Vers de vase, 1906· Poésies et monologues· I Calendrier du pécheur
XI. Novembre
Si tu n’es pas lassé, pêcheur, reviens encoreAu bord du fleuve où tu fus heureux tout l’été ;Seulement garde-toi d’y venir dès l’aurore,L’après-midi suffit à ton activité.
Alors que le soleil de ses rayons décoreLes lointains estompés, tu peux en véritéTe payer ce plaisir, que le profane ignore,De prendre une friture avec rapidité.
Si tu vois s’éloigner le poisson que tu cherches,Ne te désole pas et songe que les perchesSont sur le coup, qu’il faut les prendre ; pour cela,
Mets à ton hameçon, — du dix, — un ver de terreEt tiens bien ton roseau ; si ta flotte légèreS’enfonce, laisse aller, et puis ferre ! — Et voilà !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de vase, Paris, BORNEMANN, ÉDITEUR, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources