Méditations poétiques, 1823
SEIZIÈME MÉDITATION. La branche d’amandier
De l’amandier tige fleurie,Symbole, hélas ! de la beauté,Comme toi, la fleur de la vieFleurit et tombe avant l’été.
Qu’on la néglige ou qu’on la cueille,De nos fronts, des mains de l’Amour,Elle s’échappe feuille à feuille,Comme nos plaisirs jour à jour.
Savourons ces courtes délices ;Disputons-les même au zéphyr ;Épuisons les riants calicesDe ces parfums qui vont mourir.
Souvent la beauté fugitiveRessemble à la fleur du matinQui, du front glacé du convive,Tombe avant l’heure du festin.
Un jour tombe, un autre se lève ;Le printemps va s’évanouir ;Chaque fleur que le vent enlèveNous dit : « Hâtez-vous d’en jouir ! »
Et puisqu’il faut qu’elles périssent,Qu’elles périssent sans retour ;Que les roses ne se flétrissentQue sous les lèvres de l’Amour !
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a fleurie / vie féminine, classiqueb beauté / l’été masculine, classiquea cueille / feuille féminine, classiqueb l’Amour / jour masculine, classiquea délices / calices féminine, classiqueb zéphyr / mourir masculine, classiquea fugitive / convive féminine, classiqueb matin / festin masculine, classiquea lève / enlève féminine, classiqueb s’évanouir / jouir masculine, classiquea périssent / flétrissent féminine, classiqueb retour / l’Amour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources