Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XCIV. Pour le marquis de la Vieuville, superintendant des finances
Il est vrai, la Vieuville, et quiconque le nieCondamne impudemment le bon goût de mon roi ;Nous devons des autels à la sincère foiDont ta dextérité nos affaires manie.
Tes soins laborieux, et ton libre génie,Qui hors de la raison ne connoît point de loi,Ont mis fin aux malheurs qu’attiroit après soiDe nos profusions l’effroyable manie.
Tout ce qu’à tes vertus il reste à désirer,C’est que les beaux esprits les veuillent honorer,Et qu’en l’éternité la Muse les imprime.
J’en ai bien le dessein dans mon âme formé ;Mais je suis généreux, et tiens cette maxime,Qu’il ne faut point aimer quand on n’est point aimé.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources