Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XC. A monseigneur frère du roi
Muses, quand finira cette longue remiseDe contenter Gaston, et d’écrire de lui ?Le soin que vous avez de la gloire d’autruiPeut-il mieux s’employer qu’à si belle entreprise ?
En ce malheureux siècle où chacun vous méprise,Et quiconque vous sert n’en a que de l’ennui,Misérable neuvaine, où sera votre appui,S’il ne vous tend les mains, et ne vous favorise ?
Je crois bien que la peur d’oser plus qu’il ne faut,Et les difficultés d’un ouvrage si haut,Vous ôtent le désir que sa vertu vous donne ;
Mais tant de beaux objets tous les jours s’augmentants,Puisqu’en âge si bas leur nombre vous étonne,Comme y fournirez-vous quand il aura vingt ans ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources