Poèmes tragiques, 1884
À un Poète mort
TOI dont les yeux erraient,‖ altérés de lumière,De la couleur divine‖ au contour immortelEt de la chair vivante‖ à la splendeur du ciel,Dors en paix dans la nuit‖ qui scelle ta paupière.
Voir, entendre, sentir ?‖ Vent, fumée et poussière.Aimer ? La coupe d'or‖ ne contient que du fiel.Comme un Dieu plein d'ennui‖ qui déserte l'autel,Rentre et disperse-toi‖ dans l'immense matière.
Sur ton muet sépulcre‖ et tes os consumésQu'un autre verse ou non‖ les pleurs accoutumés,Que ton siècle banal‖ t'oublie ou te renomme ;
Moi, je t'envie, au fond‖ du tombeau calme et noir,D'être affranchi de vivre‖ et de ne plus savoirLa honte de penser‖ et l'horreur d'être un homme !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a lumière / paupière féminine, classiqueb immortel / ciel masculine, classiquea poussière / matière féminine, classiqueb fiel / l'autel masculine, classiquea consumés / accoutumés masculine, classiqueb renomme / homme féminine, classiquea noir / savoir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes tragiques, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1886· numérisation ATILF Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française· Sources