Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XXXIV. Sonnet (1609)
Beaux et grands bâtiments d’éternelle structure,Superbes de matière, et d’ouvrages divers,Où le plus digne roi qui soit en l’universAux miracles de l’art fait céder la nature ;
Beau parc, et beaux jardins, qui dans votre clôtureAvez toujours des fleurs, et des ombrages verts,Non sans quelque Démon qui défend aux hiversD’en effacer jamais l’agréable peinture ;
Lieux qui donnez aux cœurs tant d’aimables désirs,Bois, fontaines, canaux, si parmi vos plaisirsMon humeur est chagrine, et mon visage triste,
Ce n’est point qu’en effet vous n’ayez des appas ;Mais quoi que vous ayez, vous n’avez point Caliste,Et moi je ne vois rien quand je ne la vois pas.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources