Poésies complètes, 1914· Impressions et souvenirs· Ailleurs
Alésia
À Fernand Mazade.
À lutter contre toi‖ d’où vient que je m’obstine,O sang celte qui bats‖ en ma veine latine,Si, pour rendre à ton flot‖ sa native âcreté,Il m’a suffi de voir‖ au fond du crépuscule,Comme au fond d’un immense‖ et brumeux ergastule,La lune d’août ouvrir‖ son œil ensanglanté ?
Entre les fûts des pins‖ qui rayaient son orbiteEt semblaient les barreaux‖ d’une herse subiteQue l’on eût abaissée‖ aux deux côtés du rail,Tandis que nous roulions‖ vers la Ville Éternelle,Elle collait sa rouge‖ et tragique prunelle,Comme un Gaulois blessé‖ derrière un soupirail.
Et j’ai senti que Rome‖ et la molle ItalieEt Florence, où l’automne‖ est sans mélancolie,Et Baïes, dont tout cœur‖ d’amant s’extasia,Dans mon âme d’un soir‖ s’étaient soudain voiléesEt qu’en elle un vaincu‖ des anciennes mêléesPleurait encor, pleurait‖ toujours Alésia.
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a m’obstine / latine féminine, classiqueb âcreté / ensanglanté masculine, classiquec crépuscule / ergastule féminine, classiquea orbite / subite féminine, classiqueb rail / soupirail masculine, classiquec Éternelle / prunelle féminine, classiquea Italie / mélancolie féminine, classiqueb s’extasia / Alésia masculine, classiquec voilées / mêlées féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Librairie Plon, 1922· numérisation wikisource.org· Sources