Vers de vase, 1906· Poésies et monologues· I Calendrier du pécheur
XII. Décembre
Du fleuve aux flots glacés les rives sont désertes,Les arbres dans les airs profilent leurs grands brasQui ne se cachent plus sous leurs parures vertes.Adieu feuilles et fleurs ! C’est le temps des frimats !
Le jour se lève tard ; le soleil est plus bas ;On ne peut plus laisser les fenêtres ouvertes ;Sur le pavé mouillé le gel met son verglasEt retarde le pas des servantes alertes.
Mais l’enragé pêcheur ne prend pas de repos.Malgré l’horrible froid, il est toujours dispos ;Mais, il a beau jeter la séduisante amorce,
Le poisson ne veut pas se laisser allécher,Il reste dans ses trous ! — Aussi pourquoi pêcherD’un temps pareil, surtout quand rien ne vous y force !
Ces douze sonnets ont paru de mois en mois, pendant l’année 1899. Dans le journal : La Pêche Moderne de MM. Wyers frère.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de vase, Paris, BORNEMANN, ÉDITEUR, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources