Le chemin du rire, 1881· III Les loi des choses
XXIII. Tableau de Rue
Je vis, traînant sur le pavé,Un cul-de-jatte lamentable ;Il était haut comme une table,Triste comme un tambour crevé.
A ses côtés, sa femme maigreDemandait des sous aux passants,En tirant des bruits languissantsDes boyaux d’un violon aigre.
L’estropié faisait pitié ;Son état, qui portait aux larmes,Ajoutait je ne sais quels charmesAu violon de sa moitié.
Race humaine, race ironique,Pour secouer ton embonpoint,La misère ne suffit pointIl y faut un peu de musique !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le chemin du rire, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1881· numérisation gallica.bnf.fr· Sources