Poésies, 1887
Sonnet
(Pour votre chère morte, son ami) 2 novembre 1877
— « Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombreTu te plains, ô captif solitaire du seuil,Que ce sépulcre à deux qui fera notre orgueilHélas ! du manque seul des lourds bouquets s’encombre.
Sans écouter Minuit qui jeta son vain nombre,Une veille t’exalte à ne pas fermer l’œilAvant que dans les bras de l’ancien fauteuilLe suprême tison n’ait éclairé mon Ombre.
Qui veut souvent avoir la Visite ne doitPar trop de fleurs charger la pierre que mon doigtSoulève avec l’ennui d’une force défunte.
Âme au si clair foyer tremblante de m’asseoir,Pour revivre il suffit qu’à tes lèvres j’emprunteLe souffle de mon nom murmuré tout un soir.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 67((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Mots à la rime
- a sombre / seuil féminine, classiqueb orgueil / s’encombre masculine, classiquea nombre / l’œil féminine, classiqueb fauteuil / Ombre masculine, classiquea doit / doigt féminine, classiqueb défunte / m’asseoir masculine, classiqueb j’emprunte / soir féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1914· numérisation wikisource.org· Sources