Œuvres poétiques de malherbe, 1630
VII. Sur le même sujet
Soit que de tes lauriers la grandeur poursuivantD’un cœur où l’ire juste et la gloire commande,Tu passes comme un foudre en la terre Flamande,D’Espagnols abattus la campagne pavant ;Soit qu’en sa dernière têteL’Hydre civile t’arrête,Roi, que je verrai jouirDe l’Empire de la terre,Laisse le soin de la guerre,Et pense à te réjouir.
Nombre tous les succès où ta fatale main,Sous l’appui du bon droit aux batailles conduite,De tes peuples mutins la malice a détruite,Par un heur éloigné de tout penser humain ;Jamais tu n’as vu journéeDe si douce destinée ;Non celle où tu rencontrasSur la Dordogne en désordreL’orgueil à qui tu fis mordreLa poussière de Coutras.
Casaux, ce grand Titan qui se moquoit des cieux,A vu par le trépas son audace arrêtée,Et sa rage infidèle, aux étoiles montée,Du plaisir de sa chute a fait rire nos yeux.
Ce dos chargé de pourpre, et rayé de clinquants,A dépouillé sa gloire au milieu de la fange,Les Dieux qu’il ignoroit ayant fait cet échangePour venger en un jour ses crimes de cinq ans.La mer en cette furieA peine a sauvé Dorie ;Et le funeste remordsQue fait la peur des supplices,A laissé tous ses complicesPlus morts que s’ils étoient morts.
34 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources