Poèmes antiques, 1852
Çunacépa
1855.
I
La vierge au char de nacre,‖ aux tresses dénouées,S'élance en souriant‖ de la mer aux nuéesDans un brouillard de perle‖ empli de flèches d'or.De son rose attelage‖ elle presse l'essor ;Elle baigne le mont‖ bleuâtre aux lignes calmes,Et la fraîche vallée‖ où, bercés sur les palmes,Les oiseaux au col rouge,‖ au corps de diamant,Dans les nids attiédis‖ sifflent joyeusement.Tout s'éveille, vêtu‖ d'une couleur divine,Tout étincelle et rit :‖ le fleuve, la colline,Et la gorge où, le soir,‖ le tigre a miaulé,Et le lac transparent‖ de lotus étoilé.Le bambou grêle sonne‖ au vent ; les mousses hautesEntendent murmurer‖ leurs invisibles hôtes ;L'abeille en bourdonnant‖ s'envole ; et les grands bois,Épais, mystérieux,‖ pleins de confuses voix,Où les sages, plongés‖ dans leur rêve ascétique,Ne comptent plus les jours‖ tombés du ciel antique,Sentant courir la sève‖ et circuler le feu,Se dressent rajeunis‖ dans l'air subtil et bleu.C'est ainsi que l'aurore,‖ à l'océan pareille,Disperse ses rayons‖ sur la terre vermeille,Comme de blancs troupeaux‖ dans les herbages verts,Et de son doux regard‖ pénètre l'univers.Elle conduit au seuil‖ des humaines demeuresLe souci de la vie‖ avec l'essaim des heures ;Car rien ne se repose‖ à sa vive clarté.Seul, dilatant son cœur‖ sous le ciel argenté,Libre du vain désir‖ des aurores futures,L'homme juste vers elle‖ élève ses mains pures.Il sait que la mâyâ,‖ ce mensonge éternel,Se rit de ce qui marche‖ et pleure sous le ciel,Et qu'en formes sans nombre,‖ illusion féconde,Avant le cours des temps‖ elle a rêvé le monde.
II
Sous la varangue basse,‖ auprès de son figuier,Le richi vénérable‖ achève de prier.Sur ses bras d'ambre jaune‖ il abaisse sa manche,Noue autour de ses reins‖ la mousseline blanche,Et croisant ses deux pieds‖ sous sa cuisse, l'œil clos,Immobile et muet,‖ il médite en repos.Sa femme à pas légers‖ vient poser sur sa natteLe riz, le lait caillé,‖ la banane et la datte ;Puis elle se retire‖ et va manger à part.Trois hommes sont assis‖ aux côtés du vieillard,Ses trois fils. L'aîné siège‖ à droite, le plus jeuneÀ gauche. Le dernier‖ rêve, en face, et fait jeûne.Bien que le moins aimé,‖ c'est le plus beau des trois.Ses poignets sont ornés‖ de bracelets étroits ;Sur son dos ferme et nu‖ sa chevelure glisseEn anneaux négligés,‖ épaisse, noire et lisse.La tristesse se lit‖ sur son front soucieux,Et, telle qu'un nuage,‖ assombrit ses grands yeux.Abaissant à demi‖ sa paupière bronzée,Il regarde vers l'est‖ la colline boisée,Où, sous les nappes d'or‖ du soleil matinal,Les oiseaux pourpre et bleu‖ flambent dans le çantal ;Où la vierge naïve‖ aux beaux yeux de gazelleParle de loin au cœur‖ qui s'élance vers elle.Mais, de l'aube qui naît‖ jusqu'aux ombres du soir,Un long jour passera‖ sans qu'il puisse la voir.Aussi, l'âme blessée,‖ il garde le silence,Tandis que le figuier‖ murmure et se balance,Et qu'on entend, aux bords‖ du fleuve aux claires eaux,Les caïmans joyeux‖ glapir dans les roseaux.
III
Sûryâ, comme un bloc‖ de cristal diaphane,Dans l'espace azuré‖ monte, grandit et plane.La nue en fusion‖ blanchit autour du dieu,Et l'océan céleste‖ oscille dans le feu.Tout bruit décroît ; l'oiseau‖ laisse tomber ses ailes,Les feuilles du bambou‖ ne chantent plus entre elles,La fleur languissamment‖ clôt sa corolle d'orÀ l'abeille qui rôde‖ et qui bourdonne encor ;Et la terre et le ciel‖ où la flamme circuleSe taisent à la fois‖ devant le dieu qui brûle.Mais voici que le long‖ du fleuve, par milliers,Tels qu'un blanc tourbillon,‖ courent des cavaliers ;Des chars tout hérissés‖ de faux roulent derrièreEt comme un étendard‖ soulèvent la poussière.Sur un grand éléphant‖ qui fait trembler le sol,Vêtu d'or, abrité‖ d'un large parasolD'où pendent en festons‖ des guirlandes fleuries,Le front ceint d'un bandeau‖ chargé de pierreries,Le vieux maharadjah,‖ roi des hommes, pareilAu magnanime indra‖ debout dans le soleil,Devant le seuil rustique‖ où le brahmane siège,S'arrête, environné‖ du belliqueux cortège.
— Richi, cher aux dêvas,‖ dit-il, sage aux longs jours,Qui des temps fugitifs‖ as mesuré le cours,Écoute-moi : mon cœur‖ est couvert d'un nuage,Et comme au vil çudra‖ les dieux m'ont fait outrage.Je leur avais offert‖ un sacrifice humain.Le brahmane sacré‖ levait déjà la main,Quand, du pilier massif‖ déliant la victime,Ils ont terni ma gloire‖ et m'ont chargé d'un crime.J'ai parcouru les monts,‖ les plaines, les cités,Cherchant un homme, pur‖ des signes détestés,Qui lave de son sang‖ ma faute involontaireEt du ressentiment‖ des dieux sauve la terre.Car indra, que mes pleurs‖ amers n'ont point touché,Refusera l'eau vive‖ au monde desséché,Et nous verrons languir‖ sous les feux de sa haineSur les sillons taris‖ toute la race humaine.Mais je n'ai point trouvé‖ l'homme prédestiné.Tes enfants sont nombreux :‖ livre-moi ton aîné,Et je te donnerai,‖ richi, te rendant grâces,En échange et pour prix,‖ cent mille vaches grasses. —
Le brahmane lui dit :‖ — Ô roi, pour aucun prix,Je ne te céderai‖ le premier de mes fils.Par celui qui réside‖ au sein des apparencesEt se meut dans le monde‖ et les intelligences,Dût la terre, semblable‖ à la feuille des bois,Palpiter dans la flamme‖ et se tordre aux abois,Radjah ! Je garderai‖ le chef de ma famille.Entre tous les vivants‖ dont le monde fourmille,Vaines formes d'un jour,‖ mon premier-né m'est cher. —
Et la femme, sentant‖ frémir toute sa chair,Dit à son tour : — Ô roi,‖ par la rouge déesse,J'aime mon dernier fils‖ avec trop de tendresse. —
Alors Çunacépa‖ se leva sans pâlir :— Je vois bien que le jour‖ est venu de mourir.
Mon père m'abandonne‖ et ma mère m'oublie.Mais avant qu'au pilier‖ le brahmane me lie,Permets, maharadjah,‖ que tout un jour encorJe vive. Quand, demain,‖ dans la mer pleine d'orSûryâ d'un seul bond‖ poussera ses cavales,Je serai prêt. — C'est bien,‖ dit le roi. — Les cymbalesRésonnent, l'air s'emplit‖ du bruit strident des chars ;Hennissements et cris‖ roulent de toutes parts ;Et, remontant le cours‖ de la sainte rivière,Tous s'en vont, inondés‖ de flamme et de poussière.
Le jeune homme, debout‖ devant ses vieux parents,Calme, les regardait‖ de ses yeux transparents,Et les voyant muets :‖ — Mon père vénérable,Mes jours seront pareils‖ aux feuilles de l'érableQu'un orage d'été‖ fait voltiger dans l'airBien avant qu'ait sifflé‖ le vent froid de l'hiver :Adieu ! Ma mère, adieu !‖ Vivez longtemps, mes frèresIndra vous garde tous‖ des puissances contraires,Et qu'il boive mon sang‖ sur son pilier d'airain ! —
Et le richi lui dit :‖ — Tout n'est qu'un songe vain. —
IV
La colline était verte‖ et de fleurs étoilée,Où l'arôme du soir‖ montait de la vallée,Où revenait l'essaim‖ des sauvages ramiersSe blottir aux rameaux‖ assouplis des palmiers,Qui, sous les cloches d'or‖ des plantes enlacées,Rafraîchissaient l'air chaud‖ de leurs feuilles bercées.Çunacépa, couché‖ parmi le noir gazon,Voyait le jour décroître‖ au paisible horizon,Et, pressant de ses bras‖ son cœur plein de détresse,Pleurait devant la mort‖ sa force et sa jeunesse.Il vous pleurait, ô bois‖ murmurants et touffus,Vallée où l'ombre amie‖ éveille un chant confus,Fleuve aimé des dêvas,‖ dont l'écume divineA senti tant de fois‖ palpiter sa poitrine,Champs de maïs, au vent‖ du matin onduleux,Cimes des monts lointains,‖ vastes mers aux flots bleus,Beaux astres, habitants‖ de l'espace sans borneQui flottez dans le ciel‖ étincelant et morne !Mais plus que la nature‖ et que ce dernier jour,Ô fleur épanouie‖ aux baisers de l'amour,Ô Çanta, coupe pure‖ où ses lèvres fidèlesBuvaient le flot sacré‖ des larmes immortelles,C'était toi qu'il pleurait,‖ toi, son unique bien,Auprès de qui le monde‖ immense n'était rien !Et, comme il t'appelait‖ de son âme brisée,Tu vins à ses côtés‖ t'asseoir dans la rosée,Joyeuse, et tes longs cils‖ voilant tes yeux charmants,Souple comme un roseau‖ sous tes blancs vêtements,Et faisant à tes bras,‖ qu'autour de lui tu jettes,Sonner tes bracelets‖ où tintent des clochettes.Puis, d'une voix pareille‖ aux chansons des oiseauxQuand l'aube les éveille‖ en leurs nids doux et chauds,Ou comme le bruit clair‖ des sources fugitives,Tu lui dis de ta bouche‖ humide, aux couleurs vives :— Me voici, me voici,‖ mon bien-aimé ! J'accours.Depuis hier, ami,‖ j'ai compté mille jours !Jamais contre mes vœux‖ l'heure ne fut plus lente.Mais à peine ai-je vu,‖ de sa lueur tremblante,Une étoile argenter‖ l'azur du ciel profond,J'ai délaissé ma natte‖ et notre enclos, d'un bond !L'antilope aux jarrets‖ légers courait moins vite.Mais ton visage est triste,‖ et ton regard m'évite !Tu pleures ! Est-ce moi‖ qui fais couler tes pleurs ?Réponds-moi ! Mes baisers‖ guériront tes douleurs.Parle, pourquoi pleurer ?‖ Souviens-toi que je t'aime,Plus que mon père et plus‖ que ma mère elle-même ! —Et de ses beaux bras nus‖ elle fit doucementUn tiède collier d'ambre‖ au cou de son amant,Inquiète, cherchant‖ à deviner sa peine,Et posant au hasard‖ sa bouche sur la sienne.Lui, devant tant de grâce‖ et d'amour hésitant,Se taisait, le front sombre‖ et le cœur palpitant.Mais bientôt, débordant‖ d'angoisse et d'amertume,Il répondit : — Çanta !‖ Qu'un jour encor s'allume,Il me verra mourir.‖ Quand l'ombre descendra,Je répandrai mon sang‖ sur le pilier d'indra.Mon père vénéré,‖ heureux soit-il sans cesse !Au couteau du brahmane‖ a vendu ma jeunesse :Je tiendrai sa parole.‖ Ô ma vie, ô ma sœur,Viens, viens, regarde-moi !‖ L'aube a moins de douceurQue tes yeux, et l'eau vive‖ est moins limpide et pure,Quand ils rayonnent sous‖ ta noire chevelure ;Et le son de ta voix‖ m'enivre et chante mieuxQue la blanche Apsara‖ sous le figuier des dieux !Oh ! Parle-moi ! Ta bouche‖ est comme la fleur roseQu'un baiser du soleil‖ enflamme à peine éclose,La fleur de l'açoka‖ dont l'arôme est de miel,Où les blonds bengalis‖ boivent l'oubli du ciel !Oh ! Que je presse encor‖ tes lèvres parfumées,Qui pour toujours, hélas !‖ Me vont être fermées !Et, puisque j'ai vécu‖ le jour de mon bonheur,Pour la dernière fois‖ viens pleurer sur mon cœur ! —
Comme on voit la gazelle‖ en proie au trait rapideRouler sur l'herbe épaisse‖ et de son sang humide,Clore ses yeux en pleurs,‖ palpiter et gémir,La pâle jeune fille,‖ avec un seul soupir,Aux pieds de son amant‖ tomba froide et pâmée.Épouvanté, baisant‖ sa lèvre inanimée,Çunacépa lui dit :‖ — Ô Çanta, ne meurs pas ! —Il souleva ce corps‖ charmant entre ses bras,Et de mille baisers‖ et de mille caressesIl réchauffa son front‖ blanc sous ses noires tresses.— Ne meurs pas ! Ne meurs pas !‖ Je t'aime, écoute-moi :Je ne pourrai jamais‖ vivre ou mourir sans toi ! —Elle entr'ouvrit les yeux,‖ et des larmes amères,Brûlantes, aussitôt‖ emplirent ses paupières :— Viens, ô mon bien-aimé !‖ Fuyons ! Le monde est grand.Nous suivrons la ravine‖ où gronde le torrent ;Sur la ronce et l'épine,‖ à travers le bois sombre,Nul regard ennemi‖ ne vous suivra dans l'ombre.Hâtons-nous. La nuit vaste‖ enveloppe les cieux.Je connais les sentiers‖ étroits, mystérieux,Qui conduisent du fleuve‖ aux montagnes prochaines.Les grands tigres rayés‖ y rôdent par centaines ;Mais le tigre vaut mieux‖ que l'homme au cœur de fer !Viens ! Fuyons sans tarder,‖ si mon amour t'est cher. —
Çunacépa, pensif,‖ et se baissant vers elle,La regardait. Jamais‖ il ne la vit si belle.Avec ses longs yeux noirs‖ de pleurs étincelants,Et ses bras de lotus‖ enlacés et tremblants,Ses lèvres de corail,‖ et flottant sur sa joueSes longs cheveux épars‖ que la douleur dénoue.
— Les dieux savent pourtant‖ si je t'aime, ô Çanta !Mais que dirait le roi,‖ fils de Daçaratha ?Qu'un brahmane a volé‖ cent mille belles vaches,Et qu'il a pour enfants‖ des menteurs et des lâches ?Non, non ! Mieux vaut mourir.‖ J'ai promis, je tiendrai.Le vieux radjah m'attend ;‖ encore un jour, j'irai,Et le sang jaillira‖ par flots purs de mes veines !Taris tes pleurs, enfant ;‖ cessons nos plaintes vaines ;Aimons-nous ! L'heure vole‖ et ne revient jamais !Et, quand mes yeux éteints‖ seront clos désormais,Ô fleur de mon printemps,‖ sois toujours adorée !Parfume encor la terre‖ où je t'ai respirée !— Tu veux mourir, dit-elle,‖ et tu m'aimes ! Eh bien,Le couteau dans ton cœur‖ rencontrera le mien !Je te suivrai. Mes yeux‖ pourraient-ils voir encoreLe monde s'éveiller,‖ désert à chaque aurore ?C'est par toi que, l'oreille‖ ouverte aux bruits joyeux,J'écoutais les oiseaux‖ qui chantaient dans les cieux,Par toi que la verdeur‖ de la vallée enivre,Par toi que je respire‖ et qu'il m'est doux de vivre… —
Et des sanglots profonds‖ étouffèrent sa voix.
Alors un grand oiseau,‖ qui planait sur les bois,Comme un nuage noir‖ aux voûtes éternelles,Sur un palmier géant‖ vint replier ses ailes.De ses larges yeux d'or‖ la prunelle flambaitEt dardait un éclair‖ dans la nuit qui tombait,Et de son dos puissant‖ les plumes hérisséesFaisaient dans le silence‖ un bruit d'armes froissées.Puis vers les deux amants,‖ qu'il semblait contempler,Il se pencha d'en haut‖ et se mit à parler :
— Ne vous effrayez pas‖ de mon aspect sauvage ;Je suis inoffensif‖ et vieux, si ce n'est sage.C'est moi qui combattis‖ autrefois dans le cielLe maître de lanka,‖ le rakças immortel,Lorsqu'en un tourbillon,‖ plein de désirs infâmes,Il enlevait Çita,‖ la plus belle des femmes.De mes serres d'airain‖ et de mon bec de ferJe fis pleuvoir sanglants‖ des lambeaux de sa chairMais il me brisa l'aile‖ et ravit sa victime.Et moi, comme un roc lourd‖ roulant de cime en cime,Je crus mourir. Enfants,‖ je suis l'antique roiDes vautours. J'ai pitié‖ de vous ; écoutez-moi.Quand sûryâ des monts‖ enflammera la crête,Cherchez dans la forêt‖ Viçvamitra l'ascète,Dont les austérités‖ terribles font un dieu.Lui seul peut te sauver,‖ fils du brahmane. Adieu ! —
Et, repoussant du pied‖ les palmes remuées,Il déploya son vol‖ vers les hautes nuées.
V
La nuit divine, enfin,‖ dans l'ampleur des cieux clairs,Avec sa robe noire‖ aux plis brodés d'éclairs,Son char d'ébène et d'or,‖ attelé de cavalesDe jais et dont les yeux‖ sont deux larges opales,Tranquille et déroulant‖ au souffle harmonieuxDe l'espace, au-dessus‖ de son front glorieux,Sa guirlande étoilée‖ et l'écharpe des nues,Descendit dans les mers‖ des dêvas seuls connues ;Et l'est devint d'argent,‖ puis d'or, puis flamboya,Et l'univers encor‖ reconnut sûryâ !
À travers la forêt‖ profonde et murmurante,Où sous les noirs taillis‖ jaillit la source errante ;Où comme le reptile,‖ en de souples détours,La liane aux cent nœuds‖ étreint les rameaux lourds,Et laisse, du sommet‖ des immenses feuillages,Pendre ses fleurs de pourpre‖ au milieu des herbages ;Par les sentiers de mousse‖ épaisse et de rosiers,Où les lézards aux dos‖ diaprés, par milliers,Rôdent furtifs et font‖ crier la feuille sèche ;Dans les fourrés d'érable‖ où, comme un vol de flèche,L'antilope aux yeux bleus,‖ l'oreille au vent, bondit ;Où l'œil du léopard‖ par instants resplendit ;Tous deux, le cœur empli‖ d'espérance et de crainte,Cherchaient Viçvamitra‖ dans sa retraite sainte.Et quand le jour, tombant‖ des cimes du ciel bleu,De l'éternelle voûte‖ embrasa le milieu,Loin de l'ombre, debout,‖ dans une âpre clairière,Ils le virent soudain‖ baigné par la lumière.Ses yeux creux que jamais‖ n'a fermés le sommeilLuisaient ; ses maigres bras‖ brûlés par le soleilPendaient le long du corps ;‖ ses jambes décharnées,Du milieu des cailloux‖ et des herbes fanées,Se dressaient sans ployer‖ comme des pieux de fer ;Ses ongles recourbés‖ s'enfonçaient dans la chair ;Et sur l'épaule aiguë‖ et sur l'échine osseuseTombait jusqu'aux jarrets‖ sa chevelure affreuse,Inextricable amas‖ de ronces, noir réseauDe fange desséchée‖ et de fientes d'oiseau,Où, comme font les vers‖ dans la vase mouvante,S'agitait au hasard‖ la vermine vivante,Peuple immonde, habitant‖ de ce corps endurci,Et nourri de son sang‖ inerte. C'est ainsiQue, gardant à jamais‖ sa rigide attitude,Il rêvait comme un dieu‖ fait d'un bloc sec et rude.
Çanta, le sein ému‖ d'une pieuse horreur,Frémit ; mais le jeune homme,‖ aguerrissant son cœur,Parla, plein de respect :‖ — Viçvamitra, mon père,Je ne viens point à toi‖ dans une heure prospère :Le destin noir me suit‖ comme un cerf aux abois.Jeunesse, amour, bonheur,‖ et la vie à la fois,Je perds tout. Sauve-moi.‖ Je sais qu'à ta paroleLe ciel devient plus sombre‖ ou l'orage s'envole.Tu peux, par la vertu‖ des incantations,Alléger le fardeau‖ des malédictions ;Tu peux, sans altérer‖ l'implacable justice,Émousser sur mon cœur‖ le fer du sacrifice.Réponds donc. Si le roi‖ des vautours a dit vrai,Tu feras deux heureux,‖ mon père, et je vivrai. —
Et l'ascète immobile‖ écoutait sans paraîtreEntendre. Et le jeune homme‖ étonné reprit : — Maître,Ne répondras-tu point ?‖ — Et le maigre vieillardLui dit, sans abaisser‖ son morne et noir regard :— Réjouis-toi, mon fils !‖ Bien qu'il soit vain de rireOu de pleurer, et vain‖ d'aimer ou de maudire.Tu vas sortir, sacré‖ par l'expiation,Du monde obscur des sens‖ et de la passion,Et franchir, jeune encor,‖ la porte de lumièrePar où tu plongeras‖ dans l'essence première.La vie est comme l'onde‖ où tombe un corps pesant :Un cercle étroit s'y forme,‖ et va s'élargissant,Et disparaît enfin‖ dans sa grandeur sans terme.La mâyâ te séduit ;‖ mais, si ton cœur est ferme,Tu verras s'envoler‖ comme un peu de vapeurLa colère, l'amour,‖ le désir et la peur ;Et le monde illusoire‖ aux formes innombrablesS'écroulera sous toi‖ comme un monceau de sables.
— Ô sage ! Si mon cœur‖ est faible et déchiré,Je ne crains rien pour moi,‖ sache-le. Je mourrai,Comme si j'étais fait‖ ou d'airain ou de pierre,Sans pâlir ni pousser‖ la plainte et la prièreDu lâche ou du çudra.‖ Mais j'aime et suis aimé !Vois cette fleur des bois‖ dont l'air est embaumé,Ce rayon enchanté‖ qui plane sur ma vie,Dont ma paupière est pleine‖ et jamais assouvie !Mon sang n'est plus à moi :‖ Çanta meurt si je meurs ! —
Et Viçvamitra dit :‖ — Les flots pleins de rumeursQue le vent roule et creuse‖ et couronne d'écume,Les forêts qu'il secoue‖ et heurte dans la brume,Les lacs que l'Açura‖ bat d'un noir aileronEt dont les blancs lotus‖ sont souillés de limon,Et le ciel où la foudre‖ en rugissant se joue,Sont tous moins agités‖ que l'homme au cœur de boue.Va ! Le monde est un songe‖ et l'homme n'a qu'un jour,Et le néant divin‖ ne connaît pas l'amour ! —Çunacépa lui dit :‖ — C'est bien. Je te salue,Mon père, et je t'en crois ;‖ ma mort est résolue ;Et trop longtemps, vain jouet‖ des brèves passions,J'ai disputé mon âme‖ aux incarnations.Mais, par tous les dêvas,‖ ô sage, elle est si belle !Taris ses pleurs amers,‖ prie et veille pour elle,Afin que je m'endorme‖ en bénissant ton nom. —Alors Çanta, les yeux‖ étincelants : — Oh ! Non,Maître ! Non, non ! Tu veux‖ éprouver son courage !La divine bonté‖ brille sur ton visage ;Secours-le, sauve-moi !‖ J'embrasse tes genoux,Mon père vénérable‖ et cher ! Vivre est si doux !Puissent les dieux qui t'ont‖ donné la foi suprêmeT'accueillir en leur sein !‖ Vois, je suis jeune et j'aime ! —Telle Çanta, le front‖ prosterné, sanglotait ;Et l'ascète, les yeux‖ dans l'espace, écoutait :
— J'entends chanter l'oiseau‖ de mes jeunes années,Dit-il, et l'épaisseur‖ des forêts fortunéesMurmure comme aux jours‖ où j'étais homme encor.Ai-je dormi cent ans,‖ gardant tel qu'un trésorLe souvenir vivant‖ des passions humaines ?D'où vient que tout mon corps‖ frémit, et que mes veinesSentent brûler un sang‖ glacé par tant d'hivers !Mais assez, ô mâyâ,‖ source de l'univers !C'est assez, j'ai vécu.‖ Pour toi, femme, pareilleÀ l'Apsara qui court‖ sur la mousse vermeille,Et toi, fils du brahmane,‖ écoutez et partez,Et ne me troublez plus‖ dans mes austérités.Dès qu'au pilier fatal,‖ sous des liens d'écorce,Les sacrificateurs‖ auront dompté ta force,Récite par sept fois‖ l'hymne sacré d'indra.Aussitôt dans la nue‖ un bruit éclateraTerrible, et tes liens‖ se briseront d'eux-mêmes ;Et les hommes fuiront,‖ épouvantés et blêmes ;Et le sang d'un cheval‖ calmera les dêvas ;Et si tu veux souffrir‖ encore, tu vivras !Adieu. Je vais rentrer‖ dans l'éternel silence,Comme une goutte d'eau‖ dans l'océan immense. —
VI
Le siège est d'or massif,‖ et d'or le pavillonDu vieux maharadjah.‖ L'image d'un lionFlotte, en flamme, dans l'air,‖ et domine la fête.Dix colonnes d'argent‖ portent le large faîteDu trône où des festons‖ brodés de diamantsPendent aux angles droits‖ en clairs rayonnements.Sur les degrés de nacre‖ où la perle étincelleLa pourpre en plis soyeux‖ se déploie et ruisselle ;Et mille Kchatryas,‖ grands, belliqueux, armés,Tiennent du pavillon‖ tous les abords fermés.En face, fait de pierre‖ et de forme cubique,L'autel est préparé‖ selon le rite antique,Surmonté d'un pilier‖ d'airain et d'un bœuf blancAux quatre cornes d'or.‖ D'un accent grave et lentLe brahmane qui doit‖ égorger la victimeMurmure du sama‖ la formule sublime,Et les prêtres courbés‖ récitent à leur tourCent prières du Rig,‖ cent vers de l'Yadjour.Et dans la plaine immense‖ un peuple infini rouleComme les flots. Le sol‖ tremble au poids de la foule.Les hommes au sang pur,‖ au corps blanc, aux yeux fiers,Qui vivent sur les monts‖ et sur le bord des mers,Et tendent l'arc guerrier‖ avec des mains robustes ;Et la race au front noir,‖ maudite des dieux justes,Dévouée aux rakças‖ et qui hante les bois ;Tous, pour le sacrifice,‖ accourent à la fois,Et font monter au ciel,‖ d'une voix éclatante,Les clameurs de la joie‖ et d'une longue attente.
Les cymbales de cuivre‖ et la conque aux bruits sourds,Et la vîna perçante‖ et les rauques tambours,Vibrant, grondant, sifflant,‖ résonnent dans la plaine,Et les peuples muets‖ retiennent leur haleine.C'est l'heure. Le brahmane‖ élève au ciel les bras,Et la victime offerte‖ avance pas à pas.Le jeune homme au front ceint‖ de lotus, calme et pâle,Monte sans hésiter‖ sur la pierre fatale ;Tous ses membres roidis‖ sont liés au poteau,Et le prêtre en son sein‖ va plonger le couteau.Alors il se souvient‖ des paroles du sage :Il prie indra qui siège‖ et gronde dans l'orage,Et sept fois l'hymne saint,‖ que tous disent en chœur,Fait hésiter le fer‖ qui doit percer son cœur.Tout à coup, des sommets‖ du ciel plein de lumière,La foudre inattendue‖ éclate sur la pierre ;L'airain du pilier fond‖ en ruisseaux embrasés.Çunacépa bondit ;‖ ses liens sont brisés,Il est libre ! À travers‖ la foule épouvantée,Il fuit comme la flèche‖ à son but emportée.Aussitôt le soleil‖ rayonne, et sur le flancUn étalon fougueux,‖ dont tout le poil est blanc,Tombe, les pieds liés,‖ hennit, et le brahmaneOffre son sang au dieu‖ de qui la foudre émane.
VII
Ô rayon de soleil‖ égaré dans nos nuits,Ô bonheur ! Le moment‖ est rapide où tu luis,Et quand l'illusion‖ qui t'a créé t'entraîne,Un plus amer souci‖ consume l'âme humaine ;Mais quels pleurs répandus,‖ quel mal immérité,Peuvent jamais payer‖ ta brève volupté !
L'air sonore était frais‖ et plein d'odeurs divines.Les bengalis au bec‖ de pourpre, aux ailes fines,Et les verts colibris‖ et les perroquets bleus,Et l'oiseau diamant,‖ flèche au vol merveilleux,Dans les buissons dorés,‖ sur les figuiers superbes,Passaient, sifflaient, chantaient.‖ Au sein des grandes herbesUn murmure joyeux‖ s'exhalait des halliers ;Autour du miel des fleurs,‖ les essaims familiers,Délaissant les vieux troncs‖ aux ruches pacifiques,S'empressaient ; et partout,‖ sous les cieux magnifiques,Avec l'arôme vif‖ et pénétrant des bois,Montait un chant immense‖ et paisible à la fois.Sur son cœur enivré‖ pressant sa bien-aimée,Réchauffant de baisers‖ sa lèvre parfumée,Çunacépa sentait,‖ en un rêve enchanté,Déborder le torrent‖ de sa félicité !Et Çanta l'enchaînait‖ d'une invincible étreinte !Et rien n'interrompait,‖ durant cette heure sainteOù le temps n'a plus d'aile,‖ où la vie est un jour,Le silence divin‖ et les pleurs de l'amour.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a dénouées / nuées féminine, classiqueb d'or / l'essor masculine, classiquec calmes / palmes féminine, classiqued diamant / joyeusement masculine, classiquee divine / colline féminine, classiquef miaulé / étoilé masculine, classiqueg hautes / hôtes féminine, classiqueh bois / voix masculine, classiquei ascétique / antique féminine, classiquej feu / bleu masculine, classiquek pareille / vermeille féminine, classiquel verts / l'univers masculine, classiquem demeures / heures féminine, classiquen clarté / argenté masculine, classiqueo futures / pures féminine, classiquep éternel / ciel masculine, classiqueq féconde / monde féminine, classiquea figuier / prier masculine, classiqueb manche / blanche féminine, classiquec clos / repos masculine, classiqued natte / datte féminine, classiquee part / vieillard masculine, classiquef jeune / jeûne féminine, classiqueg trois / étroits masculine, équivalenteh glisse / lisse féminine, classiquei soucieux / yeux masculine, classiquej bronzée / boisée féminine, classiquek matinal / çantal masculine, classiquel gazelle / elle féminine, classiquem soir / voir masculine, classiquen silence / balance féminine, classiqueo eaux / roseaux masculine, classiquea diaphane / plane féminine, classiqueb dieu / feu masculine, classiquec ailes / elles féminine, classiqued d'or / encor masculine, classiquee circule / brûle féminine, classiquef milliers / cavaliers masculine, classiqueg derrière / poussière féminine, classiqueh sol / parasol masculine, classiquei fleuries / pierreries féminine, classiquej pareil / soleil masculine, classiquek siège / cortège féminine, classiquea jours / cours masculine, classiqueb nuage / outrage féminine, classiquec humain / main masculine, classiqued victime / crime féminine, classiquee cités / détestés masculine, classiquef involontaire / terre féminine, classiqueg touché / desséché masculine, classiqueh haine / humaine féminine, classiquei prédestiné / aîné masculine, classiquej grâces / grasses féminine, classiquea prix / fils masculine, classiqueb apparences / intelligences féminine, classiquec bois / abois masculine, classiqued famille / fourmille féminine, classiquee cher / chair masculine, classiqueb déesse / tendresse féminine, classiquea pâlir / mourir masculine, classiquea m'oublie / lie féminine, classiqueb encor / d'or masculine, classiquec cavales / cymbales féminine, classiqued chars / parts masculine, classiquee rivière / poussière féminine, classiquea parents / transparents masculine, classiqueb vénérable / l'érable féminine, classiquec l'air / l'hiver masculine, classiqued frères / contraires féminine, classiquee d'airain / vain masculine, classiquea étoilée / vallée féminine, classiqueb ramiers / palmiers masculine, classiquec enlacées / bercées féminine, classiqued gazon / horizon masculine, classiquee détresse / jeunesse féminine, classiquef touffus / confus masculine, classiqueg divine / poitrine féminine, classiqueh onduleux / bleus masculine, classiquei borne / morne féminine, classiquej jour / l'amour masculine, classiquek fidèles / immortelles féminine, classiquel bien / rien masculine, classiquem brisée / rosée féminine, classiquen charmants / vêtements masculine, classiqueo jettes / clochettes féminine, classiquep oiseaux / chauds masculine, classiqueq fugitives / vives féminine, classiquer J'accours / jours masculine, classiques lente / tremblante féminine, classiquet profond / bond masculine, classiqueu vite / m'évite féminine, classiquev pleurs / douleurs masculine, classiquew t'aime / elle-même féminine, classiquex doucement / amant masculine, classiquey peine / sienne féminine, classiquez hésitant / palpitant masculine, classiquea d'amertume / s'allume féminine, classiqueb descendra / d'indra masculine, classiquec cesse / jeunesse féminine, classiqued sœur / douceur masculine, classiquee pure / chevelure féminine, classiquef mieux / dieux masculine, classiqueg rose / éclose féminine, classiqueh miel / ciel masculine, classiquei parfumées / fermées féminine, classiquej bonheur / cœur masculine, classiquea rapide / humide féminine, classiqueb gémir / soupir masculine, classiquec pâmée / inanimée féminine, classiqued pas / bras masculine, classiquee caresses / tresses féminine, classiquef écoute-moi / toi masculine, classiqueg amères / paupières féminine, classiqueh grand / torrent masculine, classiquei sombre / l'ombre féminine, classiquej cieux / mystérieux masculine, classiquek prochaines / centaines féminine, classiquel fer / cher masculine, classiquea elle / belle féminine, classiqueb étincelants / tremblants masculine, classiquec joue / dénoue féminine, classiquea Çanta / Daçaratha masculine, classiqueb vaches / lâches féminine, classiquec tiendrai / j'irai masculine, classiqued veines / vaines féminine, classiquee jamais / désormais masculine, classiquef adorée / respirée féminine, classiqueg bien / mien masculine, classiqueh encore / aurore féminine, classiquei joyeux / cieux masculine, classiquej enivre / vivre féminine, classiquea voix / bois masculine, classiqueb éternelles / ailes féminine, classiquec flambait / tombait masculine, classiqued hérissées / froissées féminine, classiquee contempler / parler masculine, classiquea sauvage / sage féminine, classiqueb ciel / immortel masculine, classiquec infâmes / femmes féminine, classiqued fer / chair masculine, classiquee victime / cime féminine, classiquef roi / écoutez-moi masculine, classiqueg crête / l'ascète féminine, classiqueh dieu / Adieu masculine, classiquea remuées / nuées féminine, classiquea clairs / d'éclairs masculine, classiqueb cavales / opales féminine, classiquec harmonieux / glorieux masculine, classiqued nues / connues féminine, classiquee flamboya / sûryâ masculine, classiquea murmurante / errante féminine, classiqueb détours / lourds masculine, classiquec feuillages / herbages féminine, classiqued rosiers / milliers masculine, classiquee sèche / flèche féminine, classiquef bondit / resplendit masculine, classiqueg crainte / sainte féminine, classiqueh bleu / milieu masculine, classiquei clairière / lumière féminine, classiquej sommeil / soleil masculine, classiquek décharnées / fanées féminine, classiquem osseuse / affreuse féminine, classiquen réseau / d'oiseau masculine, classiqueo mouvante / vivante féminine, classiquep endurci / ainsi masculine, classiqueq attitude / rude féminine, classiquea horreur / cœur masculine, classiqueb père / prospère féminine, classiquec abois / fois masculine, classiqued parole / s'envole féminine, classiquee incantations / malédictions masculine, classiquef justice / sacrifice féminine, classiqueg vrai / vivrai masculine, classiquea paraître / Maître féminine, classiqueb vieillard / regard masculine, classiquec rire / maudire féminine, classiqued l'expiation / passion masculine, classiquee lumière / première féminine, classiquef pesant / s'élargissant masculine, classiqueg terme / ferme féminine, classiqueh vapeur / peur masculine, classiquei innombrables / sables féminine, classiquea déchiré / aimé masculine, classiqueb mourrai / embaumé masculine, classiquec pierre / prière féminine, classiqued vie / assouvie féminine, équivalentee meurs / rumeurs masculine, classiqueb d'écume / brume féminine, classiquec aileron / limon masculine, classiqued joue / boue féminine, classiquef salue / résolue féminine, classiqueg passions / incarnations masculine, classiqueh belle / elle féminine, classiquei nom / Non masculine, classiquej courage / visage féminine, classiquek genoux / doux masculine, classiquel suprême / j'aime féminine, classiquem sanglotait / écoutait masculine, classiquea années / fortunées féminine, classiqueb encor / trésor masculine, classiquec humaines / veines féminine, classiqued d'hivers / l'univers masculine, classiquef partez / austérités masculine, classiqueg d'écorce / force féminine, classiqueh d'indra / éclatera masculine, classiquei d'eux-mêmes / blêmes féminine, classiquej dêvas / vivras masculine, classiquek silence / immense féminine, classiquea pavillon / lion masculine, classiqueb fête / faîte féminine, classiquec diamants / rayonnements masculine, classiqued étincelle / ruisselle féminine, classiquee armés / fermés masculine, classiquef cubique / antique féminine, classiqueg blanc / lent masculine, classiqueh victime / sublime féminine, classiquei tour / l'Yadjour masculine, classiquej roule / foule féminine, classiquek fiers / mers masculine, classiquel robustes / justes féminine, classiquem bois / fois masculine, classiquen éclatante / attente féminine, classiquea sourds / tambours masculine, classiqueb plaine / haleine féminine, classiquec bras / pas masculine, classiqued pâle / fatale féminine, classiquee poteau / couteau masculine, classiquef sage / l'orage féminine, classiqueg chœur / cœur masculine, classiqueh lumière / pierre féminine, classiquei embrasés / brisés masculine, classiquej épouvantée / emportée féminine, classiquek flanc / blanc masculine, classiquel brahmane / émane féminine, classiquea nuits / luis masculine, classiqueb t'entraîne / humaine féminine, classiquec immérité / volupté masculine, classiquea divines / fines féminine, classiqueb bleus / merveilleux masculine, classiquec superbes / herbes féminine, classiqued halliers / familiers masculine, classiquee pacifiques / magnifiques féminine, classiqueg bien-aimée / parfumée féminine, classiqueh enchanté / félicité masculine, classiquei étreinte / sainte féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
500 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes antiques, Librairie Marc Ducloux, Éditeur, 1852· numérisation Biblio.tic· Sources