Poèmes barbares, 1862
Le Désert
Quand le Bédouin qui va‖ de l'Horeb en SyrieLie au tronc du dattier‖ sa cavale amaigrie,Et, sous l'ombre poudreuse‖ où sèche le fruit mort,Dans son rude manteau‖ s'enveloppe et s'endort,Revoit-il, faisant trêve‖ aux ardentes fatigues,La lointaine oasis‖ où rougissent les figues,Et l'étroite vallée‖ où campe sa tribu,Et la source courante‖ où ses lèvres ont bu,Et les brebis bêlant,‖ et les bœufs à leurs crèches,Et les femmes causant‖ près des citernes fraîches,Ou, sur le sable, en rond,‖ les chameliers assis,Aux lueurs de la lune‖ écoutant les récits ?Non, par delà le cours‖ des heures éphémères,Son âme est en voyage‖ au pays des chimères.Il rêve qu'Al-Borak,‖ le cheval glorieux,L'emporte en hennissant‖ dans la hauteur des deux ;Il tressaille, et croit voir,‖ par les nuits enflammées,Les filles de Djennet‖ à ses côtés pâmées.De leurs cheveux plus noirs‖ que la nuit de l'enferMonte un âcre parfum‖ qui lui brûle la chair ;Il crie, il veut saisir,‖ presser sur sa poitrine,Entre ses bras tendus,‖ sa vision divine.Mais sur la dune au loin‖ le chacal a hurlé,Sa cavale piétine,‖ et son rêve est troublé ;Plus de Djennet, partout‖ la flamme et le silence,Et le grand ciel cuivré‖ sur l'étendue immense !
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 13((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a Syrie / amaigrie féminine, classiqueb mort / s'endort masculine, classiquec fatigues / figues féminine, classiqued tribu / bu masculine, classiquee crèches / fraîches féminine, classiquef assis / récits masculine, classiqueg éphémères / chimères féminine, classiqueh glorieux / deux masculine, classiquei enflammées / pâmées féminine, classiquej l'enfer / chair masculine, classiquek poitrine / divine féminine, classiquel hurlé / troublé masculine, classiquem silence / immense féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
26 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources