Œuvres poétiques de malherbe, 1630
LVI. A monsieur du Maine, sur ses œuvres spirituelles
Tu me ravis, du Maine, il faut que je l’avoue,Et tes sacrés discours me charment tellement,Que le monde aujourd’hui ne m’étant plus que boue,Je me tiens profané d’en parler seulement.
Je renonce à l’amour, je quitte son empire,Et ne veux point d’excuse à mon impiété,Si la beauté des cieux n’est l’unique beautéDont on m’orra jamais les merveilles écrire.
Caliste se plaindra de voir si peu durerLa forte passion qui me faisoit jurerQu’elle auroit en mes vers une gloire éternelle ;
Mais si mon jugement n’est point hors de son lieu,Dois-je estimer l’ennui de me séparer d’elle,Autant que le plaisir de me donner à Dieu ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources