Recueillements poétiques, 1839
II. A une jeune fille qui pleurait sa mère
Que notre œil l'un dans l'autre poseTriste, quand nous nous regardons !Nous manque-t-il donc une choseQue du cœur nous nous demandons ?
Ah ! je sais la pensée amèreQui de tes regards monte aux miens !Dans mes yeux tu cherches ta mère,Je vois mon ange dans les tiens.
Quoique ta tristesse ait des charmes,Ne nous regardons plus ainsi :Hélas ! ce ne sont que des larmesQue les yeux échangent ici !
La mort nous sevra de bonne heure,Toi de ton lait, moi de mon miel ;Pour revoir ce que chacun pleure,Pauvre enfant, regardons au ciel !
Saint-Point, 24 Octobre 1836.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a pose / chose féminine, classiqueb regardons / demandons masculine, classiquea amère / mère féminine, classiqueb miens / tiens masculine, classiquea charmes / larmes féminine, classiqueb ainsi / ici masculine, classiquea heure / pleure féminine, classiqueb miel / ciel masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Recueillements poétiques, PARIS, LIBRAIRIE DE CHARLES GOSSELIN, 1839· numérisation gallica.bnf.fr· Sources