Poésies complètes, 1914· Le bois dormant· Rondes et chansons
Couchant mystique
À Jean Ajalbert.
On entendait chanter‖ d’invisibles psallettes.La mer montait. Des feux‖ luisaient sur les coteaux.À l’horizon, baigné‖ de vapeurs violettes,Le soir d’automne ouvrait‖ ses yeux sacerdotaux.
Et raidis par l’extase‖ à l’avant des bateaux,Lougres au vol oblique‖ et fines goélettes,Les hommes d’Enez-Veur‖ regardaient sur Men-ThosFlamboyer dans le ciel‖ d’étranges bandelettes.
Leurs bordages craquaient ;‖ leurs filets étaient vides ;Et, ployés tout le jour‖ au bord des eaux livides,Ils n’en avaient levé‖ que de vains goémons.
Mais le soir frémissait‖ sur leurs têtes heureuses.Ils regardaient le ciel,‖ la lumière et les montsEt, sans parler, joignaient‖ les mains sur leurs vareuses.
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abab baba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a psallettes / violettes féminine, classiqueb coteaux / sacerdotaux masculine, classiquea bateaux / Men-Thos masculine, classiqueb goélettes / bandelettes féminine, classiquea vides / livides féminine, classiqueb goémons / monts masculine, classiquea heureuses / vareuses féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Librairie Plon, 1922· numérisation wikisource.org· Sources