Œuvres poétiques de malherbe, 1630
LXXX. A madame la princesse de Conti
Race de mille rois, adorable princesse,Dont le puissant appui de faveurs m’a comblé,Si faut-il qu’à la fin j’acquitte ma promesse,Et m’allège du faix dont je suis accablé.
Telle que notre siècle aujourd’hui vous regarde,Merveille incomparable en toute qualité,Telle je me résous de vous bailler en gardeAux fastes éternels de la postérité.
Je sais bien quel effort cet ouvrage demande ;Mais si la pesanteur d’une charge si grandeRésiste à mon audace, et me la refroidit ;
Vois-je pas vos bontés à mon aide paroître,Et parler dans vos yeux un signe qui me ditQue c’est assez payer que de bien reconnoître ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources