Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XXXVI. Sonnet (1609)
C’est fait, belle Caliste, il n’y faut plus penser ;Il se faut affranchir des lois de votre empire ;Leur rigueur me dégoûte, et fait que je soupireQue ce qui s’est passé n’est à recommencer.
Plus en vous adorant je me pense avancer,Plus votre cruauté, qui toujours devient pire,Me défend d’arriver au bonheur où j’aspire,Comme si vous servir étoit vous offenser.
Adieu donc, ô beauté, des beautés la merveille ;Il faut qu’à l’avenir ma raison me conseille,Et dispose mon âme à se laisser guérir.
Vous m’étiez un trésor aussi cher que la vie ;Mais puisque votre amour ne se peut acquérir,Comme j’en perds l’espoir, j’en veux perdre l’envie.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources