Vers de vase, 1906· Poésies et monologues· I Calendrier du pécheur
X. Octobre
La chaleur a cessé. Les feuilles jaunissantesTombent en tournoyant sur le fleuve grossi ;Mois de pluie, où le vent exerce ses tourmentesEt gêne les travaux du pêcheur endurci.
Pourtant, il est encor de beaux jours, Dieu merci !Et l’on peut, si l’on n’a pas peur des eaux courantesS’emparer du brochet et de la perche aussiQui chassent sur le bord des rives verdoyantes.
C’est donc au bord qu’il faut pêcher, dans un remous ;Dans ce mois, les poissons se cachent dans leurs trousEn outre, se lever matin est inutile.
Mais lorsque le soleil décline à l’horizonOn doit plier bagage et puis, d’un pas agile,A travers le brouillard regagner sa maison.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de vase, Paris, BORNEMANN, ÉDITEUR, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources