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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Poèmes barbares, 1862

Le Barde de Temrah

Charles-Marie Leconte de Lisle· terza rima classique, alexandrins, 230 vers

Le soleil a doré‖ les collines lointaines ;Sous le faîte mouillé‖ des bois étincelantsSonne le timbre clair‖ et joyeux des fontaines.

Un chariot massif,‖ avec deux buffles blancs,Longe, au lever du jour,‖ la sauvage rivièreOù le vent frais de l'Est‖ rit dans les joncs tremblants.

Un jeune homme, vêtu‖ d'une robe grossière,Mène paisiblement‖ l'attelage songeur ;Tout autour, les oiseaux‖ volent dans la lumière.

Ils chantent, effleurant‖ le calme voyageur,Et se posent parfois‖ sur cette tête nueOù l'aube, comme un nimbe,‖ a jeté sa rougeur.

Et voici qu'il leur parle‖ une langue inconnue ;Et, l'aile frémissante,‖ un essaim messagerSemble écouter, s'envole‖ et monte dans la nue.

A l'ombre des bouleaux‖ au feuillage léger,Sous l'humble vêtement‖ tissé de poils de chèvre,La croix de bois au cou,‖ tel passe l'Étranger.

Trois filles aux yeux bleus,‖ le sourire à la lèvre,Courent dans la bruyère‖ et font partir au bruitLe coq aux plumes d'or,‖ la perdrix et le lièvre.

Du rebord des talus‖ où leur front rose luit,Écartant le feuillage‖ et la tête dressée,Chacune d'un regard‖ curieux le poursuit.

Lui, comme enseveli‖ dans sa vague pensée,S'éloigne lentement‖ par l'agreste chemin,Le long de l'eau, des feux‖ du matin nuancée.

Il laisse l'aiguillon‖ échapper de sa main,Et, les yeux clos, il ouvre‖ aux ailes de son âmeLe monde intérieur‖ et l'horizon divin.

Le soleil s'élargit‖ et verse plus de flamme,Un air plus tiède agite‖ à peine les rameaux,Le fleuve resplendit,‖ tel qu'une ardente lame.

La plume d'aigle au front,‖ drapés de longues peaux,Des guerriers tatoués‖ poussent par la valléeDes bœufs rouges pressés‖ en farouches troupeaux.

Et leur rumeur mugit‖ de cris rauques mêlée,Et les cerfs, bondissant‖ aux lisières des bois,Cherchent plus loin la paix‖ que ces bruits ont troublée.

Les hommes et les bœufs‖ entourent à la foisLe chariot roulant‖ dans sa lenteur égale,Et les mugissements‖ se taisent, et les voix.

Et tous s'en vont, les yeux‖ dardés par intervalle,Ayant cru voir flotter‖ comme un rayonnementAutour de l'Étranger‖ mystérieux et pâle.

Puis les rudes bergers‖ et le troupeau fumantDisparaissent. Leur bruit‖ dans la forêt s'enfonceEt sous les dômes verts‖ s'éteint confusément.

Sur une âpre hauteur‖ que hérisse la ronce,Parmi des blocs aigus‖ et d'épais rochers plats,Deux vieillards sont debout,‖ dont le sourcil se fronce.

Ils regardent d'un œil‖ plein de sombres éclatsVenir ce voyageur‖ humble, faible et sans crainte,Qu'au détour du coteau‖ traînent deux buffles las.

De chêne entrelacé‖ de houx leur tempe est ceinte.Ils allument soudain‖ les sanglants tourbillonsD'un bûcher dont le vent‖ fouette la flamme sainte.

Ils parlent, déroulant‖ les incantations,Conviant tous les Dieux‖ qui hantent les orages,Par qui le jour s'éclipse‖ aux yeux des nations.

Comme un lourd océan‖ sorti de ses rivages,A leur voix la nuit morne‖ engloutit le soleil,Et l'éclair de la foudre‖ entr'ouvre les nuages.

Puis l'horizon se tait,‖ aux tombeaux sourds pareil ;Le vent cesse, la vie‖ entière est suspendue ;Terre et ciel sont rentrés‖ dans l'inerte sommeil.

Tout est noir et sans forme‖ en l'immense étendue.Sous l'air pesant où plane‖ un silence de mortLe chariot s'arrête‖ en sa route perdue.

Mais l'Étranger, du doigt,‖ effleure sans effortSon front baissé, son sein,‖ selon l'ordre et le nombre :Des quatre points qu'il touche‖ un flot lumineux sort.

Et les quatre rayons,‖ à travers la nuit sombre,D'un éblouissement‖ brusque et mystérieuxTracent un long chemin‖ qui resplendit dans l'ombre.

Et la lumière alors‖ renaît au fond des deux ;Les oiseaux ranimés‖ chantent l'aube immortelle ;Les cerfs brament aux pieds‖ des chênes radieux-,

Le soleil est plus doux‖ et la terre est plus belle ;Et les vieillards, auprès‖ du bûcher consumé,Sentent passer le Dieu‖ d'une race nouvelle.

L'homme qu'ils redoutaient‖ et qu'ils ont blasphémé,Cet inconnu tranquille‖ et vénérable aux anges,Poursuit sa route, assis‖ dans un char enflammé.

Il vient de loin, il sait‖ des paroles étrangesQui germent dans le cœur‖ du sage et du guerrier ;Il ouvre un ciel d'azur‖ aux enfants dans leurs langes.

Il brave en souriant‖ le glaive meurtrier ;Il console et bénit,‖ et le Dieu qu'il adoreDescend à son appel‖ et l'écoute prier.

O verdoyante Érinn !‖ sur ton sable sonoreUn soir il aborda,‖ venu des hautes mers ;Sa trace au sein des flots‖ brillait comme une aurore.

On dit que sur son front‖ la neige, dans les airs,Arrondit tout à coup‖ sa voûte lumineuse,Et que ton sol fleurit‖ sous le vent des hivers.

Depuis, il a soumis‖ ta race belliqueuse ;Des milliers ont reçu‖ le baptême éternel,Et les anges, Érinn,‖ te nomment bienheureuse !

Mais tous n'ont point goûté‖ l'eau lustrale et le sel ;Il en est qui, remplis‖ de songes immuables,Suivent l'ancien soleil‖ qui décroît dans le ciel.

La nuit monte. Parmi‖ les pins et les érablesGisent de noirs débris‖ où la flamme a passé,Du vain orgueil de l'homme‖ images périssables.

Le lichen mord déjà‖ le granit entassé,Et l'herbe épaisse croît‖ dans les fentes des dalles,Et la ronce vivace‖ entre au mur crevassé.

Les piliers et les fûts‖ qui soutenaient les salles,Épars ou confondus,‖ ont entravé les cours,En croulant sous le faix‖ des poutres colossales.

C'est dans ce palais mort,‖ noir témoin des vieux jours,Que l'Apôtre s'arrête.‖ Au milieu des ruinesIl s'avance, et son pas‖ émeut les échos sourds.

Les reptiles surpris‖ rampent sous les épines ;L'orfraie et le hibou‖ sortent en gémissant,Funèbre vision,‖ des cavités voisines.

Bientôt, dans la nuit morne,‖ un jet rouge et puissantFlamboie entre deux pans‖ d'une tour solitaire ;La fumée au-dessus‖ roule en s'élargissant.

Un homme est assis là,‖ sur un monceau de terre.Le brasier l'enveloppe‖ en sa chaude lueur ;Sa barbe et ses cheveux‖ couvrent sa face austère.

Muet, les bras croisés,‖ il suit avec ardeur,Les yeux caves et grands‖ ouverts, un sombre rêve,Et courbe son dos large,‖ où saillit la maigreur.

Sur ses genoux velus‖ étincelle un long glaive ;Une harpe de pierre‖ est debout à l'écart,D'où le vent, par instants,‖ tire une plainte brève.

L'Apôtre, auprès du feu,‖ contemple ce vieillard :— Je te salue, au nom‖ du Rédempteur des âmes !— Salut, enfant ! Demain‖ tu serais venu tard.

Avant que ce foyer‖ ait épuisé ses flammes,Je serai mort : les loups‖ dévoreront ma chair,Et mon nom périra‖ parmi nos clans infâmes.

— Vieillard ! ton heure est proche‖ et ton cœur est de fer.N'as-tu point médité‖ le Dieu sauveur du monde ?Braves-tu jusqu'au bout‖ l'irrémissible Enfer ?

Resteras-tu plongé‖ dans cette nuit profondeD'où ta race s'élance‖ à la sainte Clarté !Veux-tu, seul, du Démon‖ garder la marque immonde ?

Celui qui m'a choisi,‖ dans mon indignité,Pour répandre sa gloire‖ et sa grâce infinie,Est descendu pour toi‖ de son éternité.

De l'immense univers‖ la paix était bannie :Il a tendu les bras‖ aux peuples furieux,Et son sang a coulé‖ pour leur ignominie.

S'il réveillait d'un mot‖ les morts silencieux,Ne peut-il t'appeler‖ du fond de ton abîme,Et faire luire aussi‖ la lumière à tes yeux ?

Mais tu n'ignores plus‖ son histoire sublime,Et tu le sais, voici‖ que le saint avenirGerme, arrosé des pleurs‖ de la grande Victime.

Écoute ! de la terre‖ aux cieux entends frémirL'hymne d'amour plus haut‖ que la clameur des haines :Le siècle des Esprits‖ violents va finir.

Vois ! le palais du fort‖ croule au niveau des plaines :Le bras qui brandissait‖ l'épée est desséché ;L'humble croit en Celui‖ par qui tombent ses chaînes.

Jette un cri vers ce Dieu‖ rayonnant et caché,Reçois l'Eau qui nous rend‖ plus forts que l'agonie,Remonte au Jour sans fin‖ de la nuit du Péché !

Et ta harpe, aujourd'hui‖ veuve de ton génie,A Celui dont la terre‖ et tous les cieux sont pleinsEmportera ton âme‖ avec son harmonie ! —

L'autre reste immobile,‖ et, dressé sur ses reins,Prête l'oreille au vent,‖ comme si les ténèbresSe remplissaient d'échos‖ venus des jours anciens.

— O palais de Temrah,‖ séjour des Finns célèbres,Dit-il, où flamboyaient‖ les feux hospitaliers,Maintenant, lieu désert‖ hanté d'oiseaux funèbres !

Salles où s'agitait‖ la foule des guerriers,Que de fois j'ai versé‖ dans leurs cœurs héroïquesLes chants mâles du Barde‖ à vos murs familiers !

Hautes tours, qui jetiez‖ dans les nuits magnifiquesJusqu'aux astres l'éclat‖ des bûchers ceints de fleurs,Et couronniez d'Érinn‖ les collines antiques !

Et vous, assauts des forts,‖ ô luttes des meilleurs,Cris de guerre si doux‖ à l'oreille des braves !Étendards dont le sang‖ retrempait les couleurs !

Cœurs libres, qui battiez‖ sans peur et sans entraves !Esprits qui remontiez‖ noblement vers les Dieux,Dans l'orgueil d'une mort‖ inconnue aux esclaves !

Salut, palais en cendre‖ où vivaient mes aïeux !O chants sacrés, combats,‖ vertus, fêtes et gloire,O soleils éclipsés,‖ recevez mes adieux !

Ton peuple, sainte Érinn,‖ a perdu la mémoire,Et, seul, des vieux chefs morts‖ j'entends la sombre voix ;Ils parlent, et mon nom‖ roule dans la nuit noire :

Viens ! disent-ils, la hache‖ a mutilé les bois,L'esclave rampe et prie‖ où chantaient les épées,Et tous les Dieux d'Érinn‖ sont partis à la fois !

Viens ! les âmes des Finns,‖ à l'opprobre échappées,Dans la salle aux piliers‖ de nuages brûlantsSiègent, la coupe au poing,‖ de pourpre et d'or drapées.

Le glaive qui les fit‖ illustres bat leurs flancs ;Elles rêvent de gloire‖ aux fiers accents du barde,Et la verveine en fleur‖ presse leurs fronts sanglants.

Mais la foule des chefs‖ parfois songe et regardeS'il arrive, le roi‖ des chanteurs de Temrah ;Ils disent, en rumeur :‖ — Voici longtemps qu'il tarde !

O chefs ! j'ai trop vécu.‖ Quand l'aube renaîtra,Je vous aurai rejoints‖ dans la nue éternelle,Et, comme en mes beaux jours,‖ ma harpe chantera ! —

L'apôtre dit : — Vieillard !‖ ta raison se perd-elle ?Il n'est qu'un ciel promis‖ par la bonté de Dieu,Vers qui l'humble vertu‖ s'envole d'un coup d'aile.

L'infidèle endurci‖ tombe en un autre lieuTerrible, inexorable,‖ aux douleurs sans relâche,Où l'Archange maudit‖ l'enchaîne dans le feu !

— Étranger, réponds-moi :‖ Sais-tu ce qu'est un lâche ?Moins qu'un chien affamé‖ qui hurle sous les coups !Quelle langue l'a dit‖ de moi, que je l'arrache !

Où mes pères sont-ils ?‖ — Où les païens sont tous !Pour leur éternité,‖ dans l'ardente tortureDieu les a balayés‖ du vent de son courroux ! —

Le vieux Barde, à ces mots,‖ redressant sa stature,Prend l'épée, en son cœur‖ il l'enfonce à deux mainsEt tombe lentement‖ contre la terre dure :

— Ami, dis à ton Dieu‖ que je rejoins les miens. —

C'est ainsi que mourut,‖ dit la sainte légende,Le chanteur de Temrah,‖ Murdocʼh aux longs cheveux,Vouant au noir Esprit‖ cette sanglante offrande.

Le palais écroulé‖ s'illumina de feuxLivides, d'où sortit‖ un grand cri d'épouvante.Le Barde avait rejoint‖ les siens, selon ses vœux.

Auprès du corps, dont l'âme,‖ hélas ! était vivante,L'Apôtre en gémissant‖ courba les deux genoux ;Mais Dieu n'exauça point‖ son oraison fervente,

Et Murdocʼh fut mangé‖ des aigles et des loups.

Versification

Forme
Terza rima classique (terza rima)
Rimes
77(aba) b
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Mots à la rime
a lointaines / fontaines féminine, classiqueb étincelants / blancs / tremblants masculine, classiqueb rivière / grossière / lumière féminine, classiqueb songeur / voyageur / rougeur masculine, classiqueb nue / inconnue féminine, classiqueb messager / léger / l'Étranger masculine, classiqueb chèvre / lèvre / lièvre féminine, classiqueb bruit / luit / poursuit masculine, classiqueb dressée / pensée / nuancée féminine, classiqueb chemin / main / divin masculine, classiqueb âme / flamme / lame féminine, classiqueb rameaux / peaux / troupeaux masculine, classiqueb vallée / mêlée / troublée féminine, classiqueb bois / fois / voix masculine, classiqueb égale / intervalle / pâle féminine, classiqueb rayonnement / fumant / confusément masculine, classiqueb s'enfonce / ronce / fronce féminine, classiqueb plats / éclats / las masculine, classiqueb crainte / ceinte / sainte féminine, classiqueb tourbillons / incantations / nations masculine, classiqueb orages / rivages / nuages féminine, classiqueb soleil / pareil / sommeil masculine, classiqueb suspendue / étendue / perdue féminine, classiqueb mort / effort / sort masculine, classiqueb nombre / sombre / l'ombre féminine, classiqueb mystérieux / deux / radieux masculine, classiqueb immortelle / belle / nouvelle féminine, classiqueb consumé / blasphémé masculine, classiqueb anges / étranges / langes féminine, classiquec enflammé / guerrier masculine, classiquea meurtrier / prier masculine, classiqueb adore / sonore / aurore féminine, classiqueb mers / airs / hivers masculine, classiqueb lumineuse / belliqueuse / bienheureuse féminine, classiqueb éternel / sel / ciel masculine, classiqueb immuables / érables / périssables féminine, classiqueb passé / entassé / crevassé masculine, classiqueb dalles / salles / colossales féminine, classiqueb cours / jours / sourds masculine, classiqueb ruines / épines / voisines féminine, classiqueb gémissant / puissant / s'élargissant masculine, classiqueb solitaire / terre / austère féminine, classiqueb lueur / ardeur / maigreur masculine, classiqueb rêve / glaive / brève féminine, classiqueb l'écart / vieillard / tard masculine, classiqueb âmes / flammes / infâmes féminine, classiqueb chair / fer / Enfer masculine, classiqueb monde / profonde / immonde féminine, classiqueb Clarté / indignité / éternité masculine, classiqueb infinie / bannie / ignominie féminine, classiqueb furieux / silencieux / yeux masculine, classiqueb abîme / sublime / Victime féminine, classiqueb avenir / frémir / finir masculine, classiqueb haines / plaines / chaînes féminine, classiqueb desséché / caché / Péché masculine, classiqueb l'agonie / génie / harmonie féminine, non classiqueb pleins / reins / anciens masculine, classiqueb ténèbres / célèbres / funèbres féminine, classiqueb hospitaliers / guerriers / familiers masculine, classiqueb héroïques / magnifiques / antiques féminine, classiqueb fleurs / meilleurs / couleurs masculine, classiqueb braves / entraves / esclaves féminine, classiqueb Dieux / aïeux / adieux masculine, classiqueb gloire / mémoire / noire féminine, classiqueb voix / bois / fois masculine, classiqueb épées / échappées / drapées féminine, classiqueb brûlants / flancs / sanglants masculine, classiqueb barde / regarde / tarde féminine, classiqueb Temrah / renaîtra / chantera masculine, classiqueb éternelle / perd-elle / d'aile féminine, classiqueb Dieu / lieu / feu masculine, classiqueb relâche / lâche / l'arrache féminine, classiqueb coups / tous / courroux masculine, classiqueb torture / stature / dure féminine, classiqueb mains / miens masculine, classiquea légende / offrande féminine, classiqueb cheveux / feux / vœux masculine, classiqueb d'épouvante / vivante / fervente féminine, classiqueb genoux / loups masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.1

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

230 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources