Le chemin du rire, 1881· I Daniele
IV. Sonnet
Enfant, vous accusez bien à tort une femmeQui brûle de céder, mais ne veut pas s’offrir ;Vous croyez qu’il suffit de lui crier « Sésame !Pour voir tous ses trésors voluptueux s’ouvrir.
Trop souvent, dans l’amour, sa part est la souffrance ;Aussi, vous n’avez pas raison d’être surprisDe n’avoir recueilli que des indifférences,Où vous pouviez fort bien récolter des mépris.
Orgueilleux vous comptiez, dans une même aurore,Semer la fleur d’amour, la voir germer, éclore,Et la cueillir ! Allez, ou persévérez mieux !
La fièvre des printemps, ô cher fou, vous enivre,Vous êtes comme ceux qui ferment un beau livreParce que les premiers feuillets sont ennuyeux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le chemin du rire, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1881· numérisation gallica.bnf.fr· Sources