Poèmes évangéliques, 1852
Le précurseur
I
Les urnes, les trépieds,‖ les flambeaux étincellentDans le festin d’Hérode,‖ et les fleurs s’amoncellent.Des hôtes accoudés‖ les robes à longs plisJettent mille couleurs‖ sur la pourpre des lits.Les échansons, levant‖ à deux mains les amphores,Versent les vins mielleux ;‖ les blanches canéphores,Dans les paniers tressés‖ d’argent flexible et fin,Offrent les blonds gâteaux‖ étalés sur le lin.Les disques sont chargés‖ de mets savants et rares.Sur les tables de jaspe,‖ en figures bizarresDe fleurs et d’animaux‖ que l’art a transformés,L’ivoire et les métaux‖ semblent s’être animés.L’encens fuit des trépieds‖ en vapeur tournoyante ;Le nard, aux lampes d’or,‖ brûle avec l’amiante.Le festin chante et rit,‖ et mêle à tous momentsLe bruit des coupes d’or‖ au son des instruments.La lyre alterne avec‖ les flûtes et les trompes.Le roi veut aujourd’hui‖ montrer toutes ses pompes ;Au sortir de sa fête,‖ il faut que mille voixLe proclament heureux‖ et grand parmi les rois.Car il goûte à la fois‖ le meurtre et l’adultère ;La belle Hérodiade,‖ enlevée à son frère,A su, d’un cœur usé‖ réveillant les désirs,Mêler ses cruautés‖ d’incestueux plaisirs.
Grands et riches sont là,‖ mendiant ses sourires,Des rois les plus mauvais‖ ministres cent fois pires,Qui des vices du maître‖ ont toujours fait leurs dieux.Mais les bruits échappés‖ de cet antre odieuxAttroupent à l’entour‖ l’oisive multitude.
II
Or, loin des carrefours‖ qu’il hantait d’habitude,Ce jour-là mendiait,‖ aux portes du palais,Vieux, d’ulcères rongé,‖ Lazare. Les valets,Arrogants et cruels,‖ et dignes de leur maître,Le huaient, le battaient‖ dès qu’il osait paraître.Il souffre de la faim ;‖ il voudrait seulementAvoir, pour toute aumône‖ et tout soulagement,Les plus minces débris,‖ les miettes de la table :.Mais nul ne les lui donne,‖ et sa voix lamentableN’éveille sur ce seuil‖ que l’insulte et les coups.L’esclave armé du fouet‖ le chasse avec courroux,De l’aspect du lépreux‖ craignant quelque souillure.Mais les chiens s’approchaient‖ et léchaient sa blessure,
O cœurs des mendiants‖ à l’outrage endurcis !Plus bas, sur l’escalier,‖ le vieillard reste assis,Impérieuse faim !‖ et tenace, il bourdonneDe l’appel usité‖ le refrain monotone.Des enfants vagabonds‖ criant : Sus au lépreux !De boue et de clameurs‖ le harcelaient entre eux ;Puis du bâton fuyaient,‖ en riant, la menace.Tout à coup, s’avançant‖ à grands pas sur la place,Un homme s’est montré ;‖ sous sa saie en lambeaux,Sous son poil noir, ses os‖ semblent percer sa peau^Montant vers le palais,‖ il va franchir la dalleOù gronde le vieux pauvre,‖ où sa lèpre s’étale ;Mais Lazare, à l’aspect‖ d’un nouveau mendiantPlus jeune et plus hardi,‖ s’irritait, lui criant :« Retire-toi d’ici,‖ misérable ! est-il justeQu’avec ces bras nerveux,‖ encor vert et robuste,Un pareil fainéant‖ dérobe ici la partQu’on donnerait peut-être‖ à l’infirme, au vieillard ? »Et les pierres volaient‖ avec les cris lancéesSur le noir étranger.
Et lui, de ses penséesDistrait, parle, et, laissant‖ à l’autre son erreur :« Quel mal ici te fais-je ?‖ où tend cette fureur ?Qu’ai-je dit ? ai-je ôté‖ rien des mains de personne,Ou t’aurais-je envié‖ l’aumône qu’on te donne ?Ce seuil, tu le sais bien,‖ si dur aux suppliants,Ne peut-il pas tenir,‖ hélas ! deux mendiants ?Tais-toi, renonce aux coups,‖ à l’insulte farouche ;Si je frappais, ce poing‖ te briserait la bouche,Et du festin j’aurais,‖ pour moi seul les débris. »
Mais, redoublant alors‖ les pierres et les cris,Le lépreux : « Écoutez‖ ce bavard ; sur mon âme,De même, au coin du feu,‖ grogne une vieille femmeViens, et je fais pleuvoir‖ tes dents sous ce bâton ;Et je veux te traiter‖ comme le porc gloutonSurpris à dévorer‖ les blés semés pour l’homme,Et qu’avec son épieu‖ le laboureur assomme. »La foule du portique‖ encombrait les degrés,Passants, soldats, valets,‖ par ces cris attirés ;Et ceux-ci se penchaient‖ au bord des balustrades,Riaient, faisant de loin‖ signe à leurs camarades.Ils excitaient Lazare,‖ et c’était un concertDe rire et de clameurs.
Mais l’homme du désertDarde un œil tout-puissant‖ sous sa fauve crinière,Se dresse, et rejetant‖ son front large en arrière :« Fils d’Israël, dit-il,‖ ô peuple sans pitié,Par le joug des gentils‖ justement châtié !Si tu n’ouvres ton cœur‖ à la miséricorde,Comment espères-tu‖ qu’un jour Dieu te l’accorde ?Aussi vous bafouez‖ et vous poussez aux coups,Comme on pousse des chiens,‖ deux hommes comme vous !Aux pauvres voilà donc‖ l’aumône que vous faites ?Durs, moqueurs, insolents‖ pour vos frères, vous êtesToujours prêts à ramper‖ dans l’adoration,Quand passent le licteur‖ et le centurion.Bien dignes de servir,‖ de trembler sous un homme,De marcher enchaînés‖ vers Babylone ou Rome,Vous qui ne servez plus‖ le Seigneur, et riezDes captifs qu’à son joug‖ la misère a liés !Les chiens des carrefours,‖ les brutes vous enseignentLa pitié, mais en vain !‖ sur ces membres qui saignent,Caressant aux lépreux,‖ ils lèchent ; vous mordez !Je vous reconnais bien !‖ c’est vous qui lapidezTout envoyé de Dieu,‖ tout pasteur qui n’emploieNi glaive ni bâton‖ pour tracer votre voie,Et qui cherche à semer,‖ sous vos crânes épais,Des germes inconnus‖ de justice et de paix...
Il parle, et tout à coup‖ une voix : « C’est lui-même,Criait-elle, c’est Jean‖ qui donne le baptême ! »
Et la foule, déjà‖ frappée en l’écoutant,Des rires au respect‖ changée en un instant,Se presse et fait silence.‖ Et lui reprend : « Mon frère ! »— Vers Lazare tourné :‖ — « Loin de nous la colère ;L’humble bonté du cœur‖ convient aux malheureux :Qui pourra les aimer‖ s’ils ne s’aiment entre eux ?C’est pour les affligés,‖ c’est pour nous qui le sommesQue la sainte amitié‖ fut envoyée aux hommes ;Les pauvres l’ont reçue ;‖ elle aide à mieux souffrirCes lépreux éternels‖ qui ne peuvent guérir.Pour votre frère en pleurs‖ dont la faim vous désole,Si vous n’avez du pain,‖ ayez une parole.Un mot dit par le cœur‖ fortifie et nourritL’âme du malheureux‖ que l’abandon aigrit.Dieu transforme souvent‖ la larme secourable,Qu’un pauvre a vu couler‖ sur sa plaie incurable,En un baume qui lave‖ et guérit du passéLe flanc qui le reçoit‖ et l’œil qui l’a versé.Que la paix entre vous‖ habite donc sans cesse,Mendiants dont le cœur‖ est toute la richesse ;Amassez sur la terre‖ un tel trésor d’amour,Que le méchant lui-même‖ en ait sa part un jour.Le lépreux délaissé‖ qui sait souffrir sans haine,Voilà l’homme en qui Dieu‖ bénit la race humaine ;C’est l’arche qu’il choisit‖ pour s’asseoir parmi nous,Le pur froment qu’en gerbe‖ on lie à deux genoux,Et que le maître enferme‖ en ses célestes granges :Le pauvre au cœur sans fiel‖ est plus grand que les anges.Toi, Lazare, affamé,‖ nu, maudit par les tiens,Toi qui n’as jamais eu‖ que la pitié des chiens,Dont le corps et le cœur‖ ne sont plus qu’une plaie,Cesse un jour de haïr ;‖ sois patient ; essaieDe pardonner, d’aimer ;‖ apprends-nous ce devoir ;Dieu compta tes douleurs,‖ et peut-être, ce soir,Des anges imprévus,‖ te prenant sur leurs ailes,Dans le sein d’Abraham,‖ où dorment les fidèles,Blanc, vêtu de fin lin,‖ un bandeau d’or au front,Au festin nuptial,‖ ami, t’emporteront.Mais l’homme de céans‖ qui se fait rendre un culte,Et de ses longs banquets‖ jette à ta faim l’insulte,Alors, étant scellé‖ dans sa tombe de fer,Lèvera ses yeux lourds‖ des ombres de l’enfer,Et d’Ahraham, au loin,‖ découvrant la lumière,Et Lazare en son sein,‖ fera cette prière :— Abraham, oh ! pitié !‖ laisse approcher un peuLazare, et se pencher‖ sur ma couche de feu ;Qu’il trempe au moins dans l’eau‖ son doigt et qu’il en toucheMa langue, ardent tison‖ qui me brûle la bouche ;Car d’un supplice affreux‖ je souffre... — Mais la voixD’Abraham : — Tu n’as eu‖ dans tes jours d’autrefoisQue joie et que plaisirs,‖ Lazare que misères ;Paye aujourd’hui le prix‖ de tes biens éphémères ;Lazare va jouir‖ de son bonheur au ciel :On l’achète en souffrant,‖ mais il est éternel. —Voilà ce que dira‖ la justice ; et toi-même,O lépreux ! invoquant‖ notre père suprême,Tu voudras obtenir‖ pour ce riche damnéLe don delà pitié‖ qu’il ne t’a pas donné ;La prière du pauvre‖ elle-même, ô Lazare !N’éteindra pas le feu‖ qui doit ronger l’avare.En vérité, celui‖ qui met son cœur dans l’orL’enfouit à jamais‖ avec ce lourd trésor ;Il ne peut plus monter‖ vers les divines sphères.Et je dis : L’or et Dieu‖ sont deux maîtres contraires,Et par un trou d’aiguille‖ un câble entrerait mieuxQu’un riche n’entrera‖ par la porte des cieux. »Le peuple ému disait :‖ « Parle encore, ô prophète ! »Mais lui, sans plus l’entendre‖ et sans tourner la tête,Droit au seuil d’où l’orgie‖ au loin a retentiMonte, laissant Lazare‖ en pleurs et converti ;Et, bravant des valets‖ le groupe encore hostile,Il franchit fièrement‖ le royal péristyle.
III
Le festin redoublait‖ de joie et de splendeurs ;Et déjà, de l’ivresse‖ annonçant les ardeurs,Le rire avait couvert‖ de ses éclats sonoresLe son des coupes d’or‖ se heurtant aux amphores.Des flambeaux plus nombreux‖ s’allument, éclipsantLes obliques rayons‖ du soleil pâlissant.Le métal des bassins‖ et des disques s’embrase ;Une étoile jaillit‖ du flanc de chaque vase ;Et, complices des vins,‖ les feux et les odeursEndorment la raison‖ sous les fronts ceints de fleurs.Ce corps s’étend et pèse‖ avec plus de mollesseSur l’ondoyant duvet‖ du coussin qui s’affaisse ;Sur le marbre, empourpré‖ du vin qui la remplit,La coupe échappe aux doigts‖ et roule au bord du lit.C’est l’heure où le nectar,‖ qu’enfin la main repousse,Suscite le désir‖ d’une ivresse plus douce.Entre les gais propos‖ et les folles chansons,Un cœur plus gracieux‖ bannit les échansons.De la reine ont paru‖ les plus belles suivantes,A la lyre, à la danse,‖ aux voluptés savantes ;Elles entrent ; leurs yeux,‖ leur langoureux maintien,Attestent l’art impur‖ d’un maître ionien.Une d’elles s’avance‖ au pied du lit d’ivoireD’où sourit aux flatteurs‖ Hérode dans sa gloire ;Et, prêtant l’ornement‖ du luth et de la voixAux chants d’un vil rapsode,‖ hôte gagé des rois,Elle verse à l’amant‖ l’éloge de l’amante,Philtre plus enivrant‖ que la coupe écumante :
« Ta bouche a le parfum‖ du raisin d’Engaddi ;Tes yeux ont les ardeurs‖ de l’heure de midi :Ceux des vierges, pour moi,‖ sont froids comme l’auroreQui, sans fondre la neige,‖ un moment la colore ;Leur souffle est, sur ma couche,‖ ainsi qu’un vent des eaux,Sorti des nénufars‖ dormant sous les roseaux.Toi, du brûlant Simoun‖ tu me verses l’haleine ;De flammes et d’encens‖ ton urne est toujours pleine.Je préfère le vin‖ qui cuve en ton cellierAu fruit laiteux et vert‖ de leur pâle amandier.Plus mûre en ton verger,‖ la pomme d’or plus rondeDe mielleuses saveurs‖ sous mes lèvres abonde ;Ton rosier éclatant‖ des plus vives couleurs,Cache un frais rejeton‖ né sous ses larges fleurs.Tes lèvres ont le miel‖ et le dard des abeilles.Ouvre-moi ton enclos,‖ et qu’à pleines corbeilles,Sur ton arbre, où la fleur‖ se mêle encore au fruit,Je cueille avec transport... »
Mais sur le seuil un bruit,Un pas ferme et tonnant‖ résonne, et dans la fête,Orage inattendu,‖ gronde le noir prophète.L’œil en feu, « le front haut,‖ il parle. Un morne effroiSur leur pourpre a cloué‖ les convives du roi.Il parle, et le frisson‖ vole avec sa voix prompte ;Il lance, à chaque mot,‖ un geste qui les dompte,Et, d’un murmure, entre eux‖ pas un ne l’a bravé ;Le luth seul vibre encor‖ tombé sur le pavé.
« Malheur à vous, dit-il,‖ roi, grands, race funeste !Malheur à ce palais‖ où s’étale l’inceste ;Qui s’allume, le soir,‖ d’infernales splendeurs,Et des parfums lascifs‖ sème au loin les odeurs !Qu’un homme vienne ici‖ cherchant justice, il trouveLa maison de David‖ comme un antre de louve,Où passe, au bruit des chants‖ et des rires impurs,L’ivresse aux doigts souillés‖ rampant le long des murs.O roi ! pour l’annoncer‖ ses colères prochaines,Dieu vient dans ma prison‖ de délier mes chaînes.Je t’avertis encor,‖ ton étoile pâlit.Chasse, avant de mourir,‖ l’inceste de ton lit ;Bannis les grands du monde,‖ artisans de tes vices,Qui conseillent tes rapts‖ pour en être complices,Et pour avoir leur part,‖ dans cet affreux festin, ,De l’or et de la chair‖ dont vous faites butin.Malheur à vous ! Pillant‖ la veuve et le pupille,Au champ qui vous revient‖ vous en ajoutez mille ;Chaque jour vous joignez‖ un toit à votre toit,Sur le sol d’Israël‖ vous êtes à l’étroit.Croyez-vous, oubliant‖ que les autres sont hommes,Grands du monde, habiter‖ seuls la terre où nous sommes ?Mais des fruits du démon,‖ dont vous êtes repus,Votre chair a mûri‖ les germes corrompus.J’entends déjà les vers‖ éclos dans vos entrailles,Pour vous ronger longtemps‖ avant vos funérailles ;Je les vois, de vos fronts‖ lentement détachés,Sourdre autour de vos yeux‖ pourris par les péchés,Et votre affreux gosier,‖ des dents sortant lui-même,Vomir leurs noirs anneaux‖ en un dernier blasphème.
« Malheur au peuple entier,‖ quand du trône descendDu vice couronné‖ l’exemple tout-puissant ;Quand la foule respire,‖ à travers les scandales,Les émanations‖ des débauches royales !Pour avoir de tels rois‖ porté le Joug en paix,Tu seras châtié,‖ peuple, de leurs forfaits.Tu les hais : c’est, au fond,‖ pour usurper leur placeEt pour les imiter ;‖ mais tu manques d’audace :Tu subis leur bâton,‖ leurs dédains outrageux,Peuple, et contre Dieu seul‖ te montres courageux.Mais ton heure est venue,‖ et le Seigneur se lève ;Il aiguise sa flèche,‖ il est ceint de son glaive.L’ongle de ses chevaux‖ est d’un silex tranchant.Devant lui, vers tes murs,‖ son char pousse en marchant,Comme un sommet qui croule‖ en entraînant les chênes,Cent peuples engendrés‖ dans les neiges lointaines ;Ils raseront tes tours.‖ Sur ton sol dévastéTu verras l’étranger‖ construire sa cité,Et toi, peuple, enchaîné‖ sur ton seuil en ruine,Dans ton champ plein d’épis‖ souffriras la famine,Pour avoir adoré‖ ton ventre ; et tu mourras,Rongeant ta propre chair‖ sur chacun de tes bras.Car l’Esprit du Seigneur,‖ t’ayant trouvé rebelle,Choisit pour se répandre‖ une race nouvelle. »
Il dit. Princes du peuple‖ et des soldats tremblaientEt dans l’affreux réveil‖ de l’ivresse, ils semblaientÉcouter dans le fond‖ de leur propre poitrineUne voix répétant‖ la sentence divine.D’une foudre invisible‖ on les dirait frappés ;La pourpre se déchire‖ entre leurs doigts crispés.S’agitant tour à tour‖ sur ces faces livides,L’étonnement, la haine,‖ en tourmentent les rides ;Puis, reprenant leurs sens‖ et l’instinct du flatteur,Cherchant à ne pas voir‖ le spectre accusateur,Ils consultent les yeux‖ du maître, avec prière,Comme pour s’abriter‖ derrière sa colère.Ainsi, quand le chasseur,‖ dans le charnier du loup,Fier, et l’épieu levé,‖ se dresse tout à coup,D’immondes louveteaux‖ une troupe effarée,Abandonnant la chair‖ dont elle fait curée,Se jette sous les flancs‖ de la mère, attendantQue la louve à l’œil rouge,‖ aux reins arqués, grondant,Bondisse, et qu’elle étreigne‖ entre ses crocs d’ivoireLa gorge du chasseur‖ trop sûr de sa victoire.
Or, frissonnant lui-même‖ et glacé de stupeur,— Car il sentait là Dieu,‖ — mais recouvrant sa peurDu fard de majesté,‖ de calme et de justiceDont le front des tyrans‖ possède l’artifice,Le roi de sa vengeance‖ a suspendu le traitAiguisé dans son cœur.‖ Un seul mot lanceraitLe glaive et des licteurs‖ la hache toujours prêteA saluer le prince‖ en tranchant une tête.Il n’ose encor frapper ;‖ il sait qu’avec honneurLe peuple accueillit Jean‖ comme élu du Seigneur ;Qu’il est dans les tribus‖ des hommes forts, sans nombre,Nourris de ses leçons‖ et se comptant dans l’ombre ;Il craint d’obscurs vengeurs‖ par sa mort engendrés ;Et croit voir, du palais‖ franchissant les degrés,Au lieu des vains remords‖ qu’une autre orgie emporte,La révolte aux cent bras‖ déracinant sa porte.S’armant d’une fierté‖ que sa pâleur dément,Il parle avec orgueil,‖ mais veut être clément :
« Suis-je roi ? d’un esclave‖ ai-je enduré l’audace ?La poudre de mes pieds‖ me juge et me menace !Toi qui prétends parler‖ au nom de Dieu, sais-tuQue de sa majesté‖ mon front est revêtu ?Ce qu’est Dieu dans le ciel,‖ le roi l’est sur la terre ;Tu dois devant son ombre‖ adorer et te taire.Va, prophète menteur,‖ souffler aux révoltésLe vent tumultueux‖ des folles nouveautés !Ton sang vil des festins‖ ne doit troubler la joie,Le bouc est au lion‖ une trop lâche proie.Mais il faut, pour la paix‖ de l’État raffermi,Que la nuit des cachots,‖ qui t’avait revomi,Étouffe enfin ta langue,‖ et, dans ses ombres sourdes,Courbe ton front rétif‖ sous des chaînes plus lourdes. »
Il fait signe ; à l’instant‖ un ministre d’enferS’élance et saisit Jean,‖ et du carcan de ferEnroule au cou du saint‖ la rigide couleuvre.Mais l’homme du désert‖ jusqu’au bout fait son œuvre ;Sa voix tonne plus haut :‖ « Malheur à qui m’entend,Si, quand le Seigneur parle,‖ il reste impénitent !J’ai crié pour l’esclave‖ et le roi ; voici l’heure ;Préparez les sentiers‖ du maître et sa demeure ;Soyez purs ; il n’est pas‖ de grandeur devant lui.Revêts pour le combattre,‖ ô roi, comme aujourd’hui,La majesté de Dieu,‖ vainement usurpée,Qu’opposent tes pareils‖ à la foule trompée :Sous ce bandeau sacré‖ qui garantit ton front,Toi, sans juge ici-bas,‖ les vers te jugeront.A leur morsure, alors,‖ disputant tes chairs vives,Étends ton sceptre d’or‖ sur ces affreux convives !Pour moi, libre ou captif,‖ de ce jour je me tais ;Fais ici de mon corps‖ ce que tu veux ; j’étaisLa voix qui va devant‖ pour annoncer le maître ;Celui qui doit venir‖ est là qui va paraître,Mes yeux l’ont vu. Seigneur,‖ maintenant à mes os,Ma journée étant faite,‖ accordez le repos ! »
Les soldats ont traîné‖ le captif au cœur fermeHors de l’impure salle ;‖ et sur lui se refermeLe cachot, noir sillon‖ où, dans l’ombre jeté,A germé si souvent‖ le grain de vérité.Et tandis que le saint,‖ sur la pierre connue,Prie à genoux, là-haut‖ la fête continue ;Ce festin éternel‖ du riche et du puissant,Dont l’insolente odeur‖ jusqu’au pauvre descend ;La salle en est de fleurs‖ et de chants inondée,Mais sur une prison‖ elle est toujours fondée.
IV
Une plus large coupe‖ et des vins plus ardents,Aux trépieds ravivés‖ les parfums abondants,Les chants, les ris, l’éclat‖ des trompettes de cuivre,La nuit changée en jour‖ dont la vapeur enivre,Les bruits tourbillonnant,‖ dans l’âme de chacun,Ont fait taire l’écho‖ du prophète importun.Enfin, pour mieux chasser‖ les visions moroses,Au front des conviés‖ renouvelant les roses,La danse aux pieds lascifs‖ vient leur sourire, et mieuxQue l’ivresse du vin‖ elle éblouit les yeux.
Cent beautés, par l’eunuque‖ habilement choisiesPour réjouir des yeux‖ les folles fantaisies,Esclaves de l’Euxin‖ plus blanches que le lait,Noires filles d’Afrique‖ et Grecques de Milet,S’élancent par essaim,‖ par couple ou dispersées,Ou formant des réseaux‖ de leurs mains enlacées.
Blanche aux yeux d’escarboucle‖ et presque enfant encor,Leur belle coryphée‖ aux épais cheveux d’or,Fille d’Hérodiade‖ et par sa mère instruite,Mais insensible encore‖ aux transports qu’elle imite,Salomé vient offrir,‖ en effleurant le sol,Les charmes de sa danse‖ ou plutôt de son vol.C’est d’abord, vive et gaie,‖ un oiseau sur les branches ;Bientôt un long frisson‖ fait onduler ses hanches,Et son corps de serpent,‖ s’agitant par degré,Se déploie ou se tord‖ sous l’aiguillon sacré ;Ses bras s’ouvrent, son dos‖ se renverse et se cambre ;La fièvre de ses yeux‖ frémit dans chaque membre ;Elle bondit, tournoie,‖ et sa prunelle en feuxD’un éclair circulaire‖ entoure ses cheveux.Puis s’affaisse et languit,‖ et. doucement penchée,Sur un lit invisible‖ on la dirait couchée.Réveillant tous les yeux‖ par le vin engourdis,La vierge, en souriant,‖ subit leurs traits hardis ;Le roi de longs regards‖ l’entoure avec ivresse,Aspire de ce corps‖ l’ardeur ou la mollesse,Et s’incline, et la suit,‖ palpitant, éperdu ;Car l’obscène serpent‖ dans le cœur l’a mordu,Et de ses sens éteints‖ rallume l’agonie.Enfin, lorsqu’à ses pieds,‖ la danse étant finie,Vermeille et tout en feu‖ sous le lin transparent,La danseuse, avec art,‖ se plie en l’adorant :
« Enfant, dit-il, ta danse‖ à nos yeux trouve grâce.Forme un vœu, qu’à l’instant‖ ton roi le satisfasse.Dans son royaume entier‖ choisis : tout l’or d’Ophir,Mes coffres, mes colliers,‖ perles, rubis, saphir,Choisis et prends. J’en jure‖ ici, devant mes princes,Demande la moitié‖ du trône et des provinces,Par le ciel et ce sceptre,‖ et mon serment de roi,Mes peuples, mes trésors,‖ enfant, seront à toi ! »
Hésitant, mais adroite,‖ aux ruses d’un autre âgeDéjà mûre et voulant‖ le prix de son ouvrage,La jeune fille sort,‖ court, s’arrête un instantAu seuil du gynécée,‖ où sa mère l’attend,Écoute, et peu de mots‖ ont fait son cœur docile ;Au sang qu’elle a reçu‖ tant le crime est facile,Tant la jeune vipère‖ apprend vite et sans artLe secret du venin‖ renfermé sous son dard.Elle rentre, et le roi‖ lui sourit : « Jeune belle,Qu’exigez-vous du roi ?‖ » — « Je ne veux, lui dit-elle,Qu’un seul don ; il me faut‖ dans ce bassin d’argent,Sur l’heure, entre mes mains,‖ voir la tête de Jean. »
Mais Hérode est muet ;‖ à ce désir faroucheQu’un enfant exprimait‖ le sourire à la bouche,Son cœur, un cœur de roi‖ dans le crime vieilli,De tristesse et d’horreur‖ lui-même a tressailli.Sa prudence d’ailleurs‖ se révolte, alarmée,Car d’un peuple nombreux‖ la victime est aimée.Mais son serment est là ;‖ ses témoins dangereuxD’un sourire déjà‖ s’avertissent entre eux,Esclaves peu soumis‖ s’ils doutaient de sa force ;Enfin la volupté‖ qui lui tend sou amorce,Ce fruit que sur sa lèvre‖ un frais rameau suspend ;L’éclat fascinateur‖ des doux yeux du serpent ;D’ailleurs, c’est le destin ;‖ son serment le décide :Il jette en frémissait‖ la parole homicide.Le bourreau déjà sort,‖ armé du glaive. AinsiCe que n’avaient osé‖ le vieillard endurciEt son courroux de fer‖ aiguisé par l’injure,Le meurtre s’accomplit,‖ œuvre de la luxureEt des philtres dont Ève,‖ aux lèvres du démon,Sous l’arche de l’Éden,‖ a suce le poison.
V
Le bourreau, se montrant‖ sur le seuil de la salle,Abaisse un large fer‖ dégouttant sur la dalle,Et tient, de l’autre main,‖ le vase horrible à voir,Où, parmi les caillots‖ d’un sang épais et noir,Le col rouge et fluant,‖ une tête coupéeVacille à chaque pas‖ du sombre porte-épée ;Il vient lent et stupide,‖ il présente à l’enfantL’affreux don, accueilli‖ d’un geste triomphant.La vierge aux tresses d’or‖ sur le disque se penche,Dans les cheveux crépus‖ enfonce une main blanche,Lève, non sans effort,‖ mais la paix sur le front,Le poids lourd à son bras‖ de la tête sans tronc,Sourit en l’attirant,‖ et sur ces traits lividesPromène des regards‖ restés sereins et vides ;Puis vers le lit royal,‖ fière, se retournant,Tend cette face aux yeux‖ d’Hérode frissonnant.Les nerfs vibrent toujours‖ sous les chairs convulsives ;Les orbites en feu‖ jettent des lueurs vives ;Dans les rides du front,‖ jaune et de sang baigné,Le courroux siège encore,‖ et l’esprit indigné,Du cratère béant‖ de la bouche profonde,Semble lancer encor‖ l’anathème au vieux monde.
1846.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 239((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a étincellent / s’amoncellent féminine, classiqueb plis / lits masculine, classiquec amphores / canéphores féminine, classiqued fin / lin masculine, classiquee rares / bizarres féminine, classiquef transformés / animés masculine, classiqueg tournoyante / l’amiante féminine, classiqueh moments / instruments masculine, classiquei trompes / pompes féminine, classiquej voix / rois masculine, classiquek l’adultère / frère féminine, classiquel désirs / plaisirs masculine, classiquea sourires / pires féminine, classiqueb dieux / odieux masculine, classiquec multitude / d’habitude féminine, classiqueb palais / valets masculine, classiquec maître / paraître féminine, classiqued seulement / soulagement masculine, classiquee table / lamentable féminine, classiquef coups / courroux masculine, classiqueg souillure / blessure féminine, classiquea endurcis / assis masculine, classiqueb bourdonne / monotone féminine, classiquec lépreux / eux masculine, classiqued menace / place féminine, classiquee lambeaux / peau masculine, non classiquef dalle / s’étale féminine, classiqueg mendiant / criant masculine, classiqueh juste / robuste féminine, classiquei part / vieillard masculine, classiquej lancées / étranger / pensées féminine, classiqueb erreur / fureur masculine, classiquec personne / donne féminine, classiqued suppliants / mendiants masculine, classiquee farouche / bouche féminine, classiquef débris / cris masculine, classiqueb âme / femme féminine, classiquec bâton / glouton masculine, classiqued l’homme / assomme féminine, classiquee degrés / attirés masculine, classiquef balustrades / camarades féminine, classiqueg concert / clameurs / désert masculine, classiqueb crinière / arrière féminine, classiquec pitié / châtié masculine, classiqued miséricorde / l’accorde féminine, classiquee coups / vous masculine, classiquef faites / êtes féminine, classiqueg l’adoration / centurion masculine, classiqueh homme / Rome féminine, classiquei riez / liés masculine, classiquej enseignent / saignent féminine, classiquek mordez / lapidez masculine, classiquel n’emploie / voie féminine, classiquem épais / paix masculine, classiquea lui-même / baptême féminine, classiquea l’écoutant / instant masculine, classiqueb frère / colère féminine, classiquec malheureux / eux masculine, classiqued sommes / hommes féminine, classiquee souffrir / guérir masculine, classiquef désole / parole féminine, classiqueg nourrit / aigrit masculine, classiqueh secourable / incurable féminine, classiquei passé / versé masculine, classiquej cesse / richesse féminine, classiquek d’amour / jour masculine, classiquel haine / humaine féminine, classiquem nous / genoux masculine, classiquen granges / anges féminine, classiqueo tiens / chiens masculine, classiquep plaie / essaie féminine, classiqueq devoir / soir masculine, classiquer ailes / fidèles féminine, classiques front / t’emporteront masculine, classiquet culte / l’insulte féminine, classiqueu fer / l’enfer masculine, classiquev lumière / prière féminine, classiquew peu / feu masculine, classiquex touche / bouche féminine, classiquey voix / d’autrefois masculine, classiquez misères / éphémères féminine, classiquea ciel / éternel masculine, classiqueb toi-même / suprême féminine, classiquec damné / donné masculine, classiqued Lazare / l’avare féminine, classiquee l’or / trésor masculine, classiquef sphères / contraires féminine, classiqueg mieux / cieux masculine, classiqueh prophète / tête féminine, classiquei retenti / converti masculine, classiquej hostile / péristyle féminine, classiquea splendeurs / ardeurs masculine, classiqueb sonores / amphores féminine, classiquec éclipsant / pâlissant masculine, classiqued s’embrase / vase féminine, classiquee odeurs / fleurs masculine, classiquef mollesse / s’affaisse féminine, classiqueg remplit / lit masculine, classiqueh repousse / douce féminine, classiquei chansons / échansons masculine, classiquej suivantes / savantes féminine, classiquek maintien / ionien masculine, classiquel d’ivoire / gloire féminine, classiquen l’amante / écumante féminine, classiquea d’Engaddi / midi masculine, classiqueb l’aurore / colore féminine, classiquec eaux / roseaux masculine, classiqued l’haleine / pleine féminine, classiquee cellier / amandier masculine, classiquef ronde / abonde féminine, classiqueg couleurs / fleurs masculine, classiqueh abeilles / corbeilles féminine, classiquei fruit / transport / bruit masculine, classiqueb fête / prophète féminine, classiquec effroi / roi masculine, classiqued prompte / dompte féminine, classiquee bravé / pavé masculine, classiquea funeste / l’inceste féminine, classiqueb splendeurs / odeurs masculine, classiquec trouve / louve féminine, classiqued impurs / murs masculine, classiquee prochaines / chaînes féminine, classiquef pâlit / lit masculine, classiqueg vices / complices féminine, classiqueh festin / butin masculine, classiquei pupille / mille féminine, classiquej toit / l’étroit masculine, classiquek hommes / sommes féminine, classiquel repus / corrompus masculine, classiquem entrailles / funérailles féminine, classiquen détachés / péchés masculine, classiqueo lui-même / blasphème féminine, classiquea descend / tout-puissant masculine, classiqueb scandales / royales féminine, classiquec paix / forfaits masculine, classiqued place / d’audace féminine, classiquee outrageux / courageux masculine, classiquef lève / glaive féminine, classiqueg tranchant / marchant masculine, classiqueh chênes / lointaines féminine, classiquei dévasté / cité masculine, classiquej ruine / famine féminine, classiquek mourras / bras masculine, classiquel rebelle / nouvelle féminine, classiquea tremblaient / semblaient masculine, classiqueb poitrine / divine féminine, classiquec frappés / crispés masculine, classiqued livides / rides féminine, classiquee flatteur / accusateur masculine, classiquef prière / colère féminine, classiqueg loup / coup masculine, classiqueh effarée / curée féminine, classiquei attendant / grondant masculine, classiquej d’ivoire / victoire féminine, classiquea stupeur / peur masculine, classiqueb justice / l’artifice féminine, classiquec trait / lancerait masculine, classiqued prête / tête féminine, classiquee honneur / Seigneur masculine, classiquef nombre / l’ombre féminine, classiqueg engendrés / degrés masculine, classiqueh emporte / porte féminine, classiquei dément / clément masculine, classiquea l’audace / menace féminine, classiqueb sais-tu / revêtu masculine, classiquec terre / taire féminine, classiqued révoltés / nouveautés masculine, classiquee joie / proie féminine, classiquef raffermi / revomi masculine, classiqueg sourdes / lourdes féminine, classiquea d’enfer / fer masculine, classiqueb couleuvre / œuvre féminine, classiquec m’entend / impénitent masculine, classiqued l’heure / demeure féminine, classiquee lui / aujourd’hui masculine, classiquef usurpée / trompée féminine, classiqueg front / jugeront masculine, classiqueh vives / convives féminine, classiquei tais / j’étais masculine, classiquek os / repos masculine, classiquea ferme / referme féminine, classiqueb jeté / vérité masculine, classiquec connue / continue féminine, classiqued puissant / descend masculine, classiquee inondée / fondée féminine, classiquea ardents / abondants masculine, classiqueb cuivre / enivre féminine, classiquec chacun / importun masculine, classiqued moroses / roses féminine, classiquee mieux / yeux masculine, classiquea choisies / fantaisies féminine, classiqueb lait / Milet masculine, classiquec dispersées / enlacées féminine, classiquea encor / d’or masculine, classiqueb instruite / imite féminine, classiquec sol / vol masculine, classiqued branches / hanches féminine, classiquee degré / sacré masculine, classiquef cambre / membre féminine, classiqueg feux / cheveux masculine, classiqueh penchée / couchée féminine, classiquei engourdis / hardis masculine, classiquej ivresse / mollesse féminine, classiquek éperdu / mordu masculine, classiquel l’agonie / finie féminine, classiquem transparent / l’adorant masculine, classiquea grâce / satisfasse féminine, classiqueb d’Ophir / saphir masculine, classiquec princes / provinces féminine, classiqued roi / toi masculine, classiquea âge / ouvrage féminine, classiqueb instant / l’attend masculine, classiquec docile / facile féminine, classiqued art / dard masculine, classiquee belle / dit-elle féminine, classiquef d’argent / Jean masculine, non classiqueb vieilli / tressailli masculine, classiquec alarmée / aimée féminine, classiqued dangereux / eux masculine, classiquee force / amorce féminine, classiquef suspend / serpent masculine, classiqueg décide / homicide féminine, classiqueh Ainsi / endurci masculine, classiquei l’injure / luxure féminine, classiquej démon / poison masculine, classiquea salle / dalle féminine, classiqueb voir / noir masculine, classiquec coupée / porte-épée féminine, classiqued l’enfant / triomphant masculine, classiquee penche / blanche féminine, classiquef front / tronc masculine, classiqueg livides / vides féminine, classiqueh retournant / frissonnant masculine, classiquei convulsives / vives féminine, classiquej baigné / indigné masculine, classiquek profonde / monde féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
481 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes évangéliques, PARIS, MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS, 1860· numérisation wikisource.org· Sources