Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XCII. A monseigneur le cardinal de richelieu
A ce coup nos frayeurs n’auront plus de raison,Grande âme aux grands travaux sans repos adonnée ;Puisque par vos conseils la France est gouvernée,Tout ce qui la travaille aura sa guérison.
Tel que fut rajeuni le vieil âge d’Éson,Telle cette Princesse en vos mains résinéeVaincra de ses destins la rigueur obstinée,Et reprendra le teint de sa verte saison.
Le bon sens de mon roi m’a toujours fait prédireQue les fruits de la paix combleroient son empire,Et comme un demi-dieu le feroient adorer ;
Mais voyant que le vôtre aujourd’hui le seconde,Je ne lui promets pas ce qu’il doit espérer,Si je ne lui promets la conquête du monde.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources