Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XCI. Au roi
Muses, je suis confus ; mon devoir me convieA louer de mon Roi les rares qualités ;Mais le mauvais destin qu’ont les téméritésFait peur à ma foiblesse, et m’en ôte l’envie.
A quel front orgueilleux n’a l’audace ravieLe nombre des lauriers qu’il a déjà plantés ?Et ce que sa valeur a fait en deux étés,Alcide l’eût-il fait en deux siècles de vie ?
Il arrivoit à peine à l’âge de vingt ans,Quand sa juste colère assaillant nos Titans,Nous donna de nos maux l’heureuse délivrance.
Certes, ou ce miracle a mes sens éblouis,Ou Mars s’est mis lui-même au trône de la France,Et s’est fait notre roi sous le nom de Louis.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources