Le chemin du rire, 1881· IV Les paradis ironiques· Les Paradis fantaisistes
II. Le paradis du poète
Quand j’entrerai parmi les morts,Je veux, par testament fantasque,Que l’on fasse un tambour de basqueEn tannant la peau de mon corps.
Ce tambour conduira la danse,Il fera d’harmonieux bruits,Et moi je serai gai ; je suisUn vieil ami de la cadence.
Tous mes destins seront pareils :Vivant, mon âme était chantante ;Mort, ma peau sera bourdonnante.
Et j’attendrai les grands réveilsPlein des mêmes inquiétudes,Et sans changer mes habitudes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le chemin du rire, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1881· numérisation gallica.bnf.fr· Sources