Méditations poétiques, 1820
TRENTE-TROISIÈME MÉDITATION. Le chrétien mourant
Qu’entends-je ? autour de moi‖ l’airain sacré résonne !Quelle foule pieuse‖ en pleurant m’environne ?Pour qui ce chant funèbre‖ et ce pâle flambeau ?Ô mort ! est-ce ta voix‖ qui frappe mon oreillePour la dernière fois ?‖ Hé quoi ! je me réveilleSur le bord du tombeau !
Ô toi, d’un feu divin‖ précieuse étincelle,De ce corps périssable‖ habitante immortelle,Dissipe ces terreurs :‖ la mort vient t’affranchir !Prends ton vol, ô mon âme,‖ et dépouille tes chaînes !Déposer le fardeau‖ des misères humaines,Est-ce donc là mourir ?
Oui, le temps a cessé‖ de mesurer mes heures.Messagers rayonnants‖ des célestes demeures,Dans quels palais nouveaux‖ allez-vous me ravir ?Déjà, déjà je nage‖ en des flots de lumière ;L’espace devant moi‖ s’agrandit, et la terreSous mes pieds semble fuir !
Mais qu’entends-je ? Au moment‖ où mon âme s’éveille,Des soupirs, des sanglots‖ ont frappé mon oreille !Compagnons de l’exil,‖ quoi ! vous pleurez ma mort !Vous pleurez ! et déjà‖ dans la coupe sacréeJ’ai bu l’oubli des maux,‖ et mon âme enivréeEntre au céleste port.
Versification
- Forme
- 4 sizains (sizains)
- Rimes
- 4(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et hexasyllabes (20 de 12, 4 de 6)· profil 6, 6+6
- Strophes
- 4 sizains
- Mots à la rime
- a résonne / m’environne féminine, classiqueb flambeau / tombeau masculine, classiquec oreille / réveille féminine, classiquea étincelle / immortelle féminine, classiqueb t’affranchir / mourir masculine, classiquec chaînes / humaines féminine, classiquea heures / demeures féminine, classiqueb ravir / fuir masculine, classiquec lumière / terre féminine, classiquea s’éveille / oreille féminine, classiqueb mort / port masculine, classiquec sacrée / enivrée féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources