Poèmes évangéliques, 1852
La résurrection de Lazare
I
Or, coupable d’amour,‖ de charité féconde,Jésus devint en haine‖ aux puissants de ce monde.Chaque nouveau miracle,‖ obtenu par la foi,Semblait un nouveau crime‖ aux docteurs de la loi.Les pains multipliés,‖ les guérisons célèbres,Tout, à leurs yeux jaloux,‖ est œuvre de ténèbres :Jésus n’observait point‖ le repos du sabbat ;Il avait souhaité‖ que le temple tombât ;Il s’était dit, un jour,‖ plus puissant que Moïse :Il chassait les démons‖ par leur propre entremise !Quand le faux zèle, ainsi,‖ contre lui s’enflammait,Jésus était contraint‖ de fuir ceux qu’il aimait,De chercher le désert,‖ les cavernes secrètesOù les lions se font‖ les hôtes des prophètes !Car ceux qui vont semant‖ la parole de DieuSeront toujours errants‖ et n’auront feu ni lieu.Les temples, les palais‖ tiennent leurs portes closesQuand ils sentent passer‖ le vent des grandes choses ;Et le monde, effrayé‖ dans ses vices, proscritL’ouvrier trop ardent‖ des œuvres de l’Esprit.
Chez les hommes, pourtant,‖ il leur faut un asileA ces doux étrangers‖ que tout le peuple exile ;Sous un toit où leur corps‖ se repose abrité,Leur cœur, aussi, demande‖ une hospitalité..Plus lourd est le fardeau,‖ plus la route est austère,Plus, ils ont à souffrir‖ des choses de la terre,Et plus des biens du ciel‖ ils ressentent l’attrait ;Plus leur âme a besoin‖ de s’ouvrir en secret,D’offrir à respirer‖ ses parfums qu’on ignore.Car cette âme est semblable‖ à la forêt sonore :Le vent mugit en elle,‖ et, de loin, le passantÉcoute avec effroi‖ l’esprit retentissant ;Sans se douter, à voir‖ les chênes centenairesEt le front des rochers‖ noircis par les tonnerres,Que, dans ce temple auguste‖ aux piliers infinis,Chaque arbre est ceint de fleurs‖ et couronné de nids,Qu’il exhale des voix‖ et des odeurs bien douces,Et qu’on dort, à ses pieds,‖ sur des tapis de mousses.
Vos prophètes, Seigneur,‖ sont ainsi ; leur aspectRemplit la foule au loin‖ de haine ou de respect.Eux, pourtant, descendus‖ des monts que Dieu visite,Ils serrent notre main‖ qui devant eux hésite ;Quand l’écho vibre encor‖ des sermons triomphantsIls reviennent parler‖ la langue des enfants.A quelque table obscure,‖ où l’amitié les lie,Leurs gloires, leurs douleurs,‖ hormis Dieu tout s’oublie.Là, pour se reposer‖ des grandeurs du ThaborIls voilent, en entrant,‖ les feux du nimbe d’or ;Heureux, loin des chemins‖ où l’on étend les palmes,D’abriter sous ce toit‖ leurs fronts tristes et calmes.
Vous-même, des douleurs‖ exemple à tous donné,Vous, marchant vers la croix‖ pour qui vous étiez né,Vous l’aviez, ô Jésus,‖ cet asile si rare,Cet asile du cœur !‖ Et c’était chez Lazare.
Le frère et les deux sœurs‖ empressés sur le seuilVous le voyaient franchir‖ avec un doux orgueil,Vous les aimiez tous trois !‖... et l’enclos solitaireEt des larges figuiers‖ l’ombrage héréditaire,Et ces murs de rosiers‖ et de pampres vêtusQu’habitaient le travail‖ et les humbles vertus.A ce foyer exempt‖ de tout luxe frivoleVous apportiez, Seigneur,‖ le pain de la parole.
Vous les aimiez tous trois !‖ Lazare ferme esprit,Fidèle à faire en tout‖ selon qu’il est écrit,Conduit à votre loi‖ par l’amour de l’ancienne ;Les pauvres pour fortune‖ avaient toujours la sienne.Vous l’aimiez ! dans ses yeux‖ et sur son front penseurSiégeaient en même temps‖ la force et la douceur,Homme à qui vous pouviez‖ parler sans paraboles,Dont l’âme conservait‖ le grain de vos paroles,Et qui faisait fleurir,‖ mieux que les plus fervents,L’esprit de vos discours‖ en des actes vivants.
Dès qu’on vous espérait,‖ par les soins des deux femmes,La maison reflétait‖ la parure des âmes ;Ornés, partout, de fleurs,‖ de tapis éclatants,Les murs vous témoignaient‖ l’amour des habitants ;Les plus beaux fruits, choisis‖ lentement sur chaque arbre,Couvraient la nappe blanche‖ et les tables de marbre ;L’urne antique sortait‖ de l’ombre des celliers.La joie était partout ;‖ les oiseaux familiersChantaient et voltigeaient‖ et semblaient vous connaître,Et les chiens faisaient fête‖ à l’ami de leur maître.Tous les vieux serviteurs‖ hâtaient leurs pas tremblants ;Le zèle universel‖ emportait les plus lents.
Pour que l’œuvre de tous‖ fût digne d’un tel hôte,Marthe allait et venait‖ réparant toute faute,Mettant à ces apprêts‖ un innocent orgueil.Magdeleine à Jésus‖ offrait un autre accueil ;Laissant Marthe aux soucis‖ de la maison en fête,C’est son cœur qu’elle ornait‖ pour l’ouvrir au prophète ;Elle écoutait le Verbe,‖ à genoux, l’œil en feu,Oubliant l’homme en lui‖ pour contempler le Dieu.
Or Marthe se plaignit :‖ — « Maître, elle m’abandonneSeule aux mille travaux‖ que la maison me donne ;Dites-lui qu’elle m’aide,‖ » — Et Jésus la reprit :— « Marthe, des soins nombreux‖ agitent votre esprit ;Un seul est nécessaire‖ et doit remplir cette heure ;Marie a su choisir ;‖ sa part est la meilleure,Nul ne la lui prendra.‖ » — Dieu respecte en effetLe choix libre de l’homme‖ et la part qu’il se fait.
Et tandis que la sœur‖ qu’un moins haut ministèreGarda toujours sans tache‖ à son foyer austère,Du toit hospitalier‖ soigne au festin l’honneur,Magdeleine interroge‖ ardemment le Seigneur ;Ame mieux préparée‖ à l’Évangile intime,Cherchant plus les sommets‖ pour avoir vu l’abîme !
Magdeleine ! parfum‖ à la croix réservé ;Cœur perdu par l’amour‖ et par l’amour sauvé ;Perle digne d’orner‖ le chaste front d’un ange,Et qu’hier un rayon‖ tira de notre fange !Esclave du plaisir‖ dont les liens rompusTombèrent sous le trait‖ d’un regard de Jésus !Elle avait tout quitté,‖ son palais et les fêtes,Et les tendres combats‖ et l’orgueil des conquêtes,Pour celui dont l’amour,‖ prix de cet abandon,Des faiblesses du cœur‖ enferme le pardon.Madeleine ! brûlant‖ de la soif plus avideQui suit des passions‖ la coupe sitôt vide,Sa lèvre s’attachait,‖ ivre encor de leur miel,Au breuvage infini‖ dont la source est au ciel.Car les flots d’ici-bas,‖ qui nous versent l’extase,Sans le combler jamais‖ agrandissent le vase ;Et, du vide fatal‖ quand l’homme est averti,Dieu seul remplit un cœur‖ d’où l’amour est sorti.
Dans ce séjour de paix‖ que l’ombre au loin protège,Jésus, n’ayant gardé‖ que Jean pour seul cortège,Fuyait souvent les Juifs‖ et les périls nouveaux,Seul prix qu’offre le monde‖ à ses divins travaux.Il chérit en Lazare‖ et le ferme courage,Et la foi du disciple,‖ et la raison du sage ;Il trouve un charme égal‖ aux austères douceursDes deux cultes rivaux‖ offerts par les deux sœurs :Marthe, esprit simple et droit,‖ qui dans ses soins rustiquesMet le zèle naïf‖ des pieuses pratiques,Cœur moins haut remonté,‖ mais n’ayant pas failli ;Madeleine, âme en qui‖ les éclairs ont jailliEt dont le Christ ému‖ voit avec complaisanceLe repentir, plus grand‖ encor que l’innocence ;Celle qui doit verser‖ sur l’homme dés douleursLa divine onction‖ des parfums et des pleurs.Ainsi, le Maître, assis‖ entre eux à cette table,Cueillait ces fruits divers‖ nés d’un amour semblable.Tandis qu’il répandait‖ sur le pain et le vinLe miel de sa parole‖ et son esprit divin,Il goûtait, à son tour,‖ cette amitié sincère,Au cœur du Fils de l’Homme‖ aliment nécessaire.Car le prophète même‖ a soif de l’amitié :De toute œuvre en ce monde‖ elle fait la moitié.
II
Pain des forts que le cœur‖ à son gré multiplie,Galice aux profondeurs‖ pures de toute lie,Vin qui réchauffe l’âme‖ et n’enivre jamais,Chaste plante qui croit‖ sur les plus hauts sommets,Amitié ! don du ciel,‖ fleur des vertus de l’homme,Nom viril dont l’amour‖ chez les Anges se nomme !Le cœur qui t’appartient‖ et qui suit ton sentier,Aux austères devoirs‖ reste encor tout entier ;Bien loin de l’épuiser‖ tu rends double sa force,Tes fruits, à toi, n’ont pas‖ de cendre sous l’écorce.
Amitié ! joug divin‖ qu’on porte librement ;Chaîne où l’on s’est lié‖ sans fol aveuglement,Qu’aucun hasard fatal‖ n’aggrave ou ne dénoue ;Élection du cœur‖ que la raison avoue !Amitié ! notre appui‖ quand tout autre s’abat ;Sagesse qui prévoit‖ et force qui combat ;Acier fidèle, armure‖ et l’âme bien trempée,Je te serre à mon flanc‖ comme on serre une épée !Par toi, contre le sort‖ sachant que l’on est deux,On marche confiant‖ dans les chocs hasardeux.Quand l’amour le plus pur‖ sous maints voiles se cache,On te porte au grand jour‖ comme un écu sans tache.
Oh ! bonheur de donner‖ ce nom sacré d’ami,Présage de vertus‖ en deux cœurs affermi !Outre sa conscience‖ avoir un autre juge,Contre son propre cœur‖ se créer un refuge,Un témoin qui vous suit,‖ vous conseille en tout lieu ;A qui l’on se confesse‖ et l’on croit comme à Dieu ;Qui, resté clairvoyant‖ quand notre esprit s’enivre,Bonne un rude conseil‖ et nous aide à le suivre ;Et, si nous faiblissons,‖ devenu triste et doux,Du juste châtiment‖ pleure avec nous, sur nous ;Le seul qui puisse, avec‖ ses mains tendres et pures,Sans irriter le mal,‖ toucher à nos blessures !Amitié ! nœud charmant‖ que tressent les douleurs,Beau jour qui, bien souvent,‖ se lève au sein des pleurs,Amitié ! toi qui peux,‖ sans autres espérances,Faire un double bonheur‖ en mêlant deux souffrances.
Soleil de tous climats‖ et de toute saison,Douce chaleur au cœur,‖ lumière à la raison,Amitié ! tu ne luis‖ que sur les grandes âmes ;Jamais un œil impur‖ ne réfléchit tes flammes,Tu ne dores qu’un front‖ de sa candeur vêtu.
Amitié, n’es-tu pas‖ toi-même une vertu ?Forte vertu qui cache‖ une douceur insigne !On ne peut s’en sevrer‖ sitôt qu’on en est digne.Saint trésor qu’on achète‖ avec le don de soi,Amitié ! l’Homme-Dieu‖ n’a pas vécu sans toi !
III
Dans le désert où Jean,‖ au baptême de flamme,Par le baptême d’eau‖ vint préparer les âmes,Il errait ; ses amis,‖ pour sa cause proscrits,De pains miraculeux‖ à ses côtés nourris,Le suivaient, écoutant‖ l’enseignement sévèreQui ne doit s’achever‖ qu’au sommet du Calvaire.Un soir, sous les palmiers‖ et penché vers les eauxDu puits où le berger‖ rassemble ses troupeaux,Jésus parlait aux siens‖ du bon pasteur, du pèrePour qui l’âme égarée‖ est encor la plus chère ;Lorsque arrive à grands pas,‖ suant, noirci, poudreux,Ayant l’inquiétude‖ et le deuil dans les yeux,Le messager connu‖ de Marie et de Marthe :— « Seigneur, dit-il, pendant‖ que le groupe s’écarte,Celui que vous aimez‖ est en danger de mort ! » —
Les disciples émus‖ se troublèrent d’abord ;Mais Jésus se souvient,‖ pendant qu’eux tous pâlissent,Du maître à qui la vie‖ et la mort obéissent.
— « En ce temps, leur dit-il,‖ Lazare doit souffrirPour la gloire de Dieu,‖ mais non jusqu’à mourir. »
Et nul pour le départ‖ encor ne se prépare.Il aimait bien pourtant‖ les deux sœurs et Lazare !Mais d’un céleste amour‖ qui, voyant de plus loin,Aux plus hauts intérêts‖ accorde plus de soin,Et veut la guérison‖ telle que l’homme en sorteRiche d’un sang plus pur‖ et d’une âme plus forte.Or, deux jours, — on l’eût dit dans un oubli cruel, —Il resta ; puis il dit :‖ « Rentrons en Israël. »Les apôtres, alors,‖ furent saisis de crainte.Des lenteurs de l’ami‖ la raison haute et sainteÉchappait à leur sens‖ grossier. Aucun d’entre euxN’ayant la ferme foi‖ qui rend aventureux,Ils pensent que Jésus,‖ ainsi qu’eux tiède et lâche,Par frayeur, au désert‖ reste encore et s’y cache.Et tremblant du retour :‖ « Maître, ont-ils crié tous,Songez aux Juifs toujours‖ irrités contre vous,Qui pour vous lapider‖ vous ont cherché naguère ;Vous retournez, ô Maître,‖ affronter leur colère ! »Et Jésus répondit :‖ « L’âme ouverte au vrai jour,L’homme qui porte au cœur‖ la clarté de l’amour,Marche sans se heurter‖ dans les sentiers funèbresOù trébuche celui‖ qui va dans les ténèbres.L’homme qui n’aime pas‖ veut pénétrer en vainLa loi que suit l’amour‖ en son retard divin ;Il ne saurait trouver,‖ ne songeant qu’à lui-même,La façon dont il faut‖ aimer ceux que l’on aime.Venez, ajouta-t-il,‖ Lazare est endormi ;C’est moi qui du sommeil‖ veux tirer notre ami. »Eux, sans voir le vrai sens‖ des paroles du Maître :« Puisque Lazare dort,‖ il est guéri peut-être ? »
Car ils ne savent pas‖ qu’image du sommeil,La mort est un repos‖ et qu’elle a son réveil,Qu’un immortel esprit‖ dort dans notre poussière.Leurs yeux s’ouvrent en vain ;‖ mais leur âme grossière,Lorsque Jésus déploie‖ un symbole fécond,S’arrête sur l’image‖ et ne va pas au fond ;Leur cœur n’a pas encor,‖ dans sa rude indigence,Reçu l’esprit d’amour,‖ esprit d’intelligence.
Jésus, donc, leur parlant‖ le langage de tous,Leur dit : — « Lazare est mort !‖ moi, pour l’amour de vous,Pour rendre votre foi‖ plus ardente et plus pure,J’ai laissé s’accomplir‖ tout selon la nature ;Et je m’en réjouis.‖ Car, pour vous faire voirAu nom de qui je parle‖ et d’où vient mon pouvoir,Il fallait qu’une mort‖ fût un exemple insigne ;Et, parmi vous, Lazare‖ en fut seul trouvé digne ;Allons à lui ! » — Chacun‖ se trouble en l’écoutant,Et, dans la peur des Juifs,‖ reste encore hésitant.Sur quoi, Thomas, d’amour‖ plus touché que les autres,Cria : — « Suivons-le tous !‖ nous sommes ses apôtres ;Nous sommes les premiers‖ pour qui le Verbe ait lui ! »S’il doit mourir, allons‖ et mourons avec lui ! »
Et tous furent émus.‖ Cette âme chaleureuseSavait faire vibrer‖ la corde généreuse ;La foi dans son esprit‖ fut lente à se former,Mais son cœur était prompt‖ lorsqu’il fallait aimer.
Or, s’étant levés tous,‖ — car cette ardeur les gagne, —Sur les pas de Jésus‖ descendant la montagne,Ils quittent le désert,‖ pour prendre ces cheminsPlus périlleux, hélas !‖ étant près des humains ;Route où chaque progrès‖ est le prix d’une lutte,Où le monde grandit‖ les saints qu’il persécute,Où la haine auprès d’eux‖ chemine jour et nuit,Où tout le bien qu’ils font,‖ chez les hommes, leur nuit ;Ton sentier, ô Jésus !‖ où, frappé de la grâce,Le disciple amoureux‖ suit et baise ta trace ;Chemin où l’on s’engage‖ en ayant dit : Je crois !Qui partant d’une crèche‖ aboutit à la croix.
IV
Quand la troupe des Douze,‖ avec Jésus bannie,Surmontant ses frayeurs‖ rentra dans Béthanie,Ayant encore aux pieds‖ la poudre du désert,La mort qui sait gagner‖ tous les moments qu’on perd,Plus prompte que l’ami‖ qui doute et se prépare,Entre Marthe et Marie‖ avait saisi Lazare ;Et, depuis quatre jours,‖ le frère bien-aiméDans l’ombre du sépulcre,‖ hélas ! était fermé.
Or, la ville étant proche‖ et les chemins faciles,D’autant plus empressés‖ qu’ils sont plus inutiles,Dans la maison du mort‖ les amis, les parentsApportaient pour le deuil‖ leurs pleurs indifférents.Sous ce paisible toit,‖ depuis la nuit fatale,C’était un grand concours ;‖ et la foule banale,Cruelle en sa pitié,‖ prodigue à chaque sœurCes consolations‖ qui déchirent le cœur.
Mais, du divin ami‖ Marthe apprend la venue ;Et, se précipitant,‖ sur la route connue,Court au-devant de lui,‖ roi des infortunésVers qui par la douleur‖ nous sommes ramenés.
Seule avec son chagrin,‖ âme qui se dévore,Madeleine restait‖ ne sachant rien encore.De l’ombre et du secret‖ ce cœur avait besoin,Des hommes, en son deuil,‖ il voulait être loin.
Marthe, en apercevant‖ le Dieu qui les visite,Éclate en longs sanglots,‖ tombe et se précipite :— « Il ne serait pas mort,‖ lui dit-elle, à genoux,Seigneur ! si vous aviez‖ habité parmi nous ;Mais je crois fermement‖ que par vous demandéeToute grâce par Dieu‖ nous doit être accordée. »
Et Jésus répondit :‖ — « Votre frère vivra. » —Et la sœur, saisissant‖ ces mots qu’elle espéra,Vole et porte à sa sœur‖ la céleste nouvelle.Les froids consolateurs‖ s’étaient emparés d’elle ;Et ses pleurs, seuls discours‖ qui sachent consoler,Retombaient sur son cœur,‖ ne pouvant plus couler.
Mais, prononçant tout bas‖ le nom qui la rassure.Et qui plus doucement‖ fait saigner la blessure :— « Le Maître est là, dit Marthe,‖ et vous appelle à lui ! »
On cherchait Madeleine, elle avait déjà fui ;Et déjà, hors du bourg,‖ au champ des TérébinthesOù Jésus l’attendait,‖ arrivant les mains jointes :— « Il ne serait pas mort,‖ disait-elle à genoux,Seigneur ! si vous aviez‖ habité parmi nous. »
Or, le zèle indiscret‖ de ces gens qu’elle évite,Sur ses pas, vers Jésus‖ les a conduits bien vite ;Ils entouraient le Christ‖ et cette femme en pleurs ;Quelques-uns, il est vrai,‖ pleurant de ses douleurs.
Jésus, qui sait pourtant‖ comment sécher les larmesEt pour toute souffrance‖ a d’invincibles charmes,Lui, qui voit par delà‖ les ombres du trépas,Lui, roi de ces hauts lieux‖ où le mal n’atteint pas,Lui, que l’esprit d’amour‖ sur notre terre amène,Le Verbe ! dans sa chair‖ sent frémir l’âme humaine ;Et, troublé d’un émoi‖ qu’il n’a pas déguisé :— « En quel endroit, dit-il,‖ l’avez-vous déposé ? »
Et ceux-ci, lui montrant‖ le monument suprême,Répondirent : « Venez,‖ Maître, et voyez vous-même. »Et, prenant le chemin‖ de ce funèbre lieu,Jésus pleura.
Merci de ces pleurs, ô mon Dieu !Qu’au nom de l’amitié‖ soit à jamais bénieCette larme tombant‖ de la source infinie !Merci des pleurs versés‖ pour un ami perduPar celui dont l’amour‖ au monde entier est dû !Merci de ce torrent‖ de l’onde universelleQui, tout pour un seul homme,‖ en ce moment, ruisselle !Non, jamais de vos flancs,‖ Seigneur, ou de vos yeuxN’a coulé sur la croix‖ un flot plus précieux !
C’est l’arrêt des cœurs froids,‖ scrupuleux ou stoïques,Qui n’osent s’épancher‖ sur de chères reliques ;De ceux qui devant Dieu‖ font à l’amour un tortDes cris du désespoir‖ auprès d’un lit de mort.Seigneur, vous qui savez‖ où vont tous ceux qui meurent,Vous avez consacré‖ pourtant ceux qui les pleurent ;Vous permettez au cœur‖ d’avoir ses chers élus,Et de tout oublier,‖ alors qu’ils ne sont plus.Merci, Jésus, merci‖ de l’éternel baptêmeA l’amitié donné‖ par les yeux de Dieu même !O vous, sur les tombeaux,‖ qui vous tordez les mains,Veuve aux cheveux épars‖ courant par les chemins,Seconde âme du mort‖ qui demande à le suivre ;Mères qui blasphémez‖ et ne voulez plus vivre !Vous, cœurs toujours brûlants‖ et jamais résignésQui déchirez encor‖ la place où vous saignez,Qui reprochez à Dieu,‖ sans pardon et sans trêve,Ou l’amante ou l’ami‖ que la mort vous enlève...Non ! tous vos désespoirs‖ n’offensent pas les cieux ;Jésus compte, là-haut,‖ tous ces pleurs précieux.Oui, foulez sous vos pieds‖ la parole infécondeQui veut vous consoler‖ d’un seul par tout le monde !Devant le corps glacé‖ de l’enfant que tu perds,Mère, il t’est bien permis‖ d’oublier l’univers ;De ton cœur pour ce fils‖ tu peux bien être avare ;Vois ! l’Homme-Dieu lui-même‖ a pleuré sur Lazare !
Il pleurait ! et, pourtant,‖ il tenait le flambeauQui rallume la vie‖ au profond du tombeau ;Il pleurait ! devant tous‖ et devant Dieu, sans honte,Il donnait ses grands pleurs‖ dont au monde il doit compte !
Or, tandis qu’une foule‖ à l’entour se formait,Les Juifs disaient entre eux :‖ — « Voyez comme il l’aimait ! »
Et quelques-uns, témoins de son dernier prodige,Ajoutaient : — « Si la mort‖ de cet homme l’afflige,Lui qui commande aux yeux‖ aveugles de s’ouvrir,Ne pouvait-il donc pas‖ l’empêcher de mourir ? »
Mais le Christ, frémissant‖ d’un grand frisson interne,Marcha vers le tombeau.‖ C’était une caverneDont un bloc de rocher‖ fermait le large seuil.Et Jésus dit : — « Levez‖ la pierre du cercueil ! »
S’approchant, Marthe alors,‖ d’un son de voix qui navre :— « Seigneur ! il a l’aspect‖ et l’odeur d’un cadavre,Car depuis quatre jours‖ il est enseveli. »
Mais Jésus : « Tenez-vous‖ ma promesse en oubli ?Celui qui ne croit point‖ passera comme l’herbe ;Mais celui qui recueille‖ et qui garde le VerbeTraversera la mort‖ sans mourir ; il vivraDans la gloire du Père,‖ et la possédera.Or, c’est par moi que Dieu‖ vous parle et vous visite ;C’est moi qui suis la via‖ et moi qui ressuscite ;Marthe, le croyez-vous ?‖ » — Et le genoux ployé :« Je crois, dit-elle, au Fils‖ par le Père envoyé,« Je crois ! mes yeux, mon cœur,‖ ma raison, tout m’atteste« En vous le Christ marqué‖ de l’onction céleste. »
Et quelques hommes forts,‖ pleins de l’esprit nouveau,Levèrent à l’instant‖ la pierre du tombeau.
Jésus donc, embrassant‖ d’un regard tout l’espace,Tout l’azur infini‖ dont Dieu voile sa face,Jésus dit : — « Dans les cieux‖ brillants de vos clartés,Soyez béni, là-haut,‖ Père qui m’écoutez.Puisque l’esprit d’amour,‖ nous mêlant l’un à l’autre,Unit mes volontés‖ et les fond dans la vôtre,Votre force est pour moi‖ le souverain recours,Et je sais qu’ô mon Dieu,‖ vous m’exaucez toujours !Car, lorsque vous créez,‖ du soleil au brin d’herbeVous n’exécutez rien‖ qu’à travers voire Verbe.Mais je veux, à ce peuple,‖ aujourd’hui, faire voirQu’en moi vous avez mis,‖ mon Dieu, votre pouvoir ;Afin qu’ils sachent bien,‖ tous ceux que je console,Que, procédant de vous,‖ je suis votre parole.
Ainsi pria Jésus.‖ Or, le peuple entouraitLes deux sœurs, sur le bord‖ du sépulcre, et pleurait.
Madeleine à genoux,‖ l’âme en Dieu recueillie,A tourné vers le Christ‖ un regard qui supplie.Et lui, tous ayant fait‖ silence à ses côtés,Cria d’une voix forte :‖ — « O Lazare, sortez ! »
Soudain, vers le caveau,‖ la foule qui se penche,Dans l’ombre en mouvement,‖ voit une forme blanche ;C’est le mort qui se dresse,‖ et qui se tient tout seulEncore enveloppé,‖ debout dans son linceul.Les bras toujours liés,‖ le front sous le suaire,Il monte les degrés‖ du profond ossuaire ;Et, devant tout le peuple‖ épiant son réveil,S’arrête sur le seuil‖ en face du soleil.
Et Jésus se tournant‖ du côté de ses frères :— « Détachez, leur dit-il,‖ les liens funéraires ;Laissez marcher le mort. »
Et Lazare vivantMarcha vers sa maison.‖ Et tous, en le suivant,Silencieux, tremblants‖ sous leur raison qui ploie,Versaient des pleurs mêlés‖ de terreur et de joie.Et le seuil familier‖ s’ouvrit avec transportAu frère revenu‖ du séjour de la mort ;Et l’antique amitié,‖ dans son divin calice,Abreuva tous ces cœurs‖ avec plus de délices,Et l’âme de Marie,‖ avec plus de ferveur,Versa tous ses parfums‖ sur les pieds du Sauveur.
V
Or, témoins assidus‖ des œuvres qu’il a faites,Des hommes droits de cœur‖ et lisant les prophètesCrurent en lui, sentant,‖ comme un premier flambeau,Dans la nuit de leurs sens‖ poindre l’esprit nouveau.
Mais la foule des Juifs,‖ à Dieu toujours rebelle,Et des pharisiens‖ épousant la querelle,Va dans la synagogue,‖ et devant ses docteursDes envoyés du ciel‖ toujours accusateurs,Les aidant à tourner‖ le vrai sens des oracles,Au glaive de la loi‖ dénoncent les miracles.
C’est ainsi que, jugé‖ par le peuple ou les rois,Ce qui le prouvait Dieu‖ le vouait à la croix,Et que chaque bienfait‖ de charité divineAggravait son bandeau‖ d’une sanglante épine.
VI
O Jésus, à vous voir‖ sous les coups fléchissant,A votre front baigné‖ de sueurs et de sang,J’ai reconnu d’Adam‖ l’œuvre qui se consomme,Et Pilate a bien dit‖ en disant : Voilà l’Homme !Des lambeaux de sa chair‖ le triste genre humain,Sur ce globe maudit,‖ sème ainsi son chemin ;Par la douleur au moins,‖ à vos traces fidèle,Même en vous blasphémant‖ il vous a pour modèle.Car tout fils qu’ici-bas‖ une femme enfantaPrend sa fatale part‖ du fiel de Golgotha.Heureux qui, sans murmure‖ et plein d’une foi forte,Partageant votre croix,‖ , avec amour la porte.Oui, l’Homme c’est bien vous !‖ Vous avez acceptéLes plus pesants fardeaux‖ de notre humanité.
Pauvre et nu vous avez‖ pris, au fond d’une étable,Un corps, faible instrument‖ qu’une grande âme accable.De la faim et du froid‖ subissant l’aiguillon,Vous avez du travail‖ creusé le dur sillon,Et soutenu, trente ans,‖ cette lutte obstinée,Prix que met votre Père‖ au pain de la journée.
Pour des travaux plus lourds,‖ s’ils sont plus apparents,Quand Dieu vous appela‖ loin du toit des parents,Quand, loin de la famille‖ et de ces douces fêtes,Vous avez commencé‖ la tâche des prophètes,L’anathème, l’exil,‖ les indignes soupçons,Vous ont payé, comme eux,‖ du prix de vos leçons.Contre vous, tout miracle‖ et toute œuvre qui fondeSuscita le vain peuple‖ et les princes du monde.Pour vous aimer, au moins,‖ pour être aimés de vous,Vous vous étiez choisi‖ des frères entre tous ;Et, le jour de l’épreuve‖ et de la calomnie,Voilà que l’un vous vend,‖ que l’autre vous renie !Enfin, cédant sous l’homme,‖ à l’aspect de la croix,Le Dieu connut en vous‖ nos doutes, nos effrois.Votre voix, défaillante‖ en prières plaintives,Repoussait le calice‖ au jardin des Olives.Comme nous, vous avez‖ frémi devant la mort ;Votre cœur s’est roidi‖ d’un inutile effort,Et, pour suprême horreur,‖ à votre heure dernière,Vous avez pu vous dire‖ abandonné du Père !Oui, vous êtes bien l’Homme !‖ Oui, ce sang et ces pleurs,Tout vous atteste, ô Christ,‖ pour le roi des douleurs !
Eh bien ! pourtant, Seigneur,‖ même au jour du supplice,Vous n’avez pas à fond‖ vidé votre calice !Vos lèvres n’ont pas bu‖ le flot le plus amerQui monte en bouillonnant‖ de cette vaste mer...
Vous n’avez pas en vain‖ pleuré sur une tombe,Écueil où des élus‖ la foi même succombe ;Vous n’avez pas en vain‖ rappelé votre amiDu sommeil éternel‖ en vos bras endormi !La mort, qui pour jamais‖ nous brise et nous sépare,A votre premier pleur‖ vous a rendu Lazare.Vous n’avez pas connu‖ le sombre désespoirD’invoquer ceux qu’on aime‖ et de ne plus les voir,D’appeler sans réponse‖ un compagnon de routeQui nous suivait de près,‖ n’ayant tiédeur ni doute,Qui, dans tous vos ennuis,‖ vous cherchait, sûr et prompt,Comme pour l’appuyer‖ la main cherche le front !L’avare mort n’a pas,‖ avant que vînt votre heure,Des parts de votre cœur‖ emporté la meilleure ;Nul éternel adieu‖ ne vous a laissé seul ;Vous n’avez point fermé‖ de funèbre linceul ;
Vos amis assistaient‖ à votre fin bénie ;Surtout ! vous avez eu,‖ douce à votre agonie,— Quand vous dites : Ély,‖ vainement, par trois fois —Votre mère priant‖ au pied de votre croix !
1850.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 264((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a féconde / monde féminine, classiqueb foi / loi masculine, classiquec célèbres / ténèbres féminine, classiqued sabbat / tombât masculine, classiquee Moïse / entremise féminine, classiquef s’enflammait / aimait masculine, classiqueg secrètes / prophètes féminine, classiqueh Dieu / lieu masculine, classiquei closes / choses féminine, classiquej proscrit / l’Esprit masculine, classiquea asile / exile féminine, classiqueb abrité / hospitalité masculine, classiquec austère / terre féminine, classiqued l’attrait / secret masculine, classiquee ignore / sonore féminine, classiquef passant / retentissant masculine, classiqueg centenaires / tonnerres féminine, classiqueh infinis / nids masculine, classiquei douces / mousses féminine, classiquea aspect / respect masculine, classiqueb visite / hésite féminine, classiquec triomphants / enfants masculine, classiqued lie / s’oublie féminine, classiquee Thabor / d’or masculine, classiquef palmes / calmes féminine, classiquea donné / né masculine, classiqueb rare / Lazare féminine, classiquea seuil / orgueil masculine, classiqueb solitaire / héréditaire féminine, classiquec vêtus / vertus masculine, classiqued frivole / parole féminine, classiquea esprit / écrit masculine, classiqueb l’ancienne / sienne féminine, classiquec penseur / douceur masculine, classiqued paraboles / paroles féminine, classiquee fervents / vivants masculine, classiquea femmes / âmes féminine, classiqueb éclatants / habitants masculine, classiquec arbre / marbre féminine, classiqued celliers / familiers masculine, classiquee connaître / maître féminine, classiquef tremblants / lents masculine, classiquea hôte / faute féminine, classiqueb orgueil / accueil masculine, classiquec fête / prophète féminine, classiqued feu / Dieu masculine, classiquea m’abandonne / donne féminine, classiqueb reprit / esprit masculine, classiquec heure / meilleure féminine, classiqued effet / fait masculine, classiquea ministère / austère féminine, classiqueb l’honneur / Seigneur masculine, classiquec intime / l’abîme féminine, classiquea réservé / sauvé masculine, classiqueb ange / fange féminine, classiquec rompus / Jésus masculine, classiqued fêtes / conquêtes féminine, classiquee abandon / pardon masculine, classiquef avide / vide féminine, classiqueg miel / ciel masculine, classiqueh l’extase / vase féminine, classiquei averti / sorti masculine, classiquea protège / cortège féminine, classiqueb nouveaux / travaux masculine, classiquec courage / sage féminine, classiqued douceurs / sœurs masculine, classiquee rustiques / pratiques féminine, classiquef failli / jailli masculine, classiqueg complaisance / l’innocence féminine, classiqueh douleurs / pleurs masculine, classiquei table / semblable féminine, classiquej vin / divin masculine, classiquek sincère / nécessaire féminine, classiquel l’amitié / moitié masculine, classiquea multiplie / lie féminine, classiqueb jamais / sommets masculine, classiquec l’homme / nomme féminine, classiqued sentier / entier masculine, classiquee force / l’écorce féminine, classiquea librement / aveuglement masculine, classiqueb dénoue / avoue féminine, classiquec s’abat / combat masculine, classiqued trempée / épée féminine, classiquee deux / hasardeux masculine, classiquef cache / tache féminine, classiquea d’ami / affermi masculine, classiqueb juge / refuge féminine, classiquec lieu / Dieu masculine, classiqued s’enivre / suivre féminine, classiquee doux / nous masculine, classiquef pures / blessures féminine, classiqueh espérances / souffrances féminine, classiquea saison / raison masculine, classiqueb âmes / flammes féminine, classiquec vêtu / vertu masculine, classiqueb insigne / digne féminine, classiquec soi / toi masculine, classiquea flamme / âmes féminine, non classiqueb proscrits / nourris masculine, classiquec sévère / Calvaire féminine, classiqued eaux / troupeaux masculine, classiquee père / chère féminine, classiquef poudreux / yeux masculine, classiqueg Marthe / s’écarte féminine, classiqueh mort / d’abord masculine, classiqueb pâlissent / obéissent féminine, classiquea souffrir / mourir masculine, classiquea prépare / Lazare féminine, classiqueb loin / soin masculine, classiquec sorte / forte féminine, classiqued cruel / Israël masculine, classiquee crainte / sainte féminine, classiquef eux / aventureux masculine, classiqueg lâche / cache féminine, classiqueh tous / vous masculine, classiquei naguère / colère féminine, classiquej jour / l’amour masculine, classiquek funèbres / ténèbres féminine, classiquel vain / divin masculine, classiquem lui-même / aime féminine, classiquen endormi / ami masculine, classiqueo Maître / peut-être féminine, classiquea sommeil / réveil masculine, classiqueb poussière / grossière féminine, classiquec fécond / fond masculine, classiqued indigence / d’intelligence féminine, classiqueb pure / nature féminine, classiquec voir / pouvoir masculine, classiquee l’écoutant / hésitant masculine, classiquef autres / apôtres féminine, classiqueg lui masculine, classiquea chaleureuse / généreuse féminine, classiqueb former / aimer masculine, classiquea gagne / montagne féminine, classiqueb chemins / humains masculine, classiquec lutte / persécute féminine, classiqued nuit masculine, classiquee grâce / trace féminine, classiquef crois / croix masculine, classiquea bannie / Béthanie féminine, classiqueb désert / perd masculine, classiqued bien-aimé / fermé masculine, classiquea faciles / inutiles féminine, classiqueb parents / indifférents masculine, classiquec fatale / banale féminine, classiqued sœur / cœur masculine, classiquea venue / connue féminine, classiqueb infortunés / ramenés masculine, classiquea dévore / encore féminine, classiqueb besoin / loin masculine, classiquea visite / précipite féminine, classiqueb genoux / nous masculine, classiquec demandée / accordée féminine, classiquea vivra / espéra masculine, classiqueb nouvelle / d’elle féminine, classiquec consoler / couler masculine, classiquea rassure / blessure féminine, classiqueb lui / fui masculine, classiqueb Térébinthes / jointes féminine, classiquea évite / vite féminine, classiqueb pleurs / douleurs masculine, classiquea larmes / charmes féminine, classiqueb trépas / pas masculine, classiquec amène / humaine féminine, classiqued déguisé / déposé masculine, classiquea suprême / vous-même féminine, classiqueb lieu / pleura / Dieu masculine, classiqueb bénie / infinie féminine, classiquec perdu / dû masculine, classiqued universelle / ruisselle féminine, classiquee yeux / précieux masculine, classiquea stoïques / reliques féminine, classiqueb tort / mort masculine, classiquec meurent / pleurent féminine, classiqued élus / plus masculine, classiquee baptême / même féminine, classiquef mains / chemins masculine, classiqueg suivre / vivre féminine, classiqueh résignés / saignez masculine, classiquei trêve / enlève féminine, classiquej cieux / précieux masculine, classiquek inféconde / monde féminine, classiquel perds / l’univers masculine, classiquem avare / Lazare féminine, classiquea flambeau / tombeau masculine, classiqueb honte / compte féminine, classiquea formait / l’aimait masculine, classiquea prodige / l’afflige féminine, classiqueb s’ouvrir / mourir masculine, classiquea interne / caverne féminine, classiqueb seuil / cercueil masculine, classiquea navre / cadavre féminine, classiqueb enseveli / oubli masculine, classiqueb l’herbe / Verbe féminine, classiquec vivra / possédera masculine, classiqued visite / ressuscite féminine, classiquee ployé / envoyé masculine, classiquef m’atteste / céleste féminine, classiquea nouveau / tombeau masculine, classiquea l’espace / face féminine, classiqueb clartés / m’écoutez masculine, classiquec l’autre / vôtre féminine, classiqued recours / toujours masculine, classiquee d’herbe / Verbe féminine, classiqueg console / parole féminine, classiquea entourait / pleurait masculine, classiquea recueillie / supplie féminine, classiqueb côtés / sortez masculine, classiquea penche / blanche féminine, classiqueb seul / linceul masculine, classiquec suaire / ossuaire féminine, classiqued réveil / soleil masculine, classiquea frères / funéraires féminine, classiquea mort / vivant / suivant masculine, classiqueb ploie / joie féminine, classiquec transport / mort masculine, classiqued calice / délices féminine, non classiquee ferveur / Sauveur masculine, classiquea faites / prophètes féminine, classiqueb flambeau / nouveau masculine, classiquea rebelle / querelle féminine, classiqueb docteurs / accusateurs masculine, classiquec oracles / miracles féminine, classiquea rois / croix masculine, classiqueb divine / épine féminine, classiquea fléchissant / sang masculine, non classiqueb consomme / l’Homme féminine, classiquec humain / chemin masculine, classiqued fidèle / modèle féminine, classiquee enfanta / Golgotha masculine, classiquef forte / porte féminine, classiqueg accepté / humanité masculine, classiquea étable / accable féminine, classiqueb l’aiguillon / sillon masculine, classiquec obstinée / journée féminine, classiquea apparents / parents masculine, classiqueb fêtes / prophètes féminine, classiquec soupçons / leçons masculine, classiqued fonde / monde féminine, classiquee vous / tous masculine, classiquef calomnie / renie féminine, classiqueg croix / effrois masculine, classiqueh plaintives / Olives féminine, classiquei mort / effort masculine, classiquej dernière / Père féminine, classiquea supplice / calice féminine, classiqueb amer / mer masculine, classiquea tombe / succombe féminine, classiqueb ami / endormi masculine, classiquec sépare / Lazare féminine, classiqued désespoir / voir masculine, classiquee route / doute féminine, classiquef prompt / front masculine, classiquea bénie / agonie féminine, classiqueb fois / croix masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.1
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
530 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes évangéliques, PARIS, MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS, 1860· numérisation wikisource.org· Sources