Œuvres poétiques de malherbe, 1630
L. A monseigneur le dauphin
Que l’honneur de mon prince est cher aux destinées !Que le Démon est grand qui lui sert de support !Et que visiblement un favorable sortTient ses prospérités l’une à l’autre enchaînées !
Ses filles sont encore en leurs tendres années,Et déjà leurs appas ont un charme si fort,Que les rois les plus grands du Ponant et du Nord,Brûlent d’impatience après leurs hyménées.
Pensez à vous, Dauphin, j’ai prédit en mes versQue le plus grand orgueil de tout cet univers,Quelque jour à vos pieds doit abaisser la tète ;
Mais ne vous flattez point de ces vaines douceurs,Si vous ne vous hâtez d’en faire la conquête,Vous en serez frustré par les yeux de vos sœurs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources