur mère ! »
Tout en parlant ainsi,‖ sous le fil des ciseauxSes beaux cheveux coupés‖ tombaient en longs réseaux ;Les ondes sous ses pieds‖ s’accumulaient en foule,Comme les plis montants‖ d’une robe qui coule.Quand ils furent montés‖ jusqu’à ses deux genoux,Sur les bras de Lakmi‖ les amoncelant tous :« Oh ! prenez, lui dit-elle,‖ et portez, portez vite !Portez-les encor chauds‖ de ce front qui les quitte !Laissez sur votre main‖ mes lèvres se poser,Et revenez bientôt‖ me rendre leur baiser ! »Lakmi, les bras chargés‖ de l’ondoyante soie,Sortit en déguisant‖ son infernale joie,Regagna son palais,‖ et loin de tous les yeuxCacha dans ses atours‖ ce dépôt précieux.
Mais à peine avait-elle‖ enfermé sa parure,Que, pressant les moments‖ qu’un seul soleil mesure,Et des géants trompés‖ déroutant le coup d’œil,Du cachot de Cédar‖ elle touchait le seuil.Humble et douce à ses pieds‖ comme un tigre elle rampe.« Ô toi pour qui mon cœur‖ veille comme une lampe,Cédar ! ô le plus beau‖ des songes de Lakmi !Toi que j’adore en dieu‖ sous ce doux nom d’ami !Relève enfin ce front‖ courbé sous l’infortune,Et bénis une fois‖ ma tendresse importune !De tes membres sacrés‖ l’esclavage est fini.Demain, à Daïdha‖ par mes soins réuni,Le soleil te verra‖ libre, et prenant ta courseVers ces monts, fils du ciel,‖ remonter à ta source !
» Ne perdons pas le jour‖ en trop longs entretiens ;Ne m’interroge pas,‖ mais écoute et retiens :Dans Balbek cette nuit‖ un grand complot se trame.Nemphed assassiné‖ commencera le drame.Sa mort mettra le glaive‖ aux mains de nos tyrans,Leur sang empoisonné‖ coulera par torrents ;L’incendie à grands plis‖ baignera ces murailles,Tous les dieux prendront part‖ aux sanglantes batailles,Et, montant pour combattre‖ aux sommets de leurs tours,Laisseront sans gardiens‖ ces ténébreux détours.Dans la confusion‖ de l’horrible mêlée ;Une porte de fer,‖ dans le granit scellée,Restera, pour ta fuite,‖ ouverte sous ces murs ;Une esclave voilée,‖ aux pas discrets et sûrs,Au signal convenu‖ t’y tracera ta route :Quand tes pieds de la porte‖ auront franchi la voûte,Sous un bois de cyprès‖ que tu traverserasL’esclave remettra‖ Daïdha dans tes bras.Fuis comme le coursier‖ que le tigre relance ;Ton salut tout entier‖ dépend de ton silence.Fuis tant que le fardeau‖ serré contre ton cœurN’aura pas pour ta course‖ épuisé ta vigueur.Tu ne t’arrêteras‖ qu’une heure avant l’aurore,Vers un détour du fleuve,‖ au pied d’un sycomore.Là, sûr de ton trésor,‖ tu le déposeras,Et toujours sans parler,‖ assis, tu m’attendras.Avant qu’au firmament‖ le jour commence à poindre,Avec tes deux jumeaux‖ je viendrai t’y rejoindre.Ton bonheur tout entier‖ se pressera sur toi.Nous fuirons, nous fuirons‖ ensemble, elle, eux et moi.Si vous voulez encor‖ que Lakmi puisse vivre,Votre heureuse pitié‖ me laissera vous suivre ;Ou tu me diras : « Meurs »‖ ; et tu m’étoufferasComme ce pauvre chien‖ étouffé dans tes bras !Adieu, l’heure suit l’heure,‖ et le temps nous dévore.Tu me remercias‖ au pied du sycomore. »Elle dit, et jetant‖ une lime à sa main,Elle lui fit un signe,‖ il comprit : « À demain ! »
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 239((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a pas / trépas masculine, classiqueb esclave / lave féminine, classiquec s’assoupir / soupir masculine, classiqued elle / étincelle féminine, classiquee voix / fois masculine, classiquef insensée / élancée féminine, classiqueg amours / courts masculine, classiquea tremblantes / indolentes féminine, classiqueb beauté / velouté masculine, classiquec charmes / larmes féminine, classiqued vœux / cheveux masculine, classiquee nuage / visage féminine, classiquef regard / l’écart masculine, classiqueg sombres / d’ombres féminine, classiqueh rameaux / eaux masculine, classiquei marbre / d’arbre féminine, classiquej pleurer / demeurer masculine, classiquek poussée / pensée féminine, classiquel plaisirs / loisirs masculine, classiquem léthargie / l’orgie féminine, classiquen tout / dégoût masculine, classiqueo humaine / haine féminine, classiqueq crimes / victimes féminine, classiquer d’aimer / ranimer masculine, classiques d’innocence / enfance féminine, classiquet frapper / tromper masculine, classiqueu mystère / terre féminine, classiqueb chemin / main masculine, classiquec aurore / adore féminine, classiqued cher / l’approcher masculine, classiquee tendresse / ivresse féminine, équivalenteg attitude / l’habitude féminine, classiqueh flambeau / tombeau masculine, classiquei l’opale / pâle féminine, classiquej été / velouté masculine, classiquek l’attire / martyre féminine, classiquel parler / contempler masculine, classiquem assise / indécise féminine, classiquen vermeil / sommeil masculine, classiquea tendre / détendre féminine, classiqueb couché / touché masculine, classiquec lui-même / aime féminine, classiqued pitié / l’amitié masculine, classiquee modeste / geste féminine, classiquef pas / bras masculine, classiqueg naïve / craintive féminine, classiqueh son / frisson masculine, classiquei détresse / tendresse féminine, classiquej entretiens / siens masculine, classiquek demeure / l’heure féminine, classiquel malheureux / eux masculine, classiquem épaule / saule féminine, classiquen sein / plein masculine, classiqueo supplice / calice féminine, classiquep bruit / nuit masculine, classiqueq âme / femme féminine, classiquer fois / doigts masculine, classiquea perfide / timide féminine, classiqueb éprouvait / rêvait masculine, classiquec d’allégresse / tendresse féminine, classiquea languissant / l’accent masculine, classiqueb domine / poitrine féminine, classiquec passion / pression masculine, classiqued mystère / involontaire féminine, classiquee prend / comprend masculine, classiquef touche / couche féminine, classiqueg repliés / piés masculine, classiqueh paupière / poussière féminine, classiquea l’étonnement / moment masculine, classiqueb nuage / l’orage féminine, classiquec sens / accents masculine, classiqued douce / repousse féminine, classiquee nous / genoux masculine, classiquef âme / flamme féminine, classiqueg renfermé / consumé masculine, classiqueh t’outrage / ouvrage féminine, classiquei humilié / pitié masculine, classiquej adore / encore féminine, classiquek dieu / feu masculine, classiquel l’ange / fange féminine, classiquem commis / soumis masculine, classiquen m’embrase / m’écrase féminine, classiqueo mépris / prix masculine, classiquep ravale / rivale féminine, classiqueq appas / pas masculine, classiquer attente / contente féminine, classiques morts / corps masculine, classiquet couleuvre / l’œuvre féminine, classiqueu tour / l’amour masculine, classiquev esclave / l’entrave féminine, classiquea s’amortit / sortit masculine, classiqueb présence / complaisance féminine, classiquec d’affront / front masculine, classiqued jalousie / frénésie féminine, classiquee déroberai / tomberai masculine, classiquef abhorre / dévore féminine, classiqueg eux / affreux masculine, classiqueh s’engloutisse / supplice féminine, classiquei trépas / bras masculine, classiquea d’intrigues / brigues féminine, classiqueb occupé / échappé masculine, classiquec mûre / l’armure féminine, classiqued précurseurs / défenseurs masculine, classiquee colère / salaire féminine, classiquef dormi / Lakmi masculine, classiqueg âme / lame féminine, classiqueh mort / dort masculine, classiquei poitrine / mine féminine, classiquej main / demain masculine, classiquek trame / âme féminine, classiquel bras / trépas masculine, classiquem traître / peut-être féminine, classiquen salut / but masculine, classiqueo pensée / insensée féminine, classiquep lion / rébellion masculine, classiqueq coule / foule féminine, classiquer dieux / cieux masculine, classiques tête / prête féminine, classiquet sein / dessein masculine, classiqueu orgie / rougie féminine, classiquev respirer / enivrer masculine, classiquew extases / vases féminine, classiquex ciel / Asrafiel masculine, classiquey dissoudre / foudre féminine, classiquez jettera / jaillira masculine, classiquea l’autre / vautre féminine, classiqueb dieu / adieu masculine, classiquea glisse / complice féminine, classiqueb doigts / poids masculine, classiquec image / visage féminine, classiqued pas / appas masculine, classiquee armes / charmes féminine, classiquef distrait / secret masculine, classiquea dit-elle / mortelle féminine, classiquec combattre / t’abattre féminine, classiqued prendra / défendra masculine, classiquee ravie / vie féminine, classiquef préviens / siens masculine, classiqueg soulève / rêve féminine, classiquea complices / délices féminine, classiqueb dieux / yeux masculine, classiquec toi-même / diadème féminine, classiqued toi / roi masculine, classiquea attendre / suspendre féminine, classiqueb dit-il / fil masculine, classiquec traître / maître féminine, classiqued dard / regard masculine, classiquee s’enlace / place féminine, classiqueg m’apprête / conquête féminine, classiqueh marchepied / pied masculine, classiquei exprime / crime féminine, classiquea lui / fui masculine, classiqueb conduite / introduite féminine, classiquec yeux / insidieux masculine, classiqued parole / console féminine, classiquee pitié / moitié masculine, classiquea ravie / servie féminine, classiqueb beauté / chasteté masculine, classiquec entraves / esclaves féminine, classiqued corps / bords masculine, classiquee pierres / rivières féminine, classiquef pâleur / douleur masculine, classiqueg rosée / posée féminine, classiqueh amaigris / flétris masculine, classiquej foulé / coulé masculine, classiquek visage / nuage féminine, classiquel tressaillement / mouvement masculine, classiquem venue / inconnue féminine, classiquen dessein / sein masculine, classiquea amère / mère féminine, classiqueb moqueur / cœur masculine, classiquec cruelle / cria-t-elle féminine, classiqued voix / vois masculine, classiquee silence / d’enfance féminine, classiquef hideux / d’eux masculine, classiqueg mamelle / m’appelle féminine, classiqueh fois / voix masculine, classiquei rivale / pâle féminine, classiquej vus / nus masculine, classiquek femme / âme féminine, classiquem aisselle / gazelle féminine, classiquea genoux / nous masculine, classiqueb entrailles / murailles féminine, classiquec nourrir / mourir masculine, classiquea nature / nourriture féminine, classiqueb pleurer / désaltérer masculine, classiquec bouche / couche féminine, classiqued debout / tout masculine, classiquee membres / chambres féminine, classiquef amollis / plis masculine, classiqueg marbre / l’arbre féminine, classiqueh nudité / cruauté masculine, classiquei anges / langes féminine, classiquek couple / souple féminine, classiquel coupés / enveloppés masculine, classiquem jumelles / ailes féminine, classiquen nouer / jouer masculine, classiqueo chimère / mère féminine, classiquea ciseaux / réseaux masculine, classiqueb foule / coule féminine, classiquec genoux / tous masculine, classiqued vite / quitte féminine, classiquee poser / baiser masculine, classiquef soie / joie féminine, classiqueg yeux / précieux masculine, classiquea parure / mesure féminine, classiqueb d’œil / seuil masculine, classiquec rampe / lampe féminine, classiqued Lakmi / d’ami masculine, classiquee l’infortune / importune féminine, classiquef fini / réuni masculine, classiqueg course / source féminine, classiquea entretiens / retiens masculine, classiqueb trame / drame féminine, classiquec tyrans / torrents masculine, classiqued murailles / batailles féminine, classiquee tours / détours masculine, classiquef mêlée / scellée féminine, classiqueg murs / sûrs masculine, classiqueh route / voûte féminine, classiquei traverseras / bras masculine, classiquej relance / silence féminine, classiquek cœur / vigueur masculine, classiquel l’aurore / sycomore féminine, classiquem déposeras / m’attendras masculine, classiquen poindre / rejoindre féminine, classiqueo toi / moi masculine, classiquep vivre / suivre féminine, classiqueq m’étoufferas / bras masculine, classiquer dévore / sycomore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
478 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, CHEZ L’AUTEUR, RUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1861· numérisation wikisource.org· Sources