Poèmes barbares, 1862
Les deux Glaives
XIe ET XIIe SIÈCLES
I L’absolution
Un vieux moine à l'œil cave,‖ aux lèvres ascétiques,Muet, et tel qu'un spectre‖ en ce monde oublié,Vêtu de laine blanche,‖ en sa stalle ployé,Tient sa croix pectorale‖ entre ses doigts étiques.
Sur la face amaigrie‖ et sur le front blafardDe ce corps épuisé‖ que la tombe réclame,Éclate la vigueur‖ immortelle de l'âme ;Un indomptable orgueil‖ dort dans ce froid regard.
Le souci d'un pouvoir‖ immense et légitimeL'enveloppe. Il se sent‖ rigide, dur, haï.Il est tel que Moïse,‖ après le Sinaï,Triste jusqu'à la mort‖ de sa tâche sublime.
Rongé du même feu,‖ sombre du même ennui,Il savoure à la fois‖ sa gloire et son supplice,Et couvre l'univers‖ d'un pan de son cilice.Ce moine croit. Il sait‖ que le monde est à lui.
Son siècle étant féroce‖ et violent, mais lâche,Ayant moins de souci‖ du ciel que de l'enfer,Il ne le mène point‖ par la corde et le fer :Sa malédiction‖ frappe mieux que la hache.
Seul, outragé, proscrit,‖ errant au fond des bois,Il parle, et tout se tait.‖ Les fronts deviennent pâles.Il sèche avec un mot‖ les sources baptismalesEt fait hors du tombeau‖ blanchir les os des rois.
La salle est large et basse ;‖ un jour terne l'éclaire.Au dehors neige et vent‖ heurtent les durs vitraux.Le silence au dedans,‖ où, sur onze escabeaux,Des prélats sont assis‖ en rang mi-circulaire.
Ceux-ci, sous un étroit‖ capuchon rouge et noir,Et leurs robes couvrant‖ leurs souliers jusqu'aux pointes,Immobiles, les yeux‖ fixes et les mains jointes,Semblent ne rien entendre‖ et semblent ne rien voir.
Avec ses longs cheveux‖ où l'épine est mêlée,De l'arbre de la Croix,‖ la plaie ouverte au flanc,Fantôme douloureux,‖ tout roide et tout sanglant,Jésus étend les bras‖ sur la morne assemblée.
Tête et pieds nus, un homme‖ est là, sur les genoux,Transi, le dos courbé,‖ pâle d'ignominie.Ce serf est un César‖ venu de Germanie,L'Empereur dont les rois‖ très chrétiens sont jaloux.
Sans dague et sans haubert,‖ la chevelure rase,Avilissant sa race‖ autant que ses aïeux,Ce chef des braves gît,‖ les larmes dans les yeux,Sous le pied monacal‖ qu'il baise et qui l'écrase.
Et César porte envie‖ au pâtre obscur des montsQui, de haillons vêtu,‖ sent battre son cœur libreEt l'air du vaste ciel‖ où son chant monte et vibreRetremper sa vigueur‖ et gonfler ses poumons.
— Saint Père, j'ai péché,‖ dit-il d'une voix haute ;J'ai pris une lueur‖ de l'Enfer pour flambeau ;J'ai profané la crosse‖ et j'ai souillé l'anneau ;Saint Père ! j'ai péché‖ par ma très grande faute.
J'ai cru, l'épée au poing‖ et le globe en ma main,Et d'un geste réglant‖ les nations soumises,Que les choses de Dieu‖ m'étaient aussi permises ;Le Diable pour me perdre‖ a frayé mon chemin.
J'eusse mieux fait, n'était‖ mon attache charnelleEt le mauvais orgueil‖ d'envahir mes voisins,D'aller vers l'Orient‖ chasser les SarrasinsQui font trôner Mahom‖ sur la Tombe éternelle.
J'ai parjuré ma foi,‖ j'ai menti grandementQuand j'en donnai parole‖ au Siège apostolique ;Mais, par l'incorruptible‖ et céleste relique,Par le vrai bois de Christ,‖ je tiendrai mon serment.
Saint Père ! me voici‖ comme je vins au monde,Faible et nu, devant toi,‖ mon juge et mon recours.J'ai prié sans relâche‖ et jeûné quatre jours,Je me suis repenti :‖ guéris ma lèpre immonde.
Roi des âmes, Vicaire‖ infaillible de Dieu,Toi qui gardes les clefs‖ de la Béatitude,Si l'expiation‖ soufferte est assez rude,Grâce ! sauve ma chair‖ et mon âme du feu ! —
Et le César, heurtant‖ les dalles de la tête,Baise les pieds du moine‖ et reste prosterné.L'autre le laisse faire‖ et dit : — Sois pardonné !La majesté du Siège‖ unique est satisfaite.
Ce n'est point devant l'homme‖ impuissant, faible et vieux,Que l'Empereur armé‖ du glaive s'humilie ;C'est aux pieds de Celui‖ qui lie et qui délie,Tant que vivra la terre‖ et que luiront les cieux.
Va donc ! et souviens-toi‖ de l'heure où, dans sa force,Ta haute nef heurta‖ l'inébranlable écueil ;Souviens-toi, chêne altier,‖ tranché dans ton orgueil,Qu'une cendre inféconde‖ emplissait ton écorce.
Va ! Je t'absous au nom‖ du Père, au nom du FilsEt de l'Esprit ! — César‖ se relève et salue ;Il sort. Un flot de honte‖ à son front pâle afflue,Et le moine humblement‖ baise son crucifix.
II Chœur des évêques
— Le Seigneur a maudit‖ le fleuve dans la source,La moisson dans le grain,‖ l'homme dans le berceauEt toute chair gémit‖ sans trêve et sans ressource,Le Foudroyé l'ayant‖ marquée avec son sceau !
Dans le plus innocent‖ dort le germe d'un crime ;Toute joie est un piège‖ où trébuche le cœur ;Toute Babel ne croît‖ qu'au penchant de l'abîmeOù le vaincu sanglant‖ entraîne le vainqueur.
Mais, ô Phare allumé‖ dans notre nuit immense,O Siège de l'Apôtre,‖ ô magnifique Autel,Si tout languit et meurt,‖ renaît et recommence,Toi seul es immuable‖ et toi seul immortel !
Comme les sombres flots‖ contre un haut promontoire,Cap céleste, tu vois‖ les siècles furieuxS'écrouler en écume‖ au gouffre expiatoire,Sitôt qu'ils ont touché‖ tes pieds mystérieux !
Car tu germais au fond‖ des temps que Dieu domine,Aux entrailles de l'âme‖ humaine enraciné !Et, pour jaillir un jour,‖ la Volonté divineTe conçut bien avant‖ que le monde fût né !
Que te font, Roc sacré,‖ vers qui volent les âmes,Les aveugles assauts‖ des peuples et des rois ?Plus épaisse est leur nuit,‖ plus vives sont tes flammes !Leurs ongles et leurs dents‖ s'usent à tes parois.
Et quand, plein de fureurs,‖ de stupides huées,Tout l'Enfer t'escalade‖ en légions de feu,S'il monte, tu grandis‖ par delà les nuées,Jusqu'aux astres, jusqu'aux‖ Anges, jusques à Dieu !
Du sang des Bienheureux‖ mille fois arrosée,Cime accessible à l'humble‖ et terrible au pervers,La fleur des trois Vertus‖ éclôt sous ta rosée,Et d'un triple parfum‖ embaume l'univers !
O Saint-Siège romain,‖ maître unique et seul juge,Tel qui croit t'outrager‖ avec impunité,Serf ou César, n'a plus,‖ mort ou vif, de refuge :Dieu le frappe en ce monde‖ et dans l'éternité ! —
III Chœur des césars
— O Rome, qu'un vil moine,‖ en ta chaise curule,Étrangle avec l'étole‖ et marque avec la croix,Nous nous sommes levés‖ en entendant ta voix,Vieille reine du monde,‖ épouse du grand Jule !
Toi qui faisais gronder‖ l'essaim des légions,En secouant un pli‖ de ta robe guerrière,Mains jointes, le dos bas,‖ le front dans la poussière,Tu t'es accoutumée‖ aux génuflexions !
Ta pourpre s'est changée‖ en blêmes scapulaires ;Et, livrant son échine‖ au bâton du berger,Du harnais de l'ânon‖ tu laisses outragerLa Louve qu'entouraient‖ les faisceaux consulaires.
O Ville des héros,‖ pleine de mendiants,Tu prends les os des morts‖ pour dépouilles opimes,Les macérations‖ sont tes hauts faits sublimesSous le fouet orgueilleux‖ des clercs psalmodiants !
Mais, aux donjons du Rhin‖ et de la Franconie,Tes hurlements d'angoisse,‖ à travers nos créneauxPénétrant notre cœur‖ irrité de tes maux,Nous ont fait une part‖ dans ton ignominie.
Le sol impérial‖ tressaille sous nos chars,Et voici qu'attestant‖ les feuilles sibyllines,L'aigle crie et tournoie‖ au front des sept collines.Rome, Rome, debout !‖ Reconnais tes Césars !
Reprends le globe, ô Rome,‖ et le sceptre et le glaive,Afin qu'à notre face,‖ après la longue nuit,Dans son orgueil, sa force‖ et sa gloire et son bruit,L'éternelle Cité‖ sur le monde se lève !
Et nous, que conviaient‖ tes cris désespérés,L'épée en une main‖ et l'olivier dans l'autre,Rachetant à jamais‖ ton opprobre et le nôtre,Nous veillerons, assis‖ sur tes sommets sacrés ! —
IV L’agonie
Vingt-neuf ans ont passé‖ sur l'homme et sur l'Empire,Pleins du flux et reflux‖ des sombres nations,De combats, de douleurs,‖ de malédictions.Le siècle onzième est mort,‖ et l'autre est déjà pire.
Le grand Moine qui vit‖ la force à ses genouxEt se taire les rois‖ devant sa face auguste,Dans Salerne a rendu‖ l'âme ferme du juste,En attestant Celui‖ qui s'immola pour nous.
Mais son esprit flamboie‖ et brûle de sa laveLe vieux Victor, Urbain,‖ qui pousse l'OccidentPar tourbillons armés‖ contre l'Islam ardent,Et Pascal, le nouvel‖ élu du saint Conclave.
Dans un noir carrefour‖ d'une antique cité,Au fond d'une masure‖ où souffle une âpre bise,Sur la paille mouillée‖ un vieillard agonise,Sans un être vivant‖ qui veille à son côté.
Des larmes lentement‖ brûlent sa blême joue.Étendu sur le dos,‖ l'œil terne, haletant,Il tressaille et roidit‖ les bras, et par instantIl parle d'une voix‖ qu'un râle affreux enroue :
— A moi, mes chevaliers,‖ mes Saxons, mes Lombards !Haut la lance et le glaive !‖ Allemagne, Italie,En avant ! Que le cri‖ de César vous rallie !Faites flotter au vent‖ les royaux étendards !
J'ai froid, Seigneur Jésus !‖ Seigneur, je vous conjure,Épargnez cette angoisse‖ effroyable à ma fin…O Seigneur Christ ! Le chef‖ du Saint Empire a faim !Son fils est parricide,‖ et son peuple est parjure.
Qui m'appelle ? Est-ce toi,‖ mauvais moine, qui viensInsulter ton César‖ qui meurt sans funérailles ?Va-t'en ! J'ai combattu‖ dans soixante batailles !Mes Évêques trois fois‖ ont démenti les tiens.
Mes Évêques ! Ils ont‖ élu, sous mon épée,Le vrai Pape, Guibert‖ de Ravenne, Clément !Les lâches m'ont trahi‖ depuis impudemment,Et, ma puissance morte,‖ ils l'ont dite usurpée.
O honte ! Et j'ai ployé‖ sous ta verge de fer !Et me voici, vieux, pauvre,‖ affamé, misérable,Râlant sur ce fumier‖ d'angoisse inénarrable !Pourquoi ne viens-tu pas,‖ si c'est ici l'Enfer ?
Ah ! tu frappais les Oints‖ du Seigneur sur leur trône,Antéchrist ! Moi, j'ai pris‖ ta ville et t'ai chasséComme un loup par la meute‖ en son antre forcé…Jésus ! la faim me ronge‖ et l'horreur m'environne ! —
La voix baisse et s'éteint.‖ On entend au dehorsLes maigres chiens, vaguant‖ par la nuit en tourmente,Qui flairent tous les seuils‖ de la cité dormanteEt hurlent, comme ils font‖ à la piste des morts.
La voix reprend : — Ah ! ah !‖ les démons sont en quête,Les bons limiers que nul‖ n'a surpris en défaut !Holà, chiens ! C'est la chair‖ de César qu'il vous faut.Venez, l'heure est propice‖ et la curée est prête !
Meurs donc, ô mendiant !‖ Meurs, excommunié,Qui tenais dans ta main‖ la Germanie et Rome !Deux fois sacré, devant‖ le ciel et devant l'homme,Et que l'homme et le ciel‖ et la terre ont nié !
Meurs, ô toi qui jadis‖ m'emportais sur ton aile,Aigle des fiers Ottons,‖ puissant, libre et joyeux !Le hibou clérical‖ t'a crevé les deux yeux ;Rentre avec ton vieux maître‖ en la nuit éternelle ! —
Et le vent, déchaîné‖ dans l'ombre des chemins,Accroît ses tourbillons‖ qu'un sanglot accompagne ;Et voici qu'il est mort,‖ l'Empereur d'Allemagne,Le vaincu d'Hildebrand,‖ Henry, roi des Romains.
Versification
- Forme
- 55 quatrains (strophes variées)
- Rimes
- 46(abba) 9(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 55 quatrains
- Mots à la rime
- a ascétiques / étiques féminine, classiqueb oublié / ployé masculine, classiquea blafard / regard masculine, classiqueb réclame / l'âme féminine, classiquea légitime / sublime féminine, classiqueb haï / Sinaï masculine, classiquea ennui / lui masculine, classiqueb supplice / cilice féminine, classiquea lâche / hache féminine, classiqueb l'enfer / fer masculine, classiquea bois / rois masculine, classiqueb pâles / baptismales féminine, classiquea l'éclaire / mi-circulaire féminine, classiqueb vitraux / escabeaux masculine, classiquea noir / voir masculine, classiqueb pointes / jointes féminine, classiquea mêlée / assemblée féminine, classiqueb flanc / sanglant masculine, classiquea genoux / jaloux masculine, classiqueb d'ignominie / Germanie féminine, classiquea rase / l'écrase féminine, classiqueb aïeux / yeux masculine, classiquea monts / poumons masculine, classiqueb libre / vibre féminine, classiquea haute / faute féminine, classiqueb flambeau / l'anneau masculine, classiquea main / chemin masculine, classiqueb soumises / permises féminine, classiquea charnelle / éternelle féminine, classiqueb voisins / Sarrasins masculine, classiquea grandement / serment masculine, classiqueb apostolique / relique féminine, classiquea monde / immonde féminine, classiqueb recours / jours masculine, classiquea Dieu / feu masculine, classiqueb Béatitude / rude féminine, classiquea tête / satisfaite féminine, classiqueb prosterné / pardonné masculine, classiquea vieux / cieux masculine, classiqueb s'humilie / délie féminine, classiquea force / écorce féminine, classiqueb écueil / orgueil masculine, classiquea Fils / crucifix masculine, classiqueb salue / afflue féminine, classiquea source / ressource féminine, classiqueb berceau / sceau masculine, classiquea crime / l'abîme féminine, classiqueb cœur / vainqueur masculine, classiquea immense / recommence féminine, classiqueb Autel / immortel masculine, classiquea promontoire / expiatoire féminine, classiqueb furieux / mystérieux masculine, classiquea domine / divine féminine, classiqueb enraciné / né masculine, classiquea âmes / flammes féminine, classiqueb rois / parois masculine, classiquea huées / nuées féminine, classiqueb feu / Dieu masculine, classiquea arrosée / rosée féminine, classiqueb pervers / l'univers masculine, classiquea juge / refuge féminine, classiqueb impunité / l'éternité masculine, classiquea curule / Jule féminine, classiqueb croix / voix masculine, classiquea légions / génuflexions masculine, classiqueb guerrière / poussière féminine, classiquea scapulaires / consulaires féminine, classiqueb berger / outrager masculine, classiquea mendiants / psalmodiants masculine, classiqueb opimes / sublimes féminine, classiquea Franconie / ignominie féminine, classiqueb créneaux / maux masculine, classiquea chars / Césars masculine, classiqueb sibyllines / collines féminine, classiquea glaive / lève féminine, classiqueb nuit / bruit masculine, classiquea désespérés / sacrés masculine, classiqueb l'autre / nôtre féminine, classiquea l'Empire / pire féminine, classiqueb nations / malédictions masculine, classiquea genoux / nous masculine, classiqueb auguste / juste féminine, classiquea lave / Conclave féminine, classiqueb l'Occident / ardent masculine, classiquea cité / côté masculine, classiqueb bise / agonise féminine, classiquea joue / enroue féminine, classiqueb haletant / instant masculine, classiquea Lombards / étendards masculine, classiqueb Italie / rallie féminine, classiquea conjure / parjure féminine, classiqueb fin / faim masculine, classiquea viens / tiens masculine, classiqueb funérailles / batailles féminine, classiquea épée / usurpée féminine, classiqueb Clément / impudemment masculine, classiquea fer / l'Enfer masculine, classiqueb misérable / inénarrable féminine, classiquea trône / m'environne féminine, classiqueb chassé / forcé masculine, équivalentea dehors / morts masculine, classiqueb tourmente / dormante féminine, classiquea quête / prête féminine, classiqueb défaut / faut masculine, classiquea excommunié / nié masculine, classiqueb Rome / l'homme féminine, classiquea aile / éternelle féminine, classiqueb joyeux / yeux masculine, classiquea chemins / Romains masculine, classiqueb accompagne / d'Allemagne féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
220 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources