Œuvres poétiques de malherbe, 1630
LV. A la reine, mère du roi, sur la mort de monseigneur le duc d’orléans
Consolez-vous, Madame, apaisez votre plainte ;La France, à qui vos yeux tiennent lieu de soleil,Ne dormira jamais d’un paisible sommeilTant que sur votre front la douleur sera peinte.
Rendez-vous à vous-même, assurez votre crainte,Et de votre vertu recevez ce conseil,Que souffrir sans murmure est le seul appareilQui peut guérir l’ennui dont vous êtes atteinte.
Le ciel, en qui votre âme a borné ses amours,Étoit bien obligé de vous donner des joursQui fussent sans orage, et qui n’eussent point d’ombre.
Mais ayant de vos fils les grands cœurs découverts,N’a-t-il pas moins failli d’en ôter un du nombre,Que d’en partager trois en un seul univers ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources